‹ Pompei decrite (volume 4)Chapitre 22 sur 24 · PEINTURES · texte numérisé non relu

PEINTURES

une Vénus nue et superbe étendue sur une conque , sur les flots; Pénélope , qui refuse le conseil d ' Eurinome de s’ embellir avant de se montrer à ses amans ; Sophunisbe qui boit le poison ; une Victoire qui sacrifie à Minerve victorieuse de P allante; des bambochades, des Amours, et partout les Grâces. Elles ne dédaignoicnt pas d'embellir même le domicile du pauvre.

Chaque boutique avoit au dehors des échantillons , oh des Génies ,invitoient les acheteurs , en leur montrant les objets qu’on y vendoit.

Différons morceaux de peintures qui représentent uu .Forum avec de longs portiques ornés de colonnes , de festons et de statues , sont extraordinairement précieux. On y distingue les Curies des Magistrats avec. des; rideaux et des* barreaux de bronze: sous les portiques, des hotnmes, des femmes et des enfans habillés différemment , qui semblent écouter , ou parler , lire , vendre et acheter. On y observe des vendeurs de souliers, de draps, des alimens, et des fruits. Des maîtres d’école , et des écoliers punis ; des artistes qui dessinent les statues mêmes du Forun ; des artisans qui travaillent, et d’autres qui badinent, boivent et se promènent; des pauvres qui demandent l'aumône ; des chevaux qu’on dresse cl des jumens qui ruent. Peintures intéressantes qui offrent de grandes lumières sur le Forum .de Poinpéi et sur ses parties. On les détacha de l’habitation. de Julie Félix , celle qui,

Digilùedia

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comme noms l’avons vu, louuit 900 boutiques , et qui étoit si dévouée à Isis, à Priupc et au Silence. .

Enfin, des Nymphes apportant des mets, di;s vases, une petite corbeille couverte, et dus Heurs. Un Centaure prend la fuite , stimulé pur une Bacchante qui le monte ; et à quelque distance on a représenté deux Centaures femelles , l’une surmontée d’une Nymphe; et une autre qui en embrassant un jeune homme, chante alternativement avec lui , au son des cymbales et de la lyre. Ces peintures embellissoient les murs d’une salle à manger , dans la maison de M. Frugius ,

( voyez pag. 67 ) et sont aujourd’hui au Musée. Les chants , les jeux et les danses succédaient aux soupers. On y voyoit encore dépeints les exercices des Funambules et quelques-unes de ces charmantes danseuses qui, enveloppiées dans dis robes légères comme le crêpe , ou demi nues, au milieu des parfums d’innombrables fleurs , s’abandonnoient à la joie de mille tendres mouvemens, pendant que l’astre de Vénus leur prodiguoit, des sombres sommets du Vésuve, ses rayons amoureux.

Tontes les peintures étoient dépeintes sur les murs, et exécutées ordinairement par des artistes d’une classe secondaire , et quelquefois sur des originaux d’un ordre supérieur. On v observe beaucoup de degrés differens de mérite, et parconséquent beaucoup de styles. Nous ne pourrions

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terminer cet article , sans faire des vœux , afin que les artistes modernes, en étudiant mieux la peinture des anciens , atteignent cette précieuse imagination, celte ingénuité, et ce goût par lequel nos ancêtres seront toujours nos maîtres dans tous les arts.

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NOTES

IV ou 3 aurions pu augmenter le nombre de ces Noies A r infini, maie nous ne pouvions pas prévoir jusqu’à quel point nos lecteurs nous en auraient été reconnaissants. Notre systènie, qui nous à bien des fois sauvé •des incursions de la pédanterie dans le cours de notre ouvrage , semble avoir rencontré r indulgence du public. Le Jourhal des Dbux-Sicii.es du aa Septembre i8a6, dans un article très-gracieux , en a été tinter prêle et nous lui en attestons vivement notre reconnaissance.

Nous croyons utile , après cela , de faire connaître , que les Rapports et les Journaux des différons Directeurs de Pompéi , que nous citons si souvent , n’ont pas été publiés. C’est pourquoi il nous auroit été impôts 6le de les consulter , s ins la courtoisie et la généroisité vraiment héroïque du Surintendant des excavations du Royaume, M. le Chev. Arditi, qui s’est donné la peine de nous fournit toutes les notices dont nous avions besoin et dont il èloit lui sêul le conservateur. pLes hommes tle lettres et le public partageront avec nous les sentimens de notre admiration pour un désintéress -ment si extraor /inaire et citeront son nom parmi ceux qui par leurs vertus et par leurs études se sont rendus éminemment illustres et dignes de la littérature et de leur pays.

Voici , en attendant , les noms de ceux qui ont dirigé les excavations de Pompéi depuis (748 jusqu’en t8x8. Le Colonnel Roc Joachim d’Alcubierre et te Capitaine (□taries Weber, tous deux du corps des Mineurs. Le Brigadier François La Vcga , sous lequel Us monumens

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de Pompéi revin nt pour la seconde fois le jour, ayant fait cesser le système barbare de les déterrer par le moyen des fossés et de les couvrir de nouveau après en avoir extrait les mosaïques , les peintures , et les menus objets. Pierre la Vega son frère et son adjudant ; et tes Architectes Antoine Bonucci et Niccola d’Apiiao.

Parmi les notices plus singulières que nous avons prises des papiers des premiers , il faut citer la découverte des tombeaux le long de la grande Toute de Salerne, vers P actuel le Taverna dcl Lapillo, c'est-à-dire vers le rivage ancien de la mer. Les plus remarquables inscriptions des ces tombes sont les suivantes.

An. rj55. — Mesoniae /. Peneriae. — Nairis ( sic ) Mag. Au g.

1 j56. Autres de Q. Cornélius et de la famille 7erentia Prisca.

En. tj€3. — Dans un autre endroit — . . . Fabio Secundo Marcia Aucta uxar fecit sibi , et Fabiae , ce ( sic ) Cratinae filiae.

•qyo. Ailleurs = Melissœœ Amyces Junoni. — Melissœœ Ip. F. Asialicae vix. antiis X P III. — For tunatus vix. ann. II.

( 1 ) M. Carminé Modestino , jeune homme plein de talens et de connoissances pour ce qui regarde les nmnumens de notre antique gloire, a bien vouln travailler avec moi à l’extension de ces pensées préliminaires. Je saisis une telle occasion pour lui en témoigner ma rcconnoissance.

Voyez la belle ode de Schiller sur Pompci, et celle de l’Anglois Hughes, qui commence ainsi:

Je connois aussi la belle Parthériope.

OlgitizSd by G(

(а) Son ouvrage fut publié par lq Che v. Félix Nicolas, déjà connu par la découverte importante de la Rue de* Tombeaux à I’estum.

( 3 ) Mongestern. Douze Jours à Naples et dans les environs. Léipsick 1812 , chez Kummer.

(4) Dissertatio Isagogica p. 1. Cap. 3 . §. 2.

( 5 ) Le Chcv. MonùceUi , dont les talens en géologie «ont justement appréciés, a reconnu trois laves volcaniques dans les parties souterraines de Pompéi. Une d’elles à gros et blancs amphigènes étoit employée à former les moulins à grains et à huile ; l’autre beaucoup plus compacte , et plutôt à petits amphigènes , est sou 3 le petit théâtre; la troisième qui est sous le temple étrusque ruiné consiste en un amas de matières ronges mêlées d’amphigènes blancs et de couleur, rose. — Outre celles-là, j’ai trouvé sous la maison dite de Joseph II une quatrième lave basaltine compacte qu’on peut appeler porphyroïde à cause de scs beaux cristaux de pyroxène noir, qu’elle enveloppe presque intacts avec quelque grain de péridot jaune.

On ne peut pas,, après cela , mettre en doute que la colline de Pompéi ait été un Volcan dont les flammes étaient à peine éteintes à l’arrivée des colonies orientales.

(б) Dissert, lsagog. P. 1. Cap. 3 . §. 9. Nous espérons que cette étymologie ne sera pas prise pour un délire , si l’on veut bien considérer que le mot oriental ïlercul c’est-à-dire mont-brûlé , qu’on rencontre à chaque pas depuis le promontoire de Mysène jusqu’à celui de Sorrcnte , d’où dériva aussi le nom d’ Herculanum , nous indique évidemment l’histoire des dévastations volcaniques , auxquelles cette contrée a été sujette depuis les temps les plus reculés. Dans les c’poques successives, les Créés et

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les Italiens si poétiques dans leurs idées et dans leurs sensations attribuèrent aux entreprises d 'Hercule les effets extraordinaires de la nature et élevèrent des temples au demi-Dieu sur les lieux, où n’cxisloicnt que les traces du feu.

(7) Pompejos tenuemnt oiimOsci, deinde Etrusci ac Pelasgi, pou hoc Samnitae , qui et ipsi inde surit expulsi. Strab. lib. 5 .

(8) Voy. Tite- Live.

(g) Gori, Symboles romaines, t. a.

(10) Al. Aur. Pelliccia dans ses Recherches philosofiques et historiques sur l'étal ancien de la dernière branche de l'Apennin qui termine vis-à-vis de Vile de Capri.

On en a les preuves par les couches de tuf et d’autres matières volcaniques situées sur des lits de sable remplis de coquillages qu’on y a trouvés dans différentes excavations. Bien plus il y en a qui croient que la mer étoit autrefois arrivée à Nola, jusqu’à l’endroit où l’on montre quelques colonnes.

(11) lovi Vesuvio sac. D. D. ( Inscrip. trouvée à Capoue , et rapportée par Pellegrino. )

lovi. O. M. Summano exsuperantissimo. ( Jl lartor. Colon, des Phéniciens.- Reines, cl: I. N.° 344. )

(la) Ignarra et autres, suivis par I.aporle-Pu theil , dans un mémoire inséré dans le Magasin Encyclopédique , ont voulu démontrer que l’éruption décrite par Pline ne détruisit pas entièrement Pompéi. On voit celle ville, disent-ils, se relever de ses ruines, sous le règne même de Titus, avoir un reste de splendeur sous Adrien et Antonin , et être encore sur pied dans le monument géographique appelé la Carte de Pculinger , qui est pos-

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térieurc au règne de Constantin. Mais dans l’itinéraire appelé improprement d’Antonin , ou ne fait plus mention de Pompéi. C’est pourquoi ils concluent que l’éruption qui l’a entièrement ensevelie est celle de 471, dont Marcellin a décrit les dévastions. Cependant on n’a trouvé dans Pompéi aucune monnoie jusqu’à présent, ni inscription , ni monument quelconque qu’on puisse croire postérieur à l’an 79. Notre opinion , qu’un nouveau village se soit élevé aux environs, pourroit concilier les deux partis. Le Sanfelice raconte , que les villes ensevelies par cette catastrophe se convertirent en villages, versa sunt in vicos.

C’est pourquoi que quelque» ruines déterrées sous Charles III entre Bosco reale et Bosco tre case , nous font croire que la nouvelle Pompéi y ctoit située, à peu de distance de la première. On y découvrit des candélabres de bronze , et beaucoup d’autres objets curieux * mais l 'architecture et les peintures des murs étoient d’un goût très- dégénéré, quoique la distribution des atrium et des chambres fût tout -à -fait semblable à «elle de l’autre. Ce qui indique une époque contemporaine ou postérieure à Constantin; clic pourroit ainsi redescendre jusqu’à l’éruption de l’an 471 , après quoi le nom de Pompéi resta tout-à-fait dans l’oubli.

(13) PVincielmann , Nouvelles découvertes faites ri llerculanum , Pompéi, etc. à M le Com. de Brunn. P. a.

(14) MUizia , ( Mémoires des 'Architectes antiques et modernes; Vie du Fontana, )

(>6) Sur l’observation de l’intérieur de l’aquéduc qui passe par le Temple d’isis, où l’on voit les traces de 1 ouvrage fait à reticvdatum, il paroit évident que la pin*

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grande partie du canal de Comle appartienne à l’ancien acqucduc de Pompéi , où on dut le rencontrer.

(16) C. Nepo a dans la mort d 'Allique.

(17) Dupaty , Irtl. 92.

(18) Fitruve , J.iv. VI.

(19) Journal r/e M. François la Fega du 18 Juin 1774.

(20) Pline. Liv. 14 , ch. 6.

(2 1 ) Journal des excavations de Pompéi de François la Vega du // Décembre

Dissert. Isa g. P. j. cap. 2. § 27.

(22) Uvie fut ainsi appelée après la mort d'Auguste. Diomcdcs et les deux Tyche, ensevelies dans cet endroit, étoient affranchies de celte Impératrice. Leurs noms et l’architecture des habitations de ce faubourg est grec; c’est pourquoi l’on peut conjecturer qu’ils cloient compatriotes. •

(u 3 ) C’étoit une charge propre aux villages de la Campanie, à laquelle éloit confié le gouvernement de l’endroit; c’est pourquoi 1 rs Humains qui y hakiloient ne dépendoient aucunement des Duumvirs qui gouvernoient Pompéi. ( Pitis. lexic : voc. Magisler. — Jlazzocc/u , de amphit. Camp. c. VHI , § 1. )

(24) Une des dernières tribus rustiques.

( 25 ) Les Duumvirs étoient les deux Consuls de la colonie ; le Qninquennalis éloit le Censeur. ( Gori, Symb: Rom. T. I. p. 161 .—Cav. Anliti de la loi Pelronia. )

(26) Chez les Romains , on ne pouvoit être Déeurion dans un âge mineur de 25 ans, ou majeur de 55 . ( Digeste , de Dccurion : lib. 2, teste de Callimaque. ) On dérogeoit cependant à cette loi pour un privilège accordé à quelque famille qui s’en éloit rendue digne.

(27) Relation de François la Vega du ta Janvier \n? 5 .

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