DUODEC’M DEOS ET DI AN AM 'ET IOVEM OPTIMUM MAXIMUM HABEAT IRATOS
QUISQUIS HIC MINXEBIT, AUT CACAVERIT.
Au-dessous sont peints, selon l’usage, les deux Serpens.
Pinge duos angues : pueri , sacer est locus : extra Meiite. ( Pers. «at. t. )
Maison dite de Fuscus. 1819. Avant d’arriver à la place du Théâtre, on parcourt un grand nombre de boutiques , qui attestent le commerce et les richesses de cette ville. On reconnoît à l'enseigne les boutiques où l’on travailloit les mosaïques , Les fontaines avec de beaux bassins de marbre en carrés longs sont prodigués dans cette rue.
Leur quantité et celle des puits, des réservoirs et des citernes , ainsi que l’usage général des bains, des portiques , des jardins publics et particuliers , et des galeries ouvertes sur la mer attestent la grande chaleur qu’on devoit souffrir sur cette oolline volcanique, et les mesures bien entendues adoptées pour s’en garantir.
On trouva dans cette rue un vase de verre avec'’ des œufs entiers, et g 5 g monnoies de bronze.
L’habitation de Fuscus a un beau gynécée ,
des mosaïques , et des décorations variées et ingénieuses sur le goût capricieux de Ludius. Des poissons sont représentés dans la chambre à manger, et des scènes amoureuses dans celle à coucher. On y trouva une quantité de vases de bronze , de verre , et de terre cuite ; deux pendans d’oreilles en or , et un morceau de poix , qui , après tant de siècles , conserve encore l’odeur de cette substance.
Place du Théâtre.
( découverte depuis 1764 jusqu’à 1796 . )
Monumens Étrusques.
Des portiques très- longs soutenus par des colonnes élégantes et majestueuses ; les restes d’un Temple , qui rappelle le style des premiers monumens de l’Italie ; une bouche de puits ( pu - . te a le , ) où étoit ensevelie la foudre, soigneusement environnée par Nitrebe , Meddis Tuticus d’un entre -colonne étrusque , comme l’exprimoit l’inscription , Nitrebiis tr. Mer. Tuh. aamanapher ; la vue des plaines situées au dessous qui semblent avoir jeté sur l’antique étendue des mers, un tapis de verdure et de fleurs ; voilà ce qui forme la plus ancienne contrée de Pompéi, qui fut construite par les Etrusques , habitée par les Samnitcs ; et que les Romains, maîtres del’u-
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nivcrs, objet de leur cupidité et de leur mépris,
n'osèrent ni détruire , ni changer.
Nous nous repôsames sur un de ces hémicycles qu’on rencontre ordinairement hors de là rue des tombeaux. Le vent siiïloit entre les colonnes des portiques, comme jadis entre les vieilles forêts des Osques; et le chardon sauvage détachoit quelque brin de ses légers flocons pour en orner les pièces dispersées d’une horloge (8t.) Une douce mélancolie s’étoit emparée de mes sens, et je me levai, en m’écriant. « O Pompéi ! Quels evénemens déplorables ont changé l’aspect de ton royaume florissant ? ( Où sont tes rivages jadis couverts d’innombrables trirèmes, la foule des marchands, et le peuple qui attendoit dans les jardins de cette place les spectacles du théâtre contigü , et les Etrusques qui te gouvernoient , et les Samnites ? Tout a disparu ! La nuit des siècles ramène la paix sur ces lieux, ainsi que le silence de la nuit succède à une journée tumultueuse. O voyageur ! "Honore les restes de deux peuples, que leur civilité et leur courage auroient pu rendre éternels , si l’on peut trouver un malheur égal au leur sur la terre!»
Sur l’hémicycle, où il y avoit une horloge solaire , on lisoit sur un marbre le nom de ceux qui avoient construit l’un et l’autre.
: I/. SEFVNIV8 Ii. P. SANDILIANVS M. HERENNIVS A. F. EPIDIANVS DVOVIR. I. D. SCHOE. ET HQROIb
Une fontaine étoit auprès du vestibule ou propylœurn de cette place. Une autre conque recueil- Joit l’eau qui dégoTgeoit de la moitié d’une colonne. Devant elle un petit piédestal soutenoit la statue de Marcellus, qui ny étoit plus, et l’inscription: M. Claudio C. F. Marcello Putrono.
Maison découverte avant l Empereur Joseph IL 1767 et après. Elle a trois étages en amphithéâtre, et elle est située sur une même ligne avec celle de Po/ybe et de Diomède . Le premier avoit de singulier une grande Basilique privée, ouverte sur une agreable terrasse , et qui peut être considérée , selon M. Mazois , comme un exemple précieux de T Oectis corinthien dont parle Vitruve , ( liv. 6 . Ch. 5 . ). Le coup-d’œil que présentoit cet appartement devoit être surprenant , lorsqu’on voyoit, à travers F atrium, le tablinum e t les colonnes de la Basilique, ondes plus beaux tableaux que le ciel de la Campanie puisse offrir.
Le second étage contenoit la salle de conversation , et les triclinium d’été et d’hiver ; et le troisième, l’appartement des bains. On y admire l’étuve avec 4. niches, où l’on reconnut le squelette d’une femme avec un vase à la main.
La disposition simple et bien entendue , qui faisoit concourir la nature dans toute son amabilité à rendre agréable et riant ce petit édifice, nous fait connoître combien en sont éloignées nos plus superbes maisons , et combien il seroit facile d’y
introduire d’utiles changemens qui seuls pourroient élever au niveau de l’antique , la triste et déclinante architecture de nos jours.
Curie Isiaque. 1797. Une tribune du haut de laquelle le Demiurgue , on le Prophète dictoit les leçons sacrées aux initiés; un autel près duquel éloit renversée la statue d’un jeune Empereur, 'et des entre-colonnes couvertes composent la modeste Curie Isiaque de Pompéi. Le ' bassin des lustrations étoit près de la porte, et l’eau, d’une fontaine , comme dans tous les monumens. publics, jaillissoit d’une colonne pour rafraîchir l’air et les assistans.
Dans les trois chambres voisines on trouva des mains d’ivoire et de verre qui faisoient la figue ( dont on se servoit pour amulètos contre le fascinum , ) des vases de cuisine , et des ustensiles sacrés. Une inscription osque trouvée près du mur qui divise cet édifice du temple d’Isis , nous fait savoir que les Architectes municipaux de Pompéi avoient examiné les bâtimens qui composoient les 7 parties principales de ce local y et que le Middiastutieus et le Questeur après les avoir reconnus et approuvés, les avaient dédiés, à Isis (82).
Notre édifice y étoit compris , et y est nommé. Curie Pompéienne, Cereiiai Pumpaiianai. Sa tribune y est peut-être encore désignée sous le nom de Triiburn.
Nous devons cette interprétation à M. Jan~
nalli , qui depuis long-temps travaillé à l’illustration des antiques dialectes Italiques, et qui nor.s donnera bientôt des notices importantes sur un nouveau système des hiéroglyphes égyptiens.
Temple d.’ Jsis. irj65. C’éloit la Divinité la plus vénérée, parce qu’elle étoit la moins connue. Protectrice du port et du commerce de Pompéi, on l’appeloit Pélagique .— A l’entrée, on trouva la petite cassette de la charité publique, et peu apres deux élégans bassins pour l’eau lustrale. Mais qui étoit ce Dieu dépeint au fond de celte niche? C’ étoit le fils d’Jsis, le Silence, qui le commande avec le doigt, en montrant sa mère dans le fond du saorarium.
Sur ce grand autel on faisoit des sacrifices j sur cet autré , qui est vide , on mettoit les cendres des victimes.
Il y a un bain dans une chambre souterraine.
Une ou deux personnes y pouvoient descendre h la fois. On y purifioit les initiés. Sa petite porte est ornée d’un frontispice , et environnée de murs recouverts d’élégans bas-reliefs en stuc. Ils expriment des initiés qui prient: Vénus avec Murs; et Mercure , qui embrasse une Nymphe , peutêtre Lara son épouse, vêtue légèrement et couronuée de fleurs; des Amours, des dauphins, et des Génies semblent tourner autour d’eux , en portant des cassettes sacrées.
Le sacrarium avec son petit vestibule formé par six colonnes d’ordre corinthien s’élève au
centre de ftitrium découvert. Montons par ces escaliers: sur ce soubassement éloit la statue de la Déesse, et le Hiérophante s’y faisoit yoir enveloppé dans ses mystérieux vêtemens , au milieu du bruit des sistres, des tympanons et des hymnes.
Un petit piédestal est à chaque côté de l’escalier : on y trouva atttachée une pierre plate cal-r caire avec des hiéroglyphes (83). D’autres autels et d’auires niches sont aux côtés du sacrarium , derrière lequel il y avoit aussi dans une petiiè niche une siatue de Bacchus.
Des portiques et des autels environnent toute l’enceinte du temple. Leurs colonnes offrent un mélange confus de trois ordres d’architecture. En général ce temple ressemble beaucoup à celui de F'énus (84'. — Dans un angle à droite , s’élcvoient la petite statue d’Isis, que Cècilius Phœ bus lui avoit, dédié (85), et celle de Vénus dont le cou, les bras et la partie inférieure ctoieni dorés.
De là on passe dans la salle du banquet et des mystères , ornée de peintures et d’un pavé en niosdïquc; sur le sol on lisoit:
n. roriDi CEl.SINI.
N. POPrDt AMPIilATI.
COHNEr.IA CEI.SA.
C’étoient des dévots d’Isis, et initiés dans scs mystères. Les peintures représentoient i’ apothéose
d'Io, ( F /sis d'Egypte , ) et les figures de diflférens animaux qui y éioient en vénération. On y voyoit deux Hermès gigantesques avec la barbe et les cornes; entre eux étoient des barques dont l’une peut être la barque d ' Horus ou du Soleil, contenoit une cassette avec un oiseau; et l’autre étoit gouvernée par un homme. Deux scrpens autour de deux bâtons surmontés d'une guirlande de fleurs; et dessous, une lionne. Une figure assise sur une chaise couverte d’un voile , et un serpent. Une autre , d’Isis , avefc un manteau et uu chapeau sur la tête; elle a dans la main gauche un sceptre ; à son bras est suspendu un seau: elle a sous son pied une tête de mort, et à côté d’elle des serpens dont l’un est dressé,, et l’autre entrelacé autour d’un arbre chargé de fruits. Toutes ces figures avoient sur la tête la fleur du lotos , ou Nénufar , ( Nymp/iœa , plante aquatique ); et faisoient allusion aux diverses opérations du Soleil et de la nature (86). Le serpent urasus , ou aspic émit le symbole de la vie et de la mort.
Dans cette chambre, on reconnut le squelette d’uu prêtre qui étoit encore à table. Il avoit mangé des œufs et des poulets, et avoit bu du vin. Les restes du diner et les vases étoient renversés par terre.
Dans la chambre contiguë on trouva un grand nombre de symboles du culte d’Isis, et une petite idole égyptienne dans une niche. G’étoit une gap*
dérobé du temple ; il y avoit encore deux
chaises et d’autres meubles.
ISous nous écarterions trop de notre sujet , si nous voulions rappeler ici toutes les épreuves, les cérémonies et les prières qui se faisoient ordinairement dans les mystères cF Isis , qui furent transplantés en Grèce, sous le nom d'Eleusiniens. Aucun des auteurs anciens et modernes n’a pu en pénétrer le secret. Apulée, ( Metam. Lib. XI. ) en parle aussi d’une manière énigmatique.
« Je me suis approché, dit-il, des confins de la mort. Après avoir foulé à mes pieds le seuil de Proserpine , j’en suis revenu à travers tous les élémens. Au milieu de la nuit le soleil me parut briller d’une lumière éclatante. J’ai comparu devant les dieux supérieurs et inférieurs, et je les ai adorés de fort près.
Ainsi , l’inscription qu’on lisoit \ Sais sur le piédestal de la statue de Nephtis ( Isis ), n’a rien encore perdu de son ancienne vérité.
Je suis ce qui fut , ce qui est , et ce qui sera. Aucun mvrtel n’a osé encore écarter le voile qui me couvre. Le fruit que f ai enfanté est le soleil (Sp.)
Cependant on croit que l’on enseignoit dans les mystères isiaques une autre doctrine , celle qui concernoit la vie future. Lorsque Lucius dit , qu’il arriva aux confins de la mort, et foula aux pieds le seuil de Proserpine , n’est-ce pas une
allégorie assez claire des craintes dont il s’iinaginoit être délivré par son initiation? Au reste, toute difficulté s'évanouit par ces promesses que lui lait Isis : a tu vivras heureux , tu seras plein de gloire sous ma protection. Quant, ayant atteint le terme de ta vie , tu seras descendu aux enfers , tu habiteras les Champs E/y.sées . . . Si , par ton zèle pour mon culte , et par la pratique de lu continence et des privations qui te seront imposées , tu mérites mes faveurs , tu sauras qu'il est en mon pouvoir de prolonger tes jours au-delà du temps que le destin a prescrit. » A l’espoir de jouir après la mort d’une félicité assurée se joignoit donc celui d’une vie longue et heureuse, espoir sur lequel il n’est jamais diflicile de tromper les hommes, parce que leur bonheur consiste à céder li la force de cette illusion (8b).
Après cela il paroît que M. de Hammer ait enfin arraché ce secret aux siècles , et qu’il ait fait pour la première fois, briller un rayon de lumière dans le sanctuaire ténébreux d’isis. Il parle sous l’escorte de Clément Alexandrin , des trois espèces de mystères isiaquds , c’e*t-à dire la purification à l’entrée de la tombe; les petits mystères sur le jugement de la mort et sur la doctrine de la vie future ; et enfin le passage aux plus grands mystères par la contemplation de la lumière éternelle, source de l’existence et de l’univers. Quatre étoient les preuves mineures, et trois les majeures pour les initiés (89).
i 7 8 PRÉCIS
La chambre des victimes, et 1 appariement des Piètres sont sur la gauche du temple, que nous venons de décrire. Il y avoit çà et là dans la cuisine des os de jambons, des arêtes de poissons, et de la vaisselle de terre. On trouva le squelette, d’un Prêtre qui avoit pris la hache pour s’ouvrir un passage au travers des murs. D’autres allèrent dormir. Tous moururent. Le Hiérophante avoit rassemble le trésor de la Déesse et s’enfuyoit; mais la mort le surprit à l’entrée de là grande place du théâtre. On ramassa sous son squelette 3 (io monnoies d’argent , 9 d’or intactes , et 42 de bronze , des petits vases d’argent , des figures isiaques très-singulières , des cuillers, des patères, des fermoirs, des petites tasses , toutes d’argent , un beau camce, et des pendans d’oreilles.
Sur la porte on lisoit, sur un marbre:
Kumèrius Popidius Celsinus , fils de Numérius , bâtit depuis les fondement, et à ses frais, le temple d’/sis renversé par un tremblement de terre . Les JDécurions Font gratuitement as sociè à leur corps à cause de sa libéralité , quoiqu'il fut âgé de 60 ans (90)'.
Petit temple de Jupiter et de Junon. 176b.
Un autel de tuf volcanique avec une frise dorique est situé devant le sanctuaire : il est d’un bon style. Il y en a même qui le comparent au sarcophage trouvé à Rome dans le sépulcre des Scipions , et transporté dans le Musée du Vatican.
Diqitjzed by Goqgle
HISTORIQUE. i 79
Le buste de Minerve fut trouvé parmi les simulacres de terre cuite de Jupiter et de Junon.
Les chambres voisines servoient aux prêtres.
Domicile d’un Sculpteur. 1796. Des instrumens et des statues ébauchées ou à peine cotnmencées encombroient l’airium de celte habitation. Sa partie privée se trouve sur un étage plus élevé.
Théâtre Tragique. 1364 et suiv. Sur la porte supérieure on lisoit l’épigraphe suivante:
M. M. HOÏ/CONI RVFUS ET CELER CRYPTAM TBIBYNAL. THBATRVM S. P.
AU DECVS COLONIAE.
Les deux Marcus Holconius Rufus et Celer , firent bâtir à leurs propres frais , pour l’embellissement de la Colonie, le corridor couvert , les tribunes et le théâtre .
Ce Théâtre fut donc bâti , au temps d’Auguste, par l’ouvrage et aux frais des Rufus . Il fut ouvert au public ou dédié , l’an 22 du tribunal de cet Empereur (91).
Il présente, comme tous les théâtres de la Grèce, la forme d’un demi-cercle , où sont disposés l’un sur l’autre , le long du penchant de là colline , des gradins de marhrc qui , recouverts de tapis élégans et de coussins , servoient da siège aux spectateurs. Il est divisé par des paraJ
pets çn trois parties horizontales, appelées Caveae.
j*o r R É CI $.
Quelques petits escaliers, qui descendehl des por-^ tes supe'rieures ( vomitoria ) le subdivisent eu d’autres parties transversales , appele'es Cunei , à cause de leur forme de cônes. Sur la première cavea , les Décurions, les Augustales , et tous ceux qui avoient le droit du bi&ellium prenoient leur poste dans les municipium; sur la seconde, les citoyens ; sur la troisième et plus élevée ( mmrna cavea ) , le peuple et les femmes. Elles étoient environnées de petits barreaux de fer, afin qu’elles ne tombassent pas. Sur le parapet, entre les premières cavea , on observe le lieu qui fut destiné pour siège de M. Holconius Rufus t Fiamine d’Auguste et patron de la Colonie , comme l’indique une inscription. A côté on trouva les statues de Néron sans barbe , et d’ Agrippine.
L’endroit du Théâtre que nous appelons le par-* terre y étoit nommé orchestre , ( orchestra ). C’étoit la place des principaux Magistrats. Chez les Grecs on exéeutoit les bals sur un plancher fait exprès. Ainsi les danseuses pouvoicnt faire parade de la légèreté et de la souplesse de leurs mouvemens au milieu même des spectateurs , qui les combloient d’applaudissemens et d’éloges.
On consignoit à ceux qui gardoient les postes , un billet d’os sur lequel on signoit la cavea , le cuneus , le gradin , la place , et le nom de Y auteur du Drame. On en a trouvé dansPornpéi, qui indiquoit une tragédie d’Eschyle. Un tel billet coûloit quelque suu.