‹ PompéeChapitre 178 sur 203 · ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III

Ne nous déguisez rien, parlez sans me flater : Qu'ay-je à craindre, Achorée, ou qu'ay-je à regretter?

ACHORÉE

Aussi-tost que César eust sceu la perfidie...

CLEOPATRE

Ce ne sont pas ses soins que je veux qu'on me die* ; 1610

Je sçay qu'il lit trancher2 et clorre ce Conduit

Par où ce grand secours devoit estre introduit,

Qu'il manda tous les siens pour s'asseurer la place

Où Photin a receu le prix de son audace,

Que d'un si prompt supplice Achillas étonné 1615

S'est aisément saisi du Port abandonné,

Que le Roy l'a suivy, qu'Antoine a mis à terre

Ce qui dans ses vaisseaux restoit de gens de guerre .

Que César l'a rejoint, et je ne doute pas

Qu'il n'ait sceu vaincre encor et punir Achillas. 1620

ACHORÉE

Guy, Madame, on a veu son bon-heur ordinaire...

CLEOPATRE

Dites-moy seulement s'il a sauvé mon frère, S'il m'a tenu promesse \

1. QiCon me die. Cette forme de subjonctif est très fréquente chez Corneille :

Quoique ou die ailleurs d'un cœur si magnanime.

.V. l.) Ma sœur, que je vous die une bon-e nouvelle.

{Borace, III,

Racine, en 1 6 7 -ï- écrivait encore dans son Iphigénie

Ah ! que vous auriez vu, sans que je vous le die.

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