‹ Pompei, la ville--les moeurs--les arts;Chapitre 14 sur 76 · LE TEMPLE DORIQUE GREC · texte numérisé non relu

LE TEMPLE DORIQUE GREC

DU sanctuaire grec qui aurait été construit vers le VI' ou le V' siècle avant J.-C., il ne reste plus que 1 e podium, les degrés et quelques chapiteaux d’ordre dorique grec.

Ce monument était pseudodiptère et présentait la même silhouette que le petit temple de Cérès à Pæstum, avec cette différence qu’au lieu de six colonnes de face (liexastyle) le temple grec de Pompéi en a sept, ce qui devait produire un effet bizarre, car la colonne du milieu donnait naturellement dans l’axe de la porte de la cella . Cette particularité est rare et ne se retrouve qu’à l’extrémité postérieure du temple colossal de Zeus à Agrigente (dont les colonnes mesurent 16 m. 85 de hauteur sur 3 m. 45 de diamètre à la base). Le sanctuaire dorique de Pompéi ne mesure que 31 mètres de longueur sur 20 m. 50 de largeur, les colonnes avaient 1 m. 25 de diamètre à la base. (Le temple de Cérès à Pæstum mesure 32 m. 25 sur 14 m. 25 et ses colonnes 1 m. 60 de diamètre à la base). Afin de donner une idée approximative de l’aspect extérieur de l’ancien temple grec de Pompéi, nous reproduisons l’état actuel du temple de Cérès de Pæstum.

Dans le naos, s’élève encore le piédestal circulaire, lequel est placé sur un soubassement assez grand pour supporter deux socles. On suppose que ce temple était dédié à deux divinités, à Apollon et à Diane. Cette hypothèse s’appuie principalement sur la trouvaille faite près des débris de ce temple d’une petite statue d’Apollon en marbre (un donarium) et d’une patte de biche en terre cuite de grandeur nature qui peut provenir d’une statue de

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Temple dorique grec.

ferait supposer une inscription osque découverte rue de l’Abondance, et ayant rapport à un monument désigné sous le nom de temple de Minerve.

Trois autels de petite dimension et une enceinte destinée, croit-on, à *

Le temple de Cérès à Pæstum,

conserver les cendres des victimes, sont situés devant la façade du sanctuaire. En cet endroit, le tableau qui se déroule est grandiose, la masse puissante du podium se profile sombre et simple sur le ciel d’or; au loin la mer scintille et vibre comme une lame d’acier, offrant le contraste saisissant de l’éclatante lumière et de la noire pesanteur de l’ombre.

LES TOMBEAUX

LES TEMPLES ET LES CULTES

Un petit temple monoptère qui 11’est autre qu’un bidental s’élève plus avant et entoure un pitteal qui servait de citerne sacrée. Un petit dôme ou tholus recouvrait l’édilice qui avait été consacré par Numerius Trebius, magistrat suprême ( medixtucticus ), désigné par l’inscription osque retrouvée sur les débris du fronton.

Il paraît étonnant de voir, que de ce temple, il reste si peu de chose; sa

Temple dorique grec.

destruction fut antérieure à la catastrophe et ses matériaux furent alors employés à d'autres constructions. En ce temps, nous cl it Properce, la religion primitive était bien négligée, « l’araignée voile de son réseau les autels rie nos dieux et l’herbe envahit, à notre honte, leurs temples abandonnés ». A plus forte raison, les anciens sanctuaires détruits n’étaient pas toujours réédifiés. Les Pompéiens étaient, du reste, bien de leur temps et se livraient avec ardeur à de nouvelles croyances, délaissant au besoin les anciennes idoles devenues trop vieilles pour être efficaces.

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