C. CALVENTIO QVIETO AVGYSTALI
HVIC OB MVNIPICENT. DECYRIONVM
DECRETO ET POPVLI CONSENSV BISELLII
HQNOR DATVS EST.
Une léie de marbre déterrée vers cet endroit lail supposer qu'il devait y avoir une statue dressée
Ô9 sur une des trois tombes de CalvcnLius, de Libella , ou de Névoléia.
Les faces late'rales du cénotaphe sont orne'es de deux couronnes civiques, et les petits acrotères ou pyramides de l'enceinte contenaient quelques figures en siuc. On y voit encore la Fortune qui a le monde sous ses pieds. Elle a dans ses mains une corne d''abondance. Ses ailes sont déploye'es, et veulent nous indiquer qu'elle ne se repose jamais.
On voyait aussi Œdippe devinant l'énigme du sphinx; elle fait allusion aux différens âges, et aux vicissitudes de la vie. 11 avait dans les mains un bandeau , signe de sa victoire. Plus loin on l'avait repre'senté appuyé contre une colonne surmontée d'une sphère. Enfin un bas-relief représentait une femme avec un flambeau à la main allumant un bûcher, ou plutôt c'était une initiée aux mystères d'Eleusis. — Le fronton qui est visà-vis de l'enceinte est orné de magnifiques moulures en stuc, au milieu duquel sont deux figures ailées qui soutiennent un encadrement dont la table de marbre était destinée à une inscription. Cette table est surmontée d'une tête ailée de Méduse.
Espace pour de nouveaux sépulcres.
Entre la tombe de Calventius et la suivante on trouve un vaste espace destiné h recevoir de nouveaux sarcophages , et où l'on ne découvre
qu'un seul terme se'pulcral. J'ai rendu h ce lieu Jes cyprès et les fleurs qui devaient anciennement aussi y produire un effet merveilleux, et relever infiniment la beauté de cette contrée.
Tombeau souterrain. 1814. — En reprenant l'autre côté de la route consulaire , on trouve un tombeau fermé par une belle porte de marbre blanc. Elle est d'une seule pièce , et constitue une des plus rares singularités de Pompéi. En descendant quelques degrés on trouve une petite chambre presque souterraine , et qui reçoit la lumière d'en baul. Elle est décorée d'une niche avec un frontispice soutenu par deux pilastres. On y a trouvé un grand vase d'albâtre oriental rempli de cendres et d'ossemens . où était une grande bague d'or, dont la pierre d'ngailie couleur de saphir, représentait un cerf gravé qui se grattait le ventre. Le travail était des plus finis. Devant ce vase était une lampe de terre cuite , et sur le siège de maçonnerie qui règne autour de ce tombeau , deux autres vases de marbre , dont l'un était d'une forme très-curieuse mais peu élégante; des urnes et huit petites fioles de verre , un petit autel de terre cuite, et des amphores qui pouvaient contenir les cendres de quelque enfant.
Cette tombe est fort-bien construite, mais sa partie extérieure a été dégradée par le tremblement de t(rre de Tannée 65 — Je me suis servi, pour la restaurer , des mêmes morceaux de travertin préparés pour cet usage par les anciens , et j'ai suivi
mcmc leur idée , en plaçant 1rs matériaux sur la même liyne que les ouvriers avaient tracée eu Liane avec de la cliaus.
Edifice dans le biviuni. A quelques pas de là, on trouve un monument sur lequel, scion l'usage, les conjeclurcs varient. JMazois adupie Popinion de ceux qui le croient un lieu où l'on brûlait les cadavres , (Z/6//7/2////2). Mais il semble qu'il ciait trop étroit pour un tel usage. Comme je le trouvai presque entièrement au niveau du sol , je le Gs déblayer et restaurer , et maintenant je suis convaincu que c'était une chambre sépulcrale élevée sur le pavé de la rue publique.
Tombeau rond. 1812. Sa base carrée est surmontée d'une tour qui devait éire couverte comme la Lanterne de Démosthène à Athènes, ou comme la tombe de Métdlus à Rome Sur les petites pyramides de l'enceinte , on voit des bas-reliefs en stuc, parmi lesquels on distingue le squeleiie d'un enfant renversé sur un tas de pierres, et sa mère qui répand des larmes sur lui. Ce devait être une des misérables victimes du tremblement de terre de l'an 65, car il fut le premier à occuper cette tombe. Cette conjecture , fondée sur differcnles raisons, et qui est certainement très- heureuse , appartient à Mazois. On voit aussi uu autre bas-relief qui représente une femme faisant des offrandes et des libations sur un autel.
On voyait dans le columbarinin de ce tomueau^ des peintures qui représentaient des dauphins. Oii
6a croyait, selon la doctrine d'' Eleusis , que les Nymphes conduisaient sur eux les âmes vertueuses et innocentes aux îles fortune'es , où elles jouissaient du })onheur re'servé aux gens de bien. On a trouvé dans l(s trois niches du columbarium, où l'on aperçoit des vases encastre's dans le mur, une lampe et des osscmens mais en petite quantité. Le trou qui traverse la voûte atteste la profanation que ce tombeau a soufferte.
Tombeau dit de Scaurus. 1812. Cétait le plus beau monument de toute la contrée, après ceux de Névoléia et de Galventius. Il lui ressemble en quelque manière par les degrés, le soubassement et l'autel.
Sur la base et sur les trois gradins étaient représentés en stuc différens combats de gladiateurs, et des chasses d'animaux. Une inscription faite avec Je pinceau sur le premier de ces bas-reliefs nous apprend que ces jeux eurent lieu sous la direction de Quintus Ampliatw^ , fils de Publias — Munere Q. jimpliati P. F. summo. Ce tombeau n'avait pas d'inscription. On y a suppléé par une épitaphe qu'on a découverte à quelque distance de là, et on l'y a adaptée en rompant le stuc, jusqu'à en découvrir les briques, et en l'affermissant avec des crochets de fer fortement enfoncés dans le massif. Millin (3i) observe avec raison, que sa dimension n'appartient pas du tout à l'endroit où l'on a voulu la situer. Les lettres sont presque cubitales, et un peu tiop
grandes relativement à la mesure du se'pulcre, qui se distingue par l'élégance de sa forme et des ses proportioris. Enfin, les caractères sont profondément gravés, et annoncent par leur beauté, une époque voisine du siècle d'Auguste ; tandis que les bas-reliefs et l'inscription sont d'une époque très-postérieure.
Cette inscription en partie mutilée est conçue de la manière suivante.
- . . . RICIO. A. F. MEtî
SCAVRO