INSCRIPTIONS. J
On lisoit ces trois dernières inscriptions sur les murs du même édifice, où il y avoit une salle pour jouer à la paume ( sphaeristsrium ), et un y enerium , ( lieu impudique , ijue les anciens situoient toujours proche du bain ).
Voici un des manifestes des spectacles publics, qu’pn écrivoit ordinairement contre les portes dq la ville, ou dans les places publiques. >
N. PO PI DI t
RVFI FAM. G LAD. IV. K. NÔV. POMPEIIS
VENATIO. ET XII. KAt. MAI .
MAL A ET VELA ERVNT . 6 O. PROCVRATOR. FELICITAS. >
La famille gladiatorienne de Numérius Po[ pidius Refus, donnera le aç octobre une chasse dans Pompéi ; et le ao d’avril on mettra le » perches et les tentes dans F amphithéâtre. Octa* vins Procurateur. Vivez heureux. ' . '
i Des soldats enfin, écrivirent dans la rue secrète du petit théâtre une de leurs aventures avec» une certaine Tyche , et y ajoutèrent, sous le con- j salai de M. Messala, et de L. Lentulus ; { l’an 5 | avant J. G. ) Peut-on trouver quelque chose de plus plaisant ?
Toutes les inscriptions sont écrites en rouge’ ou en noir avec un pinceau. On les recouvroit quelquefois de blanc ( album ) , et on y écrivoit do nouveau.
. Menus objets.
( Dana le Musée Royal ).
Tout ce que l’on découvre à Pompéi est transporté à Naples , et c’est le Musée Bourbon qui en est l’héritier.
Allons dans ce dernier. La collection des verres est unique dans l’Europe. Les formes des tasses sont si belles et si délicates, que ni Amour, ni les Muses n’en ont présenté des pareilles aux lèvres d’Horace et d’Anacréon.
Cette coupe ressemble à la mamelle cT Isis , ce petit vase de parfums à un bouton de rose qui’ s’ouvre, et un verre à cette fleur, que Pline appela si bien , le premier essai de la nature occupée à produire le lys.
Voilà le cabinet des commestibles , et des objets précieux. Ici sont des œufs , des pains , des pâtés, du grain, des caroubes, des dattes, des amandes , des figues sèches , des raisins secs , des noix , du millet , des pommes de pin , des noyaux de pêches , de l’huile , et du vin condensé dans des impbores de verre , du levain attaché à une serviette , des ossolets d’agneau , un oeuf d’autruche , et des coquilles d’escargots ; avec des lacets , du fil , des filets , du savon , des flacons empaillés , des draps , du linge qui étoit dans la lessive. En or; des colliers , des anneaux, ( un
OBJETS. igg
avec deux mains qui se serrent en signe de fidélité' ) , des bracelets , une épingle avec un génie bachique pour une initiée d’Isis , des pièces d’étoffe, une bulla, des galons , et des feuilles entassées pour dorer. En argent ; des bassins, des trépieds , des plats , des cuillers , ( jamais de fourchettes ), des casseroles avec des bas-reliefs, un passoir pour le vin, des miroirs, des vases figurés, des anneaux, les bas-reliefs de la mort de Cléopâtre , et une agraffe où est gravé un guerrier romain armé de toutes pièces , et le char du Soleil qui précède scs pas. Un encrier rond de bronze avec de l’encre coagulée , des terres colorées ( avec des minéraux ), une petite meule pour les mettre en pâte , et une palette avec une belle teinture de rose déjà préparée pour peindre.
Viennent ensuite les chambres des bronzes.
Voici les ustensiles de cuisine ; les vases pour l’eau chaude , les poêles à frire , et les formes pour les petits pâtés. Les trous des passoire de bouillons sont travaillés avec tant de finesse, qu’ils paroissent brodés sur le voile ; ils sont recouverts en argent. Les anciens se servoient des plus précieux métaux là où nous employons les plus vils; éloient-ils plus magnifiques et plus polis que nous ? Parmi les tables en mosaïque , et les pavés de toutes ces salles, les plus admirables sont certainement ceux qui appartiennent à Pompéi et à Herculanum.
On voit ensuite les candélabres , les lanternes
MENUS OBJETS. , avec des petites feuilles de talc , et les lampes* Quelle élégance! Une souris ronge le lumignon de cette lampe. — Sur une table de bronze marqueté avec des fleurs d’argent , s’élève un petit pilastre auquel sont suspendues des lampes à plusieurs lumières, ornées de têtes de. taureau ; un petit Bacchus avec un verre en main fuit, sur une panthère, et un autel jette delà fumée à quelque distance. — Des lampes ont la fornie d’un escargot : celles-là sont suspendues à un arbre effeuillé. Une étoit consacrée à Isis et au Silence ; une autre à Cupidon. Le petit Dieu la tient dans ses mains et l’éteint; le sommeil et les ténèbres renlroient alors dans la chambre à coucher.
Regardez ces ustensiles sacrés et ces vases. Mais quelle foule de petits Pénates ! Trois Sphynx forment un trépied sur lequel étoit la corbeille mystérieuse.
Ici est une chaise curule , là un biseUiam.
On portoit par la ville, sur ce lit élégant, l’image d 'Apollon, ou de Vénus pendant les fêtes à? Adonis. Voilà enfin les armes , les bronzes à sonner , ( sonat aes ) , les serrures , les clefs , les cachets, les clochettes pour les animaux, des ccritoires avec l’encre condensée, des augets pour des oiseaux, des réchauds ingénieux, et les instrumens de religion, d’agriculture, de musique y et de chirurgie.
La toilette des Dames , ( que les anciens appeloient par ironie jnundus muliebris ), est située
SCUPLTURE. ao»
pr& de là. Des peignes, du fard, des miroirs de métal , des cure-denis , des cure-oreilles, des
fuseaux , des épingles , des dés à coudre
Est-il possible ? Un artiste ancien a travaillé tous ces objets? Regarde- les, ô lecteur, et tu diras qu’on les a volés à ta maîtresse. Eh bien, tu sais maintenant que la coquetterie est plus ancienne que tu ne l’aurois pu supposer.
Sculpture. . i
Outre les statues dont nous avons parlé, on en a transporté dans différentes époques beaucoup d’autres à Naples , parmi lesquelles celles tT si poil on , d’une Vénus qui sc cbausse un pied après être sortie du bain , de X Abondance, de Cérès, et d’un Enfant qui a du raisin dans une main et une oie dans l’autre; un bas-relief d’une Minerve et des Hermès d’un style imitant le grec ancien ; un Apollon de bron?e de hauteur presque naturelle , dans l’attitude de décocher le trait fatal , et un Hercule eniàut de terre cuite avec une inscription osque dans laquello il est peut-être nommé meurtrier des dracons. Enfin un Acteur et une Actrice masqués, monumens très-rares en terre cuite.
La très- jolie statue de Diane , qu’on voit au Num. ai de la collection étrusque et grecque ancienne du Musée de Naples, a été retrouvée à Pompéi (g5). Elle étoit colorée en or et en pourpre.