SCENE VII
CLÉOPÂTRE, seule,.
”53 E quel malheur suis-je encore capable l Leur amour m’offensoit , leur amitié m’accable ,
Et contre mes fureurs je trouve en mes deux fils Deux enfans révoltés et deux rivaux unis.
Quoi 1 sans émotion perdre trône et maîtresse I Quel est ici ton charme ! odieuse Princesse ?
Et par quel privilège , allumant de tels feux ,
Peux-tu n’en prendre qu’un et m’ôter tous les deux ? N’esperc pas pourtant triompher de ma haine ,
Pour régner sur deux cœurs tu n’es pas encor Reine 1 Je sais bien qu’en l’état où tous deux je les voi ,
11 me les faut percer pour aller jusqu’à toi ;
Mais n’importe, mes mains, sur le pcrc enhardies , Pour un bras refusé sauront prendre deux vies ;
Leurs jours également sont pour moi dangereux ï J’ai commencé par lui, j’acheverai par eux...»
Sors de mon cœur, nature ! ou fais qu’ils m’obéissent. Pais-lcs servir ma haine» ou consens qu’ils périssent....
Mais déjà l’un a vu que je les veux punir: .
Souvent qui tarde trop se laisse prévenir.
Allons chercher le tems d’immoler mes victimes * Et de me rendre heureuse à force de grands crimes»
Fin du quatrième Acte »