LA BASILIQUE
DES principaux édifices du Forum, nous ne connaissons pas encore le plus important. La Basilique, cette construction où les commerçants trouvaient un abri contre les intempéries des gisons, servait de forum couvert où se discutaient les affaires ; elle était aussi la maison communale où les citoyens s’assemblaient et où les duumvirs rendaient la justice au nom du municipe, delà république ou de l’empereur.
La Basilique existait déjà en l’an 676 de Rome (187 av. J. -C.) , d’après la date inscrite sur une des parois. On y pénétrait par cinq portes; auprès de l’une d’elles était tracé à la pointe le mot bassilica.
Le portique qui, vers le Forum, donnait accès au monument, est la partie la plus ancienne, à en juger par l’usure des degrés de tuf du perron, orné jadis de statues dont il existe encore les socles de marbre.
La Basilique était divisée en trois nefs, et les murs, de chaque côté, avaient de larges ouvertures ornées de colonnes. Les grands piliers qui supportaient le toit avaient environ 10 mètres de hauteur, ils étaient en briques, d’un appareil spécial, recouverts de stuc.
La Basilique,
POMPEI
Sous les portiques, s’élevaient des hermès surmontés de bustes de marbre, et les murs étaient ornés de stucs polychromes imitant les bossages. Le fond de la basilique possédait une tribune particulière où siégeaient les magistrats; on montait à cette estrade, assise sur un massif de maçonnerie, par un escalier de bois aujourd’hui détruit, et devant le tribunal s’élève encore le socle qui supportait une statue de bronze doré.
Les murs de ce monument si fréquenté reçurent les confidences des oisils et des habitués du lieu. Le musée de Naples conserve quelques graffiti qui en proviennent, ainsi ; Lucrio et sains hic fuerunt. « C’est ici le rendezvous de l’intéressé et du désœuvré », ou bien : Quoi I pretium legi ? inscription tracée certainement par un individu peu confiant dans les lois. Des vers d’Ovide, de Virgile et de Properce sont souvent reproduits, mais avec quelques variantes :
Ouid pote tan du ru m saxso aut quid molli us undâ ?
Dura tamen molli saxsa cavantnr aquâ (i).
Puis ce distique de Properce, assez défiguré du reste :
Quisquis amator erit Scythiae licet ambulet oris :
Nemo adeo ut feriat barbants esse volet (2).
Bien d’autres inscriptions tracées à la pointe confient aux murailles les serments d’amoureux; les facéties d’un buveur s’unissent aux exclamations d’un gourmand, puis, vis-à-vis, les maximes d’un sage. Toute la vie des Pompéiens s’y dévoile, trahissant ses secrets en quelques lignes, mettant à même d’entrer plus avant dans l’intimité de cette époque disparue (3).
Ces graffiti devinrent si nombreux sur les murs du monument, qu’un Pompéien eut l’idée d’écrire cette phrase :
ADMIRIOR O PARlENS TE • NON CECIDISSE RVIN1S •
QVI TOT SCRIPTORVM TAED1A SVSTINEAS (4)
(1) Corp. insc. pomp., 1895.
(2) Ibid., 1950.
(3) Voir chap. îv les divers graffiti et inscriptions,
(4) Corp. insc. pomp., 1904.
" Je suis surpris, ô paroi, que tu ne sois pas tombée en ruines en supportant les ennuis de tant d’écrivains. »
Une autre construction, située au sud du Forum, est appelée Curie; édifiée en briques, elle date de l’époque romaine, et composée de trois salles, servait aux édiles, aux duumvirs et aux conseillers municipaux.
Il y avait aussi, non loin, le Comitiiun, qui était le lieu de vote, au moment des élections.
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