LES INSTRUMENTS DE TRAVAIL ET DE CHIRURGIE
A Pompéi, au musée de Naples, le moindre objet usuel arrête le visiteur ; des hameçons, une ancre, des navettes et des aiguilles à coudre les voiles, conservent les mêmes formes que de nos jours. Les compas de dilférents modèles, les poids des fils à plomb ; tout se retrouve et prouve que l’antiquité nous a presque tout légué. Les instruments de travail provenant de Pompéi peuplent les vitrines des musées ; les marteaux, les pioches, les bêches (emmanchées de même façon que celles en usage aux environs de Naples), les binettes, les rateaux, les fourches, les truelles, les enclumes, les fers à souder, les rabots, les scies, les serpes, etc., enfin tous instruments en usage de nos jours. 11 existait aussi un appareil spécial qui servait à l’élévation des colonnes de briques ; pour tai ller le sabot des chevaux, les anciens employaient un outil particulier dont la poignée est ornée d’un cheval que l’on ferre.
Quant aux moyens de locomotion et de transport, nous retrouvons à Pompéi, le char à deux roues, le chariot à deux et à quatre roues, la litière (h’cHca). Mais les animaux tels que le cheval et le mulet étaient fréquemment utilisés seuls, ainsi que nous le voyons sur plusieurs peintures de genre et de paysage. Dans le port, il y avait les barques, les galères, les trirèmes et les bateaux à voiles (i).
i ) Voir p. 87.
Mais parmi tous les instruments divers qui piquent la curiosité, les plus
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Compas. Aiguilles à coudre les voiles. Navettes.
(Objets du Musée de Naples.)
intéressants sont ceux dont se servaient les médecins et les chirurgiens pompéiens.
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Hameçons et poids de fil à plomb.
Soc de charrue i
(Objets du Musée de Naples.)
Jusqu’à la découverte de Pompei, on n’avait aucune idée précise des procédés employés par la chirurgie antique. Aussi la découverte, assez ancienne déjà (en 1771), de la maison du Chirurgien, lit-elle grand bruit;
Parmi les instruments recueillis, nous trouvons une ventouse, une sonde vésxcale, que le D' J.-L. Le Petit a découverte sans connaître l’original antique; des lancettes, des forceps ou tenailles incisives pour extraire les
Aviron.
(Musée de Naples.)
Harnachement de bronze.
esquilles, une sonde à injection, des cautères, un clyster auriculaire, des scalpels, etc. A côté de ces petits objets viennent s’ajouter les spéculums à deux, trois et quatre valves. C’est dire que les Romains connais-
on y trouva quarante objets divers usités en médecine et dont Celse, un des auteurs anciens qui ait écrit sur la médecine, en décrit plusieurs.
POMPE
Instruments de chirurgie. 'Musée de Naples.)
i. Pince. — 2. Sonde vésicale. — ?. Boite de pilules. — |. Sonde à injection. —
8. Cautère. — 9. Cautère, — 10. Clyster ou canule évacualricc à robinet. — u. Pince-tenaille. pour les esquilles. — 14. Pince perforée. — i5. Spéculum quadrivalve. — 16. Spéculum trivalve. -
Spéculum bivalve.
i. l-inc
Barque. {Peinture du Musée de Naples.)
risque de n’étre point compris de tous, car s’il ne parlait cette langue, il était sans crédit.
Pline donne même raison à Caton d'avoir redouté l’usage de la médecine
saient les maladies de la femme, nous supposons qu’ils savaient les soigner. Il y avait aussi des pilules qui furent trouvées dans une boite à compartiments et à tiroirs où étaient renfermées ceutiques.
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Jouet en bronze. Char usuel.
(Musée de Naples.)
Jouet en bronze. Chariot (Musée de Naples.)
Les médecins se divisaient en deux catégories; ceux que l’on allait consulter
dans leurs officines, les srl/n/arii, et ceux qui visitaient les malades, periodentes. Les médecins qui exercèrent sous les premiers Césars, furent peu estimés; Pline en dit plus de mal que de bien. Les médecins unira : /«</«.. ithh cuite
. du Musée de Naples,)
devirent si nombreux et
leurs fortunes accumulées vantaient si bien les avantages de la profession, que leur science fut mise en suspicion, leurs soins parurent trop intéressés. Mais un médecin devait parler grec, au
Chariot : sarracum. (Peinture.)
POMPEI
et d’avoir prévu les excès qu’elle avait engendrés; car les médecins, ajoute-t-il, se sont faits les complices des mœurs dissolues, et tout ce qui pouvait llatter les sens était de leur ressort.
Certes, dans une civilisation, où la jouissance fut le principal attrait de l’existence, il semble tout naturel de voir les médecins avoir tant de succès : ils calmaient les douleurs et prolongeaient la vie.
Des différentes maladies qui affectèrent les anciens, il en est une qui semble particulière à la Campanie; nous lisons dans Horace qu’un certain Messius fut plaisanté malicieusement par Sermentus sur le mal campanien (campa u u in in morbum ) dont il est probablement question dans 1 egraffito suivant : " Hic ego mine futui fonnosa forma paella laudata a multis : sel lut us in tus eerat (sic) (i). >v
(i) Corp. insc. pomp., 1 5 1 6.
la boulangerie, les moulins, les fours, les tains,