‹ Pompéi (volume 2)Chapitre 23 sur 33 · IP · texte numérisé non relu

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la poussière et le siible de la lutte mêlés à la sueur. Ces deux dernières salles dont le sol pouvait être recouvert d'eau jusqu'à une faible hauteur (int revu une gracieuse ornementation : une niche en mosaïque avec motifs aquatiques d'où jaillissait l'eau ; une plinthe en marbre ; au-dessus, parmi les arbres, les fleurs et les marbres d'un beau jardin, circulent des nymphes, des faunes et des satyres ; entre ces sujets et la plinthe, des bandes jaunes ornées de t^uirlandes et de dauphins alternent avec des

%■ 56. — Mur de la palestre des thermes de Stables (p. 104; Hist., l'Upiiv.,p. 118).

bandes bleues sur lesquelles figurent des paysages égyptiens. Les rnl)inets qui laissaient jiasser l'eau dans la pi.scine 'i^ et dans les deux pièces '3) dont elle est flanquée, se réglaient de l'extérieur, dans un corridor qui longe le mur de fond 'en face de 26 .

Sur les murs '4 , dans l'épaisseur des cintres, des stucs relevés par des fonds colorés certainement postérieurs au tremblement de terre de l'an 63, fatiguent l'œil par la surcharge d'une ornementation lourde- C'est aux exercices de la palestre et à la mythologie qu'ils empruntent leurs sujets : lutteurs tout prêts au combat, gymnastes dans des attitudes savantes, divinités parmi lesquelles Jujuier a une ])lace d'honneur, Diane

entre deux chiens, des nymphes et des sat3'res, Hercule ivre en haut d'un escalier. Dédale fabric^uant les ailes d'Icare, Apollon chez Admète, Hylas ra\i par les n} mphes, le tout au milieu de l'enchevêtrement, des complications de cette architecture fantastic^ue et sans goût, chère aux décorateurs des dernières années de Pompéi fig. 56, p. 104, — voir Hist., Vie priv.. p. 118).

Sous le portique et, à droite en entrant, ouvrent les bains. Une salle

!■''§■ 57- — Vestibule et entrée de l'apodNterium des bains de Stabies. Dans le vestibule, à droite, porte du frigidarium (p. 104-105, 107).

d'attente pour les esclaves (5\ un beau vestibule {6' dont la voûte est ornée de caissons en stuc peint avec motifs en relief au centre (voir fig. 57, p. 105) en forment l'entrée. Ceux qui voulaient passer par toutes les phases du bain antique entraient, en sortant de ce vestibule, dans une salle C) appelée apodyterium fig. 57, p. 105). C'est là qu'ils otaient leurs vêtements pour les confier à l'esclave chargé de les garder. Celui-ci les jDlaçait dans une des cases maçonnées dans le mur, à hauteur d'homme (voir fig. 57, p. 105). L'apodyterium des bains de Stabies forme une vaste pièce rectangulaire autour de lac[uelle court un banc en maçonnerie ; la voûte, en berceau, est couverte de caissons en stuc alternativement ronds

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et polygonaux encadrés dans des grecques, rehaussés de couleurs, ornés d'amours, de rosaces, de fleurons. Des sujets plus grands occupent les lunettes des deux murs extrêmes : du côté du vestibule. Hercule assis. génie tressant des guirlandes ; en face, sur l'autre lunette, de chaque côté d'un édicule, deux amours chevauchent un dauphin ; à droite et à gauche une statue d'Hermaphrodite sur son piédestal tient un plateau.

De rapod\tcrium, le baigneur passait directement dans une .seconde salle I) appelée le tepidariiiiu où régnait, comme l'indique le nom, une chaleur adoucie; à l'une des extrémités, une piscine 7 offrait au baigneur, pour détendre ses membres, la douceur d'un bain tiède ; il pouvait, a son gré, s'y plonger ou circuler librement, se bien pénétrer de cette atmosphère tempérée avant d'entrer tlans le Lûldariiiiii ¥. . •j^ Le tepidariiim et le caldariiiin recevaient la chaleur d'un hypocauste, c'est-à-dire que le sol de ces deux pièces reposait sur des piliers entre lesquels circulait l'air chaud envoyé par un foyer fig. 58, p. 1071 ; cet air chaud pénétrait aussi dans l'intérieur des murs qui, pour lui livrer passage, étaient garnis de tuyaux en terre cuite ou recouverts de larges bri(|ues munies à chaque angle d'un mamelon destiné à maintenir un écartement; bientôt, du sol et des murs échauffés ra\onnait une vive chaleur. L'hypocauste du caldariii>ii E) recevait directement l'air chaud du fo\'er J et le renvoyait, tléjà très adouci, à l'Iiyjjocauste du tcpidariiim {D^ dont, par ce moj'en, la chaleur était plus tempérée.

Le tepidarinin (Di serv-ait de transition entre l'air extérieur et la haute température du caldarium M ; on ne s'y baignait pas; la piscine (7) du tepidarinin des thermes de Stabies constitue une exception qui ne se retrouve pas ailleurs. Sans doute elle fut ajoutée après coup.

Du tcpidariitm, le Iniigneur pénétrait dans le caldaritiin E .A l'une des extrémités, sous trois niches autrefois ornées de statues, la piscine jjour le bain chaud (8} occupe toute la largeur de la pièce. A l'autre extrémité une abside semi-circulaire aljrite le labriiin 9 . grande vascpicronde montée sur un jjied ; au-dessus, dans la voûte de l'abside, une ou\erture pouvait, à volonté, s'ouvrir et se fermer afin de tempérer la chaleur et de donner à la vapeur d'eau un dégagement; précaution nécessaire, car on se rend facilement compte de la température élevée, de la buée épaisse qui envahissaient le caldarium. Une fois entré, le baigneur, couvert bientôt d'une abondante transpiration, descendait dans la piscine d'eau chaude et }' demeurait assis sur une marche de marbre, le dos appuyé à la paroi. S'il préférait ne pas se plonger dans l'eau, il augmentait le nombre de ceux (|ui, pressés autour du labrum (g; d'où l'eau jaillis-

sait par un tuj'au de bronze, s'y lavaient le visage, le cou et les épaules pour modérer l'ardeur de la transpiration.

Notre figure 60 (p. 113) donne une coupe du caldarium du bain des hommes au Forum qui s'applique tout aussi bien au caldarium des thermes de Stables. On y voit le sol suspendu sur les piliers de l'hypocauste, la coupe du mur double ouvert sur ce même hypocauste, la baignoire en marbre avec les deux degrés qui 3' donnent accès et la marche intérieure sur laquelle on pouvait s'asseoir, à l'extrémité opposée le labriiin sous sa demi-coupole.

Ces opérations achevées, le baigneur retournait au tepidarium (Di pour se livrer aux mains de certains emploj'és du bain qui le massaient, lui raclaient la peau avec le strigile, le frottaient d'huiles et de parfums. Dans les bains de Stables, en effet, il n'y a pas de salle spéciale affectée à ces dernières opérations et il est probable que le tepidarium en tenait lieu. Une immersion dans le frigidarium, c'est-à-dire dans le bain d'eau froide (F), terminait la série de ces exercices. Quelquefois, pour amener une réaction plus puissante, le baigneur tout couvert de sueur se plongeait, aussitôt sorti du caldarium, dans le frigidarium.

Aux termes de Stables, pour aller du caldarium 'F dans le frigidarium F:, il fallait traverser de nouveau le tepidarium (D) et l'apodyterium i^Ci ; c'est dans le vestibule (ôi que se trouvait la porte du frigidarium ^fig. 57, p. 105,1. Il en est qui, au sortir des exercices de la palestre, préféraient à la piscine découverte (i) où l'eau montait à la température extérieure, le bain plus froid du frigidarium (F) dont l'eau, abritée par une voûte, se renouvelait sans cesse. Pour cette raison, et aussi parce que le bain froid était le dernier exercice du baigneur, cette salle se trouvait près de la porte d'entrée et de sortie.

Le frigidarium des bains de Stables (F) consiste en une petite pièce ronde entièrement occupée par un bassin central assez profond, entouré d'un étroit promenoir en marbre avec quatre niches où le baigneur pouvait se retirer sans gêner la circulation. Prendre son bain froid en plein air, sous le ciel et au milieu de la verdure était pour les Romains une grande jouissance. Aussi, quand ils ne pouvaient pas réaliser ce désir, ils cherchaient à s'en donner au moins l'apparence. Non seulement aux thermes

Fig. 58. — Coupe d'un hypocauste avec ses piliers, sa mosaïque e: l'ouverture du foyer (p. 106).

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de Stables, mais aussi dans les autres bains, des ])eintures représentant. derrière une palissade en treillage, des arbres où voltigeaient des oiseaux, des fleurs, des jardins, couvraient les murs du frigidarium ; sur la voûte peinte en bleu brillaient des étoiles d'or. Xous avons vu \'/c privée. p. 98) que dans les bains des maisons du centenaire 111. 7, 6^ et des Noces d'argent (V, 2, <? le frigidarium était en ])lcin air

Des lois que les abus sans cesse renaissants contraignaient à renouveler sans cesse défendaient dans les bains le mélange des hommes et des femmes. Quand il n'existait qu'un seul établissement, chaque sexe avait son heure. Dans d'autres villes, les bains étaient doubles et leurs entrées indépendantes. 11 en était ainsi à l'ompéi. La jxirlie des tliermes de Stabies réservée aux femmes a deux entrées, l'une rue de Stabies ci, l'autre rue du Lupanar d ; au-dessus de cette dernière porte on lisait encore au moment des fouilles le mot iniiliercs aujourd'hui tombé. Ces deux jiorles, ])ar de kings corriiliirs in, 11 , aboutissent chacune à l'apodyterium Gi. Comme ilans le liain des hommes lapodyterium des femmes est en partie entouré de bancs en maçonnerie attenant au mur surmontés, comme au bain des hommes, mais à une moindre hauteur, de casiers pour serrer les vêtements. Le frigidariidiioM bain froid, dans le bain des femmes, ne constitue ])as une salle spéciale. C est une simple piscine (12) plus longue que large où l'on monte parc^uelques marches et qui occupe une des extrémités de la salle. De l'apodyterium on passe dans le tcpularium IL posé sur unhypocauste qui recevait l'air chaud par l'hypocausle du (.(?/(/<//■/// //z L en communication tlirecte avec le f(jyer J\ Dans lune et l'autre jiièce des brii|ues à mamelons recc)u\rant le mur forment la double muraille qui donnait passage à 1 air chaud. Une des extrémités du caldarium, celle de gauche en entrant, est occupée par une belle piscine en marbre merveilleusement bien conservée (131, celle de droite, par le labrum 14 i]^ui, contrairement à lusage, n'est ])as dans une abside semi-circulaire. Le mur, peint en rouge et divisé en panneaux par des pilastres jaunes d'un faible relief, surmonte une plinthe en marbre. Sur les chapiteaux, du même style indécis que ceux du portique de la palestre, repose une frise ornée de guirlandes, de fleurs et d'oiseaux. Des godrons de stuc ornent la voûte eti berceau. Des montants en marbre encadrent la porte d'entrée. Le .sol des deux salles est couvert d'une mostiïque blanche entourée de filets noirs, celui de lapodyterium, de lo.sanges en marbre incru.stés dans une mosaïque blanche.

La chambre de chauff'e Ji occupe l'espace comiiris entre le bain des hommes et le bain des femmes. Elle a comme murs mitoyens, à gauche

le mur du caldarium du premier bain (Ej, à droite le mur du caldarium du second (I) ; les deux caldariums recevaient donc directement la chaleur et la renvoyaient adoucie aux tepidariums voisins (D et Hj. Le fourneau s'ouvre au niveau du sol, au pied d'un escalier; les hommes de service y arrivaient du dehors par une porte donnant sur la rue de Stables (b] ou par un corridor de forme ircégulière (15) qui communique avec le tepidarium (C) et à une porte sur la rue de Stabies '~^c). Sur le foyef reposait une chaudière (16) à fond large qui envoyait aux caldariums l'eau chaude. Au-dessus et un peu en arrière, une seconde chaudière (lyt impressionnée de plus loin par la chaleur du foyer distribuait l'eau tiède. Enfin, plus haut encore, s'élevait le réservoir d'eau froide (18). A mesure que la chaudière d'eau chaude se vidait elle était de nouveau remplie par l'eau tiède de la chaudière supérieure t[ui s'y déversait automatiquement et celle-ci, à son tour, recevait l'eau du réservoir d'eau froide. De cette chambre de chauffe partaient les canaux et les tuyaux qui distribuaient, dans les deux bains, là où elles étaient nécessaires, la chaleur et l'eau.

Sous le côté nord du portique (19), si on laisse à gauche une chambre (20 ouverte de trois côtés sur le portique et la palestre, probablement le bureau d'un inspecteur ou contrôleur, on entre, au fond d'un large couloir, dans une latrine à places nombreuses (21 , bien construite à la manière de celle du Forum. A gauche, un corridor (22) aboutissant à une porte dans la rue du Lupanar \e) dessert plusieurs cabines [2^) avec baignoire unique en maçonnerie pour ceux qui désiraient se baigner seuls, un escalier (24; descendant aux caves et enfin la loge du concierge qui possède encore son lit en maçonnerie (251. Un corridor (26) conduit de la palestre à la porte /"ouvrant sur la rue du Lupanar.

i Les bains du Fo/'uin ,I^", 5, 24, 2, 12). — Ces bains qui occupent une île tout entière sont limités par quatre rues et ont, sur trois de ces rues, une entrée. Il est à remarquer que tous les bains publics de Pompéi sont pourvus de nombreuses issues. Ce fut, avec l'amphithéâtre, le petit théâtre et le temple de Jupiter, un des premiers édifices construits par les Romains. Il n'a pas de palestre; les Romains n'avaient pas encore emprunté aux Grecs l'usage d'adjoindre aux bains des palestres. Après être entré par la porte de la rue des Thermes ciui porte le n" 12 TV, 5, 12), on traverse un petit vestibule sur lequel ouvre, à gauche, une latrine établie d'après le même système que celles du forum et des thermes de Stabies et l'on se trouve dans un jardin entouré de trois côtés par un portique

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avec un banc le long d'un des murs. Il est impossible que ce soit une palestre car cet espace ne contient ni le bassin ni les pièces nécessaires aux amateurs pour se préparer aux exercices ou en effacer les souillures. Du jardin un étroit corridor à voûte bleue parsemée detoilcs conduit dans l'aiiodyterium pavé en mosaïiiue blanche. Les casiers en bois pour la garde des vêtements reposaient sur des supports dont on voit encore la trace dans le mur.

Une corniche sur laquelle figurent en relief des lyres, des dauphins. des vases accostés de grifF(ms ailés, couronne la muraille. La lunette est percée d'une fenêtre autrefois munie d'un verre épais encastré dans des montants en bronze qui tournaient dans un pivot. Plus bas, au-dessous d'une tète du dieu Océan, une niche recevait la lampe.

Aménagé comme celui des bains de Stabies, le frigidarium. qui communique avec l'apodyterium par une porte, a conservé parfaitement intact le revêtement en marbre de sa cuve et de son pourtour; les murs sont également ornés de verdure, la voûte semée d'étoiles. Sur la frise, des reliefs en stuc figurent une course de petits amours à cheval ou dans des biges, de cavaliers et de coureurs à pied Près de la porte, dans une niche avec courant d'air pour emporter la fumée, on déposait la lampe.

Le tepidarium, beau et bien conservé, communique directement avec l'apodvterium. 11 ne repose pas, comme celui de Stabies, sur un h3'pocauste, mais un grand brasier en bronze, encore en place derrière une grille moderne (fig. 59, p. in), et la pnric ih' communication avec le caldarium lui fournissaient certainement une chaleur suffisante. Ce brasier, donné aux bains par un citoyen nommé .^L Xigidius Vaccula, ainsi que des bancs en bronze pour s'asseoir autour, fut, par allusion au nom du donateur, orné d'une petite vache (vaccula) en relief; pour la mémo raison, les pieds des bancs se terminent, à la partie supérieure par une tète de vache, à l'extrémité inférieure par le pied du même animal; un brasier tout semblable et donné encore par Vaccula a été trouvé dans la pièce 20 des bains de Stabies. La décoration ilu mur est d'un effet saisissant : des niches en maçonnerie, dont les pieds-droits présentent des atlantes en terre cuite, barbus, aux muscles puissants, soutenant de leurs têtes et de leurs bras élevés la corniche sur laquelle repose la voûte, entourent toute la pièce, à mi-hauteur du mur fig. 5g, p. ni). La voûte elle-même, en berceau, ornée de médaillons ronds et polygonau.x où, sur des fonds de couleurs variées, se détachent en relief des personnages et des animaux, se termine par une bande de rinceaux de feuillage et de fleurs. La lunette et la partie de la voûte qui en est voisine sont décorées de

LES THERMES ni

sujets plus grands : Cupidon appuyé sur son arc, Gan3'mède enlevé par l'aigle, femme emportée sur un griffon ailé; de chaque côté de la fenêtre. génies volant.

Le sol du caklarium. en mosaïque blanche, avec bordure noire, repose sur un hypocauste; le mur, revêtu de briques à mamelons couvertes de stucs imitant le marbre, se divise en six panneaux jaunes que séparent des pilastres d'un rouge foncé; la voûte en berceau est ornée de godrons.

Fig. 59. — Le tepiJariuui Jes theinies Ju Forum (p. iio;.

Une piscine en marbre blanc, assez semblable à celle du bain des femmes des thermes de Stabies et aussi bien conservée, occupe une des extrémités. A l'autre extrémité, une demi-coupole décorée de compartiments en stuc avec personnages abrite le labrnni dans une abside. Une inscription en lettres de bronze incrustées dans les bords de ce labrum apprend que deux duumvirs l'ont fait faire et qu'il a coûté 5^50 sesterces (1425 francs . Nous donnons dans notre figure 60 (p. 113) une coupe de ce beau caldarium, type bien complet et bien conservé de cette partie des bains romains tvoy. p. 107 .

Aux thermes du Forum aussi le bain était double; celui des femmes

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est indépendant avec entrée sur la rue de Xola l\' . 5. f^\ Une porte aux murs contrariés, sous un vestibule dont, récemment, on a refait la toiture. donne entrée à l'apodyterium. sans permettre aux passants de voir du dehors. (Omnic aux 1)ains de .Siabies, les femmes n'ont pas un frigidariuni spécial mais seulement, à lune des extrémités de l'apodj-terium. dans un renfoncement, une piscine abritée par une voûte plus basse. Sur les murs couverts de stuc et peints en jaune les supports des casiers en bois ont laissé leur trace au-dessus d'un banc de\ant lequel une marche fixée au mur scrxail de tabouret et aussi, au.x femmes de petite taille, de degré pour se liisser jusqu'aux casiers, l'ne petite fenêtre percée tout en haut du mur très élevé jetait peu de lumière dans cette salle sombre et humide. ].e tepidarium. suspendu sur un hypocauste avec mur double, est éclairé par une fenêtre percée en haut du mur et par un oil-dc-bo'ut ouvert dans la voûte. JuJ^QU'i la hauteur des deux tiers, une teinte jaune recouvre le stuc des murs divisés en compartiments que séparent des bandes rouge encadrées dans des feuillages et traversées au centre par une longue tige enguirlandée. Une frise peinte, ornée de fleurs, couronne cette décoration. Au-dessus, les motifs d'une très grande architecture, sur fond blanc, garnissent la partie supérieure du mur

Du caldarium très vaste il ne reste que les quatre murs. Le sol et les piliers de l'hypocauste ont disparu ainsi (juc le revêtement des murs; rien n'a subsisté de la piscine d'eau chaude si ce n'est la niche qu'elle occupait ; le labrum n'est plus cjunn bloc informe dont la vasque a disparu. On commençait sans doute la reconstruction de cette salle quand survint la catastrophe.

Comme aux thermes de Stalnes, la chambre de chauffe 'I\', 5. 7). mitoyenne des deux caldariums, occupait l'espace compris entre les bains des hommes et les bains des femmes avec une disposition analogue des chaudières et des foyers. En arrière de la dernière chaudière, un conduit alimcnlail une iirofonde citerne.

Dans une cour déjiendaiU des 1)ains cl iiimnuiiii(|uanl a\'ec la (diamljre de chauffe W. s. 10 une haute colonne, de construction assez bizarre, soutenait, a-t on dit. une horloge solaire qu'il eut été bien peu facile de consulter. Klle portait plutôt un réservoir d'eau pour les douches. Une colonne analogue se \oit encore dans le jjardin dcN thermes centraux. Il est probable que ces bains restaient ouverts jusqu'à une certaine heure de la nuit au moins dans certaines circonstances car dans leurs différentes parties on a trouvé 1328 lampes à un bec et une à sept becs. Juvénal fait d'ailleurs allusion aux bains nocturnes de Rome.

Les bains centraux III, 4'. — Quand on aborde les bains centraux par la rue de Nola on voit de suite, avant d'entrer, qu'on est en présence d'un édifice non en ruine mais en construction. Des blocs de pierre sont encore là, contre le mur. tels que les ont déchargés les charretiers; bon o-ré mal gré, il nous faut descendre sur la chaussée en maugréant contre l'encombrement des trottoirs, comme l'ont fait sans doute avant nous les derniers Pompéiens qui sont passés encore en cet endroit, la veille du 24 août de l'an 7g.

Les trois portes d'entrée, dont les principales sont celles de la rue de Nola et de la rue de Stables, conduisent dans un vaste espace destiné à être la palestre. La grande piscine, le long du bâtiment principal, n'avait

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Fig. 60. — Coupe du caldarium des thermes du Forum (p. 107, m).

pas encore reçu son revêtement de marbre;. le stylobate du portique et le caniveau pour les eaux ont été posés sur le côté nord seulement ; des chapiteaux encore inachevés, des colonnes neuves ou provenant des maisons démolies pour faire place aux thermes, deux magnifiques plaques de marbre cipolin prêtes à être employées gisent sur le sol. L^n bassin appartenant à l'une des maisons expropriées, avec son tuyau et son robinet, a été conservé pour l'usage des ouvriers. Près d'une des entrées secondaires, les latrines, semblables à celles des deux autres bains, mais plus grandes, restent inachevées. Le sol. inégal et bosselé, révèle la présence de décombres non encore aplanis. Afin de donner au jardin une plus grande largeur, on a empiété sur une des rues qui le longe; les pavés enlevés ont pu être en partie seulement transportés dans le jardin, les autres encombrent encore la ruelle rétrécie. Trois pilastres d'un portique commencé dans ce même jardin attendent, debout, leur couronnement; à l'autre extrémité un grand pilastre n'a pas reçu II. 8

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le réservoir que vraisemblablement on y devait poser. Dans ces œuvres inachevées où l'activité du travail a été brusquement suspendue, les ouvriers étant partis la veille avec la pensée qu'ils reviendraient le lendemain à l'aurore, on sent, mieux qu'en face de la ruine d'un grand édifice, linterruption subite de la \ie.

Un coup d'œil sur ce nouvel édifice suffii pour faire comprendre qu'il a été construit dans un tout autre esprit que les bains de l'époque samnite et des premiers temps de l'occupation romaine à Pompéi. Dans ces deux derniers bains, la lumière descendait, très rare, par d'étroites ouvertures, du haut des murailles ou de la voûte. Les ])ains anciens, a écrit Sénèque, « étaient étroits et obscurs; nos ancêtres croyaient n'avoir chaud que là où il ne faisait pas clair. » Tels étaient les thermes de Stabies et du Forum... « Aujourd'hui, ajoute plus loin le philosophe, nous appelons bains où l'on moisit les bains qui ne sont pas disposés de telle sorte que. d'un bout à l'autre du jour, par de larges fenêtres, le soleil les inonde; il faut être, en même temps que lavé, hàlc par le soleil et. de la baif>noire, voir au loin la campagne et la mer. »

Au.K nouveaux bains de Pom])éi l'apodylerium. le lejjidarium et le caldarium. ])ar des fenêtres vitrées aussi larges que la jjièce elle-même et ouvertes vers le sud-ouest, recevaient, dès que le soleil était haut dans le ciel, et jusqu'au soir, la chaleur et la lumière. Ils sont conformes à ceux dont parle Sénèque et aux bains d'Hippias décrits par Lucien.

De la ])alestre on pénétrait daii> un \estibule sur lequel oiuraient plusieurs pièces et le jardin. A côté, un escalier conduisait aux étages supérieurs. Les pièces peu nombreuses du rez-de-chaussée devaient être affectées à la palestre et aux bureaux de l'administration. A droite, dans le vestibule, on trouvait la double entrée de l'aiiodyterium au fond duquel une grande piscine tenait lieu de frigidarium ; des tuyaux amenaient l'eau dans la ])iscine; d'autres la conduisaient de la jnscine à l'extérieur, dans un petit bassin d'où, par un canal, elle s'écoulait dans la rue.

Le tepidurium, communiquait par deux portes avec l'apodyterium : il n'était pas suspendu sur un hypocauste. Le soleil qui entrait à flots par ses larges fenêtres, deux portes ouvrant sur le caldarium, les murs surchauffés qui le séparaient du laconicinii et du ctililnriimi, ])eut-ètre aussi quelques brasiers devaient y entretenir la temiiérature ret|uise.

Deux piscines d'eau chaude reposant chacune sur un foyer occujjaient les deux extrémités du caldarium. De même que cette pièce contenait deux piscines, peut-être avait-elle aussi deux labrums ; deux absidioles symétriquement disposées semblent en effet réservées à cet usage. Le

sol reposait sur un hypocauste qui envoyait l'air chaud dans l'épaisseur des murs par des tuyaux rectangulaires en terre cuite. Des niches pratiquées dans le mur chauffé intérieurement recevaient les baigneurs et les enveloppaient de trois côtés, faisant rayonner autour d'eux la chaleur. Des ouvertures permettaient d'atténuer, quand il y avait lieu, la haute température et de dégager la vapeur d'eau; par des tujaux amenant l'eau froide dans les piscines, on pouvait tempérer la chaleur du bain.

Ces thermes avaient une pièce qui manquait aux deux autres établissements publics de Pompéi : c'est le laconiciitn ; la pièce ainsi nommée dans l'inscription des thermes de Stabies n'est autre que le caldûriiim. On appelait laconiciini une petite pièce surchauffée par un hypocauste qui, en communication immédiate avec le foyer, entretenait une chaleur intense dans le sous-sol et dans l'épaisseur du mur, étuve sèche dont l'usage ne se rattachait pas à la série des différents exercices qui constituaient le bain. C'était une importation grecque introduite à Rome vers la fin de la république. On y cherchait surtout un soulagement contre les suites des excès de tables et les digestions pénibles. Celui qui se soumettait à ce traitement entrait dans le laconicum sans s'attarder au caldarium et de là se rendait directement au frigidarium ou à la douche froide afin de produire une réaction violente. Le laconiciini des thermes centraux est, conformément à un précepte de Vitruve, mitoyen avec le tepidarium. Il formait une pièce carrée dont chaque angle s'arrondissait en une absidiole éclairée par un œil-de-bœuf que fermait sans doute un verre. La voûte, de forme conique, devait être tronquée au sommet par une ouverture qu'un disque, suspendu à des chaînes, permettait de maintenir ouverte ou fermée.

Pas plus que la palestre, aucune de ces pièces n'était achevée en l'an 79; mais le gros œuvre assez avancé nous permet de constater que ces bains, destinés à éclipser complètement les deux autres, devaient recevoir tous les raffinements du luxe le plus moderne. La bibliothèque, les salles de lecture et de conversation, le restaurant, les cabines où l'on pouvait se baigner seul, les salles de repos avec lits et divans, les salles de jeu devaient occuper le premier étage auquel conduisait un escalier situé près de l'entrée de la rue de Nola. Cet établissement, une fois achevé, aurait eu, sans aucun doute, toute la clientèle riche de Pompéi. Ce n'était pas seulement le bain qu'on venait demander à ces riches établissements mais, avant tout, le cercle, la société, le jeu et les distractions. Les propriétaires des belles maisons de Pompéi n'avaient nul besoin d'aller chercher leur bain aux thermes des rues de Stabies, du Forum ou

de Xola: dans leurs propres maisons ils avaient des bains j^arliculiers très bien organisés où rien ne manquait. C'est sans doute pour attirer cette clientèle que furent construits les bains centraux avec toutes leurs attractions, 11 faut, pour s'en faire une juste idée, lire dans Lucien la description des bains d'Ilippias.

Les bains dont nous venons de nous occuper étaient des établissements publics appartenant à la cité et construits par elle. Pour les bains de la rue de Stables et du Forum, c"est un fait certain ; il en est sans doute de même pour les bains centraux dont les constructeurs ont pu. sinon supprimer complètement une rue. tout au moins la rendre impraticable aux voitures.

.Mais il )• avait aussi des bains construits par des particuliers qui en faisaient une industrie. Tels devaient être les bains de la rue délie Scuole (II, 2, 17). Plus spacieux ijue ne le .sont les bains des maisons privées, ornés avec un grand luxe de ])eintures dont on a pu sauver quelques débris, ces bains s'élevaient sur les pentes de ces terrains qui, au sud-ouest de Pompéi, descendent du sommet de la ville vers la vallée du .Sarno.

Une curieuse inscription trouvée sur la voie des tombeaux servait d'annonce à d'autres bains, propriété d'un iiersonnage historique, .M. Li( inius Crassus Frugi, consul en Fan 64 après J -C Xéron le fit mettre à mort pour s'emparer de ses biens. Il possédait une source chaude qui jaillissait dans la mer et l'avait utilisée pour faire un bain administré par un de ses affranrhis nommé Januarius. dont le rajjjiort augmentait son revenu. \'oici ce ipion lisait sur la pierre indicatrice, à l'emlroit où, de la voie des tombeaux, se détachait la route qui y conduisait :

Thermes de M. Crassus b'ritgi. Eau de mer et bains d'eau douce, Jan u arius affranchi.

Une affiche de Pompéi mettait en location un établissement de bains appartenant à Julia Félix et appelé Bains de\'énus, balneum Veneriiim. Ces bains, évidemment exploités par l'industrie privée, ont été exhumés entre les années 1755 1757 et malheureusement recouverts. Ils étaient montés avec un grand luxe et devaient ri\ aliser avec le-> thermes centraux en beauté et en moderne confort. Comme eux ils a\aient le laconicum (voir p. 115 , outre les trois parties liabituelles et la palestre entourée d'un portique. Des vasques en marbre, des statuettes, des hermes ornaient son jardin. On voj'ait aussi dans ces constructions, comme chez les Vettii, une chapelle consacrée à des divinités égyptiennes. Le mobilier de cette maison, située non loin de l'amphithéâtre plan Ai était particulièrement beau.

Sénèque qui habitait au-dessus d'un établissement de bains nous a mis au courant de tout le tapage qui s"}- faisait. Il est probable qu'il s'agissait là non dun grand établissement public, mais d'un bain d'industrie privée.

(( Que je meure si le silence est, autant qu'on le prétend, indispensable au travail du cabinet. De tous côtés des cris de toutes sortes résonnent autour de moi car j'habite au-dessus d'un bain. Figurez-vous donc toute espèce de bruits, de ces bruits qui sont le plus odieux à l'oreille. Sont-ce des athlètes qui s'exercent, qui balancent leurs bras chargés de masses de plomb : pour peu qu'ils soient fatigués ou feignent de l'être, j'entends des gémissements; chaque fois que, après avoir retenu leur souffle, ils le laissent échapper, ce sont des sifflements, des respirations déchirantes. Si je tombe sur un masseur inhabile qui ne connaît que les frictions les plus communes, sa main masse les épaules avec un bruit diftérent suivant qu'elle frappe du plat ou du creux. Mais si des joueurs de balle surviennent c[ui se mettent à compter leurs points, je suis perdu. Ajoutez les querelles, les voleurs pris sur le fait, celui-là aussi qui, au bain, aime s'entendre chanter; puis ceux qui, avec un grand tapage d'eau qui rejaillit, sautent dans la piscine. Ceux-là ont tout au moins des voix naturelles; mais représentez-vous l'épilateur qui, pour attirer davantage l'attention, crie d'une voix aiguë et perçante et ne cesse que si, épilant des aisselles, il fait crier un patient à sa place, les pâtissiers, les charcutiers, les confiseurs, les cabaretiers, annonçant chacun sa marchandise avec une modulation qui lui est personnelle. »

Sénèque aurait pu ajouter aussi le disque en bronze sur lequel on frappait avec un lourd battant pour annoncer l'ouverture ou la fermeture des bains. On en a trouvé un à Pompéi avec son battant retenu par une chaîne.

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