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déesse Isis tous les pouvoirs des autres divinités réunies. Il est certain que le bruit monotone et cadencé des sistres et des cymbales accompagnés de chants langoureux et énervants que rappellent encore certains rythmes orientaux, devait singulièrement troubler le cerveau hanté de merveilleux, donnant
naissance à des phénomènes où l’esprit hypnotisé semble se fondre dans la nature et s’absorber en elle.
Les femmes, naturellement, n’étaient pas les dernières à pratiquer le culte d'Isis et leur tempérament délicat devait les y pousser. C’était, dit Ovide, au théâtre et surtout aux temples du culte égyptien que les femmes allaient chercher des amants, et les offrandes qu’elles faisaient à la déesse étaient
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Inscription osquc du temple d'Isis.
d une grande richesse comme nous le prouve une inscription (i) où nous lisons qu’une Espagnole consacre en l’honneur de sa petite tille une statue d’argent à Isis; outre les diamants dont elle était ornée, la statue était parée d’un diadème composé d une grosse perle et de six petites, d’émeraudes, de rubis, d’hyacinthes, de pendants d’oreilles et de perles, d’un collier avec trente-six perles avec dix-huit émeraudes et deux pour les agrafes, des bracelets pour les bras et pour les jambes, des bagues pour tous les doigts, enfin huit primes d émeraudes placées sur les sandales (2). Par contre, beaucoup de femmes délaissaient leurs amis pour s’initier aux mystères de la déesse et ne se rassa¬
siaient point du nouveau charme de ce culte particulier. Tibulle se plaint amèrement de Délié : « A quoi me sert maintenant ton Isis ? à quoi me sert que tant de fois le sistre ait été frappé de ta main ? » Mais Tibulle malade se
(1) Corp. insc. lat., II, 3, 386.
(2) Voir Boissier, La religion romaine, lome I, p. 362. La statue de la madone de San Agostino à Rome est affublée d’un accoutrement analogue.
LES TOMBEAUX. — LES TEMPLES ET LES CULTES
met à invoquer la déesse et la prie à son tour : « Viens à mon secours, dit-il, car tu peux me guérir ; les nombreux tableaux suspendus dans ton temple en sont la preuve. Délie acquittant son vœu, ira s’asseoir, vêtue de lin, devant la porte sacrée et deux fois le jour, les cheveux épars, elle chantera tes louanges, attirant les regards au milieu de la foule de tes adorateurs. »
Quant à Properce, il exhale sa mauvaise humeur et son dépit : <■< Voici encore, gémit-il, les tristes solennités d’Isis et déjà Cintliia lui a consacré dix nuits. Ah ! périsse la fille d’Inachus ! » (lo, que l’on confondait avec Isis.) Puis la Corinne d’Ovide, en danger de mort, invoqua aussi la déesse, et fut guérie, parait-il.