‹ Pompee, tragedie de P. CorneilleChapitre 25 sur 122 · CÉSAR, ANTOINE, LÉ P IDE · texte numérisé non relu

CÉSAR, ANTOINE, LÉ P IDE

CÉSAR

«Antoine, avez-vous vu cette Reine adorable?

Antoine.

Oui, Seigneur, je l’ai vue, elle est incomparable; Le Ciel n’a point eiicor , par de si doux acccrds , Uni tant de vertus aux grâces d’un beau corps.

Une majesté douce épand sur son visage De quoi s’assujettir le plus noble courage ;

Scs yeux savent ravir , son discours sait charmer ,

Et si j’étois César, je la voudrois aimer.

CÉSAR

Comme a-t-elle reçu les offres de ma flamme ? Antoine.

Comme n’osant la croire et la croyant dans l’ame j Par un refus modeste et fait pour inviter ,

Elle s’en dit indigne , et la croit mériter.

CÉSAR

En pourrai-je être aimé ?

Antoine.

Douter qu’elle vous aime.

Elle qui de vous seul attend son diadème ,

Qui n’espere qu’en vous ! douter de scs ardeurs ,

Vous qui pouvez la mettre au faîte des grandeurs ! Que votre amour sans crainte à son amour prétende :

44 POMPÉE

Au vainqueur de Pompée il faut que tout se rende » Et vous l’éprouverez. Elle craint toutefois L’ordinaire mépris que Rome fait des Rois ,

Et sur-tout elle craint l’amour de Calpurnie ;

Mais l’une et l’autre crainte à votre aspect bannie » Vous ferez succéder un espoir assez doux ,

Lorsque vous daignerez lui dire un mot pour vous.

Allons donc l’affranchir de ces frivoles craintes ,

Lui montrer de mon coeur les sensibles atteintes ; Allons , ne tardons plus.

Antoine.

Avant que de la voir *

Sachez que Cornélie est en votre pouvoir;

Septime vous l’amene orgueilleux de son crime .

Et pense auprès de vous se mettre en haute estime. Dès qu’ils ont abordé, vos chefs, par vous instruits. Sans leur rien témoigner les ont ici conduits.

CÉSAR

Qu’elle entre... Ah ! l’importune et fâcheuse nouvelle! Qu’à mon impatience elle semble cruelle !

O Ciel 1 et ne pourrai-je enfin à mon amour Donner en liberté ce qui reste de jour ?

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