‹ Pompéi (volume 3)Chapitre 13 sur 70 · EL · texte numérisé non relu

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de l’Argenteria (VI, 7, 29). Mais il ne faut pas croire que l'atrium tétrastyle fut considéré comme une élégance ajoutée à la maison. C'est plutôt une simplification de construction; une fois posé sur ses quatre colonnes, le compluvium n'avait plus à redouter que les tremblements de terre. De plus, ce mode de construction s’imposait quand l'atrium devait supporter un second étage. Le compluvium de l’atrium toscan au contraire, soutenu par des poutres à longue portée, demandait plus d'entretien et plus de réparations. Cependant les propriétaires de ces nobles et vastes maisons préféraient l’atrium toscan. En voici la raison : aussitôt que, franchissant les fauces, le visiteur arrivait au seuil de l’atrium toujours un peu sombre, il se trouvait en face du tablinum dont le fond, ouvert pendant la belle saison, lui permettait d'embrasser d’un coup d'œil la fuite des colonnes du péristyle, la verdure du jardin qu'elles entouraient et ses fleurs, les gerbes du jet d'eau brillant au soleil {voir fig. 23, p. 51) et quelquefois encore, comme dans la maison du Faune (VI, 12,2)ou d'Ariane (IV ,4,32), dans un lointain, les colonnes, la verdure, les fleurs, les eaux, la lumière d'un second péristyle entourant un second jardin. Notre figure 29 {p. 61) représente le bel atrium toscan de la maison de Cornelius Rufus (II, 4, 15) d'où l'on voyait le péristyle et son jardin, et au delà, entre les colonnes d'une galerie aujourd’hui murée, la campagne et les monts Lactarii. Les quatre colonnes de l’atrium tétra-

style auraient, par leur masse, rompu cette perspective. Peut-être aussi, les descendants des anciennes familles, encore en possession de la maison ancestrale, auraient-ils craint, en transformant en atrium tétrastyle leur atrium toscan, de donner à la vieille maison qu'ils considéraient comme une preuve de noblesse, une apparence trop moderne. Ce n’était cependant pas un usage sans exception, car l’atrium principal est tétrastyle dans la maison du Labyrinthe (VI, 11,10), avec de belles colonnes corinthiennes, et corinthien celui de la maison de Castor et Pollux (VI, 9, 6), tandis que les atriums de service de ces belles maisons sont toscans. La maison du duc d'Aumale (VI, 7, 21) nest, à proprement parler. que l’atrium de service de la maison voisine (20) appelée casa dell’ Argenteria parce qu'on y à trouvé un trésor d'argenterie; son atrium est tétrastyle, avec beaux cha:

piteaux ioniques; on y entre par de larges fauces que termine un seuil orné de deux colonnes ;: aucune chambre cependant n'ouvre sur ce bel atrium qui ne conduit qu'à des pièces de service; mais deux portes le mettent en communication avec son atrium principal, celui de la casa dell” Argenteria (VI, 7, 20) qui esttoscan.

Dans d’autres maisons, le second

atrium était remplacé par une porte de service (posticum) en communication di-

Fig. 30. — Enfant tenant un canard; fontaine (p. 65).

recte avec les communs ou la cuisine (IV, ASE TE 0..-35 1152) 27).

Souvent une mosaïque recouvrait le sol des atriums, avec dessins noirs sur fond blanc (II, 3, 8; IL, 2, 36; II, 2,16, IV, 1, 40); elle s'étend parfois sur les fauces, l’atrium, les alae, le tablinum (IV, 15, 1-2; IVe 1, 40), les chambres de l’atrium (IV, 15, 1), le tour même du péristyle et jusqu’au fond de l'exedra (IV, 10, 3). Plus soignée était l'ornementation des seuils (LI, 3, 8; IV, À, 13; IV, 1, 40). Dans une mosaïque dépourvue de dessins, dans le sol battu ou bétonné, on incrustait aussi des morceaux de marbre de différentes couleurs, soit brisés irrégulièrement, soit

taillés en forme de disques, de carrés, de losanges (IT, 2, 1; NNE ET

IV, 6, 11). Cette ornementation, consistant en morceaux de marbre disparates, irrégulièrement cassés, qui nous semble bizarre, plaisait aux Romains. Les plus riches maisons en usaient; ainsi est dallé l’impluvium de Pansa (VI, 6, 1); les boutiques en ornaient leurs comptoirs ACT rosoiN lie re 4152/3223)

Un simple dessin en mosaïque, grecque, torsade, dent de loup, entoure généralement l’impluvium; il arrive aussi que le dessin est plus compliqué : ce sont, dans la maison de Cornelius Rufus (II, 4, 15), les remparts et les tours crénelées d’une place forte; l'impluvium de la maison d’Optatius Rapianus (I, 4, 25), incorporée dans la maison du Cithariste (I, 4, 5), offrait une décoration particulièrement riche, conservée aujourd'hui au musée de Naples sur les deux côtés longs et dans un encadrement de fleurs, des proues de vaisseaux engagées sous des arcades se présentaient dans des évolutions variées; une bande de rinceaux à la partie supérieure, un masque à chaque angle complétaient cette ornementation remarquable par l'harmonie des tons. Les impluviums anciens des maisons toscanes sont en tuf; en marbre cependant quand ils ont été restaurés à l'époque impériale(l, 2,171; 30e Rare tin charmant impluvium récemment découvert

est entouré d'une bordure d’oves entre deux

Fig. 31.— Enfanttenant un dauphin; fontaine (p. 65).

corniches en fort relief avec des palmettes en saillie aux angles, le tout délicatement sculpté dans du stuc jaune; le fond est recouvert d’un disque en marbre blanc encadré dans des marbres de couleurs variées (ML 6357

La bordure de l’impluvium était souvent surélevée par deux petits murs bas, très rapprochés, entre lesquels des fleurs semées entouraient limpluvium d'une ceinture aux belles couleurs, vivante et parfumée, plus charmante encore, plus douce à l'œil que la beauté des mosaïques OT sms N Re, ms as om fut même complètement transformé en jardin (III, 5, 18). Si la bordure était surélevée plus encore,

limpluvium devenait un bassin profond (V, 11, 10; VI, 15, 20) ou une cuve pour l'industrie (V, 3, 8).

Au centre de l'impluvium, un jet d'eau pouvait, à l'aide d'une clef, être mis en mouvement; un émissaire conduisait le trop-plein de l'eau dans la citerne, sur laquelle ouvrait, au bord de l'impluvium, une bouche ronde recouverte soit d'un disque, soit d’une élégante margelle en terre cuite ou en marbre (fig.24,p.53; fig. 62,63, p.102,103). Aujourd'hui encore, sur la paroi intérieure des margelles en marbre ou en tuf, les sillons creusés par le frottement des cordes sont apparents. Les citernes étaient alimentées surtout par les eaux pluviales. On voit encore, dans plusieurs maisons, descendant vers la citerne, le tuyau en plomb qui conduisait les eaux destoitures MIT 5; IV, 4,277 Vu, 261se terminantspariute clef; V, 4, a, qui plonge encore dans la citerne; IV, 12,11; VI, 14, 22).

L'impluvium devait régulièrement être placé dans l’axe des fauces et du fablinum; nombreuses Sont les exceptions à cette règle (IV, 7, 2: ATV RS A PURE RE

Une table appelée cartibulum, une statuette posée sur un socle et faisant l'office de fontaine, une vasque en marbre contribuaient à l'ornementation de l’impluvium. Table et fontaine en occupaient le petit côté, le plus éloigné de la porte et lui faisant face. L'eau de la fontaine jaillissait d'un oiseau (fig. 30, p. 63), d’un chien, d'un dauphin (fig. 31, p. 64), de l’outre d'un satyre ou de Silène, d’un vase, d'une coquille (fig. 32, p.66) ou de tout autre objet tenu par un enfant. On conserve même, au musée

de Naples, une statue d'enfant analogue à celle de la célèbre fontaine de

Bruxelles: ailleurs l’eau est lancée par des animaux; souvent elle ne retombe pas directement dans l'impluvium mais dans la vasque en marbre déversant par-dessus les bords son trop-plein.

Le cartibulum placé derrière la fontaine ou à la place de la fontaine, quand celle-ci fait défaut, est.une table de marbre monopode (voir fig. 24, p- 53), surtout à l'origine, mais plus tard et le plus souvent, à Pompéi du moins, supportée par deux pieds. Une forme qui se rencontre fréquemment consiste en deux supports représentant deux griffons adossés à tête de bélier; un des plus beaux exemples que l’on en connaisse se trouve dans la maison de Cornelius Rufus (II, 4, 15; voir notre figure 29, p. 61); un. trou ménagé entre les deux pieds recèle généralement la clef qui servait à ouvrir le jet d'eau de l'impluvium (II, 4, 15; IV, 12, 28). Sur le cartibulum on disposait, comme nous l’avons déjà dit, de belles pièces de vaisselle (fig. 122, p. 164). La maison du Balcone pensile (IV, 12, 28), avait un bien petit atrium placé sur le côté, en dehors des règles habituelles. Mais il nous

offre un joli ensemble de la vasque, de la fontaine et du cartibulum. Par une coquille qu'il tient de la main gauche, l'enfant lançait l'eau dans la vasque en marbre; l'eau jaillissait aussi, dans la même direction, de deux tuyaux qui émergent du sommet des deux pilastres entre lesquels

se dresse la statue (fig. 32,p 66).

Les trois robinets en bronze qui réglaient les jets d'eau subsistent encore sous le cartibulum.

Quelquefois les atriums étaient ornés de statues qui n'avaient rien de commun avec les fontaines. C'est ainsi que dans les atriums de la maison du Faune (VI, 12, 2 de la maison du Torello {V, 1,7 —fg. 33, p. 67), on a trouvé des statuettes d'où ces maisons ont tiré leur nom.

Primitivement la place du laraire était dans l'atrium, à côté du foyer domestique. Beaucoup de maisons ont conservé cet ancien usage, et le laraire se voit encore contre le mur, dans un coin ou dans un renfoncement de l’atrium {II,1:2, 284 II, 2,2 DR PR MAÉ ERREUR We dans l'une des ala (II. 5,2; IV, 4, 31). Quand la cuisine émigra

de l'atrium dans une autre par-

Fie. 32. — L'atrium de la maison du balcon J . : L mé (p. 65-66). tie de l'habitation, beaucoup de

laraires cependant l'ont suivie (II, 6,8; III, 8,g; VI, 15, 23); d'autres se sont réfugiés dans le péristyle AV ar VMS VE 167), danse jardin l, 2 27280 SAT GED SN LU rG; ne La forme et la beauté des laraires offrent une très grande variété. Dans les pauvres boutiques, dans les humbles logis, même dans des maisons riches, les Lares et les Pénates savent se contenter d'une simple niche creusée dans la muraille (VII, 14, 19; — voir. fig. 58, p.97: —

NP moe plus ouemoinsornée (LIT, 226; V, 2, 6; LV, 2, 25). revêtue de marbre (IV, 7, 16) ou de stuc (IV, 16, 7). Souvent au pied de Mimclese des umaute {LV ro) 2 ILI M 4 NIIlLS 5; 6; VI 7,20, etc.). Un laraire curieux consiste en trois niches qui évidemment ont contenu les statuettes du génie et des deux Lares, et de deux autels en maçonnerie (VI, 15, 5). Parfois il n’y avait que l'autel (II, 3, 58; VI, r, 7: IV, 7, 28). Une forme de laraire assez fréquente est celle d’un édicule à fronton triangulaire supporté par quatre colonnes, sous lequel s’abritent, en statuettes ou en peintures, le génie et les divinités (III, r.

Fig. 33. — Atrium dela maison du Taureau (p.66) ; au fond à droite, peinture du 2*style(p.113-1 14). 22: III, 2, 26; VI, 16, 7); édicules construits en maçonnerie ou représentés en peinture (fig. 34, p. 68; VI. 15, 1). Quelquefois le laraire occupait un édicule isolé (III, 8, 6, au fond du jardin) ou une pièce spéciale, modeste (V,1, 7; VI, 15, 18), luxueusement revêtue de beaux marbres et formant une véritable chapelle avec autel surélevé (Il, 2, 30; IV, 1,40). Au fond d'un jardin de la deuxième région (34 quatre degrés en marbre entre deux hermés dont les têtes manquent, donnent accès à un autel qui supportait une statue de Diane. Un toitet un fronton soutenus par de hautes colonnes en briques autrefois revêtues de stuc l’abritaient. Le laraire d'Epidius Rufus occupait toute une ala transformée en chapelle que fermait une balustrade (III, 1, 20); l’autel avait été offert par deux affranchis du maître.

On voit généralement, dans les peintures des laraires, les deux Lares tenant de la main gauche la situle, de la droite le rithon levé, court vêtus, chaussés de hauts brodequins et marchant d'un pas de danse, encadrer une divinité, le Génie de l'empereur ou le Génie du maître de la maison, qui verse avec la patère l'offrande sur le feu de l’autel (VI, 15,1. — fig. 34, DUO8 Vo, DAV, UNS 4 DAV Ter Po IVe 00 DAS

Fig. 34. — Laraire de la maison des Vettii (p. 67, 68).

laraire, un serpent sur l'omphalos figure entre les deux Lares à la place du Génie ordinaire (IIL, 8, g).

Au-dessous on représentait le sacrifice ; il est parfois célébré suivant toutes les règles avec le joueur de la double flûte et l'enfant qui tient le coffret à encens, tandis qu'un autre servant améne le porc, victime préférée des Lares. En même temps, les deux serpents ou un seul serpent, génies de la maison ou du maître et de la maîtresse, viennent vers l’autel prendre l'offrande déposée à leur intention (fig. 34, p. 68; 35, p. 69; 36, p. 70); offrande consistant le plus souvent en œufs et en pommes de pin (voir

fig. 34. p. 68). Quelquefois, indépendamment du laraire, les serpents se déroulaient sur les murs des cuisines et aussi sur les murs extérieurs des maisons. Parfois, des victuailles de tout genre, anguille et morceaux de chair en brochette, tête de porc, jambon, chapelets de petits poissons, saucisses, petits oiseaux, lièvres, marmites sur le feu, figurent des offrandes aux divinités familiales (III, 8, g; VI, 6, 1).

Souvent, autour du laraire ou au-dessus, s’alignent des divinités protectrices. Les grandes divinités, Jupiter, Vesta, Vénus, Apollon, Minerve, la Fortune, Isis-Fortune, etc., mèlées aux demi-dieux parmi lesquels figure souvent Hercule ; dans un laraire de la rue de Nola (V, 4,5,):

Bacchus, Vénus, Diane, Neptune, Mercure, la Victoire, Hercule, Minerve, et au centre, une niche vide aujourd'hui qui contenait sans doute la statue de Jupiter. Vénus Pompeiana, patronne de Pompeï a naturellement sa place dans les laraires (VE 6,5; NAS S 10 N 4, O0MLN) 4, 20), non moins que Vesta (IT, 5,1), déesse du foyer, reconnaissable à l'âne qui l'accompagne. Chez un boulanger de la quatrième région (IV, 12,11)elletientlaplacedu Génie

entre les Lares, près de l'autel chargé Fig. 35. — Laraire avec Vesta et les deux

d'épis (fig. 35, p.69). OnsaitqueVesta SE D CU)

était la patronne des boulangers.

Elle figure dans un autre laraire de la même région (IV, 1,25). Epona protégeait les chevaux, les ânes, les écuries ; un muletier l’a fait peindre entre les deux Lares, au fond de la niche de son laraire (fg.36, p.70; ITT,2; 24). I1 serait difficile de préciser quelles divinités figuraient de préférence dans les laraires ; en dehors de celles qui se rattachaient au culte du foyer, le goût, les dévotions des particuliers guidaient le choix. Chacun avait pris l'habitude d'inviter à son laraire les dieux et déesses objet de ses préférences, qu'il considérait comme les Pénates de sa maison.

__ Souvent, dans les laraires, des statuettes remplaçaient les peintures ou s'y ajoutaient. C'est pour ce motif que, non seulement à Pompéi mais partout où il y eut des maisons romaines, on a trouvé des statuettes de

jo POMPÉI

divinités en bronze. Elles étaient placées dans la niche du laraire, sous l’édicule ou quelquefois on avait disposé des gradins pour les recevoir. Les peintures n'étaient pas pour ce motif bannies. Sur le mur d'un laraire l'Abondance sacrifiait entre les deux Lares; à cette peinture conforme au type le plus fréquent on avait ajouté des statuettes : Hercule, Esculape, Apollon, Mercure, entre les deux Lares. Un banc placé dans les laraires permettait aux gens de la maison de se reposer près des divinités protectricesuill,47,0652114./24 "eV rs Ets 2051)

Une des maisons de la troisième région (III, 10, £) possédait un laraire particulièrement beau.

Dans une niche couronnée d'un fronton triangulaire supporté par deux colonnes engagées, une charmante statuette en bronze de l’'Abondance, tenant la corne

d’abondance et une patère en argent, est assise sur un siège richement ciselé dont un triton surmonte le dossier; la déesse pose les pieds sur un escabeau orné de deux sphinx, ayant à droite et à gauche les statues des deux Lares, également en ‘bronze, supportées

par un socle circulaire ; une lampe de même métal, en forme de pied,

Fig. 36.— Laraire avec la déesse Epona (p. 69).

descend du fronton.

Un laraire fort curieux est celui de l’atrium du banquier L. Caecilius Jucundus (fig. 05, p. 139). Le jour du tremblement de terre de l’an 63 après J.-C., le banquier pompéien se promenait sur le Forum; il vit le temple de Jupiter osciller, puis s'écrouler, des gens sans doute y périr. Pris d’une belle peur, il promit aux dieux Lares de sa maison de la rue de Stabies (V, 1, 26) que, s'il en franchissait le seuil sain et sauf, il leur offrirait en sacrifice un taureau. Il rentra chez lui, accomplit son vœu et, suivant un usage répandu, fit représenter sur le même bas-relief le sacrifice qu'il avait offert et le danger qu'il avait couru (fig. 9, p. 18). Le sculpteur figura donc l’autel vers lequel on amène la victime, les instruments du sacrifice, puis, le temple et l’arc de triomphe qui s’écroulent. Ce n'était pas un artiste de premier ordre. Quand il fallut sculpter les

deux statues équestres dont était flanqué le temple, ne pouvant les copier puisqu'elles étaient tombées, dans sa naïveté, il représenta, au lieu de l’écroulement des statues, la chute des cavaliers. Aussi, n’est-on pas peu surpris de voir ces hommes de bronze ou de marbre faire des efforts prodigieux pour garder leur équilibre au milieu de ce bouleversement.

Au-dessus du mème laraire, un autre bas-relief encastré dans la muraille a une origine analogue (fig. 10, p.18). Il n'a pas été trouvé en place, comme le précédent, mais transporté là à cause de son analogie avec le premier. Un château d’eau, que les fouilles ont mis au jour en l’année 1902 (Hé p.19), y figure à côté d'une

porte et d'un mur qui s’écroulent ; c'est la porte du Vésuve, aujourd'hui encore appuyée au chàteau d'eau; dans la rue, la secousse a renversé une voiture avec les deux mulets qui la trainaient.

Comme dans le bas-relief précédent, un autel chargé d'offrandes précise la signification religieuse et

votive du monument (fig.

Fig. 37. — Coffre-fort (p. 71-72).

104 p. 18): C'est l’ex-voto d'un Pompéien qui, à côté de la porte du Vésuve, avait couru le même danger que L. Caecilius Jucundus près du temple de Jupiter. Ce ne sont pas d'ailleurs les seuls exemples de laraires votifs. Une inscription peinte nous apprend qu'un voisin de M. Lucretius (III, 3, 5), nommé Philocalus, avait érigé son laraire en accomplissement d’un vœu.

L'atrium ne cessa jamais d'être le lieu où se traitaient les affaires de la maison ; c'est là que le maître donnait ses ordres, recevait les clients et les fournisseurs, faisait ses paiemenss, tandis, que au delà du tablinum, dans le péristyle et les pièces qui l’entouraient, se réfugiait l'intimité de la famille et des amis. Aussi c'est dans l'atrium que se trouvait lercoffrestort (1,4, 25; LE, 55; LIL 20 1N007 10, AVE "0;. 0,610 fig. 37, p. 71). Un cependant a été trouvé sous un péristyle (VI, 5, 5), un autre à l'entrée d’un jardin (III, 8, 6). Quelquefois il y en avait deux. comme dans les maisons des Vettii (VI, 15, 1) de Castor et de Pollux

(VE, 9, 6), du Faune (VI, 12, 2). Là où il y a deux supports de coffres-forts — la seule chose qui généralement subsiste — l'un de ces supports, le plus usé, est en pierre noire; l’autre, mieux travaillé, est taillé dans ce calcaire blanc apporté par les Romains à Pompéi. On peut supposer qu'un nouveau modèle, plus en faveur, avait été créé pendant les derniers témpsAWI tr, 2: IV,7, 5). L'âme du coffre-fort était en bois revêtu de fer et de cuivre, ses parois solides, sa serrure compliquée et sûre. Appuyé contre le mur, il reposait sur un bloc de pierre auquel le fixait une barre en fer rivée à l'intérieur. Dans quelques-uns de ces coffres on a trouvé de l'argent :

45 monnaies d’or et 3 monnaies d'argent dans celui de la maison de Castor et de Pollux (VI.

9, 6), des bijoux, de l’argenterie dans la maison du Centaure (VI, 9, 3); mais ces faits sont rares, car les Pompéiens revenus après la catastrophe ont eu soin d’emporter le contenu de leurs coffres.

Dans quelques atriums un haut piédestal en forme de gaine portait le buste du patron de la

Fig. 38. — Buste de Cornélius Rufus 4 , dans son atrium (p. 72-141). maison (fig. 38, p. 72), buste

voué à son patron par un affranchi, à son maître par un esclave. C’est l'affranchi Félix qui a érigé à deux exemplaires le buste de son patron Caecilius Secundus (V, 1, 26: fig. 95, p. 139); dans la maison de Vesonius Primus, dite anssi maison

d Orphée (VI, 14, 20), l'esclave Anteros a fait à son maître un don semblable. Ces bustes se plaçaient au fond de l'atrium, en tête du mur qui séparait le tablinum du corridor ou de la pièce mitoyenne. Notre figure 20 (p. 61) montre le buste de Cornelius Rufus en place dans son atrium (11, 4,15). Probablement nombreux dans l’antique Pompéi, les bustes des patrons y sont rares aujourd'hui; il est assez naturel que, après l'argent et les bijoux plus faciles à emporter, les portraits du chef de la famille ou d'un ancêtre aient été enlevés par les Pompéiens. On a

trouvé, à deux exemplaires, le buste du comédien Norbanus Sorex; une base’ peu élevée, encore en place dans la maison d'Ariane (IV, 4, 51, 32) entre le tablinum et le corridor, paraît bien avoir porté la gaine sur laquelle reposait le buste du maître de cette belle maison. Vu leur position, les deux hermès du laraire dont nous avons parlé plus haut (p. 67) portaient sans doute des têtes de divinités (IT, 3, 4). Il n'en est sûrement pas de même pour les deux bases encore en place, de chaque coté du tablinum de la maison d’Apollon (VI, 7, 23).

Les chambres qui rayonnaient autour de l'atrium (v. fig. 22, 3, p. 50) avaient des destinations diverses. Nous avons dit que nous ne pouvions pas leur assigner, d’après leur situation, une attribution certaine. Cependant les chambres situées à droite et à gauche des fauces (fig. 22, 37-38, p. 50) étaient généralement réservées pour le service; quelquefois aussi elles avaient une autre attribution : le propriétaire les louait comme boutique; il les utilisait aussi pour sa propre industrie, y faisait vendre les produits de ses propriétés ou y installait un de ses affranchis qu’il commanditait. Ceci explique

que ces boutiques communiquent avec l’atrium de la maison (voir fig. 22, 35, 36. p. 50). En même

Fig. 39. — Fenêtre au rezde-chaussée (p. 73, 100).

temps elles servaient d'entrée quand la grande porte n'était pas ouverte, le boutiquier faisant l'office de portier. Ces deux pièces, lorsqu'on les employait comme boutiques, étaient largement ouvertes sur la rue: dans le cas contraire, des fenêtres petites, étroites et haut placées les éclairaient, chez Epidius Rufus (III, 1, 20) par exemple (fig. 39, p. 73). Les fenêtres plus grandes étaient plus élevées que la hauteur d'homme (IV, 3, 30), ou réservées pour l’intérieur ou pour l'étage supérieur (voir fig. 59, P. 99).

Les chambres à coucher se reconnaissaient à la place du lit indiquée, à la disposition intérieure de la pièce. Une élévation du sol (IV, 3, 29; VI, 5, 8), une entaille dans le mur HT SCIE 7er Ts ee) changement dans la mosaique NAN Een NT, n5, 19), le plafond plus bas ou une alcôve (VI, 5, 19; VI, 0,3; VI,13, 19) marquaient l'emplacement du lit. Il est rare que l’un ou l’autre de ces signes ne révèle pas la chambre à coucher. Au fond du jardin de la maison d'Apollon(VE..7:.325)} uñe petite construction ne renferme qu'une chambre à coucher à deux alcôves; sur les murs se déroule, en belle et curieuse

peinture, l’histoire d’Apollon et de Marsyas. Dans l’atrium de la maison du Centaure (VI, 0, 3), on voit une jolie chambre à coucher avec alcôve au sol surélevé, et, à côté de l’alcôve, un petit réduit étroit et obscur qui a dû servir de garde-robe (voir aussi VI, 8, 29; VI, 14, 40) avec chaise-mobile, meuble que connaissaient parfaitement les anciens ; toute la décoration est du premier style. La maison de Méléagre (VI, 9, 2

offre une chambre à coucher avec deux alcôves.

fi

1 existe à Pompéi des chambres isolées, petites, ouvrant directement sur la rue, sans autre mobilier que le lit en maçonerie, qui sans doute étaient très mal habitées (IV, 13, 15, 16, 19).

A l'extrémité de l'atrium, après les chambres, deux dernières pièces, sans porte comme une alcôve, ouvraient à droite et à gauche sur l’atrium (voir fig. 22, 4, p. 50). Leur nom étaient ala : ala dextra ou sinistra suivant leur place à droite ou à gauche. À Rome, on conservait dans les ala les images des ancêtres ; à Pompéi l’usage de ces pièces reste indécis et on s’ingéniait à en tirer parti. On y installait des armoires, soit en les divisant en compartiments et en y plaçant des rayons dont on voit encore la place, soit en les fermant par des portes (III, 6, 5). Consacrées a un service plus noble, elles devinrent aussi des laraires (II, 5, 2; III, 1, 20; IV, 4, 51). Il en est que, grâce à la place des lits marquée dans les murs, nous reconnaissons comme ayant servi de triclinium (III, 1, 26); une autre où se voit encore un fourneau (I, 4, 22) eut sans doute la même destination. Le sol de certaines alae est surélevé à l’aide de deux degrés audessus desquels un parquet ou un dallage reposait soit sur des petits murs transversaux, soit sur des poutres dont on voit les trous (II, 5, 2; LIVES: Vars, 6,3; NL 45 20: LII 7.6)" Peuteètre dansicestalce s'élevait l’autel des Lares ou des Pénates; il en est ainsi dans une maison de la deuxième région où l’autel est encore en place (IL 5, 2) ; elles recevaient certainement une chose que l’on voulait mettre en évidence.

Les ala sont quelquefois irrégulièrement placées : avant les chambres (III, 5, 6), ou au milieu (III, r,*20 ; III, 6, 1), Ou rejetées, avec le tablinum, au delà d'un corridor transversal (VI, 5, 7). Un certain nombre de maisons n’ont qu une ala (III, 2 21; IV, 1,40; VI, 3, 5 etc.) ; d’autres en sont totalement dépourvues (III, 1, 7 ; III, 1, 12; ILI, 2, 26).

Nous avons parlé plus haut d’une ala transformée en armoire. Les armoires étaient nombreuses à Pompéi. On utilisait pour les placer, les dessous d’escaliers (V, 4, 12), les fonds de corridors (Ve) une pièce entière (IV, 7, 10) ou un édicule spécial (I, 2 28). Un établis-

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