ACTE II, SCÈNE IV
Qui ne cède aisément aux soins de leur grandeur *.
Il voit encor l'Afrique et l'Espagne occupées 685
Par Juba, S ci pion et les jeunes Pompées,
Et le Monde à ses loix n'est point assujetty
Tant qu'il verra durer ces restes du Parly.
Au sortir de Pharsale, un si grand Capitaine
Sçauroit mal2 son métier s'il laissoit prendre haleine, 000
Et s'il donnoit loisir à des cœurs si hardis ;
De relever1 du coup dont ils sont étourdi?.
S'il les vainq5, s'il parvient où son désir aspire,
Il faut qu'il aille à Rome établir6 son empire,
Jouir de sa fortune et de son attentat. 695
Et changer à son gré la forme de l'Etat :
Jugez durant ce temps ce que vous pourrez faire.
Seigneur, voyez César, forcez-vous à luy plaire7,
Et, luy déférant tout, veuillez vous souvenir
Que les événemens régleront l'avenir. , 700
Remettez en ses mains Trosne, Set-pire, Couronne,
Et, sans en murmurer, souffrez qu'il en ordonne.
11 en croira sans doute ordonner justement
En suivant du feu Roy l'ordre et le testament8;
L'importance, d'ailleurs, de ce dernier service 705
Ne permet pas d'en craindre une entière injustice :
l.%Onpeut rapprocher de ces vers les belles strophes où Lamartine nous montre un autre conquérant. « sans haine et sans amour », esclave aussi de sa seule ambition. Voy. Kouv. Médit., Bona
2. Mal prend ici la valeur d'une n tgation, comme dans cet autre vers:
In prince dans un livre apprend mal son devoir.