ACTE I, SCENE III 3o
Je sçay vostre innocence et je connoy sa haine ; 270
Après tout, c'est ma sœur, oyez ' sans repartir.
CLEO PATRE.
Ah! s'il est encor temps de vous en repentirs,
Att'ranchissez-vous d'eux et de leur tyrannie.
Rappelez la vertu3 par leurs conseils bannie,
Cette haute vertu dont le Ciel et le sang 275
Enflent toujours les cœurs de ceux de nostre rang.
PTOLOMÉE
Quoy! d'un frivole espoir déjà préoccupée,
Vous me parlez en Heine en parlant de Pompée,
Et d'un Taux zélé ainsi vostre orgueil revêtu*
Fait agir lintérest sous le nom de N>Ttu ! 280
Confessez-le, ma sœur, vous sçauriez vous en taire,
N'étoit5 le testament du feu roy nostre p sre.
Vous sçavez qu'il le garde.
CLEOF VTRE.
l-.t vous sçaurez aussi Que la seule vertu me fait parler ainsi, Et que, si l'intérest m'avoit préoccupée, 285
J'agirais pour César, et non pas pour Pompée. Apprenez un secrei que je voulois cacher, Et cessez désormais de me rien6 reprocher.
1. O'/pz, Corneille emploie les formes inusitées aujourd'hui du verbe ottïr, a l'indicatif : -J'oy du bruit » (Suite du Ment.); au futar: «et je ne l'orrai pas. » Çid. III, 3), et surtout a la seconde personne plurielle de l'impératif.
Oyi ; co que les Dieux vous font savoir par moi.
(Cinnu, V, 3.)