‹ PompéeChapitre 106 sur 203 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

PTOLOMEE, CLEOPATRE. CHARMIOX

PTOLOMKE.

Sçavez-vous le bon-heur dont nous allons jouir, Ma sœur ?

CLEOPATRE

Oùy, je le sçay, le grand César arrive; Sous les loix de Pliotin je ne suis plus captive.

PTOLOMÉE

Vous haïssez toujours ce fideile sujet. 595

CLEOPATRE

Non, mais en liberté je ry de son projet'.

PTOLOMÉE

Quel projet l'aisoit-il dont vous pussiez vous plaindre?

CLEOPATRE

J'en ay souffert beaucoup, et j'avois plus à craindre.

Un si grand Politique est capable de tout,

Et vous donnez les mains3 à tout ce qu'il résout. 600

PTOLOMÉE

Si je suy ses conseils, j'en connoy la prudence.

CLEOPATRE

Si j'en crains les effets, j'en voy la violence.

PTOLOMÉE

Pour le bien de l'Etat tout est juste en un Roy ;.

1. Ces vœux et ces pressent ments auraient un caractère plus dramatique si la passion de Cléopàtre qui les inspire était moins romanesque.

t. Je ry de son projet. L'arrivée de César est la revanche de Cléopàtre ; mais son triomphe pourrait prendre un accent plus tragique.

3. Donner les mains, ou la main à, dans le sens de consentir, ne se rencontre que dans le style comique ou famili-r :

Pourvu que votre >;oe r veuille donner les mains Au dessein que j'ay fait de quitter les humains.

(Mol.. Misanih., V, 7.)

4. Vers d'une forme obscure. Il s'explique : Lorsqu'un roi a le bien public en vue, sa conduite doit toujours paraître juste.

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