I.KS TOMBEAUX. — TES TEMPLES ET LES CULTES
1 a nuque du laiaire ; ou y voyait Hercule à côté d’Apollon ci Esculape voisinant avec Mercure ; puis les inévitables statuettes protectrices intermédiaires. Devant cette assemblée des dieux, brûlait une lampe ornée d'un
croissant, emblème de Diane ou d’Isis.
C’est à ces autels, que le jeune homme de libre naissance, à l’àge de puberté, venait déposer la prétexte et la pourpre qui protègent l’enfance et suspendre sa bulle d’or ou de cuir au cippe qui représentait les dieux du foyer (i). Là aussi, les prémices du repas étaient offertes aux dieux, et dans les joyeuses occasions ou les fêtes appelées laralia, on ornait les autels de guirlandes et les portes des laraires étaient laissées ouvertes. Alors des couronnes de fleurs se tressaient et les dieux disparaissaient enfouis sous les roses et les feuillages; après le service
* j • 1 1 rr i Apollon. (Bronze du Musée de Naples.)
on versait aussi l oflrande sur
le foyer. A la fin de l’orgie donnée par Trimalchion (2), nous voyons trois esclaves, vêtus de tuniques blanches, entrer dans la salle, deux d’entre eux poser sur la table les dieux Lares qui avaient des bulles d’or suspendues à leur cou ; le troisième, faire le tour de la table et prononcer à haute voix ces mots : « Du propitii ! » Or ces dieux, disait l’amphitryon, s’appelaient Cerdon , Felicion et Lncron.
Aux Lares aussi, le soldat offrait une part du butin au retour de la guerre et les esclaves libérés consacraient leurs chaînes. La nouvelle épousée, en entrant chez son mari, pour se rendre favorables les dieux de sa nouvelle famille, jetait sur le foyer une pièce de monnaie, et les femmes stériles plaçaient près des autels des ex-voto phalliques. Mais quand arrivait le jour des Saturnales, les images
Esculape. (Bronze du Musée de Naples.)
fi) Perse. Sat., v (2) Pe't. Sat., ix.
des dieux étaient cachées par des masques de terre cuite pour leur épargner une honte et les soustraire aux injures ét à la licence des esclaves. Caton conseille de balayer tous les soirs le foyer et de le tenir propre avant de se coucher. Toutes les calendes, ides et nones du mois, 011 devait y faire des libations selon sa fortune; peu de chose suffisait pour remplir ce devoir; un peu de sel, quelques fruits et du vin devaient satisiaire les divinités protectrices. C’était un culte peu dispendieux mis à la portée de tous. Mais les honneurs rendus aux dieux se manifestaient aussi par des gestes d’adoration accompagnant une prière ; 011 posait la
Paiera pour les li ballons aux dieux du foyer. (Terre cuite du Musée de Pompéi.)
Foyers d'aulel domestique. (Terre cuite.) (Musée de Pompéi.)
main droite sur la bouche pour envoyer un baiser, ou bien l’on baisait simplement son pouce puis l’on dirigeait la main horizontalement vers la divinité invoquée (1). En passant devant un temple ou une image sacrée, le païen ne devait pas manquer à ce devoir. On appuyait aussi le pouce sur l’index en entr’ouvrant la main et en courbant la tête devant 1 idole dont les mains, les pieds et la tête étaient couverts de baisers, ce qui usait considérablement les statues vénérées (2).
Outre les laraires d’un caractère général, il y en avait qui trahissaient la profession de ceux qui les possédaient. Ainsi, dans le Vico di Balbo, il existe une curieuse peinture dénotant que le propriétaire du local était certainement loueur d’animaux. Dans un mur de l’habitation, une simple niche est creusée; sur le fond est peinte une femme montée sur un âne et portant un nouveau-né emmailloté. Il faut y voir certainement la déesse Epona , patronne des muletiers qui, au premier abord, parait échappée de quelque peinture représentant la Fuite en Egypte. Plus
Foyer d’aulel domestique, rc cuite du Musée de Pompéi.)
(1) Cette coutume existe encore dans l’Italie méridionale.
(2) Voir de nos jours, les pieds de la statue de saint Pierre, à Rome.
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bas, un homme conduit un âne et un mulet puis le serpent symbolique.
Plus loin, dans l’atrium du banquier Jacundus, s’élève un autel de marbre enrichi d’un bas-relief représentant le temple de Jupiter vacillant
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Petits foyers en bronze.
Petite table servant d’autel (Anclabris). (Musée de Naples.)
sons les secousses du tremblement de terre de l’an 63. Un taureau va être sacrifié à Vénus pour apaiser la colère des dieux.
Trépieds pliants en bronze, pour les offrandes aux dieux.
(Musée de Naples.)
Une autre maison de Pompéi, dite del Centenario , possède un laraire qui a une partie de son abaque creusée en forme de patera et dont la peinture murale offre des particularités ingénieuses. On y voit Bacchus accoutré d un curieux travestissement, vêtu d’une longue tunique verte et tout entiei couvert de grappes de raisin noir. 11 tient de la main gauche un thyise orné de
POMPEI
pampres et paré de la mitra. Le dieu verse de l’autre main du vin contenu dans une canthare à une panthère (i) placée à ses pieds. Dans le fond est esquissée une haute montagne semée de pins parasols, sauf au sommet ; à la base se trouvent peints des treillages supportés par des pieux et rappelant absolument la façon de cultiver la vigne encore en usage dans les environs de
Autel dédié à Epona. (Peinture d’une maison du Vico di Balbo.)
Rome. Cette montagne pourrait donc rappeler le Vésuve avant l’éruption de l’an 79; le vin renommé de ces parages est connu maintenant sous le nom de Lacryma-Christi.
Bacchus ici est le Pénate honoré dont le sang se métamorphose en vin, et tout porte à croire que l’habitant de la maison del Centenario devait posséder des vignobles importants. Au milieu du fronton qui couronnait le
(i) La panthère était consacrée à Bacchus comme étant l’animal le plus ardent.
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laraire, figurait une chouette symbole de Minerve, patronne des foulons (i).
Dans cette peinture, on peut retrouver presque tous les détails donnés par Strabon et Plutarque (2) et suivre, dans ses grandes lignes, la silhouette du Vésuve, dont le changement le plus grand est dû à l’existence du cône de
Autel à Fornax. (Peinture,)
Deux laraires restent encore à voir : l’un est situé dans une cuisine qui se trouve protégée par Fornax, la déesse des fourneaux. L’Abondance personnifiée est entourée d’images représentant un lièvre, un porc, des poissons, des pains, etc. ; toutes ces victuailles étaient ainsi placées sous l’égide de la déesse
(1) Voy. Galette aj'ch., année 1SS0, et Niccolini.
(2) Voy. chap. i.
cendres actuel. Ce document est le seul où l’on puisse, avec quelque ressemblance, retrouver l’ancienne forme du volcan.
Bas-relief du laraire de Jucundus. (Marbre.)
POMPEI
pour obtenir des mets succulents ; les Lares complaisants sont placés encore ici, prêts à surveiller la cuisson.
L’autre autel a été découvert en 1895 et est placé dans la maison des Vettii, l’une des plus riches habitations de Pompéi. Il est recouvert d’ornements de stuc, rouges, bleus et jaunes ; sur le champ du fronton sont sculptés
Lara ire dédié à Bacchus. (Peinture de la Ca (Musée de Naples.)
i dcl Ccntenario.)
et peints une paiera, un bucrane et le couteau des sacrifices. La figure principale de la peinture est un Génie vêtu de la toge, — le Génie du Maître — la tête voilée comme le prêtre accomplissant un sacrifice, il tient la paiera et Vacerra ; comme acolytes, les Lares pocillatores sont à ses côtés, au-dessous le Génie du lieu et l’œuf déposé comme offrande. D’après les attributs du fronton et l’aspect sacerdotal de la figure du milieu, on serait tenté de croire que les Vettii ont bien pu faire allusion aux rites des ta u rabotes, cérémonies instituées en l’honneur de Cybèle et d’Atys, son amant. L’inscription la plus
Laruire de la maison des Vettii. (Stuc et peinture.)
avec le culte de Mithra, cette coutume commença de bonne heure à s’exercer en Campanie, mais jusqu’ici, aucun document certain n’a été trouvé à Pompéi.
Le baptême chrétien dont la vertu régénératrice était invoquée, n’a-t-il pas eu quelque influence sur les païens pour accentuer un usage déjà réputé de boire du sang et de s’en inonder le corps, attribuant à cette cérémonie étrange une vertu purifiante dont les païens dévots d’Italie ont dû s’empresser d’admettre les effets, heureux d’accueillir une nouvelle pratique qui eut ses fanatiques?
(i) Boissier. La religion romaine.
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ancienne que nous connaissions qui relate la célébration des tauroboles est de 133 après J.-C. Elle fut trouvée aux environs de Naples, et il y est écrit « qu une femme Herennia Fortunata avait accompli pour la seconde fois le sacrifice du taurobole par les soins du prêtre Ti. Claudius (1) ».
Sous Hadrien, l’usage de ces pratiques était assez répandu, et avaient déjà été i n traduites à Rome sous Pompée; il est permis de supposer qu’importée d’Orient