‹ Pompei, la ville--les moeurs--les arts;Chapitre 38 sur 76 · TALES • CIVES ■ IN ■ COLONIA ■ IN • PERPETVO · texte numérisé non relu

TALES • CIVES ■ IN ■ COLONIA ■ IN • PERPETVO

« Les candidatures de M. Casellius et de L. Albucius sont demandées par Statia et Petronia. Puisse-t-il y avoir toujours de tels citoyens dans la colonie, a

d etre sénateur à Rome que décurion à Pompéi. Tous les bourgeois majeurs étaient électeurs, mais tous n’étaient pas éligibles ; pour cela, il fallait posséder surtout une certaine fortune, avoir l’àge déterminé et jouir d’une honorabilité reconnue. Willems dit que l’élection était assurée à la majorité relative des voix dans la majorité absolue du nombre des bureaux électoraux.

Enfin les élections avaient lieu tous les ans pour renouveler les charges municipales, et se faisaient trois mois avant l’expiration du mandat dont

Affiches électorales.

POMPÉI

Mais les candidats qui devaient être le plus sérieusement soutenus étaient ceux recommandés par les diverses corporations de Pompéi dont la liste suit.

Les orfèvres ( orifices ) réclamaient Cuspius Pansa comme édile.

Les pâtissiers ( clibanarii ) favorisaient Trebius.

Les marchands de volailles igalliua rii) soutenaient les candidatures d’Epidius, de Suettius et d’Helvius.

Les pêcheurs ( piscicapi ) préférèrent Popidius Rufus.

Les parfumeurs ( unguentarii ) et les barbiers ( tonsores ) recommandaient Trebius.

Les teinturiers ( offectores ) votaient p>our Postumius Proculus.

Les foulons (fulones) , nombreux à Pompéi, soutenaient plusieurs candidats dont Ceius Secundus.

Les marchands d’habits [sagarii) étaient pour Rufus.

Tous les marchands de fruits (puma rii) et Helvius Vestalis demandent M. Holconius Priscus ; ils recommandèrent aussi Vettius, puis Enius Sabinus et Cerrinus.

Les agriculteurs ( agricolae ) avaient pour candidat Casellius.

Les charrons ( lignarii plostrarii ) désignèrent Marcellus.

Les marchands de bois ( lignarii ) désiraient Holconius.

Les boulangers ( pistorcs ) portaient candidat Julius Polybius.

Puis cette réclame en faveur du même :

C • IVLIVM ■ PÛLYB1VM AED • o • v • f • PAN EM ■ BON VM ■ FERT (i)

" Nommez C. Julius Polybius édile: il apporte du bon pain. »

Les portefaix ( saccarii ) voteront pour Cerrinius Vatia et pour Aulus Vettius.

Tous les muletiers ( muliones ) étaient pour Cuspius Pansa et Julius Polybius.

(i) Corp. insc. pomp., 429.

Même les Isiaques Usiac.i) et les adorateurs de Vénus {Vrnrri) ne dédaignaient pas de prendre part au mouvement électoral :

Quelquefois même, tout le monde porte le même candidat :

L ■ POPIDIVM • SECVNDVM AEDILEM ■ POPVLVS ROGAT 3i

arpen tiers. (Peinture du Musée de Naples.)

Il n y avait pas jusqu aux joueurs de balle ( pilicrepi ) qui n’avaient leur candidat préféré : Vettius Firmus.

Comme nous le voyons, à Pompêi, chaque corporation savait défendre ses intérêts, chaque groupe était uni pour la lutte, et tout électeur faisant partie d une association professionnelle votait en connaissance de cause. Ainsi les charpentiers réunis en association sont représentés sur une peinture de Pompéi où nous les voyons, le baeuhts à la main, portant sur leurs épaules 1 eferculum, surmonté d’un édicule entouré de petits vases; Dédale, patron

POMPEI

des charpentiers, est là debout, devant le corps de son neveu Icare qu’il vient de tuer en lui perforant le crâne avec un clou. Des statuettes de scieurs de long et de raboteurs complètent le sujet, rappelant que Dédale passait pour être l’inventeur delà scie et du rabot. Cette peinture ne nous représente-t-elle pas le fameux chef-d’œuvre que les charpentiers modernes, la grosse canne en main, portaient processionnellement à la Saint- Joseph , leur nouvelle fête piatronale (i) ?

Les associations populaires ou collèges étaient très prospères et leurs membres trouvaient à la scliola un lieu de réunion qu'un puissant protecteur mettait à la disposition des affiliés; ainsi la prêtresse Eumachie le faisait-elle pour les foulons. La scliola avait la chapelle de ses dieux protecteurs particuliers, et Y album de la communauté portait les noms de tous les membres, de sorte que, où un homme isolé n’aurait pu faire valoir ses droits, l’association soutenait les revendications et demandait même des privilèges, aussi la solidarité arrivait souvent à triompher de l’injustice.

Puis à côté des sociétés professionnelles, nous voyons à Pompéi quelques associations fantaisistes où l’on ne demandait aux adeptes que d’avoir les mêmes goûts; c’étaient des cercles dont les membres portaient leurs voix sur un même nom. Les dormeurs ( dormientes ) votaient pour Vatia ainsi que les larronneaux, les petits filous ( furunculi ),

VATIAM • AED ■ ROGANT MACERIO • DORMIENTES VNIVERSI • CVM... (2)

Un candidat des donneurs dut être élu, car nous voyons un graffito ainsi conçu : « Macerion prie l'édile d’empêcher le peuple de faire dans la rue un tapage qui réveille les honnêtes gens qui dorment. » Les Pompéiens turbulents ne pouvaient être que les tard-buveurs (seribibi) qui, eux aussi, formaient une

(p Dans une peinture des catacombes nous voyons un maître menuisier, en costume de parade, tenir à la main une grande canne munie d’une petite pomme, comme celles des suisses d’église.

(2) Corp. insc. pomp., 5y5.

(3) Ibid., 576.

VATIAM • AED FVRNVCVU ■ ROG (3)

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société dont les adeptes ne devaient pas toujours retrouver leur logis; ils votaient pour Cerrinius Vatia :

M ■ CERRINIVM

VATIAM ■ AED ■ o • v • r- SERI • BIBI VNIVERSI ROGANT SCR • FLORVS CVM FRVCTO... (1)

Quelquefois même, c’est une combinaison proposée au sujet d’un vote, un

Album de l'édifice d'Eumachie. (Mur de la rue de l'Abondance.)

échange de bons procédés : Sabinum aedilem Procule fac et ille te facict, « O Proculus, nomme Sabinus édile et il te nommera! »

Toutes les inscriptions de Pompéi sont peintes sur le mur à hauteur d’homme, il est très rare d’en trouver plus bas placées, car les murs extérieurs des maisons sont enduits d’une couche de chaux ou de stuc dans leur partie inférieure, formant ainsi une haute cimaise qui, généralement, est vierge d’affiches et d’annonces.

(1) Corp. insc. pomp., 58 1

POMPÉI

Des endroits spéciaux, les albums étaient réservés sur les murs de plusieurs monuments et formaient des panneaux comme ceux que nous voyons sur l’édifice d’Eumachie ou dans une peinture du musée de Naples représentant des lecteurs d’annonces. Mais les édits municipaux et les ordonnances impériales n’étaient pas livrés à la connaissance du public par cette seule voie officielle; des journaux spéciaux étaient manuscrits à un petit nombre d’exemplaires qui, grâce aux scribes, se répandaient dans tout l’Empire (i).

Jusqu’ici on n'a pu retrouver aucun papyrus ni aucun volume lisible, et aucune bibliothèque n’a été découverte comme à Herculanum. Cependant Pompéi, sans avoir été un centre intellectuel, dut avoir quelques habitants possesseurs de bibliothèques particulières.

Les poètes étaient aimés à Pompéi et des fragments de leurs œuvres furent tracés sur les murs parles gens du peuple; si aucune œuvre littéraire n’est parvenue jusqu’à nous, il faut surtout en accuser le Vésuve qui n’a pas détruit Pompéi de la même façon qu’ Herculanum ; enfin, l’enseigne de la boutique d'un libraire a été trouvée près de la porte de Stabiesl

(i) Pline raconte que les actes du peuple romain mentionnaient les faits divers qu'il cite luimcine. 1 acite nous dit aussi que les actes diurnaux (journaux) étaient lus à Rome avec avidité surtout pendant les repas. Dion. Cassius rapporte que Livie faisait publier dans les annales les noms de ceux qui étaient admis à l’honneur de venir la saluer le matin, flatterie très goûtée des intéressés. L’exemple des princes fut suivi par les particuliers qui prenaient acte de tout ce qui leur arrivait, ainsi que nous pouvons le voir dans Pétrone avec Trimalcliion.

LES QUITTANCES DU BANQUIER JUCUNDUS. — LES TABLETTES CIRÉES. — LES CHIFFRES EN USAGE

EN dehors des graffiti, les principaux spécimens d’écriture cursive, sont sur les tablettes du banquier Jucundus dont nous donnons le portrait d’après le bronze placé sur un stèle de marbre où se trouve cette inscription : GENIO • L ■ NOSTR1 FELIX L- « Au génie de notre Lucius, Félix 1 a érigé. » Le banquier, homme d’une cinquantaine d'années, l’œil malicieux et méfiant, la bouche perverse, présente une physionomie satisfaite de bon vivant égoïste, il a une petite verrue placée au bas de la joue gauche qui ressemble à la glande pendante des satyres, dont il devait avoir les facultés, rappelées sur le stèle de marbre.

Notre homme s’occupait d’achats et de ventes comme le dénotent les tablettes cirées trouvées dans sa maison, en 187^, contenues dans un colfret, placé dans une espèce de niche pratiquée au-dessus d’une porte.

Ces tablettes, à demi carbonisées, ont été consumées comme à l’étouffée, à la façon du charbon de bois. Faites de plusieurs planchettes de sapin réunies par un encadrement, elles forment ainsi des panneaux reliés entre eux par des cordons, passés dans des trous placés sur un des côtés, qui servaient à sceller le tout. Ces tablettes furent transportées à Naples avec multiples précautions, l’air les fendillait et ce ne fut qu’avec une grande patience et une véritable science que l’éminent professeur de Petra (1), directeur du Musée de

(1) Le tavolette cerate di Pompei, par le prof.- de Peira.

POMPEI

Naples, parvint à déchiffrer l’énigme Ce sont des quittances inscrites en latin ; deux seulement en grec. Sur 132 que Jucundus avait fait signer, 127

ont été traduites, dont 116 ont rapport à la vente à l’encan où le banquier tenait lieu du commissaire priseur actuel. M. de Petra dit que la vente à l’encan 11’était pas considérée comme une vente forcée, réclamée par les créanciers, mais d’un usage courant pour les ventes ordinaires, et que les mots auct ionari ou auctionem facere étaient devenus sjmonymes de vendere. Le banquier Jucundus qui dirigeait les ventes avait un avantage (1), il mettait à la disposition des acquéreurs les fonds qui pouvaient leur manquer, au taux de 2 p. 100 par mois, l’échéance à la lin du

I.e banquier L. Caecilius Jucundus. (Bronze du Musée de Naples.)

mois ; puis il poussait les enchères sur lesquelles il avait sa part de bénéfice ainsi que sur le total des opérations qu’il organisait ; enfin Jucundus était en outre gérant des biens communaux en prenant à ferme des pâturages, un champ et une boutique de foulons, propriétés du municipe.

Voici la transcription d’une des pièces d’un contrat de Caecilius Jucundus :

« I1S. N. IOD 00 co co DLXII. Quae pecunia in stipulatum L. Caecili venit ad auctionem Pulliae Lampuridis mercede minus.

Tablette cirée. Quittance du banquier L.-C. Jucundus. (Musée de Naples.)

(1) Boissier. Promenades archéologiques.

« Persoluta habere se dixit Pullia Lampuris ab L. Caecilio Jucundo. " Act. Pomp. X. K. Januar Nerone Caesare II. L. Caesio Martia Cos. ", L. Vedi Cereti, A. Caecili Philolog., Cn. Helvi., Apollon., N. Fabi Crusero, D. Vole. Thalli, Sex. Pomp. Axsioch., P. Sexti Primi, C. Vibi Alcimi.

" Nerone Caesare II. L. L. Caesio Martiale Cos. — X. K. Januarius Sex. Pompeius Axiochus scripsi rogatu Pulliae Lampuridis eam accepisse ab L. Caecilio Jucundo sester nummum octo millia quingenti sexages dumpundius ob auctionem ejus ex interrogatione facta tabellarum signatarum. />

Traduction : « Sesterces 8562 (1.900 francs). Cette somme est placée au

crédit de Pullia Lampuris, produit de la vente à l’encan (ad auctionem) faite par L. Caecilius, moins les frais.

« Pullia Lampuris reconnaît avoir reçu intégralement cette somme des mains de L. Caecilius Jucundus.

", Fait à Ponrpéi, le dixième jour avant les calendes de janvier (23 décembre an 57 ap. J.-C.). Néron César étant consul pour la deuxième fois et sous le consulat de L. Caesius Martialis. »

(Viennent ensuite les noms des huit témoins.)

« Sous le consulat de Néron César pour la deuxième fois consul et de Caesius Martialis, le dixième jour avant les calendes de janvier à la requête de Pullia Lampuris. Nous, Sex, Pompeieus Axiochus, témoignons par écrit, que Pullia Lampuris a reçu de L. Caecilius Jucundus la somme de huit mille cinq cent soixante sesterces et un duumpundum (1), résultant d’une vente à l’encan d’après un contrat écrit et signé. «

(1) Les monnaies en usage à Pompéi étaient unité de valeur dans les monnaies romaines; le double as [duumpundum) \ le quadran, quart d’as; le sextan, sixième partie de l’as; le sesterce d’argent et de cuivre valant deux as et demi (o fr. 20J ; le denarius (denier), qui valait quatre sesterces.'

POMPEl

Plusieurs des contrats de Jucundus se composaient de cinq tablettes, dont la première et la dernière, n’ayant aucune écriture, servaient de couverture, la seconde donnait le contrat ; la troisième, les noms des témoins, et la

quatrième l’abrégé du contrat.

Bourse, monnaies, écritoire. (Peintures.)

D’autres quittances traitent des crédits accordés à Pollia Messis, à G11. Alexius Cryseus, à N. Blaesius Fructio, à Umbricia Antiochis, etc., et à l’achat d’un esclave au prix de 2.500 sesterces (500 francs).

Les tablettes étaient cirées et écrites au style de fer, d’os ou de bronze appelé Stylus ou graphinm, dont le bout le plus large servait à effacer les erreurs en étendant à nouveau la cire, et l’expression consacrée vertere styhun (retourner le style) voulait dire corriger un ouvrage. Ces tablettes servaient de brouillon pour les œuvres que l’on recopiait ensuite à l’aide de l 'ctrundo ou du calamus (plume de roseau) ou de la

peinia (plume de volatile) sur le papyrus et sur le parchemin (meinbratnen). Cependant une plume de bronze taillée comme nos plumes modernes a été trouvée à Pompéi le 26 juin 1875, ainsi que des plaques destinées à être enduites de cire (1).

Nous avons remarqué que les

Bourse, monnaies et papyrus roulés, dans la Capsa. (Peinture.)

Ecritoire, papyrus et tablette. (Peinture.)

cli il 1res inscrits en tête du contrat de Jucundus sont placés de curieuse façon.

Le quinarius ou demi-denier (o fr. 41) était une monnaie d’argent, le bigatus, une des monnaies les plus anciennes des Romains et le quadrigatus , ainsi appelées selon que la pièce avait pour type une biga, char a deux ou à quatre chevaux; cette monnaie était le denier d’argent; le denier d’or était Yaureus et valait de 22 fr. 10 à 26 fr. 15.

(1) Les déclarations d’amour que l’on envoyait à sa maîtresse étaient souvent écrites sur les tablettes cirées, on les appelait alors vitelliani .

LA RUE

LES INSCRIPTIONS

LES INDUSTRIES

Suivant la méthode adoptée, jusqu’à mille, les Romains marquaient en lettres capitales, que nous avons adoptées. Le nombre 500 était primitivement représenté par 10, dont ensuite 011 a fait un D, et la lettre M, mille, qui était un chilfre grec, n’a pas été en usage de tout temps. A Pompéi, ce nombre était écrit : CIO ou par un signe peu différent de notre huit ainsi couché 00 . Le nombre inscrit sur la tablette se décompose comme suit : 133 équivaut à cinq mille, car le nombre 10.000 se marquait CCI33. Puis viennent les trois signes 000000 , représentant trois mille ; les deux nombres ainsi réunis don nent 8.000 ; quant au reste, il est marqué selon le mode encore en usage.

Parmi les particularités peu connues, nous voyons encore le nombre 200 s’écrire ainsi : CC ou avec une S couchée 02 ; 2.000 s’écrivait 1 1 00 , mais le dernier signe n’était qu’une indication et 11e comptait pas par lui-même; 5 0.000 se marquait 1033 ; 90.000 = LXXXX 00 , et 100.000 = CCCI333. On se servait aussi de certains signes en dehors des notes numérales, et le 9 grec équivalait à 1.000. Au delà de cent mille des indications spéciales étaient probablement usitées.

ar -je

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vu

LES TAVERNES. — LA POPINA. — LES THERMO PO LIA LES AUBERGES. — LES CUISINES PUBLIQUES

AU cours de notre étude, nous avons mentionné bien des métiers divers, relatés par les inscriptions, nous avons vu s’agiter, dans la lutte pour l’existence, les corporations protégées; nous avons aperçu ces Pompéiens débauchés, buveurs et amoureux, candidats et électeurs; l’image, d’après les peintures, nous les fait voir maintenant, avec leurs costumes et leurs attitudes ; leur histoire se complète, le tableau devient vivant, les Pompéiens sont présents. Commençons d’abord par constater qu’à presque tous les carrefours (et même autre part), il y avait des marchands de vin, mais pour être juste, il faut ajouter qu’en face, il y avait aussi des fontaines. Ces établissements avaient différents noms : oenopolium, taberna vinaria, caupona, où ne se débitaient que des liquides; à la popina se vendaient des aliments qui généralement provenaient des sacrifices et que les popac cédaient aux commerçants. On exposait aux vitrines des mets recherchés qui servaient d’enseignes pour allécher le client, on mettait même des comestibles dans des bocaux de verre remplis d’eau, pour les grossir aux yeux et attirer ainsi les passants. On y mangeait « les tartes chaudes qui fument dans le four » : Esclaves, allez à la popina ! courez ! dit Plaute dans le prologue du Poenulus. C’est dire que les cabarets étaient prrticulièrement fréquentés par la basse classe à laquelle la copa, tille de taverne, versait de la posca, boisson faite avec de l’eau, du vinaigre et des œufs battus.

Il y avait un autre genre de taverne appelée thermopolium , où l’on

pas reconnus. Un des établissements les plus connus, celui où allaient les bourgois, était l’auberge tenue par Albinus, dont le nom seul était une enseigne : ALBIN VS, et était située dans la ville près de la porte d’Herculanum. Dans l’écurie, furent trouvés des ossements de chevaux et de mulets, des cercles de roues et des fragments de chars ; le seuil du trottoir était abaissé pour laisser passer les voitures et des anneaux de fer étaient fixés aux murs de la cour. Il y avait des chambres pour les voyageurs et deux thermopoles dont l’une, intérieure, ne devait servir qu’à des usages privés.

servait des boissons chaudes, du vin à la myrrhe, du vin cuit et de l’hydromel. Là, les deux sexes se livraient souvent à la débauche, et Plaute raille ces philosophes sans cesse au cabaret : « Ont-ils gagné quelque argent, ils se cachent le visage et vont boire chaud. „ A cet effet, les Pompéiens s’affublaient du cucullus, manteau à capuchon qui les enveloppait, alin de n’être

Fontaine située rue des Augustalcs.

POMPEI

Plus avant dans la ville, derrière une fontaine représentant un aigle enlevant un lièvre, il y avait l’auberge de Fortunata, dont le nom est inscrit sur un pilier extérieur; puis, à l’entrée d’une autre taverne, nous voyons un

nain conduisant un éléphant entouré du serpent, le genius loci ; on lit même qu’un certain Sittius avait restauré la peinture : « Sittius restituit elepantu[m) (sic). »

Mais les clients étaient surtout attirés par la réclame ci-apres :

H OSPITIVM HIC LOCATVR TRICLINIVM CVM TRIBVS LECTIS II COMM(ODIS) (i).

« Ici on loue un triclinium avec trois lits et toutes les commodités désirables. » Plus loin une autre annonce, mais tracée en osque, indiquait aux voyageurs la direction à prendre pour trouver une taverne : « Voyageur, en

Entrée d'une écurie.

LES INDUSTRIES

C VM V\V H T ^ L I f

Un autre aubergiste faisait une réclame, très alléchante dans son exagération comique, pour vanter la qualité de ses jambons :

VBI ■ PIÏRNA COCTA ■ EST ■ SI CONVIVAE APPONITVR NON CVSTAT PERNAM LINGIT • OLLAM A VT CACCARVM f i)

« Une fois que mes jambons sont cuits, quand on en sert à un convive, avant de le goûter, il lèche la marmite où il a été cuit. ,,

Nombreuses étaient ces auberges ; voici encore celles tenues par Phœbus et par Perennius Nympheroïs, aménagées dans le genre de la thermopole d’où proviennent quelques peintures représentant des scènes de taverne, retracées sur un panneau divisé en quatre compartiments, et où l’inscription vient expliquer le sujet.

Dans le premier, deux jeunes gens s’embrassent, et l’un dit : Nolo ami niurtali; dans le second, une femme

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