TVXLIVS. M. P. D. V. I. D. TER. QVINQ. AVGVR
TR. MIL. A POP. AEDEM FORTVNAE AVG. SOEO ET PEC. SV A.
Marcus Tullius fils de Marcus , duumvir de justice , pour la troisième fois Censeur , Augure et Tribun des soldats élu par le peuple éleva le temple de la Fortune sur son terrain et à ses propres frais .
. HISTORIQUE. i3 7
On voit au milieu des degrés du Temple un autel pour les offrandes publiques. Dans la Cella on trouva le fragment. . . . Augusto Caesari Parenti patriae.
À droite du temple sont les chambres de quelques-uns des premiers Ministres de la Fortune ; leurs noms sont gravés sur un marbre trouvé dans le temple. Une petite cuisine forme la partie principale de ce domicile. On y trouva un vase , deux couvercles et d’autres ustensiles de bronze , un mortier à sauce avec son pilon, et un Hermès de Bacchus barbu qui soutenoit une table ronde.
Sur une pierre enfoncée dans le terrain on lit :
M. TYXliIÏ M. F. AREA PRIVATA.
Aire privée de Marcus Tullius fils de Marcus.
Rue de la Fortune.
Boutiques où P on vendait des vases de terre cuite et de verre.
Une rue, qui est la plus spacieuse de Pompéi , conduit du temple de la Fortune au Forum. Deux arcs de triomphe en terminent l’extrémité. Le premier étoit surmonté d’une statue à eheval de bronze dont on recueillit de grands fragmens; l’autre est orné de marbres et de colonnes délicatement travaillées ; tous les deux avoient des jets d’eau et des fontaines.
i38 PRÉCIS 1
Deux rangs de boutiques et un portique embellissent cette belle rue des deux côtes. On découvrit dans. les premières: ,
En or. Une paire de pendans d’oreilles très- bien conservés, d’une figure semblable à un quartier de pomme, et deux petits gallons intacts de la longueur d’un pied.
En argent. Beaucoup de monnoies. Une petite Fortune vêtue d'une longue tunique talaris et d’un manteau retroussé sur les flancs ; elle a sur la tête un diadème orné d’un croissant et de la fleur du lotus , les cheveux flottans sur les épaules , un timon de navire dans la main droite, et dans lu gauche, la corne d’abondance. Un bracelet en forme de serpent lui ceint le bras. Une petite statue de femme couronnée et assise. Un austorium ou cuillier ronde avec le manche vertical à la coupe. Une clo^ chette ovale, peut-être ornement d’un meuble.
En bronze. 1 53 monnoies, ( dans une seule boutique ). Une petite statuç de femme , et deux de Mercure ; ( c’éloit le dieu des marchands ; nous ne savons pourquoi il fut ensuite appelé le Dieu des voleurs ). Une d’elles le représente assis sur un écueil, avec des aîles aux pieds et à la tête , ayant à sa droite une tortue , et à sa gauche un bélier et un lézard , faisant allusion à ce qu’il est l’inventeur de la lyre , le protecteur des troupeaux , et le plus rusé et le plus secret de tous les Dieux. Sept lampes avec trois de leurs soutiens ; cent vingt autres objets tant cn-
HISTORIQUE. j3a
licrs qu’en fragmens; des vases, des bassins, des parères, des. anneaux et des ustensiles de toute espèce.
En ivoire. Une petite sculpture d’un enfant.
En verre. Un nombre prodigieux de verres à boire , de carafes , des petites assietes et de tasses parmi lesquelles il y en a de très-précieuses lie couleur bleue conservées dans la paille.
En terre cuite. Une immense quantité de lampes, de pots avec leurs couvercles, et de coupes, quelques petites statue» et des tire-lires dans une* desquelles étoient i 3 monnoics de Titus et de Domitien alors César.
Un petit perroquet de madre-pcrle , un scarabée de cristal, un morceau de corail rouge , une paire de grands ciseaux de fer, et une quantité; d’objets en marbre, en albâtre et en plomb, entr’autres beaucoup de poids.
Dans l'habitation d’un de ces marchands on trouva en 1834, en présence de S. M. lu Duchesse de Parme ,
En or. Un joli anucau et une nionnoie d’Otbon.
En bronze. Une petite statue d’ Hercule , une de Mercure , une troisième assise et une autre. y avec une cuirasse d’argent et avec la clamyde et les bas ( c aligne) qui pourroit être celle de Caligula cniant ; une lampe très-bizarre formée d’une ligure grossière de vieillard qui soutient un Jr'riape;.
Une autre de craie en forme de navette à 14 lumières, une cuillicr d’ivoire et beaucoup d’autres ustensiles de toute espèce.
Le squelette d’une personne qui se sauvoii par la fenêtre de sa maison lorsque les rues se irouvoient déjà encombrées par plusieurs pieds de matières volcaniques fut trouvé peu loin de deux autres compagnons de son infortune près du temple de la Fortune dont ils avoieut en vain imploré le secours. Le premier portoit sur lui un rouleau de 60 monnoies d’argent, une casserole et un petit plat, du même métal.
Deux autres, ( ceux de deux jeunes amans ou de deux époux), étaient à l’entrée d’une boutique. Un éternel embrassement fut leur dernier mouvement.
Maison de Bacchus. 1826. Elle est composée d’un petit atrium découvert, dont le mur présente la peinture d’un Bacchus assis dans un vaste jardin. Un petit mur y tourne tout auiour , sur lequel on avoit semé des herbes odoriférantes et de fleurs. Dans la chambre de société et à manger , on remarque entr’aulrcs le , tableau d’une Bacchante qui donne k boire à un enfant ; le pavé est composé de différens y marbres précieux; c’est le plus beau de Pompéi. Il a cependant sur trois côtés des bandes de mortier simplement battu ; elles éloient couvertes de meubles élégants semblables aux divans modernes, qui riches en tapis et en oreillers servoient de lits en été , ou pour s’y asseoir en. respirant le frais auprès du jardin, et en conversant agréablement avec sa famille ou avec
HïSTO.RIQUÈ. 14 »
scs amis. — C’est ainsi que Lucrèce reçut ses hôtes, assise au milieu de ses femmes et occupée à faire un habit pour Collatin. ( Ov: de Fast. )
En entrant dans le Forum à droite , on passe près de l’habitation d’un marchand de lait, oit l’on découvrit des grands vases placés dans le banc de pierres , et avec l’enseigne de la chèvre sur la porte. — A côté est l’ école où s’ererçoient les gladiateurs , dont on trouva une épée sur le terrain.
Un tableau grossier , mais curieux , est peint sur le mur extérieur. On y voit deux gladiateurs, dont les noms sont écrits , combattant avec fureur, et un maître ( lanista ) qui accourt pour présenter au vainqueur la verge ( rudis ) pour prix de la victoire. Au pied du tableau on lit ,
Abiat Venere Pompeiiana iralam qui hoc laeserit.
Ecriture sans orthographe , qui indique que le langage populaire qu’on parloit alors a servi d’origine à la langue italienne , ët pour cela à l’espagnole , romance provençale , romance vallonné , et à leurs nombreux dialectes.
Forum civil.
Monumens des Collèges.
C’est l’endroit le plus noble et le plus magnifique de Pompci. Un y traitoit des affaires les plus
importantes, tant du. commerce que du droit public et du droit particulier. — Les collèges ou corporations religieuses et profanes y avoient de établissemens somptueux.
Les fêtes publiques , les solennités sacrées les plus bruyantes , les processions des Canephores et les jeux des Gladiateurs se faisoient dans ce Forum. Ses monutnens correspondent si exactement à la description que nous a laissée Vitruve , ( Liv. 5 , ch. 1 et a. ) que nous sommes tentés de croire que les architectes Pompéiens l’avoient consultée.
Des portiques formés par des colonnes doriques de travertin surmontées d’un second ordre ioninique renfermoient, sur trois côtés, une place longue de 544 pieds , et large de 107 environ. Un grand nombre de piédcstals avec des inscriptions, disposées devant les entre-colonnes, présentoient à l’admiration publique les statues de Rufus , de Sallustius, de Pansa , de Scaurus , de Gellianus , de tous les illustres Pompéiens et des personnages les plus distingués de la Colonie.
De larges pièces de travertin en embellissent le pavé.
Trésor runuc appelé le Temple de Jupiter.
1816 et 1817. Des gradins magnifiques, sur chaque côté desquels on voyoit des statues colossales surprenantes , et au milieu le plan pour un autel : un vestibule avec six colonnes d’ordre corinthien hautes de 5 o pieds ; une Cella couverte, avec deux .ailes, dont chacune est soute-
nue par 8 colonnes d’ordre ioniqne; dans le fond, trois petites chambres avec des grilles de fer, pour y placer le trésor public et les actes du gouvernement, et qui servoient de soubassement à des Simulacres , ( dont on trouva quelques précieux fragmens parmi lesquels une tête de Jupiter en marbre ) : voilà une idée de ce monument , qui , situé dans le plus bel endroit de la ville, devoit produire l’ effet le plus majestueux. On sait que le trésor public seconservoit daus les temples. Vitruve le place aussi dans le Forum.
Le temple de la Fortune, que nous avons vu , est en petit l’image de celui de Jupiter.
Les squelettes de deux soldats qui ne voulurent abandonner le poste, où peut-être ils étoient de gare, furent trouvés dans cet endroit; un d’eux avoit été écrasé par la chute imprévue d’une colonne. On ne trouva près d’eux qu’une seule monnoie de bronze avec une visière.
Nous jetâmes un regard sur les Prisons , que l’on commence à déterrer et dont les portes très-étroites étoient munies de barreaux de fer. On y a découvert des chambres sans ouverture pour le jour, bien défendues et voûtées. On y trouva les os de quelques prisonniers.
Nous observâmes ensuite l’enceinte où l’on vendoit les toileries et les draps, à en juger à la quantité infinie de trous qui soutenoient les armoires o\x l’on gardoit ces marchandises.
Une peinture découverte à Pompéi fait allu-
sion à ce Forum et à ce magasin; c’est un homme debout , tenant une pièce d’étoffe qu’il offre à une femme assise. Celle-ci désire de l’acheter, niais elle fait observer au marchand un défaut qui se trouve au milieu de la pièce; et le marchand cherche à la dissuader par des raisons qu’il accompagne de gestes très-animés.
Les deux jeunes filles assises , la servante qui est derrière elles , le groupe de deux autres femmes qui, parlent avec un homme ; enfin les rideaux qu’on découvre au fond du tableau indiquent très-bien le lieu dont nous parlons (66).
JNous découvrîmes ensuite l’endroit où étoient situés les modèles des mesures publiques de capacité (67), et nous entrâmes dans le
Temple de F'énus. 1817. C’est un des plus considérables de cette ville ; il étoit destiné pour le Collège des Venerei : on fait mention d’eux sur ce marbre qu’on y découvrit.
ivr. holconiÿs rvfvs d. v. i. d. ter. '