Var. Je sais obéir, sire, et je serois jaloux
7. Qu'autre bras, pour qu'un autre Ira-;. Il arrive très souvent à Corneille de supprimer l'article soit défini soit indéfini. Il dira même au pluriel :
... De craindre autres périls qu? ceux de ma princesse.
(Œdiye, I, 1
Seigneur, je suis Romain, je eonnoy2 l'un et l'autre ; Pompée a besoin d'aide, il vient chercher la vostre; Vous pouvez, comme maistre absolu de son sort, Le servir, le chasser, le livrer vif ou mort. Des quatre le premier vous seroit trop funeste, 1G5
Souffrez donc qu'en deux mots j'examine le reste. Le chasser, c'est vous faire un puissant ennemy, Sans3 obliger par là le vainqueur qu'à demy, Puisque c'est luy laisser, et sur Mer et sur Terre. La suite4 d'une longue et difficile guerre, 170
Dont3 peut-estre tous deux également lassez Se vengeroient sur vous de tous les maux passez. Le livrer à César n'est que la niesme chose G : 11 luy pardonnera s'il faut qu'il en dispose, Et, s'armant à regret de générosité7, 175
D'une fausse clémence il fera vanité :
Heureux de l'asservir en luy donnant la vie, Et de plaire par là mesme à Piome asservie, Cependant que8, forcé d'épargner son rival.
1. Corneille fait tenir à Septime le raisonnement que Plutarque prête à un autre conseiller de Ptolomée, au rhéteur Théodotus de Chios : « Recevoir Pompée, c'est se donner César pour ennemi et Pompée pour maitre ; mais, si nous le renvoyons, il pourra se venger un jour d'avoir été chassé, et César aussi d'avoir été réduit aie poursuivre. Le meilleur parti est donc de le recevoir et de le faire périr. Par là, nous obligerons César, sans avoir à craindre Pompée. » Et il ajouta, dit-on, en souriant: « Un mort ne mord pas. » (Vie de Pompée, ch. LXXVI)
2. Je eonnoy. L'anci-n français ne mettait jamais d's à la première personne du singulier; on écrivait je eonnoy. je croy, je rend, je reçoi, orthographe conforme à l'étymologie icognosco, credo, etc); l's ne représentait que la seconde personne, comme en latin : cognosm, reddi's. A partir du xvne siècle la règle devient moins absolue.
3. Sans..., que forme une construction irrègulière analogue à point... que. Voir la note du vers 140.
4. La suite, c'est-n-dire la continuation, Voltaire déclare que « laisser la suite d'une guerre n'est pas français ».
5. Dont dépend du participe lassés; régulièrement le pronom conjonctif devrait se rapporter au verbe de la proposition conjonctive. Il y a là une sorte d'anacoluthe, dont le latin offrirait beaucoup d'exemples : « Nec Alpes alise sunt. qvo.s dum superat comparari nova po^sint prœsidia. » (Tit.-Liv. XXI. 42.
6. Nous admettons avec Voltaire que « livrer Pompée à César n'est pas la m me chose que de le renvoyer. » Ma s c'est prêter gratuitement à Corneille une naïveté. .Septime veut dire que chasser Pompée ou le livrer aura le même résultat pour Ptolomée; dans les deux, cas il s'attirera à la fois la haine de César et celle de Pompée.
7. Ainsi la clémence de César, que Cicèron a louée dans le Pro Marcello en termes hyperboliques n'est que le calcul d'un adroit politique : la clémence intéressée dont Livie conseille à Auguste de se servir (Cinna IV, 3). Septime, quoique Romain, méconnaît César.
S. Cependant que, très souvent employé par Corneille est formellement condamné par Vaugelas à deux reprises: « Il ne faut jamais dire cependant que, mais pendant que » ; et l'Académie française ajoute à la