‹ Pompéi décrite (volume 3)Chapitre 10 sur 28 · VIVA FECIT · texte numérisé non relu

VIVA FECIT

Au-dessous de l'inscription on observe un basrelief, qui indique le sacrilice qui eut lieu aux i'unérailles de Munatius. Au milieu, un jeune ministre des fonctions sacrées , ( Camillus ) , pose

l'urne sur l'auiel. Un autre enfant, le fils de Munalius Passistc ; à droite, on voit les Décurions , les officiers du Blunicipium et les Sexvirl Augustcdes avec leurs toges, qui rendent à leur collègue les derniers devoirs. A gauche, des hommes, des femmes et des enfans avec des paniers de fleurs s'avancent vers l'autel^ et pre'sentent, en tournant leurs regards plaintifs vers le ciel , leurs ofTrandes et Jeurs prières. Une fille charmante attire particulièrement tous les regards. Ses gestes et ses farmcs laissent entrevoir l'angoisse qui opprime son cœur. C'est INévolcia elle-même qui vient au sacrifice lugubre pour implorer des Dieux le repos de son ami che'ri , et lui dire le dernier Adieu. Ce dernier moment des funérailles , ce dernier congé entre deux amis , ou deux époux , devoit déchirer Parae. Auguste, en recevant le dernier embrassement de sa chère épouse, lui adressa, du lit de la mort , ce tendre Adieu.

Livia, coiijugii no^lri meinor.... vive , vale.

Du côté de la tombe , vers Naples, est sculpté un navire qui baisse la voile en (entrant dans le port. Il y a la tête de Minerve à la proue. Il fait certainement allusion au commerce maritime, qui illustra Munatius chez les Pompéiens,

Il y en a qui prétendent y reconnoître un emblème de la dernière scène de notre vie. La Sagesse, comme conductrice, précède le navire quj a passé Tocéan plein d'écueils, et qui est arrive

dans le port de la paix. Il n'y a donc plus besoin de rames , ni de voiles pour combattre contre les éJëmens. La pensée est naturelle et elle est d'en^ viron x6 siècles plus ancienne que celle que Pope exprime dans les termes su i vans :

Nous faisons voile de différentes manières sur le vaste océan de la vie : la raison est la carte y la passion, le vent. ( Essai sur l^ Homme. Ep. h. )

Une semblable ide'e est digne de nos poètes du ly."** siècle. La première , au contraire , nous semble confirmée par Pétrone , ( Satyr. Cap: 16.) Trimalchiony qui fut marchand, dit à Ahinne. ce Je te prie aussi , que les navires que tu

)) GRAVERAS SUR MON TOMBEAU , aillent à

» pleines voiles, et que je sois assis en tribunal » avec la toge , avec cinq anneaux d'or , et avec » un sac rempli d'argent , comme devant le ïi répandre au public,

Pe l'autre côié est représenté le bisellium mentionné dans l'inscription. Sans celte sculpture , sa forme seroit encore inconnue. 11 ressemble à un banc assez long avec des coussins ornés de jÊranges au-dessus. L'honneur du bisellium consistoit à s'asseoir seul, dans les assemblées publiques , sur ce siège, où il y avoit place pour deux personnes.

Le sommet du sépulcre est surmonté de deux roulemens de feuilles d'acanthe, semblables aux volutes si avantageusement employées par les architectes dans les chapiteaux ioniens , et dans les

autels , oïl ils reprcsentoient les bandeaux des sacrilices , replies à l'exlrérnitc.

On passe de là au columbarium. Il est formé d'une pclite cliambre d'environ 6 pieds en carré. On trouva dans la niche qui est en face une i^randc urne d'ari;ile avec de la cendre et des os. On présume que ce furent ceux de Névoléia et de Munatius mclés ensemble. D'autres vases conlenoient d'autres ossemens , et des monnoies pour payer Caron. Un mur d'appui l'environne, et soutenoit une lampe devant chaque urne. On y trouva encore trois vases de verre renfermés dans d'autres de plomb. Dans Tun on y trouva de l'eau limpide et sans aucun goût : les autres étoient pleins d'eau , de vin et d'huile, où nageoient des ossemens avec un dépôt de cendres et de substances animales au fond; c'étoit le restant des libations, comme des fleurs et des essences parfumées, qu'on avoit coutume de répandre sur les restes des morts, lorsqu'aprcs les avoir recueillis du bûcher, on les déposoit dans le sépulcre.

Tombeaux de la famille Nistncidia. A côté de . j^

la tombe de Névoléia , dans un endroit fermé par des murs , s'élèvent deux pièces de marbre , qui représentent T ombre de Nistacidia Scapida , et celle de Nistacidius Hélénus , qui y furent enterrés. Un vase de terre cuite est enfoncé dans le terrain au milieu de ces monumens simples. Il servoit, selon lAicien , à verser le mélicrate j et le

sang des viciiines dans les sacrifices que l'on faisoit

à Proserpine , et aux Divinités infernales.

Athénée rapporte un vers du Pirillious de Critias ou d'Euripide sur ce sujet, a Versons, » dit le poète, ces plémochoés dans cette ou- » vcrture de terre , en prononçant des paroles )) favorables » ( lib. XI. p. 496. ) Ces dernières expressions nous apprennent une circonstance remarquable à l'égard de ces libations, soit de vin, soit d^eau, usitées dans les cérémonies funèbres. Ce rite étoit également en usage quand on sacrifioit aux Dieux infernaux. En conséquence, nous regardons encore cette cérémonie comme expiatoire et analogue à celle que pratiquoit Electre sur la tombe de son père (3o).

Sur le mur extérieur on lit sur un marbre,

A Nistacidlus Hélénus, habitant du Bourg

Auguste, à Nlstacidius Januarius, et à Mésonia

Satulla ; i5 pieds de face sur i5 pieds de

profondeur,

NISTACIDIO HELENO

VAG. PAG. AVG.

NISTACIDK) JANVARIO MESONIAE SATVLT.AE. IN AGUO PEDES XV. IN FRONTR IIDES (sic.) XY.

Cénotaphe de Calventius. /8f3.--Ccsi un modèle précieux de l'architecture de Pompéi. Il ap-

pariiciit aux temps henieiix Je l'art. 11 est encore le plus gracieux, et nous osons dire, le monument sépulcral le mieux conservé qu'il existe, réunissant à la haute antiquité toute la iraicheur de la jeuness . 11 n'y manque que les guirlandes qui l'ornoient, et les parfums qu'on y brùloit^ pour nous faire croire qu'on vient de le construire.

11 est près des tombes que nous venons de décrire, et est environné d'une belle enceinte avec des murs sans ouverture. 11 s'élève de son sein comme un îectistcrne ^ sur trois degrés soutenus par un haut piédestal.

Il est formé de marbres blancs, et revêtus d'ornemens d'un style très-noble. 11 se termine en deux roulemens de palmes avec des têtes de béliers.

On lit en face l'épitaphc suivante:

A C. Cali^eîîtius Quiètus Aiigastal. L'Jiorw rieur du blsellium lui a été décerné par le décret des Décurions et par le consentemeut du peuple, à cause de sa magnificence.

c. CAIiVENTIO QYIETO AVGVSTALI

HVIC OB MVîSfIFiCENT. DECVRIONVM

DECRETO ET POPVLI iCONSENSV BISELLII

HONG a DATVS EST.

Une tête de marbre déterrée vers cet endroit fait supposer qu'il devcit s'élever une statue sur une des trois tombes de Calventius , de Libella, ou de AVj oléia.

Les faces latérales du Cënolaphe sont ornées de deux couronnes civiques, et les petits acrolères ou pyramides de l'enceinte conienoient quelques figures en stuc. On y voit encore la /Victoire qui tient le monde sous ses pieds, et qui paroît l'insulter. Elle a une palme dans ses mains ; ses ailes sont déployées, et veulent nous indiquer qu'elle ne se repose janjais.

On voit (ÊcUppe devinant l'énigme du Sphynx; elle fait allusion aux différcns âges , et aux vicissitudes de la vie. Il avoit un bandeau dans les mains , signe de sa victoire. Un peu plus loin , il étoit représenté en repos appuyé contre une colonne surmontée d'une sphère.

Espace i^acant pour de nouveaux sépulcres.

Entre la tombe de Galvenlius et la suivante, on trouve un vaste espace destiné à recevoir de nouveaux sarcophages, et où l'on ne découvre qu'un seul terme sépulcral.

La verdure qui étoit éparse parmi les nionumens que nous venons de décrire, devoit y produire un effet surprenant, et relever infiniment la beauté de cette contrée.

Tombeau souterrain. i8i3. — En reprenant l'autre côté de la route consulaire , on trouve un tombeau fermé par une belle porte de marbre blanc. Elle est formée d'une seule pièce, et constitue une des plus rares singularités de Pom-

II I s T O RI Q U E. 59

péi. En descendant quelques dei^res on trouve une petite chambre presque souterraine, et qui reçoit Ja lumière d'en haut. En face, elle est décorée d'une niche avec un frontispice soutenu par deux piliers. On y trouva un grand vase d'albâtre oriental rempli de cendres et d'ossemens , où étoit un grand anneau d'or , dont la pierre d'agathe couleur de saphir , reprcsentoit un cerf grave' qui se grattoit le ventre. Le travail étoit des plus finis.

Cette tombe est fort bien construite, mais elle n'a pas été terminée.

Edifice dans le bivium. A quelques pas de là, on t" ,Vj . ~

rencontre un monument , sur lequel selon l'usage, les conjectures varient. Mazois adopte l'opinion de ceux qui le croyent un lieu où l'on brûloit les cadavres, ( ustrinuni. ) Mais il nous semble trop étroit pour un tel usage. Aujourd'hui, il est presque entièrement au niveau du sol. Tant il est vrai que bientôt nous n^aurons dans Pompéi que les ruines des ruines.

Tombeau rond. — 1812. Sa base carrée est H ^^- '8 surmontée d'une tour qui devoit être recouverte Qomme la Lanterne de Déniosthèna à Athènes, ou comme la tombe de Métella à Rome.

Sur les petites pyramides de l'enceinte, on voit des bas-reliefs représentés en stuc , parmi lesquels on distingue le squelette d'un enfant renversé sur un tas de pierres , et sa mère qui pleure à ses côtés. Ce devoit èlre une des misérables victimes

6o PRÉCIS

du tremblement de terre de l'an 63 , car il fut le premier à occuper cette tombe. Cette conjecture, fondée sur clifFérentes raisons , et qui est certainement très-heureuse , appartient à Mazois.

On voyoit dans le columbarium de ce tombeau^ des peintures qui reprcsentoient des dauphins. On croyoit, selon la doctrine d'Eleusis , que les Nymphes conduisoient sur eux les âmes vertueuses et innocentes aux îles fortunées, où elJes dévoient jouir du bonheur réservé aux -gens de bien. Dans les trois niches du colum,bariuin ^ où Pon aperçoit des vases placés dans le mur, on n'a trouvé que peu d'ossemens; et le trou qui traverse la voûte atteste la profanation que ce tombeau a soufferte.

Tombeau dit de Scaurus. 1812. — C^étoit le plus beau monument de toute la contrée , après ceux de Névoléia et de Galventius. Il en approche en quelque manière par les degrés , le soubassement et Tautel.

Sur la base et sur les trois gradins étoient représentés en stuc différens combats de gladiateurs, et des allasses d'animaux. Une inscription faite avec le pinceau sur le premier des bas-reliefs , nous fait savoir que ces jeux eurent lieu sous la direction de Quintus Ampliatus ^ fils de Publius. - Munere Q. Ampliati P. F. suninio.

Ce tombeau manque d'inscription. On y a suppléé par une épitaphe qu'on a découverte a quelque distance de là, et on l'a adaptée , en rompant

HISTORIQUE. 6t

le stuc, jusqu'à en découvrir les briques, et en l'affermissant avec des crochets de fer fortement enfoncc's dans le massif. Millin (3i) observe avec raison, que sa dimension n'appartient pas du tout à l'endroit où on a voulu la situer. Les lettres sont presque cubitales et un peu grandes relativement à la mesure du sépulcre , qui se distingue par l'élégance de sa forme et de ses proportions. Enfin, les caractères sont profondément gravés , et annoncent, par leur beauté , une époque voisine du siècle d'Auguste; tandis que les bas-reliefs et l'inscription sont d'une époque très-postérieure.

Cette inscription en partie mutilée est conçue de la manière suivante :

.... RICIO A. F. MEN. SC.WRO

ir. VIR. I. D . . . ECVRIONES liOCVM MONVM . . . OO 00 IN FVNERE ET STATVAM KQVESTR . . . ORO POMENDAM CENSVERVNT SCAVRVS PATER FILIO.

A Castriciiis Scaurus , (52) fils cVAiilns de la tribu Ménénia^ Duumvir pour administrer la Justice. %

Les Décurions ont donné Vendrait du monument , 2000 sesterces pour les funérailles , et ont décidé de lui élever une statue équestre dans le Forum. Scaurus père à son fils.

Le columbarium contient 14 niches. Un pilas-

Ga PRECIS

ire s'c]èv(^ du milieu pour en soutenir la voûle, et prescnic quatre ouverlures qui dévoient contenir une lampe. Trois de ces ouvertures étoient vitrées ; l'autre qui e'toit vis-à-vis de la porte avoit un voile épais fixe par de petits clous , pour préserver du vent la lumière.

Cette tombe étoit pillée comme la précédente.

Petit sépulcre d'une autre Tyche. Dans une enceinte de murs , on trouva une tête de marbre a peine ébauchée, avec des tresses de cheveux noués derrière le cou , et avec cette inscription : Tyche vénéré A de Iulia Augusta^ à Junon (35).

IVNONI TYCHES IVLIAE AVGVSTAE VEJSER.

Tombe inconnue. 1811. -- Elle est composée de pierres du Vésuve, et se réduit h une base avec trois gradins de marbre au-dessus, d'une beauté imposante. Elle ne fut pas achevée', et c'est pourquoi son coluinbariuin est sans urnes.

Auberges de campagne et Ecuries.

l^ ^'éf Au mois de Mai 18 ta on découvrit les parties

16-^^', extérieures d'un autre édifice très-vaste. Il est (Composé d'un portique et de quelques boutiques assez rustiques, destinées à l'usage d'auberges, pour les

paysans qui apportoiciit les victuailles clans Pom- |)ëi. On y trouva des vases et de seaux de bronze , un mortier de marbre , un candélabre et les restes d'une balance. Deux petits foyers au-debors servoient à fournir la nourriture aux voyageurs, et aux personnes du peuple.

Il y avoit encore une fontaine et un abreuvoir. Les boutiques avoient un e'tage supérieur, sur lequel on montoit avec des échelles de bois, appuyées sur des degrés de briques.

Viennent ensuite des nombreuses écuries qui servoient peut-être à Pusage du public , puisqu'à présent on n'a découvert aucun lieu dans la ville où l'on eût pu mettre les bestiaux.

Tous ces édifices se terminent par une loge, derrière laquelle s'élèvent des autres loges et entre-colonnes, d'où l'on découvre la mer ,^ les Apennins, le Vésuve, et toutes les villes de la côte.

Sepulcretum Etrusque. A droite de la rue, on iS'AÎ

entre dans une cour qui appartient à l'édifice contigu , et sous le terrain de laquelle on trouva des sépulcres avec des squelettes entourés de vases Italiens- Grecs vulgairement nommés ElruscjueSy ornés de dessins très-intéressans (55). Il est probable qu'ils appartenoicnt à l'époque la plus reculée de Pompéi. Tout ce faubourg devoit en être plein ; mais les tombeaux des Romains sont situés au-dessus , et en empêchent les recherches ultérieures.

Hémicycle avec une niche et un degré pour ' > /

Gi PRÉCIS

.s'assûoir. iSit. — H est décoré d'un beau frontispice et de magnifiques ornemens en reliefs qui , en grande partie, n'existent plus. Malgré ses grâces, l'architecture de ce monument n'est pas pure. On y voit avec peine des piédestals très-courts l'un sur l'autre, qui forment les pieds de l'arc, dont les chapitaux ornés de beaux feuillages ne peuvent empêcher que le tout ne produise un mauvais effet. — G'étoit aussi un monument funèbre j on n'a pas pu découvrir l'inscription.

Fin tragique de trois Jeunes femmes.

Le Vésuve avoit pour un instant suspendu ses fureurs , et une mère infortunée tenant un petit enfant dans ses bras, et avec deux jeunes filles^ profitoit de cette occasion pour s'enfuir de sa maison de campagne vers le chemin de Noie , ville la moins menacée par cette catastrophe inexprimable. Arrivées au pied du dit hémicycle , le volcan recommença ses fureurs par de nouveaux ravages. — Des pierres , des cendres , du feu, des matières fondues et bouillantes pleuvent de tous côtés et environnent les misérables fugitives. Les infortunées se réfugient alors au pied d'un tombeau , où reposoient peut-être les cendres de leurs parens , et en invoquant dans le plus affreux désespoir les Dieux sourds à leurs prières, elles se tiennent étroitement embrassées autour de leur mère jusqu'au dernier soupir , et dans

cette sitnallon elles restent immobiles pour toujours. C'est ainsi qu'un successeur de Phidias nous représente INiobe, qui embrasse ses derniers enfans, jette un regard vers le ciel, et expire de douleur avec eux. Parmi les squelettes de ces Ibnimes et de ce petit enfant , on trouva deux gracieux pendans d'oreilles suspendus à de gros fils d'or , en forme de balance, et trois anneaux d'or aussi, dont un avoit la forme d'un serpent à différens entortillemens, et qui retournoit sa tête vers la longueur du doigt. Un autre , qui par sa petitesse ne pouvoit convenir qu'à une petite et belle main de jeune fille , contenoit un grenat où étoit gravé un foudre ; ce qui indique dans ces inte'ressantes victimes, du goût, beaucoup de richesses, et une condition distinguée.

Non loin de cet endroit , on reconnut deux autres squelettes, l'un couché sur le visage, et l'autre sur le dos avec les bras ouverts ; tous les deux avoient les pieds contre la porte de la ville. Le second avoit sur lui 69 nionnoics d'or mêlées avec 121 d'argent.

Dans le même, endroit on découvrit un troisième squelette dans une situation différente dû celle des précédens , c'est-à-dire avec la tête vers la porte publique. Il paroît évident que les premiers accouroient de la campagne à la ville; et le dernier dans une direction opposée. Tous éloient sur une hauteur supérieure de 9 pieds au niveau de la rue ancienne ; ce qui

nous assure qu'ils fuyoient , quand le sol étoit déjà extrêmement encombré, et que les terribles pluies , qui ont presque toujours coutume d'accompagner les grandes éruptions de notre Volcan, avoient rejoint ces malheureux et les avoient entraînés] et retournés dans celte position (34).

Autre maison du faubourgs dite de Cicéron(55), probablement de M". Crassus Frugius.

Un portique et des boutiques en constituent les parties extérieures ; sa véritable entrée est dans l'endroit où l'on voit deux cônes de maçonnerie , qui contenoient deux vignes. Ceite maison devoit être vaste et bien décorée. Elle fut découverte à différentes reprises , depuis l'an 1749 jusqu'à l'an 1778 (56), et ensuite recouverte , selon la coutume de ces temps là , pour ne pas endommager les propriétaires des terres. On observe par son plan, qui nous a été conservé par François La Vega , qu'après avoir passé l'entrée on pénétroit dans une cour découverte. On arrivoit ensuite dans un élégant péristyle par un long passage, aux côtés duquel étoient les écuries , la remise , la chambre du portier et d'autres dépendances. Autour du péristyle étoient rangées les chambres des hommes ; plus au fond l'appartement du maître de la maison, et celui des femmes, avec des loges et des galeries qui donnoient sur la mer. Dans un étage inférieur on trouva un portique qui environnoit un jardin ,

et sur le portique une loge d'o^ l'on jouissoit d'un côté de la mer et de la campagne, et de l'autre, de la promenade de la route qui conduisoit à la ville. Une porte secrète ( la seule qui est découverte à présent) donnoit l'issue à la rue et à la cour, (où l'on découvrit les sépulcres étrusques que nous avons décrits. )

On doit compter parmi les objets remarquables qui couronnèrent la découverte de cette Villa y les célèbres peintures des huit Danseuses ( dont nous rapportons ici deux dessins ) , les 4 groupes des Centaures , et les Funambules (Sy) qui décoroient une salle à manger. On relira également de là deux mosaïques de Dioscoride de Samos (58) qui y écrivit son nom. Ils représentent deux scènes de comédie , qui méritent selon TF'incTcelmann la préférence même sur la célèbre mosaïque antique de Rome , ( les Colombes ) qui a fait tant de bruit jusqu'à présent.

On découvrit dans cette maison une niche em- I hellie d'un frontispice et de deux colonnes; audessous, un mur d'appui revêtu de beaux marbres.

Sur la partie supérieure de la niche on lit sur

une pierre que Januarius affranchi étoit le préfet

des Thermes d^ eau de mer et des bains cCeaii

douce de Marcus Crassus Frumus.

THE RM À E

M. CRASSr FRVGI

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