PRUNE DE MONSIEUR HATIF
Prunus pictorum. Poit. et Turp.
c VIN OUR bien distinguer le Monsieur hâtif du Monsieur ordinaire, il faut Il JA voir ces deux arbres plantés l’un à côté de l’autre : alors les caractères
qui les distinguent sont évidens : le Monsieur hâtif, bien moins garni
de petites brindilles que l’autre, est par cela même d’un port plus dégagé. Ses rameaux sont d'une pubescence remarquable, extrêmement cannelés, et souvent moins colorés que ceux du Monsieur ordinaire; ses feuilles, surtout, offrent des différences frappantes : elles sont plus étroites ou moins arrondies, moins étoffées, d’un vert moins foncé, bien moins luisantes et bor- "R ydées de plus grandes dents. On remarque encore que les stipules persistent moins long-temps, et que les gourmands développent souvent leurs yeux inférieurs en dards ou petites branches dans la même année.
Si les arbres fruitiers avaient l'honneur d'être du domaine de la botanique; si les botanistes, qui ne remontent jamais à l’origine des choses, voyaient une branche de Monsieur hâtif et une branche de Monsieur ordinaire à côté l’une de l’autre, et qu'on leur dise que ces deux branches viennent du Monomotapa ou du pays des Hurons, ils y trouveraient à profusion de quoi en faire deux bonnes espèces, tant la distinction des espèces et des variétés est une science futile, erronée, sans la connaissance de leur origine.
Les fleurs du Monsieur hâtif sont nombreuses, d’un blanc de lait, et elles sortent le plus ordinairement trois à trois de chaque bouton; après leur parfait épanouissement, elles sont larges de 27 millimètres. Les pédoncules, gros, assez courts, sont peut-être un peu moins pubescens et plus jaunâtres que ceux du Monsieur ordinaire.
Les fruits sont ovales, assez gros : on en voit qui ont jusqu'à 45 millimètres de hauteur, mais ils ont plus communément de 34 à 41 millimètres dans leurs deux diamètres, et c’est une chose remarquable que beaucoup de fruits qui paraissent ovales, aient cependant leurs deux diamètres égaux. La gouttière est à peine sensible, et souvent la petite cicatrice causée par la chute du style, se trouve dans une fossette. La queue varie beaucoup; elle est ou grosse et très courte, ou longue et menue. |
La peau se détache aisément de la chair dans la parfaite maturité; sa couleur est d'un
rouge obscur dans quelques endroits, tirant sur le bleu dans la plus grande partie, et partout recouverte d’une fleur azurée abondante.
La chair est d’un vert jaunâtre, assez ferme, fondante.
Son eau est sucrée, agréable, parfumée. Le noyau quitte aisément la chair.
Cette belle prune est excellente dans un terrain sec est sableux; elle mürit en plein vent vers le 15 juillet, c’est-à-dire une quinzaine de jours avant le Monsieur ordinaire; mais en
espalier où il est bon d’en placer un ou deux pieds, elle mûrit encore plus tôt. P P P ) P
Tortecte Lin.