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CHAPITRE XII

LES CABARETS. — LES AUBERGKS. — LES BOUTIQ.UES. LES MÉTIERS. — LES RUES

Pomjiéi avait, comme toutes villes, ses quarlier.s solitaires et ses quartiers animés. La VP région semble avoir été particulièrement paisible. Sauf la rue consulaire (]ui abiuitissait à la jjorte d'Herculanum, ses rues étaient peu fréquentées. On y circule soit devant de grandes murailles de façade derrière lesquelles se dissimulent les maisons, soit au pietl de murs qui entourent des jardins. Les boutiques y sont rares et aussi les cabarets si nombreux ailleurs. Hue de .Mercure, il n'existait (|u'un seul cabaret (IV, lo, i , mais c'est le plus intéressant de Pompéi. .\ son comptoir revêtu de marl)re on vendait des boissons chaudes conservées dans des vases en terre. Les bouteilles, les verres, les flacons de différentes formes reposaient sur des gradins appuyés au mur à l'extrémité du ccjnqjtoir. l)ans un autre coin, un fourneau servait à cuisiner. Une petite salle, ouvrant derrière le comptoir, recevait les clients cjui prenaient un repas ou buvaient plus longuement. Sur ses murs, peutêtre pour accjuiter ses notes, un artiste a peint les scènes de toute sorte qui d'iiabiiudc se passctil dans les cabarets de ce genre : gens attablés et buvant et, écrits à côté d eux, les orilrcs ijuils donnent : >■ ii)i peu d\aii froide >• -, « eiuore un verre de vin de Setiuuin » Kn haut, à des crochets, sont suspendues des victuailles : du jambon, des saucisses, du boudin, etc. ; d'autres consommateurs jouent, trichent et se fâchent ; ]iuis des scènes de débauche. Sur le mur d'une pièce voisine, on débarque la provision de vin apportée dans un char en forme d'outre qu'on vide dans des amphores. Le cabaret communique avec une grande maison, sans doute un hôtel, pourvue dune salle à manger, d'une cuisine au vaste fourneau, de nombreuses chambres. Beaucoup d'hôtels ou d'auberges avaient leur débit, avec comptoir, ouvrant sur la voie publique.

Ce n'est pas le seul cabaret orné de peintures ou de légendes gravées sur les murs ; dans un autre, deux joueurs se disputent sur un coup : — « ce n'est pas trois, mais deux » — ■ et se battent ; le cabaretier les pousse vers la porte, leur disant en mauvais latin : « Vous vous batte:^, sorte\ «; ailleurs on donne cet avis : « il y a des juges à Poinpéi. » Sur un mur du cabaret tenu par Edone (IV, 2, 44 on lit : « Edone dit : ici, ou boit pour un as ; pour deux, ou boit du meilleur ; pour

Fig. 6t. — Cabaret Je la maison de Salluste (p. 119).

quatre, tu auras du Falcrne. » C'est sur les murs de ce cabaret qu'on peignit l'affiche électorale signée par les seribibi, ceux qui boivent tard. Les cabarets ouvraient largement sur la rue comme une boutique. Un comptoir en maçonnerie revêtu généralement de plaques de marbre irrégulièrement cassées, formait la devanture (fig. 61, p. 119; VI, 2, 4) , des vases en terre y étaient encastrés dans lesquels on tenait à la disposition des acheteurs ou des consommateurs certaines denrées : des olives, de la saumure, de l'huile, des légumes secs, etc. Un petit foyer ménagé sous quelques-uns de ces vases permettait de conserver et de verser au consommateur des boissons chaudes ; ces cabarets s'appellent pour cette

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raison thcnnopoliiim. Quelquefois le devant du comptoir était orné de plaques de marbre bien taillées et bien symétriques ou de peintures.

Quelques-un^ de ces cabarets sont vraiment beaux : comjitoir en marbre, dans une belle salle, beau laraire, et, derrière, pièces pour les consommiitcurs ^IV. 15, 4-5, à citer encore pour leur élégance : III. 10, 3; V, 4, 7 ; VI, 2, 5^. Souvent ces comptoirs étaient attenant à un hôtel. Plusieurs gradins appuyés au mur poriaient les verres et les bouteilles. Notre figure 62 (p. 120 . donne ;i ]K'u près une idée de l'aspect

(juc devaient présenter ces établissements , à la fois boutiques de comestibles et I abarets.

Les comptoirs qui n'axaient que des vases, sans .i]>])areil pour les chauffer, claient des boutiques; sans doute des épiceries, mais ])robublement ]ias des caliarets.

Les comptoirs sans vascs d'aucune sorte appartenaient certainement à des b(jutiques", on chercherait en vain à sjjécifier quelles choses précises s'y vendaient. La rainure du seuil des boutiques où glissaient les volets de clôture était, à son extrémité, généralement interrompue, faisant place à une petite porte qui, les volets fermés, permettait l'entrée. Le musée de Pompéi conser\e le moulage d'une île ces clôtures. Usée ou brisée, la rainure était en tout ou en jjartie, remplacée par une barre de fer (l'V, 2, 42). Sur le côté intérieur des montants d'une boutique IV, 12. 14) deux lignes ])arallèles tracées à la jjointe ont indiqué à l'ouvrier l'endroit précis du seuil nix il devait creuser la rainure, et sa largeur.

Les auberges étaient assez mimbreuses à Pompéi. surtout, comme dans toutes les villes, près des portes. Deux, derrière la porte d'IIerculanum se faisaient vis-à-vis (VI, iiis. occid., 1-4; VI, 1, 2-4^. La maiso"!! aux deux tricliniums et d'autres encore près de la porte de Stables étaient des auberges (II. 7, 6-12'. peut-être aussi les constructions décou-

Fig.'62. — Restitution Jun cabaret (p. 120).

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