‹ PompéeChapitre 200 sur 203 · PHILIPPE^, CORNÉLIE · texte numérisé non relu

PHILIPPE^, CORNÉLIE

PHILIPPES

Je sens en mes malheurs heureuse ma Fortune,

Que j'aye accompagné l'encombreux infortune

Du grand Pompé mon maistre, et qu'ainsi que vivant

Je l'ay tousjours servi, mort je l'aille servant.

Je fus en raesme nef, quand la main parricide

Des Nilides trompeurs tira sou sang humide,

Et que luy qui estoit l'effroy de l'Univers

En un moment decheu, tomba mort à l'envers :

Je répandis sur luy maintes larmes ameres,

Et lu\ d\ sanglotant les parolles dernières.

Puis dessus le rivage, esbattement des flots,

Qui sembloieut accorder avecque mes sanglots

Un buscher je dressay de petites aisselles1

Esparses ça et là, demeurant de nasselles.

Là j'estendi son corps, que le consommant feu

Craquetant, bluettant, consomma pou à peu.

Je resserray dolenl dedans ces urnes creuses

Des membres consommez les reliques cendreus -

Qu'eschapé de la rage et de l'onde el du vent,

Des Syrtes et dos rues éprouvez si souvent,

J'apporte à Coraélie, à tin qu'ell' les dévale

Avecque ses ayeulx en la tombe fatale.

cornélie.

Las! qu'est-ce que je voy !

i'II [LIPPES.

Ce sont les tendres os De vostre grand Pompé dans ces urnes enclos.

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