‹ Pompéi décrite (volume 3)Chapitre 17 sur 28 · L-îo PRÉCIS · texte numérisé non relu

L-îo PRÉCIS

mosaïques , au (ond de laquelle éioit un masque

sce'niqnc d'où jaillissoit l'eau.

Au milieu du bassin s'élève une pcliic colonne sur laquelle e'toit un génie ailé de bronze j qui tenoit une oie sous son bras ; un jet d'eau sortoit de son bec. On voyoit à côté du bassin une jolie petite statue de bronze d'un pécheur qui scmbloit jeter le hameçon dans l'eau et attendre sa proie. Il avoit dans le panier qui étoit suspendu à son bras , un petit poisson aussi de bronze , ( un mulet ).

Au-dessous étoit renversé un autre morceau mobile de sculpture en marbre représentant également un jeune pêcheur qui dormoit. II avoit un vase renversé sur iin côté, et tenoit un panier dans l'autre main. Il étoit enveloppé d'un capot de marinier avec son capuchon. Ou trouva en outre les objets suivans:

£n or. Deux grands bracelets où étoient enchâssées des pierres vertes, et dis monnoies impériales. En argent. Une petite monnoie.

£n bronze. Un miroir ovale avec le manche fort bien conservé. Un beau candélabre dont la base est surmontée d'un trépied et qui termine par un chapiteau ionien , sur lequel est placé un sphinx très-élégant qui soutient la coupe. Deux escabeaux , dont Fun est oblong , et l'autre hexagone, avec des ornemcns à l'entour. Un bassin pour le bain dans lequel on trouva une éponge, une pierre-ponce, une strigills et une

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casscuc roiulc aussi de bronze avec son couvercle. Trois idoles. Cinq monnoies. Deux cloclicttcs. Un fronlal de cheval, semblable à un diadème. Un vase à parfums. Une strlgilis. Trois conques. Un seau, différens vases, des patèrcs, des entonnoirs, et d'autres ustensiles de cuisine ^ le tout [d'une finesse extrême et presque très-bien conservé.

JSn plomh. JNeuf poids de plusieurs grandeurs.

En albâtre. Un vase conique et deux autres fragmens. Un mortier de marbre.

En i>errc> Diverses petites carafes. Une plus grande h. anse qui étoit moitié pleine d'eau. Une quantité de différens petits objets d'os , de fer , de terre cuite etc.

A la hauteur de i5 pieds , c^est-à-dire dans l'étage supérieur de cette maison, on avoit trouvé peu de jours auparavant un candélabre de bronze formé par un petit Faune assis sur un rocher et qui scmbloit, de son outre, verser le vin dans une coupe qu'il avoit en main; derrière lui un roseau, qui se partageoit en deux branches, soutenoit les lampes. On y trouva encore un fourneau cylindrique semblabe à ceux dont nous nous servons pour griller le café; une casserole étoit dedaU'^. Enfin on y trouva une grande lanterne et une monnoie.

Sur les murs , le long de la rue , on lit les complimens d'usage.

HOLCONIVM PRISCVM II VIR.

POMxlRI VNIVERSI CVM IlfiLVXO VESTALE ROG.

Tous les maroJiands dn fruits réunis à Jlelvius J^estalis supplient le juge Olconius Priscus.

Tantôt un magistrat y est loué du titre de très-digne , dignissimus est • tantôt d'autres y sont appelés très- vertueux collègues , opiimos coUegasj et idinibl J eune Jiomme intègre^ on jeunes gens irréprochables et dignes de la république , juvenem integrum^juvenes probos dignos R. P. Et l'on finissoit toujours par la même chanson , le tel SQ recommande à vos faveurs , orat ut f ave ut. Cet usage singulier des prières publiques ëtoit tout-a-fait propre au système géne'ral de société chez les anciens, pour lesquels il n'y avoit que cllens ou patrons, esclaves ou seig/ieurs y protecteurs ou protégés.

On découvrit dans les boutiques de cette rue les restes d'une balance, de petites chaînes pour suspendre des lampes, une sonnette, un compas, un candélabre , une bride , et 89 pièces de fer pour enharnachemens de chevaux.

Maison des I^acchantes. — 1827. Elle a un atrium dont les murs sont embellis de décorations d'architecture et de païsages d'un style charmant ; on y admire un aimable Bacchus assis et couronné de lierre , tenant une coupe dans une main ; à ses pieds est une panthère ; un Mars prêt à partir pour la guerre ; il s'arrête un instant , en éprouvant avec le doigt la pointe de sa lance ; un Génie qui porte sur ses épaules une Abondance j un Jupiter assis- et enfin une

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Cérès qui lionl dans la main droite des é[)is et des pavots, et dans ]a gauche uu flamLeau relevé: une éiéganle corbeille remplie d'épis est auprès d'elle.

Dans une petite chambre, à droite, fouillée devant la Comtesse Borgia , veuve de l'illustre Auteur du Voyage à Tunis, on trouva une grande quantité de cercles de fer pour des roues et beaucoup de bois réduit en poudre.

Une petite colonne creuse qui soutient une table de marbre africain , et qui est revêtue de mosaïques représentants un Fleuve , est près de la chambre d'étude. En dedans elle a la bouche d'une citerne.

L^'appartement privé est vaste. Un grand la- ^ 'V

bicau y représcntoit Zéphir qui' descendoit sur la terre avec des fleurs dans sa main , pour ré- //^/^

veiller la Nature opprimée par les rigueurs de l'hiver. Elle est peinte sous les traits de Flore ou d'une belle jeune fille endormie. Le Dieu ailé qui lui soutient la tcte pourroit être Ilyménée , ou Bacchus , le père de la fructification , qui indique ses dons dans une corbeille sacrée. Vénus et des Amours semblent être les Paranymphes de ces noces mystérieuses (64.)

Au-delà de cette peinture , ( aiij. au Musée } on a représente des Bacchantes avec un tympanon et des ihyrscs ,

., . . . amiclic diiiize inlrecciano iVlulIc (liiuauti lo Icgyiaùio i'jiiue.

Et sont d'une beauté et d'un fini qu'un ne sauroit exprimer.

Au milieu de l'appartement , cioit un jardin qu'environnoit un grand tricUnium de pierres pour les soupers d'e'ie'. Les mœurs, et les beaux jours de Pompe'i nous sembloient présens. Il paroît que le souper n^étoit alors qu'un repos. Tous les pays de l'univers lui fournissoicnt quelque mets; aussi rien ne rappeloit plus aux Romains leur domination qu'un bon diner. Il commençoit vers le soir , après le bain. On allumoit la lamine convivale , la seule confidente des cboses qui ne dévoient pas se dire deliors , et qui , quand eiie pétilloit trois fois, annonçoit la venue de l'âmic lointaine. On servoit les mets les plus exquis , et on invitoit son liôtc à boire autant de fois que son nom contenoit de lettres. Nevia buvoit cinq fois , Stratilla neuf fois. Des esclaves bcllénicns répétoient à ces maîtres du monde. Bois, o Romain , à quoi hoji tant de larmes ? Quels tourmens soi/ffres-tu donc ? Ta ri' es pas le seul, que la cruelle Déesse de Oypre a pris dans ses chaînes , et ce ri est pas seulement contre ion sein que Cupidon a dirigé sesjléckes. Pourquoi vivant chercher la mort2 J3ois jjlutôt celte liqueur: l'aurore est éloignée d^un doigt de V orient. Crois-tu peut-être revoir la lampe qui invite au sommeil? Réveille-toi , et bois gaiement. Car il ne te reste pas trop de temps ? Ttlalheureux, tu devras dormir une nuit éternelle\ {job.^

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Lorsque le repas ctoit à sa lin , on apportoit une grande coupe appelée la coupe de Vamitié qu'on luisoiL de nouveau passer à la ronde. Le maître y clTeuilloit des roses , rapprochoit de ses lèvres, et la préscntoit à ceux qui venoient après ; on bu voit enfin la dernière tasse à l'honneur de Mercure , auteur du sommeil.

Souvent les danses succédoient h ces festins. On introduisoit des jeunes filles qui savoient chanter et pincer la lire, et qui e'toientdoue'es d'une beauté surprenante. Rien n'étoit comparable à l'agilité, à la légèreté , et aux grâces de ces Danseuses auxquelles ont donnoit le nom chéri à.'Eléridéa ou dC autres soi-même. Elles dévoient séjourner à Pompéi , et peut-être même y avoir acquis de la célébrité, car elles durent plus d'une fois avec celles d^Herculanum et de Capoue exécuter devant les LucuUus , les Augustes et les Pollions des danses magiques sur ces rivages , renouvellant ainsi la fable des Sirènes.

Cependant les convives entonnoient des chansons bachiques , et les rues solitaires , et les édifices contigus résonnoient de leurs orgies. Enfin on leur distribuoit des couronnes d'apium toujours verd, et des lys si faciles à se flétrir, images de leur amour et de leur espérance; et les fêtes commencées au soleil couchant, ne fmissoient qu'à son lever.

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Petit Temple de la Fortune. 1827.

Par un bel escalier enfermé par une balustrade de fer on monte dans un vestibule décoré de 4 colonnes, dont on trouva quelque cbapiteau , de marbre, d'ordre corinthien, d'un travail exquis. La Cella étoit couverte et carrée : elle étoit revêtue des marbres les plus fins : au fond , est l'autel : une niche ornée d^un beau frontispice devoit contenir le simulacre de la Fortune.

Aux côtés du sanctuaire on trouva deux belles statues renversées. Celle d'une femme à laquelle il manquoit la face , avoit le bord de ia tunique doré, et celui de la slola de pourpre. L'autre, que l'on croit de Cicèron ^ étoit vêtue de la prétexte peinte en violet; elle conservoit des traces de peinture sur les prunelles et sur les cheveux. L'inscription suivante étoit gravée sur l'architrave de la Cella.

M. TYLLIVS. M. F. D. V. I. D. TER. QVINQ. i^VGVR.

TR. MIL. A POP. AEDEM FORTVNAE AVG. SOLO

ET PEC. SVA.

Marcus TulHus Jils de Dlarcus ^ dunmvir de justice ^ pour la troisième fois Censeur, Augure et Tribun des soldats élu par le peuple éleva le temple de la Fortune sur son terrain et à ses propres frais.

H 1 s T O K I Q U E. iSy

On voit au milieu des degrés du Temple

un autel pour les otfiandes publiques. Dans la

Cella on trouva le fragment .... ^lugusto Cae-

sari Parenti patriae.

A droite du temple sont les chambres de quelques-uns des premiers Ministres de la Fortune ^ leurs noms sont grave's sur un marbre trouvé dans le temple. Une petite cuisine forme la partie principale de ce domicile. On y trouva un vase , deux couvercles et d'autres ustensiles de bronze , un mortier à sauce avec son pilon, et un Hermès de Bacchus barbu qui soutcnoit une table ronde. Sur une pierre enfoncée dans le terrain on lit :

M. TVLLII M. p. ARE/V PRIVATA.

Aire privée de Marcus Tulllus fils de Marcus.

Rue de la Fortune.

Boutiques où V on vendoit des vases de terre cuite et de verre.

Une rue, qui est la plus spacieuse de Pompéi , conduit du temple de la Fortune au Forum. Deux arcs de triomphe en terminent l'extrémité. Le premier étoit surmonté d'une statue à cheval de bronze dont on recueillit de grands fragmens ; l'autre est orné de marbres et de colonnes délicatement travaillées ; tous les deux avoicut des jets d'eau et des fontaines.

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Peux rangs de boutiques et un portique embellissent cette belle rue des deux côte's. On découvrit dans les premières :

En or. Une paire de pendans d'oreilles très-Lien conservés, d'une fii^'ure semblable à un quartier de pomme, et deux petits i^allons intacts de la longueur d'un pied.

Eji argent. Beaucoup de monnoies. Une petite Fortune vêtue d'une longue tunique talaris et d'un manteau retroussé sur les flancs; elle a sur la tête un diadème orné d'un croissant et de la fleur du /otus^ les cheveux flottans sur les épaules , un timon de navire dans la main droite, et dans la gauche, la corne d'abondance. Un bracelet en forme de serpent lui ceint le bras. Une petite statue de femme couronnée et assise. Un austorium ou cuillier rondi' avec le manche vertical à la coupe. Une clocbette ovale, peut-être ornement d'un meuble.

En bronze. i55 monnoies, ( dans une seule boutique ). Une petite statue de femme , et deux de Mercure • ( c'éioit le dieu des marcbands ; nous ne savons pourquoi il fut ensuite appelé le Dieu des voleurs ). Une d'elles le représente assis sur un écueil, avec des aîles aux pieds et à la tête, ayant à sa droite une tortue, et à sa gauche un bélier et un lézard , faisant allusion à ce qu'il est l'inventeur de la lyre , le protecteur des troupeaux , et le plus rusé et le plus secret de tous les Dieux. Sept lampes avec trois de leurs soutiens ; cent vingt autres objets tant en-

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tiers qu'en fragniens; des vases, des bassins, des parères, des anneaux et des ustensiles de toute espèce. En Ivoire. Une petite sculpture d'un enfant. En verre. Un nombre prodii^ieux de verres à Loire , de carafes , des petites assietes et de tasses parmi lesquelles il y en a de trcs-prccieuses de couleur bleue conservées dans la paille.

En terre cuite. Une immense quantité de lampes, de pots avec leurs couvercles, et de coupes, quelques petites statues et des tire-lires dans une desquelles étoicnt i5 nionnoies de Titus et dQ Domitien alors César.

Un petit, perroquet de madre-perlc , un scarabée de cristal, un morceau do corail roui^'e , une paire de grands ciseaux de fer, et une quantité d'objets en marbre, en albâtre et en plomb,, entr'autres beaucoup de poids.

Dans V habitation d'un de ces marchands on trouva en 182^ , en présence de S. M. la Duchesse de Parme ,

Ere or. Un joli anneau et une monnoie d'Otlion.- En bronze. Une petite statue ai Hercule ^ une de Mercure , une troisième assise et une autre avec une cuirasse d'argent et avec la clamyde et les bas ( caUgae) qui pourroit être celle de Caliguîa enfant ; une lanij^je très-bizarre formée d'une ligure grossière de vieillard qui soutient un Priape; une autre de craie en forme de navette à 14 lumières, une cuillicr d'ivoire et beaucoup d'autres ustensiles de toute espèce.

OVe^i,

Le squelelie d'une personne qui se sauvoii par la fenêtre de sa maison lorsque les rues se irouvoient déjà encombre'es par plusieurs pieds de matières volcaniques fut trouvé peu loin de deux autres compagnons de son infortune près du temple de la Fortune dont ils avoient en vain imploré le secours. Le premier portoit sur lui un rouleau de 60 monnoies d'argent, une casserole et un petit plat, du même métal.

Deux autres, ( ceux de deux jeunes amans ou de deux époux), étoient à l'entrée d'une Louiique. Un éternel embrassement fut leur dernier mouvement.

Maison de Bacchus. 1826. Elle est composée d'un petit atrium découvert, dont le mur présente la peinture d'un Bacclius assis dans "^' un vaste jardin. Un petit mur y tourne lobtt autour , sur lequel on avoit semé des herbes odoriférantes et de fleurs. Dans la chambre de société et à manger , on remarque entr'autrcs le tableau d'une Bacchante qui donne à boire à un enfant ; le pavé est composé de différens marbres précieux; c'est le plus beau de Pompéi. II a cependant sur trois côtes des bandes de mortier simplement battu ; elles éioient couvertes de meubles élégants semblables aux divans modernes, qui riches en tapis et en oreillers servoient de lits en été , ou pour s'y asseoir en respirant le frais auprès du jardin , et en conversant amcablemeiit avec sa famille ou avec

SCS amis. — C'est ainsi que Lucrèce reçut ses hôtes, assise au milieu de ses femmes et occupée à faire un habit pour Collatin. ( Ov: de Fast. )

Eu entrant dans le Forum à droite, on passe ^ -y ,0'^ près de l'habitation d'un marchand de lait, où l'on découvrit des grands vases placés dans le banc ^

de pierres , et avec l'enseigne de la chèvre sur la porte. — A côté est )^ école où s'exerçoient les gladiateurs, dont on trouva une épéc sur le terrain, ilf. V^ /tT Un tableau grossier , mais curieux , est peint sur le mur extérieur. On y voit deux gladiateurs, dont les noms sont écrits , combattant avec fureur, et un maître ( lanista ) qui accourt pour présenter au vainqueur la verge ( rudis ) pour prix de la victoire. Au pied du tableau on lit ,

Abiat F'enere Pompeiiana iratam qui hoc laeseril.

Ecriture sans orthographe , qui indique que le langage populaire qu'on parloit alors a servi d'origine à la langue italienne , et pour cela à l'espagnole , romance provençale , romance valLnne , et à leurs nombreux dialectes.

Forum civil.

Monumens des Collèges^

C'est l'endroit le plus noble et le plus magnifique de Porapéi. On y iraitoit des affaires les plus

importantes , tant du commerce que du droit public et du droit particulier. — Les collèges ou corporations religieuses et profanes y avoient de

établissemens somptueux.

Les fêtes publiques , les solennités sacrées les plus bruyantes, les processions des Canephures Qt les jeux des Gladiateurs se faisoient dans ce Forum. Ses monumens correspondent si exactement à la description que nous a laissée Vitruvs^ ( Liv. 6, cb. 1 et 2. ) que nous sommes tentés de croire que les arcbitectes Pompéiens l'avoient consultée. Des portiques formés par des colonnes doriques de travertin surmontées d'un second ordre ioninique renfermoient, sur trois côtés, une place longue de 344 pieds, et large de 107 environ. Un grand nombre de plédcstals avec des inscriptions, disposées devant les entre-colonnes, présentoient à l'admiration publique les statues de Rufus , de Sallustius, de Pansa^ de Scaiirus^ de Gellianus ^ de tous les illustres Pompéiens et des personnages les plus distingués de la Colonie.

De larges pièces de travertin en embellissent le pavé.

^ ... r--, Trésor tublic appelé le Temple Ae J upiter. ~" • ' 1816 et 1817. Des gradins magnifiques, sur cliaque côté desquels on voyoit des statues colossales surprenantes , et au milieu le plan pour un autel : un vestibule avec six colonnes d'ordre corinthien hautes de 5o pieds ; une Cella cou- l verte, avec deux ailes, dont chacune est soute-

nue par 8 colonnes d'ordre ioniqne; dans le fond, trois petites chambres avec des grilles de fer, pour y placer le trésor public et les actes du gouvcrncmcnf, et qui scrvoient de soubassement h des Sir.:uîacres , ( dont on trouva quelques précieux fragmcns parmi lesquels une tcte de Jupiter en marbre ) : voilà une idée de ce monument , qui y situé dans le plus bel endroit de la ville, devoit produire l'ciTet le plus majestueux. On sait que le trésor public se conservoit dans les temples. Vitruve le place aussi dans le Forum,

Le temple de la Fortune ;, que nous avor.s vu, est en petit l'image de celui de Jupiter.

Les squelettes de deux soldats qui ne voulurent abandonner le poste, où peut-être ils étoicnt de gare, furent trouvés dans cet endroit; un d'eux avoit été écrasé par la chute imprévue d'une colonne. On ne trouva près d'eux qu'une seule monnoie de bronze avec une visière.

Nous jetâmes un regard sur les Prisons , que l'on commence à déterrer et d.ont les portes trcs-étroites étoient munies de barreaux de i( r. On y a découvert des chambres sans ouverture pour le jour , bien défendues et voûtées. On y trouva les os de quelques prisonni»^rs.

Nous observâmes ensuite l'enceinte où l'on vendoit les toileries et les draps , à en juger à la quantité infinie de trous qui soutenoiont les armoires où l'on gardoit ces marchandises.

Une peinture découverte à Pompéi fait allu-

sîon à ce Forum et h. ce mag.-.sin; cVst un Iiomiiîo debout , tenant une pièce d'ëtoffe qu'il oiTie a. une femme assise. Celle-ci désire de TaclieLer, mais elle fait observer au marchand un défaut qui se trouve au milieu de la pièce; et le marchand cberclie à la dissuader par des raisons qu'il accompagne de gestes irès-anime's.

Les deux jeunes filles assises , la servante qui est derrière elles , le groupe de deux autres femmes qui^ parlent avec un homme ; enfin les rideaux qu'on découvre au fond du tableau indiquent très-bien le lieu dont nous parlons (66). .y,: .. . Nous découvrîmes ensuite l'endroit où étoient si-

^ tués les modèles des mesures publiques de ca-

pacité (67), et nous entrâmes dans le

Temple de Kénus. 1817. C'est un des plus ^21 ,vi' , r-iG^ «"-onsidérables de cette ville; il étoit destiné pour le Collège des Venerei : on fait mention d'eux sur ce maxbre qu'on y découvrit.

M. HOLCOKIVS RVrVS D. V. I. D. TER.

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