‹ Pompei decrite (volume 2)Chapitre 15 sur 28 · ROM VL VS MARTXS · texte numérisé non relu

ROM VL VS MARTXS

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Joui FERETRIO CONSECRA-tUi HECEPT V SQUE IN DEORV-TO

nvmervm QViRiNi nomine APPELLAT-WS est ■ a Romanis.

Romulusfils de Mars fonda la ville de Rome , et y régna environ 40 ans. Celui-ci , après avoir tué Acron chef des ennemis et roi dès Cé/iiniens , consacra à Jupiter Fèrètrien les dépouilles opirnes , et ayant été admis au nombre des Dieux , il reçut des Romains le nom de Quirinus.

Lieu du Décurionat. 1818. Avant d’entrer dans le superbe édifice d’Auguste , on doit admirer une grande salle faite en forme de demi” cercle amplement ouverte du côté du Forum avec un autel au milieu, et décorée de sièges, de niches, et jadis de statues.

Nous croyons que c’est dans cette enceinte que tordre des Décurions tenoit ses séances publiques.

Temple dé Auguste , nommé le Panthéon. 1821 et 1822. On pourroit l’appeler la galerie des fêtes Pompéiennes. Son plan semble avoir été pris sur le Temple de Serapis à Pouzzole.

Par une porte décorée de deux ordres de colonnes, de plusieurs autels et d’une file de pié— destals pour des statues, on a le passage sur une place découverte et jadis environnée d’un péristyle, sur les murs duquel on trouve représenté tout ce qui peut servir à un repas somptueux ; des poissons, un coq d’Inde, des corbeilles pleines d’œufs , des oies , des perdrix tuées et plumées , des vases pour les fruits, et une quantité d'amphores pour le vin. Sur l’entrée particulière , à gauche , on voit également peints des bœufs ,

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des brebis, une corne d’abondance qui se repand sur des plats renversés, des fruits dans des vases, des petits génies qui entrelacent des fleurs et des guirlandes pour les distribuer aux convives , et Psyché dvec des ailes de papillon qui suit sou amant au banquet des Amours.

A droite , est disposé un rang de onze cabinets pour les repas des citoyens les plus distingués , avec des figures d’oies, qui en étoieut le principal élément.

En face, s’élève une tribune ornée de quatre niches. Sur une base il devoit y avoir eu le simulacre d’Auguste , puisque l’on trouva par terre un bras qui tenoit un globe. On voit à côté deux statues agréables , l’une de Livie dans la fleur de l’age et de la beauté , l’autre de Drusus son fils ; une draperie légère enveloppe les reins de cet aimable enfant (7b).

Dans le sacellum contigu l’on faisoit les sacrifices. Sur un grand autel revêtu de marbres, on voit encore l’endroit ( favissa ) où l’on posoit les instrumens sacrés. Sur les sièges de pierres , à l’autre côté de la tribune , on découpoit les victimes et on les distribuoit au peuple qui y entroit par une porte contiguë. On avoit peint sur cette dernière des morceaux de viaude , une hache pour les tailler , des oiseaux morts , une tête de cochon, et des jambons. — Au bas des sièges est un petit canal où couloit le sang des victimes ; c’est pourquoi ils étoient peints en rouge. On

voit clans le fond un grand tableau où étôicrtt représentés les deux jumeaux, les fondateurs de la superbe Rome, sur les genoux de Laurenüa , et les Dieux qui les protègent d’en haut. . ,

Du milieu de l'atrium découvert s’élèvent dans un décagone , douze petits piédcstals pour les poutres qui dévoient soutenir tholus ou un léger pavillon de bois: dans cette enceinte on pré* paroit les mets et on les distribuoit. C’étoit une espèce de petite cuisine ; on y découvrit un récipient pour les eaux sales, plein d’arêtes de poissons qu’on y avoit jetées. On trouva aussi plus loin des amphores qui en contenoient une grande quantité, et des vases de bronze.

Une grande quantité de peintures fraîches embellissent partout cet édifice dédié aux banquets sacrés , et que les danseuses , les poètes et les acteurs dévoient réjouir de tout ce que leurs fournissoient de plus voluptueux les danses grecques et les souvenirs de la gloire et de l’amour.

Ici une Bacchante est appuyée sur une jeune Actrice ; là une belle Musicienne semble vouloir verser dans ton ame le son de la lyre qu’elle pince , tandis qu’une de ses compagnes est dails l’attitude du repos ; elle a cessé de toucher sa lyre, mais on voit qu’elle médite quelque nouvelle chanson: on diroit qu’elle attend l’inspiration de l’amour.

Tantôt on rencontre un Guerrier de garde au Sacraire', et tantôt de jeunes et belles Prêtresses

qui offrent à leurs concitoyens des pavots et les présens de Cérès.

JStra découvre à Thésée l’épée de son père autre fois cachée sous une roche (76), et Ulysse , triste et pensif, est à côté de son foyer et peut à peine retenir ses larmes devant Pénélope qui ne l’a pas encore reconnu ; ce trait d’Homère, peut-être un des plus beaux de la poésie aucienne, étoit déclamé avec d’autres chants par les Rapsodistes dans les grands festins (77). Enfin, près de l’entrée principale du Temple , on voit peinte l’image d’un Empereur assis sur un faisceau d’armes et couronné per la Victoire. Des vaisseaux disposés au combat nous rappellent la journée d 'Actium, et réunissent pour la dernière fois Antoine et Au guste , le triumvirat, et l’empire.

Des Divinités et des Génies , qui offrent des fruits sur un disque ; des païsages et des Victoires sur des chars en pleine carrière; des palais et' des arabesques finissent d’orner ce beau monument consacré anx triomphes de Rome.

Ce temple étoit dédié à Auguste , que Tibère avoit déjà mis au rang des Dieux (78). — Vitruve qui place ce temple dans le Forum , et les inscriptions sans nombre trouvées à Pompéi dans lesquelles on fait mention de prêtres d’Auguste , ( les Augustales ) et de leurs ministres (79) , semblent confirmer noire opinion. Ces derniers étoient élus par deux Personnages , auxquels étoit confiée la charge de procurer par le moyen

ï6a PRÉCIS .

des vœux publics , V 'exécution des solennités consacrées à Auguste. Et tous les signes du repas «acre, ( epulum ) et de la distribution des entrailles au peuple , ( visceratio ) ainsi que les images des Ministres sacrés si souvent répétées dans ce temple, ne veulent-elles pas nous indiquer l’histoire de ce que ces inscriptions nous expliquent 'brièvement?

On lit dans Tacite , que les Sodales Augustales étoient des prêtres qui sacrifioient à Auguste. A quelques pas de l’entrée principale de notre monument, on lisoit, sur un marbre, le fragment ci-dessous , qui parle précisément de ces confrères , qui dévoient y avoir leur établissement.

.... AMINI AVGVSTALI SODALI AVGVSTAIA Q.

D’ailleurs , outre les banquets publics et les fêtes que l’on célébroit en l’honneur de la naissance et des victoires d’Augusi.e et de celles de ses successeurs , Dion ( Liv. 58. Chap. 2 . ) nous rapporte que le Sénat avoit décrété des fêtes et des chasses d'animaux que les quatre principaux Collèges des Prêtres dévoient faire exécuter, aux soins des Auguslales , à l’anniversaire de la mort de Séjan. Dans notre monument, où ces fêtes et ces banquets ont dû avoir lieu , on voit encore peintes des chasses d’animaux qui pourroient faire allusion à ce que nous raconte Dion.

Près <Je la petite porte on découvrit une petite cassette avec sa serrure , où l’on avoit déposé ioô6 ntojonoies de bronze $ 4 1 d’argeut , un bel anneau d’or avec une pierre gravée , et un autre d’argent. Vers la grande porte on trouva g3 autres monnoics de bronze. C’éloient les tributs de la bienfaisance publique. On y découvrit enfin de larges vitres qui avoient servi de châssis pour les fenêtres: celle circonstance ne cessera pas d’exciter la surprise et même l’incrédulité de beaucoup d’antiquaires.

Ile autour (lu temple cE Auguste ; vendeurs de fruits secs. — Quadrivium.

Des boutiques ornées de peintures les plus gracieuses bordent le sentier sur un double rang. On y trouva en abondance des figues sèches , et des châtaignes , des prunes , des raisins secs , et des fruits dans des vases de verre , des lentilles ( les premières qu’on a découvertes à Pompéi ), de la graine de chanvre, un gâteau , des morceaux de pâte et de pain, beaucoup de monnoies, une petite romaine et différentes balances.

Dans une de ces boutiques on trouva une petite statue de bronze , qui représentoit la Fortune ailée, d’un fini très-précieux. Elle avoit les bracelets d’or aux bras, dans un desquels on voyait enchâssée une pierre précieuse. Dans une autre , on déterra une petite Vénus de marbre qui s’ cfsuyoit les cheveux, et qui avoit la partie inférieure voilée d’un drap peint en rouge.

Un cabaret est au eoin de la rue; il se fait distinguer par la belle enseigne d’un Bacchus qui presse entre ses mains une grappe de raisin ; une panthère est à ses côtés.

Pâtissier. On y découvrit un grançl nombre d’ustensiles de cuisine et différens moules de pâtisserie, dont une en forme de coquille, une autre avec des restes de pâte travaillée, et un cachet avec des lettres pour estamper.

Dans d’autres boutiques on trouva un coin de plomb avec une belle tête de femme sur le style des monnoies de Naples et de la Grande Grèce ; des os d’animaux , ( très- communs dans tout Pompéi , ) vides en dedans pour y agiter les dés, ou plutôt pour des inslrumens de musique ; un très-bel anneau d’or avec une cornaline sur laquelle on grava l’allégorie intéressante d’un caducée avec la corne d’abondance ; une pierre précieuse avec la gravure d’un aigle romaine ; un fuseau et des squelettes d’animaux.

L’habitation découverte l’an i8a3 devant S. M. le Roi de Prusse est formée d’un petit nombre de chambres. Au fond, il y a la cuisine et une fontaine avec des mosaïques par terre représentant des dauphins et des canards. Sur les murs est peinte la chapelle domestique : Mars est au fond d’un bois; et à quelque pas de lui, Vénus se regarde dans un miroir qui a la figure d’un tournesol; elle est dans la situation la plus languissante et la plus aimable; ses yeux étincel-

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lent; elle a des bracelets, et elle est nue: nous n’avons pas encore vu d’image plus voluptueuse que celle-ci.

Maison des noces <? Hercule. 1820. Dans son tablinum est représentée une nouvelle aventuré du Dieu de la guerre avec la Mère des amours. A gauche on trouve l’appartement des bains, et des étuves. Une fontaine, dont il reste encore la petite base de marbre, s’élève au milieu du bassin, qui recevoit l’eau de pluie.

Un péristyle et un vaste jardin est disposé au milieu de l’appartement privé : on y voit deux viviers; entre eux il y avoit une table de marbre soutenue par une petite colonne avec l’effigie d’un Génie. On y mettoit des fleurs et des fruits pour les collatious que l'on faisoit au frais, et l’on fai— soit des libations de vin au Génie qui rappeloit la brièveté de la vie et des plaisirs : geniutn memorem b revis aevi. ( Horat. )

Dans la chambre du lit nuptial ( thalamus ) le mariage d 'Hercule avec Dèjanire est représenté avec toutes ses particularités. Dans l’autre salle , la famille avec les parens se réunissoient et faisoient des danses et des festins pendant les jours des Charisties, dédiés à la Concorde domestique et aux Grâces.

On passe de là devant un puits de 116 pieds de profondeur , ( c’est-à-dire plus profond que 'toute la hauteur de la colline ). Il avoir sa poulie pour tirer les seaux t comme il est d’usage encore an-

jourd’hui parmi nous ; l’eau est à quinze pieds

de hauteur, elle est potable, quoique uu peu

soufrée.

On voit ensuite un grand nombre de boutiques, entre autres celle d’un vendeur de savon avec de grands bassins pour le condenser ; il y en avoit encore une quantité. A terre sont les petites fosses pour la chaux, qu’on trouva très-durcie. Par une porte intérieure on passe dans la belle habitation du vendeur.

Sur le mur d’une boutique qui a , selon la coutume , des vases introduits dans le siège de pierres, on a représenté des poissons qu’on y vendoit à la saumure. — Dans une autre on trouva des os d’animaux eutassés > qu’on amollissoit sur le feu pour en faire des instrumens et d’autres ouvrages.

Maison de la Pêcheuse. 1823. Une cour avec un entre-colonne , le long duquel est construit un petit mur pour les fleurs , donne le passage à une belle chambre à coücber. On y a représenté une Néréide, un Narcisse, dont le visage se réfléchit dans l’onde , et une Pêcheuse ingénue qui a jeté sa ligne dans la mer , et qui attend sa proie. Cupidou sur un écueil la montre avec sa flèche.

On observe , dans une boutique, le beau ta- Lleau,d’une Danseuse qui soutenue par son compagnon agite dans l’air un tympanon et exécute un saut dillicilc, mais gracieux et pittoresque.

Rue des Théâtres -Maison du sanglier. 1816.

Elle a une entrée où est représenté en belle mosaïque cet animal poursuivi par les chiens. Des dessins de fortifications avec des tours ornent le pavé de Vatrium.

Maison dès Grâces. 18117. ^ uns première chambre on découvre Uranie qui avec une petite baguette montre le globe céleste. A quelque distance sont peintes les Grâces. Le propriétaire a voulu nous enseigner par là , que les études sérieuses des sciences sévères, ne doivent pas être séparées du souris gracieux des sœurs de Pamour.

Dans une autre chambre plus secrète, on voit le tableau d’ Adonis expirant dans les bras de son amante; un petit Amour pleure avec tant de vérité et de passion , qu’il- semble avoir servi de modèle aux beaux vers de Bion et de Théocrile. Les femmes célébroient le culte d’Adonis dans l’intérieur de leurs chambres; il consistoit à s’abandonner a la mélancolie, aux gémissemens et aux larmes (80).

Cette habitation appartenoit à un Chirurgien qui étoit à la fois Pharmacien , puisqu’on y trouva des médicamens et des instrumens , parmi lesquels celui pour extraire lé fœtus , dont la forme est simple et ingénieuse.

Rue des douze Dieux.Ms sont représentés sur le haut du mur, et servoient à empêcher les passans

de faire des ordures dans cet endroit. On lit sur ce

sujet dans les Classiques:

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