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LES BAINS DU FORUM. — LES STRIGILES, LES ONGUENTS, L’EPILATION

EVENONS au soleil bienfaisant et aux délices qu'il enfantait à Pompéi. Le Pompéien efféminé, comme tout bon Campanien, avait à discrétion tous les agréments d’une ville de plaisirs. On sait quelle place prenait le bain chez les Romains. La ville, sous ce rapport, paraît assez bien partagée, et les établissements balnéaires que l’on a trouvés jusqu’ici (quatre thermes), témoignent d’un luxe et d’un confort des plus séduisants.

Les bains étaient souvent le rendez-vous des oisifs et le passe-temps des libertins, aussi l’hydrothérapie était-elle souvent nuisible à tous les viveurs qui allaient y chercher remède à leurs excès, et dont la vie délabrée s’éteignait aux thermes, des suites d’une congestion. On soupait quelquefois aux bains, et des distractions variées donnaient un grand attrait à ces lieux où la nonchalance régnait en maîtresse.

On se baignait souvent après le repas, ce qui, dans bien des cas, fut assez dangereux; aussi Juvénal dit-il : « Le châtiment suit de près ton intempérance, lorsque, gonflé d’aliments et l’estomac surchargé d’un paon mal digéré, tu cours, au sortir de la table, déposer tes vêlements et te plonger dans le bain. »

Une légère redevance était due à l’entrée des bains « fier comme un îoi,

Cloche. (Musée de Naples.

tu iras te baigner pour un quadrant (i) ». Chacun apportait ordinairement ses ustensiles particuliers en usage dans les thermes ; les unguentaria, les strigiles et les linges.

On accédait aux bains du Forum, construits vers 80 av. J.-C., à l’époque où les thermes stabiens étaient en réparation, par un corridor encombré d’un nombre prodigieux de lampes ; ce qui ferait supposer que les Pompéiens se baignaient aussi le soir. Les baigneurs entraient aussi du côté opposé par une

i Tepidarium » des bains du Forum.

cour, qui ne servit pas de palestre, mais où fut installé un jardin bordé d’un portique ayant une galerie supérieure.

Une pièce spéciale, Y apodyterium était le lieu où l’on se déshabillait ; des cases creusées dans le mur servirent à placer les vêtements et les parfums, car, paraît-il, on redoutait les voleurs. La manière de prendre un bain dépendait beaucoup de la saison et des habitudes particulières, mais le bain chaud précédait le bain froid, qui, en été, était rafraîchi avec de la neige.

Puis venait le tepidarium dont la voûte enrichie de stucs délicats où des amours, des chimères, des oiseaux, se détachent sur un fond rouge et bleu,

(i) Hor. Liv. I. Sat. m.

POMPEI

donnant une impression de fraîcheur et de gaîté. Les murs sont rouges et garnis aussi de cases surmontées d’une corniche que supportent des atlantes de terre-cuite. Des arabesques, des moulures, des mosaïques donnent un riche aspect à cette salle qui possède aussi un brasier de bronze sur lequel une petite vache est sculptée, rappelant le nom du donateur, le Pompéien Nisidiits V accula. Des bancs de bronze ornés de pieds de vache entouraient le brasier où les baigneurs assis se chauffaient. Comme ce tepidarium servait

« Caldarium » des bains du Forum.

également d’ apodyterium, il est présumable que les flâneurs venaient là, surtout dans la saison d’hiver, pour se prélasser et causer à l’abri du vent, enveloppés d’une douce température.

Le caldarium ou sudatorium, dont les murs sont creux, — comme on peut le voir dans un de nos dessins, — servait à emmagasiner l’air chaud des étuves; le plancher est construit dans les mêmes conditions et isolé de terre. Dans le fond de la salle s’élève un vaste bassin de marbre, le labrum où les baigneurs, pour se rafraîchir, se plongeaient la tête et les mains dans l’eau froide.

Le frigidarium muni d’une fenêtre vitrée pour éviter les courants d’air, n’est qu’une rotonde dont le milieu est occupé par une piscine profonde qui

se remplissait par une bouche de cuivre. La décoration à fond jaune représentait un jardin.

Le bain des femmes était situé à côté et comprenait les mêmes salles, toutefois le frigidarium était remplacé par une piscine dans le vestiaire. Les deux bains avaient une chaufferie commune.

Après le bain, le tracta tor venait masser et frictionner le baigneur et les strigiles, dont les meilleurs provenaient de Pergame, trouvaient leur emploi pour ratisser la sueur et rendre la peau douce et lisse. « Celui qui sait se servir des strigiles, dit Martial, a moins besoin de faire blanchir son linge. » Puis venait l’application des onguents que l’on répandait goutte à goutte de l’ alabastrum ; le corps,

après Ponction, était bichonné avec du duvet de cygne et parfumé des nards de l’Orient ainsi que les cheveux et les vêtements. Il ne faut pas oublier l’épilation, qui, par sa minutie, demandait un certain temps. On employait alors une pâte faite d’arsenic et de chaux éteinte; l’opération s’étendait sur tout le corps où le rasoir et la pierre ponce passaient ensuite. C’étaient les alipili, de la corporation des barbiers qui étaient chargés des soins de la peau; leur réputation de bavardage était telle, qu’un client auquel un alipulus demandait comment il voulait être épilé, lui répondit : En silence !

Il était indispensable d’avoir une peau douce et pure; même Sénèque trouvait qu'il y avait une grande négligence à ne pas s’épiler les aisselles et Cicéron dit que l’épilation des sourcils fut bien portée ; il n’était pas

Strigiles.

(Musée de Naples.)

(Musée de Naples.)

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jusqu’à l’intérieur du nez qu’exploraient les épileurs et Ovide insiste pour

que pas un poil n’y soit laissé. Martial, à son tour, se moque des élégants de son époque : « Une partie de ta mâchoire est taillée, une autre rasée, la troisième épilée, qui croirait que tu n’as qu’une tête I »

•; iit" ' : ;'i !• tirs et Ovide, insiste pour

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