‹ Pompei, la ville--les moeurs--les arts;Chapitre 29 sur 76 · VJ · texte numérisé non relu

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POMPEI

Viriodus, etc. Des programmes écrits sur des feuilles de papyrus (le libdhts mitnerarius ) circulaient dans les mains des spectateurs ; les trompettes et les cors ayant sonné, le combat commençait.

Une peinture provenant de l’amphithéâtre de Pompéi, nous montre un gladiateur, faisant office de cornicen , prévenant le public de la scène qui se prépare. Le directeur des jeux, le lanista vêtu de Vangusticlave et la virga

Vue extérieure de l'amphithéâtre.

à la main, semble indiquer la place des combattants, tandis que des esclaves portent des armes et un casque.

Nous trouvons la suite du spectacle dans les stucs maintenant méconnaissables du tombeau de Scaurus (i). Sur ces bas-reliefs nous voyons huit paires de gladiateurs de classes différentes ; les blessures sont teintées en rouge ainsi que l’intérieur des boucliers. Deux cavaliers portent la lance et le bouclier rond, ils se nomment Bebrix et Nobilior, et le nombre de leurs victoires est mentionné; à côté, deux gladiateurs munis de leurs boucliers; l’un fait signe qu’il est prêt au combat. Plus loin, un soldat pesamment

(i) Grâce à Mazois, nous pouvons en donner une reproduction.

armé, Yhomoplacus, vient de remporter une victoire; son adversaire armé à la légère — un vélite — a lâché son bouclier et sa lance, il est blessé à la poitrine, le sang coule; un genou en terre, il lève le doigt pour demander grâce, il s’avoue vaincu. Au-dessus de sa tête, on a cru voir la lettre grecque 0

(initiale de Umoç, mort) signe fatal , indiquant qu’il fut mis à mort. La scène suivante est encore plus terrible : les sccntorcs sont aux prises avec les rétiaires.XJnsccutnr est couvert de blessures que lui a faites | J§| ' ( V- , le rétiaire avec son

trident, il reçoit le yMfer ((H Ai; :' : W / coup suprême avec

courage, de la main yy y }| f'J/Ui <1° son camarade qui

l’achève. Nitimus le t"' l'- • 41 vainqueur semble le

Combat de gladiateurs. — lias-reliefs de stuc du tombeau de Scaurus. (D’après Mazois.)

pousser sur le glaive pour contribuer davantage à son exécution. Dans le fond, l’autre rétiaire attend une nouvelle victime, tandis que sur le premier plan, deux gladiateurs semblent fuir. Les autres figures montrent des combats analogues où un mirmillon tombe comme une masse après le coup mortel. Sénèque s’élève avec force contre de tels spectacles : « Quelle honte, dit-il, tuer par jeu l’homme qui est chose sacrée, et cela pour l’amusement de ses semblables 1 ■«

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Cela n’empêchait pas les gladiateurs d’être adulés par la population ; leur image est assez reproduite dans les endroits les plus divers; aussi bien sur les

Glaive de gladiateur (gladius).

parois des habitations particulières que sur les murs des chambres des meretrices et dans les thermopoles. Leurs exploits allaient droit au cœur des jeunes tilles : témoin ces deux graffiti qui qualifient les gladiateurs de puellartt ni decus, (toi qui charmes les jeunes tilles) et de suspirium puellarum (toi pour

qui les jeunes filles soupirent). C’est dire avec quel enthousiasme le peuple venait assister aux jeux du cirque tant l’attrait était grand. Il s’y mêlait aussi de ce sentiment égoïste païen qui fait dire à Lucrèce : « Il est doux de contempler du rivage les flots soulevés par la tempête et le péril du malheureux qu’ils vont engloutir. »

Des palmes et des couronnes récompensaient le

Casque de gladiateur. (.Musée de Naples.)

Fin de combat. (Peinture du •< podium » de l’amphithéâtre.)

vainqueur, et les casques lourds trouvés dans la ville, et dont la décoration est si riche, étaient décernés en prix. Nous trouvons aussi à Pompéi un insigne votif de rétiaire représentant un galcrus, sorte de petit bouclier protecteur de l’épaule gauche du rétiaire. Cet insigne est orné du trident entouré de la palme, d’une couronne, et le nombre des victoires y est inscrit.

Après les luttes inhumaines, le programme des fêtes importantes annonçait une chasse ( venatio ) ; là encore le sang allait couler, des animaux étaient éventrés par les bestiarii et les venatores pour le grand plaisir des spectateurs. Les venatores étaient complètement armés et exercés ; ils ne se confondaient yias avec les bestiarii dépourvus d’armes défensives et vêtus légèrement. Ces derniers se recrutaient particulièrement parmi les criminels condamnés à la prison dont ils se libéraient parfois après la victoire.

Sur le tombeau de Scaurus, une de ces venationes est représentée. Un

Galcrus » votif de rétiaire.

(Musée de Naples.)

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sanglier est attaqué par un chien qui lui mord la cuisse; un bestiaire plonge sa lance dans la gorge d’un ours en fâcheuse posture; de même un taureau

Has-rclicf de stuc du tombeau de Scaurus « Venatio ».

est transpercé, comme cloué par un coup de maitre. Dans le fond, un loup,

un cerf et une panthère vont être aux prises pendant que des lièvres pourchassés par des chiens, donneront la note comique du spectacle. Un taureau et un ours que nous voyons dans une peinture sont attachés à la même corde et condamnés à se battre. Enfin des combats de coqs gaulois, — les plus acharnés .4 la lutte, dit Pétrone, — étaient très aimés du peuple, et une mosaïque représente le vainqueur recevant la palme; mais ces combats minuscules eurent plutôt lieu au théâtre.

A côté de ces spectacles où une passion barbare mettait douze mille personnes dans le délire ou dans les transes, la comédie, moins cruelle, venait jeter sa note spirituelle et gaie, libre et satirique dans cette Pompéi si avide de plaisirs.

Ours et taureau. (Peinture du « podium » de l'ampnithéâtre.)

LE FOR LM TRIANGULAIRE. — LES THÉÂTRES. — LES TESSÈRES. LA COMÉDIE. — LA MUSIQUE. — LA DANSE.

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