‹ Pompéi décriteChapitre 4 sur 33 · PRÉCIS · texte numérisé non relu

PRÉCIS

Osques , et Colonies orientales , Van 1 486 avant Père vulgaire ^ selon Petavius ; et Sot avant la ruine de Troie (4)'

j jES Osques ou Opiciens furent les premiers peuples qui s'ëiablirenl dans la Campanie. Il n'y a pas de conlrce plus douce, ni plus délicieuse sur la terre. Le bruit de ses merveilles , accompagné des fables des premiers voyageurs se répandit partout ; et c'est avec raison que les peuples étrangers y accouraient en foule. Us y abordaient comme aux îles fortunées de Pindare. Ses rives hospitalières les accueillaient tous également ; et c'est pour cette raison que le Poète les appelait : Hospita mundi littora D'ailleurs ses voluptueux habitans étaient très-peu capables d^en imposer aux conquérans. Ils vivaient dispersés en petites bourgades indépendantes, lorsque les Phéniciens y arrivèrent. Ceux-ci ayant pris possession des côtes fondèrent , sur une colline volcanique (5), une ville à laquelle ils donnèrent le nom de Pompïa , c'est-à-dire yé»^^ éteint (6). Les Osques s'unirent aux étrangers , et pen-

i4 dant le long espace de sept siècles , ils formèrent avec eux dans Pompéi une seule et floTissanle population; mais à la fin il fallait qu'ils succombassent. Les Etrusques et les Pe'lasges (7) unis entr'eux , vinrent de l'occident de l'Italie , et après les avoir mis eu déroute , ils les chassèrent, s^cmparèrent de Pompéi, et l'associèrent à leurs 12 villes qui constituaient une espèce de répu- Llique fédérative , qu^ils appelèrent Nation Campanienne , dont Capoue fut la capitale. ( L'an. 802 av. l'ère vulg. )

Mais les Samnites , peuple fier et belliqueux qui luttait depuis long-temps contre la fortune de ses voisins , se rendirent enfin les maîtres de laCampanie, et Pompéi en fut dominée. (L'an 4^3 avant l'ère vulg. ) Les Etrusques vaincus ne tardèrent pas à insinuer dans le cœur de leurs conquérans leurs lois , leurs mœurs , leurs habitudes et leur gouvernement (8).

Conformément à leurs premières institutions , la forme aristocratique demeura intacte j ils conférèrent à litre électif les principales magistratures à des citoyens d'un rang élevé , accumulèrent toutes les richesses, rendirent héréditaires tous les honneurs, et tinrent le peuple dans le mépris ; ils épousèrent les intérêts ainsi que la haine contre la nation de la même souche. La nouvelle république fleurit en puissance et en renommée pendant plusieurs années ; mais cette réputation s'éclipsa dès qu'elle eut stipendié ses troupes au

dehors , pariiculièrement en Sicile, tantôt au service d'Athènes contre Syracuse , tantôt en faveur de Denys. Ces troupes , au lieu de se conduire en soldats d'honneur , agirent en aventuriers avides, hautains, inconstans et parjures. A l'exemple de la trahison coiiiniise à Capoue, elles massacrèrent dans une nuit les hahitans di'Entelle , s'emparèrent de leurs richesses et de leurs femmes , et se proclamèrent seigneurs de leurs terres. Une autre nénération de Campaniens se signala de la même manière à Reggio et à Mes.sine. De tels écarts de la morale publique et des maximes d'un gouvernement juste , furent la cause de leur décadence et de leur esclavage.

On sait que les Sidicins furent les auteurs de la mésintelligence des Samnitcs avec les Campaniens, et que Capoue, ne pouvant se défendre plus long- temps , implora la proicclion des Romains qui saisirent avec empressement cette occasion , parce qu'ils réputaient Capoue comme la clef de la Gampanic, et que sous ce prétexte ils pouvaient un jour en devenir les maitrci. Les Samnites disputèrent leur territoire et leurs conquêtes aux Romains pendant 74 ans 5 ils firent leurs derniers efforts avec les Brutiens et les Lucaniens contre les Consuls C. Spurius Coryilius , et Lucius Papirius Cursor j mais à la fin il fallut qu'ils se résignassent à leur sort.

Depuis celte époque, \qs historiens gardent le plus profond silence sur ces pays, jusqu'à la des-

i6 cente d'Annibal en Italie ; les Samnites , les Apuliens, les Lucaniens , les Bruliens , la grande Grèce , et même les Cainpaniens s'unirent à lui. Mais après i6 ans de victoires et de revers Annibal lut contraint d'abandonner PItalie. Il versait des larmes en voyant disparaître ces rivages , et mille fois , dit Tlte-Léive , il se maudit lui-même de ce qu^iprès avoir tué cent mille hommes au Trasimène et à Cannes , il avait vieilli dans l^oisiveié à Cumes , à Noie , et à Casilinum. Bientôt après les Romains firent éclater leur vengeance. Tous ces pays , qui avaient été le théâtre de la guerre , et qui n'offraient plus que Paspect de la tristesse et de la misère , furent de nouveau parcourus avec le fer et le feu.

Gapoue fut démantelée presque entièrement , et ses liabitans mis à l'encan. Vingt-sept Sénateurs , pour se soustraire à l'infamie et aux tourmens , avaient clierché la mort dans l'ivresse d'un banquet somptueux. Quarante-trois autres furent dépouillés de leurs richesses, chargés de chaînes , battus de verges , et décapités. Li ville , privée de ses magistrats y fut soumise à l'autorité d'un Préfet.

Toutes ces provinces restèrent alors ensevelies dans le deuil et dans la terreur. Appien nons fait fréaiir , quand il dit que les vainqueurs , sous prétexte d'user des justes droits de la guerre , ravageaient les campagnes , les villes , jusqu'aux temples et aux sépulcres de l'innocente Italie. En vain^ s'écriait Caton. « Où est la société? Où est

» la foi de nos aiicélrcs, si c'est de cette manière )) que l'on traite des hommes gcne'reux, et si on » les opprime de coups, d'ignominie et d'offenses? )) Combien de gëmisscmeiis , combien de soupirs » n'ont-ils pas pousses ! Combien de larmes n'ont- )) ils pas versées jusqu'à présent!.... »

Néanmoins les Italiens combattaient continuellement contre les ennemis du peuple Romain , et contribuiient en grande partie à ses triomphes ; et cependant, ils étaient toujours regardés comme sujets. Du droit Italique ils aspirèrent alors au droit Quiritaire. Les deux Gracclius épousèrent leur cause, mais avec un mauvais succès. C'est ce qui réduisit les Italiens au désespoir. Le Marse Silon projeta une ligue Italique. Les Apuliens,les Lucaniens , les Hirpiniens , les Samnites , les Picéniens, les Ombriens , les Toscans, et presque tous les peuples de l'Italie répondirent unanimement à l'appel des Marses. Rome se vit à deux doigts de sa perte.EUe expédia contre ces peuples alliés ses meilleurs généraux. SjUa, entr'autrcs, se signala contre eux. Il poursuivit les Samnites jusque dans le cœur de la Campanie, et mit le siège devant Stabies^ ville peu éloignée de Pompéi. II prit cette ville d'assaut ^ et la réduisit à un monceau de pierres. Pompéi avait suivi le sort des Samnites; elle avait aussi fait cause commune avec les autres villes , et ses liabitans avaient été spectateurs , du haut 'de de leurs tours , de la dernière destinée de iStabies. Cependant ils se préparèrent à la défense.

Sylla courut à eux, et campa sons leurs murs. Muis Cluveiiiius vint à l' improviste lui présenter Laiailie avec une nouvelle armée de Samnites. Sylla au commencement fut repoussé, mais ayant ensuite repris l'avantage sur son ennemi, il le délit totalement près de Noie, où Cluventius resia sur le champ de biiaille. Il paraît qu'après cette expédition , Sylla leva le siège de Pompéi , et se dirigea avec son armée vers Rome, où le Tribun Pub. Sulpicius, à l'insligation de Marins, avait suscité de très-grands troubles. Il semble certain , qu'après que la guerre des Marses fut terminée , Pompéi iùt érigée en municipe , c'est-à-dire, qu'elle pouvait se gouverner d'après ses propres lois , et avoir le droit de bourgeoisie romaine. Mais Sylla , qui se ressouvenait de la résistance de celte ville , cassa le décret du sénat , et envoya à Pompéi , sous les ordres de Pub. iSylla son neveu , une colonie militaire, qui fut appelée Félix ^ ( l'an 80 avant l'ère vulg. ). Cette colonie était composée de ces soldats appelés Eineriti , qui étaient comme autant de gardiens des ennemis vaincus ; et les malheureux Pompéiens durent souffrir que ce qu'on appelait Xaperlica tristis divisât leurs champs à l'avantaire de ces satellites. La colonie étant arrivée à Pompéi , et non contente des meilleures terres , voulut encore jouir des droits du suffrage et du déambidacre , c'est-à-dire , de pouvoir assister aux assemblées , et de se promener dans les lieux publics , ce qui fit naître une furieuse disseniion

cnirc les Pompéiens et les Colons. La fermeté (les premiers fut caraclérise'c de révolte , et la cause fut portée devant le Sénat.

Malheureusement il nous reste une oraison de Cicéron en faveur de Sylla , qui avait été le promoteur de cette disseniion , et qu'il traite d'ami des Pompéiens , tandis qu^il en était le persécuteur , espérant par ce moyen de s'attirer les bonnes grâces de l'Oncle. — En faveur de la loi Ploiia , qui fut ensuite rétablie dans toute sa vigueur, Pompéi redevint municipe , et elle continua de l'être même après qu'Auguste y eut ajouté une nouvelle Colonie de Vétérans , et qui prit le nom à^ Augusta , ( l'an 41 de l'ère vulg. )

Auguste n'étant encore que triumvir vint à Pompéi pour obtenir la protection de Cicéron contre Antoine; et Claude qui fut ensuite Empereur, demeurait aussi dans cette ville , selon Svétone , ( Vit. Claud. ) , quand il y perdit son fils Drusus qui fut étouffé par une pomme qu'il prenait plaisir de jeter en l'air et d'attraper ensuite avec la bouche.

Vers les premières années du règne de Néron , ( l'an 55 environ de l'ère vulg. ) , Pompéi devint une Colonie romaine proprement dite, comme on le voit par l'événement arrivé à Livinejus Regulus dans l'amphithéâtre, ( l'an Sg de l'ère vulg.) ; et selon les différentes inscriptions trouvées dans bien des endroits , où parmi les premiers défenseurs des colons Pompéiens, on souhaite félicité à RufuSy qui est salué des titres ^incomparable et de généreux. *

Cette forme de gouvernement durait à Pompéi depuis 24 ans environ, lorsque la plus terrible et la plus funeste éruption du Vésuve la déroba pour toujours à sa splendeur et à son existence.

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