‹ Pompei decrite (volume 4)Chapitre 17 sur 24 · C. QVINCTIVS C. P. VAIjGVS M. PORCIVS M. F. I)VO VIII · texte numérisé non relu

C. QVINCTIVS C. P. VAIjGVS M. PORCIVS M. F. I)VO VIII

QVINQ. COGONlAE HÔNORI9 CAV8SA SPBCTACVIiA Dli SV A PEC. PAC. COBR. ET COt.ONEIS I.OCVM in pcrpetvoh deder.

Le nom de ces colons étoit écrit sur le degré où ils avoient leur poste fixe.

Le père du Pontife Cuspius Pansa , à qui fut dédiée une statue et une inscription à l’autre entree de l’amphithéâtre , devoit par décret des Decur rions veiller à l’exécution de la loi Pétronia (93)<

C. CV9PIVS C. P. PANSA PATER D. V. I. IX, 1III QVINQ. PRAEP. ID. EX D. D,

IiEGE PETRON.

Cette loi fut publiée sous le règne de Néron , et consistoit ît défendre de faire combattre les esclaves avec des gladiateurs et avec les bêles féroces , sans une condamnation des tribunaux.

Il semble, en effet, que sous le Duumvirat de Pansa les hétes féroces ne pouvoient combat-

tre autrement qu’cntr’elles. Sur le mur qui environne Yurène on avoit représenté quelques chasses non moins comiques qu’atroces. On y distinguoit un cheval qui fuyoit devant une lionne; une ourse lice avec une longue corde à un taureau afin qu’ils ne pussent s’éviter; et enfin, ( ce qui ctoit spirituel, ) une tigresse qui combatloit avec un singe.

On plaçait dans l’arène des arbres et des plantes, et on exécutoit les chasses contre les bêtes sauvages ; les jeux des Gladiateurs les combats des Athlètes , et ceux qui se faisoient à pied, à la lueur des flambeaux, dont parle Enchion au souper de Trimalchion. — Des grillages de fer dêfendoient les premiers postes des spectateurs contre les bêtes féroces, et un canal d’eau tournoil ordinairement à l’entour , afin qu’elles ne s’y approchassent pas de trop près.

Deux portes publiques sont situées à l’extrén.ilé de l’arène ; et un troisième et plus peiit passage conduisoil les bêles féroces au milieu de l’amphiihéàtrc. II éloit très-étroit, afin que les bêtes féroces ne pussent se tourner sur les côtés , et retourner sur leurs pas. Dans une petite chambre ou transporloit leurs cadavres ; on y trouva les ossemens d’un lion. -Dans les petites chambres à côté des deux portes principales on conduisoit encore les bêtes sauvages et on les y entretenoit.

Vers l’entrée et dans les corridors on distingua 6 squelettes ; et à côté d’eux , deux bracelets ,

- — Bigtoea* C* JU^Te

deux anneaux, une monnoie, et d’autres fragmens d’or; des monnoies de bronze ei un |ia(|uet de draps , où il y avoit une lampe.

En face de l’entrée principale de l’amphilhéàtre on rencontre un triclinium. Un usage cwistoil chez les anciens ; le jour avant l'exécution des condamnés à mort , on leur donnoit un repas public , appelé libre. On leur prodiguoit à cette occasion toutes les délices d’un somptueux banquet. Barbare raffinement de la loi , s’écrie l'auteur des Martyres , et brutale clémence du paganisme; P nue qui vouloit rendre la vie chère à ceux qui devoicut la perdre; l'autre qui, ne considérant l'homme que pour les plaisirs, l’en vouloit combler pendant qu’il expiroit.

Sur la place environnée d’un mur près du triclinium , les Gladiateurs attendaient avant d’entrer dans Y arène-, et dans l’a«itrc , vis-à-vis du passage étroit des bêtes féroces, celles-ci éloteilt entretenues cl gardées.

Maison de Julia Félix — Vjb5.

Elle étoit située à une petite distance de l'amphithéâtre , et fut couverte de nouveau , après qu’on l’eut déterrée. Sa forme est carrée ; elle avoit un portique sur trois côtés ; celui en face étoit soutenu par des pilastres de marbre ; les autres , de briques. Sur le tour du portique de la façade il y avoit des niches avec différentes

igo PRÉCIS

statues vides en dedans , destinées à contenir de l’eau. Parmi ces chambres on découvrit un Sacrarium , ( auj. au Musée Royal , ) qui d’après les peintures d’I'i-s , d’ Osiris, d ’lgiéa, à' A nubis et de différentes petites idoles et talismans qu’ôn y trouva , parmi lesquelles un Priape et un Harpocrate, tous deux le doigt sur les lèvres, on conjectura que la propriétaire étoit une initiée aux mystères d’isis et dévouée à son culte pour obtenir des enfans. Il y avoit dans le centre un trépied de bronze soutenu par trois Satyres obscènes , qui tendent la main à la suppliante et semblent lui promettre que ses vœux seront exaucés.

Sur un mur on lit le programme suivant:

IN PRAEDIIS rVIiIAE SP. F. FEI.ICIS XOCANTVR BALNEVM , VENERIVM ET NONGENTVM TABERNAE FERGVI.AE COENACVI.A EX IDIBVS AVG. PRIMIS IN IDV8 AVG. 8EXTAS ANNOS CONT1NVOS . QVINQVE S. Q. D. L. E. N. C.

Dans les fonds de. Julia Félix, fille de Spurius, on loue depuis le jusqu'au 8 du mois d’Août un bain , un V enerium et goo boutiques avec les pergulae et les chambres supérieures , pour 5 années consécutives. Si quelqu’un exerce chez soi le lenocinium il ne pourra être admis au louage.

Nous passâmes ensuite vers la Porte A' Tais. i8i3. Sur le haut étoit sculptée, sur une pierre, une

belle tête , peut-être celle à! fais , avec une longue chevelure , et à côté cette inscription :

c. pvpnms. c.

MtiR. TVC. AAMANAPHPIIER ISIRV. PRVPHATTBH.

Le Meddis Tuticus , ( suprême magistr.it cher les Etrusques , ) C. Popidiua fila de Cajua n fiât construire ces murs et celte porte , et l'a dédiée à Isis.

Ce Popidiux étoit un des ancêtres de ces Po~ pïdius si dévoués , comme nous l’avons vus, et si dignes (T /sia et de son Temple.

Près de cette porte on trouva les os de quelques malheureux fugitifs; ils transportent avec eux trois colliers et deux pendans d’oreilles, chacun à deux perles , d’or ; un tas de monnoies , a petites patères dans un mortier, une tasse, uu vase presque appiati , et une cuiller à pot , le tout d’argent ; et des monnoies de bronze enveloppées dans un drap.

Là nous trouvâmes une autre rue , d'autrès maisons , une école de gladiateurs , et une de ces fontaines si simples et si nombreuses dans Pompéi. Des conduits pratiqués dans l’intérieur, des marchepieds qui environnent toujours des deux côtés les rues de Pompéi, trasportoient les eaux surabondantes des fontaines et des maisons , hors de la ville.

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i$a SITUATION

Nous retournâmes enfin au Quartier des soldats et terminâmes nuire pèlerinage.

Adieu donc , o lecteur , adieu ... . . Nous quittons Pompéi ; mais qu’auparavant nos noms et ceux des personnes qui nous sont chères soient gravés sur les pierres de ses monmnens. Puissentelles 1rs conserver long-temps, et puisse notre cœur ne les oublier jamais I

Situation de Pompéi.

Son port. Etat actuel des excavations.

Construite sur une grande masse volcanique , Pompéi s’élevoit en guise d’une péninsule , sur une plaine, à côté de la mer qui' l’environnoit en serpentant sur deux côtés. Elle y fonnoit à l'extrémité , vers l’amphithéâtre , une troisième courbure qui s’étendoit jusqu’à StaLia. Iei on trou* voit son port , dans un bassin formé par l’embouchure du Stirne, ( auj. la P \ aile ). Ce fleuve a voit déjà prêté orgueilleusement sou nom à des peuples célèbres,

Sjrraites populos , et tjuae rigett nequora Sar«us.

Vi*g.

Il servoil' de gloire et de richesse à une vas e contrée ; et soutenant une foule de navires qui montoient et redescendoicnt continuellement scs bords , il rendoit Pompéi Y emporium des plus florissantes villes des environs. S'rabon parle de ce port très en détail, et Tite Live ( Liv. IX ),

DE POMPÉ!. j ( | 3

y rapporte le débarquement des Romains, pendit Ja guerre des Samnites , lorsque , ayant voulu s’avancer pour ravager les campagnes de Nocère, ils furent tout- à-coup assalis par les Campanicns ’ qui leur enlevèrent leur riche proie et les repoussèrent ayec des pertes considérables jusqu’à leurs vaisseaux.

Enseveli sous les matières vomies par le Vo Ica ri le Sarne n est plus actuellement une grande rivièré: Son cours a changé et il va caclier son embouchure et sa honte entre les saules et les roseaux!, dans un endroit secret , vis-à-vis de Revigliano.

Sur la même direction du rivage , on voyoit les salines et le marais cité par Columellu ,

Quae dulcis Pompeja palus vicina SaUnis Uerculeis

Sous la colline de la ville étoicnl les carrières des pierres ponces dont parle Fitruve , et dck tneules des trappetum pour faire de l’huile , mentionnées par Caton.

Le territoire de Pompéi s’éiondoit vers le Vésuve, et ses vins , les choux et les ognons éloient très-renommés.

Deux routes principales partageoient Pompéi.

L’une vers le septentrion tombuit sur la route Popidiana et conduisoit à Nola. L’autre se de'tachoit de la Domitia , à Naples , passoit pal Herculanum et Oplonti ( auj. Torre deltAnnunziata ) , cl en traversant Pompéi, rosorioit

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