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CHAPITRE IV

LES DIFFÉRENTES PARTIES DE LA MAISON POMPÉIENNE LAMIPIRADIE CGRIECOIUIE

Le péristyle, le triclinium, l'oecus, l’exedra, le jardin. — Les communs, le premier étage.

L'ancienne maison n'avait, à l'arrière du tablinum, qu'un petit jardin qui, derrière un portique plus ou moins beau suivant la richesse de la maison EVE ro 25.08 TUNIS LAN Toncupart souvent toute la largeur du terrain disponible. Quand les cui-

sines abandonnèrent Fig. 41. — Péristyle de la maison du Centenaire (p- 78). l’atrium on les construisit souvent aux dé-

pens du jardin ; nous en avons un exemple dans la maison du chirurgien, la plus ancienne de Pompéi (VI, 1, 10). Enfin, la maison trop à l’étroit se déversa autour du jardin qui prit alors une forme rectangulaire et fut entouré d’un portique appelé péristyle (voir fig. 22, 9, p. 50) sous lequel ouvraient les pièces nouvelles. Ce furent d'abord les pièces de service et les chambres des esclaves que bientôt on relégua plus loin, dans de nouveaux communs ; dès lors au luxe de la maison, le péristyle ajouta la beauté de son jardin, l'élégance de son portique, l'ordonnance des

vastes appartements qui l’entouraient.

Les dimensions du péristyle variaient suivant l'importance de la maison. Celui de la maison du Centenaire (III, 7, 6) était un des plus Srandsle. 4 Dar sur un seul de ses côtés il avait un second étage. Quelquefois le péristyle appuyé contre un mur ou placé dans un angle, n'était orné de colonnes que sur trois EVE OA EOU même sur deux de ses

côtés (VI, 14,20). Dans Fig. 42.— Péristyle de la maison des Capitelli figurati (p. 78, 92). a maison des Capitelli

figurait (IV, 4, 57), un des côtés s'appuie à un mur duquel sortent en relief des colonnes engacécsEg/42 p.78): Certaines maisons avaient deux péristyles à la suite l'un de l’autre; il en est ainsi dans les maisons d'Ariane (IV, 4, 51 — fig. 43, p. 78) et du Faune (VI, 12, 2) ; quelquefois, comme dans la maison du Cithariste (I, 4, 5), ils s'étendent à côté l’un de l’autre; dans la maison de Castor et Pollux (VI, GRO) ile péristyle séparen les deux atriums.

Autour du péristyle rayonnent des pièces d'usagesdivers (voir fig. 22,12,p.50).

Les chambres à cou-

chersontreconnaissables aux signes indi- Fig. 43. — Péristyle de la maison d'Ariane (p. 78). qués plus haut (p.73).

Souvent elles donnent sur le péristyle par une porte aussi large qu’ellesmêmes, qui, ouverte pendant les chaleurs, reste fermée pendant les

temps froids; dans le dernier cas, on utilise une petite porte de côté donnant sur une chambre voisine ou sur un corridor (VI, 11, 9).

Le plus souvent, la salle à manger prenait jour sur le péristyle ou, quand le péristyle manquait, sur le jardin. La salle à manger des maïsons anciennes s'appelait cenaculum et occupait l'étage supérieur. Plus tard ce fut le /ablinum puis une des pièces voisines (voir fig. 22, 7, p. 50). ou tout autre pièce. Dans quelques maisons, le tablinum a continué à servir de salle à manger (VI, 16,28;1,3,3; 1,4, 22). Sousl'influencegrecque, la salle à manger prit le nom de triclinium emprunté aux trois lits à trois places qui entouraient la petite table, mensa (fig. 44, Péctusmedius

Parc autcentrennle lecrtrs 2 L Mensa

medius, lit du milieu; à la Fig. 44.

Triclinium avecindication des places des convives (p. 79).

gauche du medius, le lectus summus, lit:du haut; à la droite, le lecfus imus, lit du bas, plus long que les autres parceque Lies, jambes du

snuuns 6019997

convive n° 3 étaient étendues

vers l'extérieur; devant le medius lectus et entre les deux autres la table, mensa,

Lectus mus

trouvait sa place. Le lectus imus était celui du maître de la maison qui y occupait la place n° 1 ; à côté de lui, n° 2 et 3, se plaçaient sa femme et un de ses fils ou un affranchi. Les deux autres lits étaient réservés aux invités, le lectus medius cependant aux hôtes plus distingués. La place n° 3 de ce dernier lit était la place d'honneur, appelée place consulaire parce que, si un consul figurait parmi les convives, c'est là qu’on le plaçait. L'hôte honoré se trouvait ainsi auprès du maître de la maison; les deux plus dignes après lui occupaient les places 7 et 2 du même lit.

Notre figure 44 (p. 79) représente bien la situation des convives, mangeant inclinés vers la table et accoudés sur le bras gauche ; on voit très bien comment, ainsi étendus, ils se faisaient presque vis-à-vis et pouvaient causer. Il ne faut pas croire cependant que, pendant tout le temps du repas, souvent fort long, ils restaient étendus dans la même position immuable. Pendant qu'on ne mangeait pas, les poses se modifiaient, on se retournait vers le voisin à qui on avait jusque-là tourné le

dos: sans doute, ceux qui, sur chaque lit, occupaient la place voisine du dossier ne se faisaient pas faute de s'y appuyer. On a trouvé dans les maisons de Pompéi quelques débris de triclinium. Chez C. Vibius (IV, 2, 18), les trois lits étaient restés en place maintenus par les cendres qui les avaient moulés. L'un de ces lits aujourd'hui conservé au musée de Naples, a pu être reconstitué (fig. 45, p. 80).

Le triclinium se reconnaissait à la disposition de la pièce. Les grands tricliniums des riches maisons, particulièrement ceux du 2° style, étaient divisés en deux parties séparées souvent par un pilastre peint ou appliqué, à droite et à gau-

che, contre le mur latéral. La peinture qui décorait le mur, le dallage du sol différaient dans ces deux parties ml énest ainsi spécialement dans la maison du Labyrinthe (VI, 11, 10), des Épigrammes AA 18), des Gladiateurs (V, 5, 3). Dans la seconde partie, celle du fond, se dressait la table à manger avec ses lits; la première partié était réservée au service. On recon-

Fig. 45.

naissait aussi le triclinium à l'entaille faite Lit d’un triclinium (p. 80, 142).

dans le mur pour recevoir un des lits ou les

trois. On voit, très bien marquée, la place des trois lits, avec entaïille moins longue pour le summus lectus qui est en effet plus court, dans la maison d'Ariane (IV, 5, 51, 32), dans le charmant triclinium d'une maison assez modeste de la rue de Stabies, dont les peintures représentent des femmes jouant avec des paons (III, 1, 7), dans une maison de la première région (I, 2, 24), etc. La forme du sol un peu incliné des trois côtés vers les murailles latérales et vers celle du fond, une mosaïque spéciale à cet endroit, un rond ou un carré en mosaïque marquant la place de la table sont aussi les indices qui dénoncent le triclinium (I, 5, ver 66. CN 2670 EN% tas).

Quelquefois on a trouvé dans le triclinium l'autel sur lequel, avant le repas, se faisaient les libations (IV, 7, 5; IV, 12, 23). Ces autels sont rares, car, le plus souvent, on se servait d’autels portatifs qui ont disparu.

Il y avait des salles à manger d'hiver exposées au midi et des salles à

manger d'été exposées au nord ou à l’est. On pouvait aussi, dans beaucoup de tricliniums, fermer, quand il faisait froid, la grande porte ouvrant sur le péristyle ou le jardin; le service se faisait alors par une petite Porte dercote donnant sursun corridoru(lV, 24:7640LV, 2, 18: ,V,.1,118; VI, 14, 38). Les fenètres des tricliniums, généralement larges et peu élevées, se fermaient aussi à l’aide de volets dont on voit encore les traces Suslrapouren marbre (Il 433% IV ,:3; 6% VI,. 7-23; eto.).

Quand le nombre des convives dépassait neuf personnes on dressait

Fig. 46. — Oecus à colonnes de la maison de Méléagre (p. 81).

plusieurs tricliniums ; parmi les salles à manger de Pompéi, il en est qui peuvent contenir quatre tricliniums.

Autour des péristyles on rencontre aussi de grandes pièces appelées oecus (voir fig. 22, 13, p. 50) disposées comme les tricliniums ; elles ont en effet le même usage. Il en est qui sont complètement entourées de colonnes, laissant entre le mur et les lits un espace étroit que les convives pouvaient utiliser pour gagner leur place et quelquefois aussi les esclaves pour le service. Ces beaux oecus à colonnes n'appartiennent qu'aux maisons très riches ; on en connaît trois seulement parmi les maisons découvertes à Pompéi:; ce sont les maisons de Méléagre (VI, 0, 2, fig. 46, p. 81), du Labyrinthe (VI, 11, 10) et des Noces d'argent (Vs 2,4); cedernier à été restauré et conserve une partie de la voûte antique.

Les Romains mangeaient volontiers en plein air. Nous avons parlé de 5,

82 POMPÉEI

salle à manger d'hiver et d'été; ilen existait en effet; mais, quand la saison était clémente, c'est sur des tricliniums en maçonnerie, dont beaucoup existent encore, dans les jardins et dans les péristyles, sous le ciel, au milieu des fleurs que se prenaient les repas. , Certaines maisons plus modestes possédaient seulement, au lieu de tables à trois lits, des tables à deux lits ; on les appelait alors biclinium. On en connaît un dans une maison de la première région (1, 2, 20; voir aussi V,2,c); les deux lits sont disposés en équerre et la table, de forme ronde, occupe l'angle rentrant; il pouvait contenir quatre personnes.

Fig. 47. — Un biclinium (p. 82).

Dans une autre maison de la même région (I, 2, 10) se voit un biclinium disposé de la même manière; mais il semble qu’en le construisant on ait ménagé la place d’un lit mobile, permettant ainsi, à l'occasion, de compléter le triclinium. Dans une maison de la cinquième région {V, 3,11). le petit jardin est orné d'une fontaine de rocaille de chaque côté de laquelle, sur un lit en maçonnerie, s'étendaient les convives; c'est un biclinium (fig. 47, p. 82). L'espace compris entre les lits était occupé par la fontaine, en avant de laquelle une échancrure permettait de placer la table.

Les bicliniums étaient rares. Beaucoup plus nombreux dans les jardins de Pompéi se voient encore les tricliniums en maçonnerie. Celui de la maiïson de Salluste (VI, 2, 4) est particulièrement bien conservé. Il occupait, dans le jardin, le fond d'une allée sablée, bordée de fleurs ; sur le mur,

des peintures représentaient un jardin dont la perspective prolongeait le jardin réel. Une colonne, à l’angle où manquait l'appui du mur, soutenait la vigne dônt le berceau abritait la table et les convives: en avant, l’eau d'une petite fontaine se renouvelait sans cesse; un bassin et une rigole par où l'eau s échappait, entretenaient la fraîcheur (fig. 48, p. 83). Tous les tricliniums des jardins pompéiens sont plus ou moins disposés ainsi. Dans une maison de la cinquième région (V, 2, 15), sur chacune des colonnes placées aux angles du triclinium pour soutenir la treille,

Fig. 48. — Le triclinium de la maison de Salluste (p. 82-83, 85, 142).

des grappes et des pampres peints semblaient prolonger jusqu'au sol la vigne du berceau. Une maison avait deux tricliniums en maçonnerie, l'un abrité par une voûte, l’autre en plein air dans le jardin ({V, 4, 13).

Près du triclinium se dressait l'autel (I, 2, 24; III, 5, 10; III. 5, z1) souvent portatif, comme ceux des salles à manger et, pour ce motif, ayant disparu. On en peut dire autant des fourneaux et des tables de service. Dans la deuxième région (IT, 7, 6) une auberge possède deux tricliniums en maçonnerie, ayant chacun leur table de service; celle du second de ces tricliniums, ingénieusement disposée, permet de mettre des * plats à l’abri.

Les enfants ne prenaient pas place sur les lits du triclinium mais mangeaient assis devant une petite table située au pied du lit de leurs parents.

Dans une maison de la troisième région (III, 5, 11), au pied de l’imus lectus qui était celui du père et de la mère, existe encore, devant une petite table, le siège des enfants. | Vers le commencement de l'empire, la mode s'introduisit d’un lit de table semi-circulaire auquel on donna le nom de sigma à cause de sa forme imitant celle du sigma lunaire (C). Des peintures de Pompéi en représentent plusieurs. Sur Se celle que nous repro- NS —— duisons (fig. 49, p. 84), qui fait partie d'une série, est figuré un repas de débauchés étendusrsur unit dence genre devant une table ronde à trois pieds.

Dans une maison de la deuxièmerégion (IT, 3, 15), au milieu du jardin, on voit encore un sigma en maçonnerie très bien conservé (fig. 50, p. 85).

Le sigma n'était

pas, comme le lit du

triclinium, limité à

trois convives; il don-

Fig. 49. — Peinture représentant un lit de table nait place parfois à une

appelé sigma (p. 84, 85. 142). dizaine de personnes:

celui de notre figure

49 n’en a reçu que cinq. La place d'honneur était à l'extrémité du lit, à

droite, la seconde place à l'extrémité à gauche, puis à côté de la seconde la troisième et ainsi de suite.

A l’heure des repas on recouvrait les tricliniums de matelas, de coussins, de couvertures. Quelquefois la maçonnerie semble avoir été faite pour supporter des lits en bois, sans pieds, que l’on posait par-dessus, au moment du repas, avec les couvertures et les coussins. Le triclinium de la maison de Fabius Secundus (V, 4, 13) paraît bien avoir été ainsi disposé.

Dans les jardins, au milieu de la verdure des péristyles, se dressaient des tricliniums mobiles, qu'on enlevait après le repas et dont nous ne trou-

vons plus trace. Comment expliquer autrement la présence dans plusieurs péristyles de fourneaux et d’autels (III,6, 3; IV, 7, AVE T2 NT

Les tables des tricliniums d'intérieur étaient généralement mobiles et de formes variées, comme tous les meubles (voir fig. 49, p. 84); celles destricliniums en maçonnerie se composaient le plus souvent d’une plaque de marbre plus ou moins belle, ronde ou carrée, posant sur un pied. Dans la maison de Salluste (VI, 2, 4), après le repas, on pouvait enlever la plaque en marbre et du pied resté en place jaillissait un jet d'eau.

Fig. 50. — Lit de table appelé sigma (p. 84).

Au fond du péristyle, dans la même situation que le tablinum par rapport à l'atrium, une grande pièce, généralement bien ornée et bien meublée, servait de lieu de réunion, de salon et aussi d’'oecus ; on l'appelait exedra (voir fig. 22, 15, p. 50).

Le péristyle formait, autour d’un jardin, un promenoir couvert et en même temps aéré. C'était, en effet, pour les habitants de la maison, un lieu de promenade à l'abri de la pluie, du vent et du soleil contre lesquels ils étaient encore garantis par des voiles ou rideaux manœæuvrés à l’aide de cordes qui avaient leur point d'arrêt à des anneaux ou à des crochets fixés aux colonnes (voir plus haut, p. 39-60). Caesius Blandus, un ancien soldat habitué à une vie active, faisait des marches sous le portique de son péristyle (IV, 1, 40); sur un des murs de ce portique il a gravé l'indi-

cation que, en le parcourant dix fois, aller et retour, il faisait une course de 640 pas.

Le jardin du péristyle était toujours ou presque toujours orné au centre d'un bassin avec un jet d’eau. Sur les parois de ce bassin, dans la maison de Pansa (VI, 6, 1), on a peint des roseaux et des poissons ; parfois aussi, afin que l’eau ait une belle couleur, les parois du bassin profond étaient peintes en bleu (II, 4, 4; IV, À, 3); on y ménageaiïit aussi: des arcs rentrant, des renfoncements où l’eau agitée par la retombée du jet d'eau se brisait en paillettes d'argent ; tel était le bassin du péristyle de la maison de Méléagre (VI, 9, 2). Dans certains bassins les poissons dont c'était l'instinct trouvaient des abris où se retirer ; un curieux exemple de cette disposition se voit dans une des maisons de Championnet (II,, 2, 3, et aussi IV,2,16). Comme l'impluvium, le bassin du péristyle était souvent orné, à son extrémité, d'une statue d'où l’eau s’écoulait parfois en fontaineé" (Voir Ge. 30/6140 10304) mais on ne trouve plus guère que

l'emplacement de ces statues, les

Fig. 51. — Fontaine de la maison d'Apollon Œuvres d'art ayant été enlevées

(p+ 80). par les Pompéiens et, le plusgrand

nombre de celles qui se trouvaient

encore en place transportées au musée de Naples. Il faut mentionner

cependant la charmante statue du satyre de la maison du Centenaire (MIE 6 oimplust loin pr;

Dans le péristyle de la maison du Cithariste (I, 4, 5), toute une chasse d'animaux en bronze, deux chiens, un sanglier, un lion, une biche, un serpent, lançaient de l'eau dans un beau bassin en marbre de forme semicirculaire. Près de ce même bassin, on trouva la belle statue archaïque du joueur de lyre qui donna son nom à la maison. C'est le péristyle de la maison du Faune (VI, 12, 2) qui a fourni le beau pied de table en forme de sphinx accroupi.

Autour du bassin, dans tout l'espace compris entre les colonnes, s’étendait un véritable jardin avec ses fleurs, ses plates-bandes et ses allées; nous en avons un bel exemple dans la maison des Vettii; on a retrouvé, sous les cendres, le dessin des plates-bandes et ainsi a pu être

reconstitué le jardin, où,.pour ne pas faire d'anachronisme, on n'a admis que des plantes peintes sur les murailles de la ville antique (fig. 52, p.87). Le bassin du péristyle de la maison du Centenaire était abrité par une vigne; celle qui la remplace puise la vie la même où se sont desséchées les racines de la vigne antique, et, plantant ses pieux dans Îles mêmes

trous où enfoncaient les anciens supports, le jardinier de Pompéi a rétabli

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