ACTE IV, SCENE I
Et que le grand César blasme vostre action
Avec moins de couroux que de compassion.
Il vous plaint d'écouter les lasches Politiques
Qui n'inspirent aux rois que des mœurs tyranniques;
Ain^i que la naissance ils ont les esprits1 bas, 1195
En vain on les élève à régir des Etats;
Un cœur né pour servir sçail mal comme on commande;
Sa puissance l'accable alors qu'elle est trop grande,
Et sa main2, que le crime en x ain l'ait redouter.
Laisse choir le fardeau qu'elle ne peut porter. 1200
PTOLOMÉE
Vous dites vray, ma sœur, el ces effets sinistres9
Aie font bien voir ma taule au choix de mes Ministn s.
Si j'avois écouté de plus nobles conseils,
Je vivrois dans la gloire où vivenl mes pareils,
,1e mériterois mieux cette amitié si pure 1205
Que pour un frère ingrat vous donne la Nature;
César embrasseroit Pompée en ce Palais,
Nostre Egypte à la Terre auroit rendu la Paix,
El verroil son monarque encor à juste titre
Ain\ <le tous les deux, el peut-estre l'arbitre. 1210
Mais, puisque !<■ passé ne peut se révoquer4.
Trouvez bon qu'avec vous mon cœur s'ose expliquer.
Je vous a\ maltraitée, el vous êtes si bonne Que vous me conservez ta vie el la couronne: Vainquez-vous tout-à-fait, et, par un digne effort, i ^ i r>
Arrachez Achillas el Photin à la mort.
Elle leur esl bien deuë, il- vous ont offensée; Mais ma gloire en leur perte est trop intéressée Si César les punit des crimes de leur Roy, Toute l'ignominie en réjallit6 sur mo\ : 1220