‹ PompéeChapitre 111 sur 203 · Var. Le mal qu'on voit venir sans pouvoir s'en défendre · texte numérisé non relu

Var. Le mal qu'on voit venir sans pouvoir s'en défendre

Ostons-luy les moyens de nous plus dédaigner, Ostons-luy les moyens de plaire et de régner, 660

Et ne permettons pas qu'après tant de bravades, Mon sceptre soit le prix d'une de ses œillades1.

Seigneur, ne donnez point de prétexte a César

Pour attacher l'Egypte aux pompes2 de son char.

Ce cœur ambitieux, qui par toute la terre 665

Ne cherche qu'à porter l'esclavage et la guerre3,

Enflé de sa victoire et des ressentiments

Qu'une perte pareille imprime aux vrais Amans,

Quoy que vous ne rendiez que justice à vous mesme'*,

Prendroit l'occasion de venger ce qu'il aime, 670

Et, pour s'assujettir et vos Etats et vous,

Imputeroit à crime un si juste couroux.

Si Cleopatre vit, s'il la voit, elle est reine.

Si Cleopatre meurt, vostre perte est certaine.

p t o l o M É E Je perdray qui me perd, ne pouvant me sauver. 675

PHOTIX

Pour la perdre avec joye5 il faut vous conserver.

PTOLOMÉE

Quo\ ! pour voir sur sa teste éclater ma couronne! .Sceptre, s'il faut enûn que ma main t'abandonne, Passe, passe plùtost en celle du vainqueur c.

PHOTIX

Vous l'arracherez mieux de celle d'une sœur. 680

Quelques feux que d'abord il luy fasse paroistre, Il partira bien-tost, et vous serez le maistre. L'Amour à ses pareils ne donne point d'ardeur

t. Une de ses œillades, expression de comédie.

2. / ompes, dans son sens exact, signifie non pas, magnificence, mais cortégi triomphal, procession 'de eojucq, Kijiicew). (>!a permet d'expliquer l'expression critiquée par Voltaire : « Attacher l'Egypte a des pompes ».

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