Scène de fnllonica. (Peinture du Musée de Naples
Des peintures aussi en décoraient les murs. On y voyait Vénus pêchant à la ligne, Polyphénie à qui un Amour apporte la lettre de Galathée. Il y a quelque temps encore, existait, sous le portique de la fnllonica, dont nous donnons le dessin ci-dessus, une série
d’esquisses curieuses, mais obscènes (maintenant méconnaissables) où les danses et les festins faisaient tous les frais. On suppose qu’elles représentaient la fête de Minerve [qu iuquatrus) qui se célébrait le 19 mars.
Nous savons que les foulons se servaient d’urine pour le décrassage de la
Génies foulant.
Génies peignant le drap.
(Peintures de la maison des Vettii.)
laine, aussi avaient-ils fait placer à différents carrefours, de grands vases. Martial, du reste, parle « du vieux pot d’un foulon avare qu’on a brisé dans la rue » et qui exhalait une bien mauvaise odeur. On pense que cet usage décida Vespasien à mettre un impôt sur les petits réduits que nous appelons vcspasien nés.
Une série de pochades antiques va maintenant nous retracer les scènes se
rapportant à diverses professions. Ainsi une peinture nous représente un marchand d’étoffes, il vante sa marchandise aux acheteurs auxquels il fait voir la délicatesse du tissu, tandis que deux femmes arrivant dans le magasin paraissent demander un vêtement semblable à celui qu’elles portent, elles sont reçues par un jeune homme empressé à les servir.
Plus loin, voici un cordonnier prenant mesure de chaussures avec un instrument spécial, pendant que les clientes assises, attendent; le fond du magasin est garni de formes pendues au mur.
Marchand d'ctoflcs. (Peinture du Musée de Naples.)
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Là, ce sont des génies occupés à la forge; l’un fabrique une marmite de bronze, l’autre souffle au chalumeau sur le foyer rougi où avec des tenailles il plonge un morceau de métal. Un troisième est assis et martèle doucement
sur une enclume un ouvrage délicat, il est devant un meuble garni de tiroirs, surmonté de balances à deux plateaux et un génie vêtu, représentant l’autorité, préside au poinçonnage des objets piesés.
Dans d'autres sujets, des génies forgent encore; nous en voyons deux occupés au pressoir, ils frappent sur des coins de bois pour comprimer les olives et en extraire l’huile qui coule dans une cuve.
Nous passons maintenant devant l’étal d’un boucher, reconnaissable à sa table de marbre où se découpaient les viandes. Puis vient une blanchisserie, située près du lupanar, que plusieurs prennent pour une savonnerie, et où ut trouvé le célèbre Bacchus du musée de Naples, connu sous le nom de Narcisse (1). De larges capsules de plomb de im,30 de diamètre sont placées audessus de fourneaux, et de grandes cuves de maçonnerie, munies de tuj'aux de plomb, sont placées le long du mur ; sous l’escalier conduisant au premier étage, on retrouva des notes de blanchissage qui y étaient tracées au style, et que M. Fiorelli a déchiffrées. Les eaux polluées de l’établissement se déversaient dans la rue par une large gargouille, et des poids, des lampes, des
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pressoir. Sur le mur on lisait le nom du propriétaire de la boutique, un ancien soldat du nom de M. Nonius Campanus. Au-dessus de l’inscription était tracé 1 ngraffito suivant : « Scaura l’ Égyptienne, ici, a cousu des peaux de
(i) La corne ci la peau d’une vessie servirent également. Ce qui fait dire à un personnage de Plaute : « Où vas-tu, toi qui portes Vulcain (le feu) dans la corne ? » Martial dit également : « Pour n’étre pas de corne, en suis-je plus obscure, le passant soupçonne-t-il que je ne suis qu’une vessie ? » Voilà d’où vient certainement l’expression : « Prendre des vessies pour des lanternes. »
Le pressoir.
(Peintures de la maison des Vcttii.)
La forge.
Génies monnayeurs et forgerons. (Peinture de la maison des Vettii.)
celui du peaussier où existe encore l’établi de travertin très pur, sur lequel il travaillait le cuir. Dans cet établissement situé rue des Diadumènes, il fut trouvé divers objets en usage chez les tanneurs ( corriarii ) et une plaque rie
candélabres et une balance étaient placés en ce lieu; des lanternes furent aussi trouvées dans les parages. Celles de Pompéi étaient entourées de feuilles de talc (1).
Plus loin, nous voyons un autre magasin posséder de grandes cuves;
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bœufs. „ A côté des fabricants et des débitants établis, il y avait, comme on le voit à Naples, les marchands ambulants qui pullulaient dans la ville et qui se tenaient sur la place les jours de marché. Voici le chaudronnier
auquel un passant marchande un vase de cuivre; le vendeur, avec une baguette, fait résonnerie métal pour en faire connaître la qualité. Dans le fond , un menuisier travaille au ciseau une pièce de bois.
Ce sujet nous montre bien la ditférence de costume des personnages . L ’ acheteu r
Étal de bouclier.
porte l 'himation ; drapé avec élégance, son geste est noble, il ne touche même pas les objets qu’il marchande, aussi se fait-il accompagner par un jeune esclave porteur d’un panier.
Bien découragé parait ce
marchand de bric-à-brac, assis devant son petit étalage garni de ferraille. Son air abattu semble indiquer que les affaires ne marchent guère; il paraît résigné et ne fait pas attention à un individu qui le menace . Le panier que porte au bras un des personnages est de la même forme que ceux usités encore
aux environs de Pompêi. Dans le fond nous voyons les foreuses qui se promènent sous les portiques du Forum. Toujours sur le Forum, voici un marchand ambulant de boisson chaude; prenant une longue pince, il débite une mesure du liquide brûlant à un voyageur appuyé sur un bâton.
Savonnerie ou blanchisserie.
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bœufs. » A côté des fabricants ; ' nts établ , il y avait, comme on
le voit a Naples, les marchands s qui pullulaient dans la ville et
qui se tenaient sur la place : :rs de marché. Voici le chaudronnier
auquel un passant marchande un vase de cuivre; le vendeur, avec une baguette fait -résonner le mêla qualité. Dans le fond, un menuisier travaille au l au une pièce de bois.
la différence de costume des personnages . L ’ acheteur porte Y himation ; drapé hl il ne touche même pas les objets qu'il mar-
\ environ de Pompèi. Dans ! fond nous voyons les foreuses qui se
L'accoutrement de ce dernier est curieux à noter. Il est probable que pour accomplir de longs trajets à pied, il était naturellement d’usage de relever le
manteau au-dessus des hanches et de le replier sur le bras. De cette manière, la marche était libre et l’eau ni la poussière ne dégradaient le vêtement. Au
Chaudronniers. (Peinture du Musée de Naples.)
second plan de cette meme peinture, une marchande de fruits et de légumes préside à son petit commerce. Nous y voyons des figues, ainsi que des fleurs piquées sur une tablette, comme le font encore les Napolitains pour les fleurs
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d’oranger. Terminons par cette dernière peinture représentant un enfant dressant un singe ; les jours de marché, sous les portiques, les Pompéiens étaient attirés par toutes les exhibitions comiques que nous voyons de nos jours et dont le singe habillé est certainement une des plus anciennes.
Marchands de boisson chaude et de fruits. (Peinture du Musée de Naples.)
Les documents que nous venons d’examiner ont pour nous grand intérêt; ils nous révèlent les Anciens, gens pratiques et peu routiniers, aussi y a-t-il douce ironie de constater que nos modernes coutumes ne sont que le rellet fardé des Anciens, lit puis, l'homme ne linit-il pas souvent par résoudre les mêmes problèmes par lès mêmes moyens ?
Singe savant. (Peinture du Musée de Naples.)
LES LUPANARS ET LES CELLAF. MERETRICIAE
L existe à Pompéi plusieurs de ces établissements particuliers. L’un d’eux est composé d’un vestibule entouré de cellules munies d’un lit de pierre que l’on recouvrait
de matelas et de coussins. Ces chambrettes sont très étroites et ne mesurent guère que deux mètres carrés, quelques-unes ont une petite lucarne sur la rue, tandis que d’autres recevaient l’air et la lumière par l’imposte, située au-dessus de la porte, donnant sur le vestibule où la lena présidait, placée dans un petit réduit abrité par une cloison. Des peintures, indiquant les modes usités, décorent la salle d’attente et les murs des cellules étaient couverts de graffiti (i) ; sur le stuc frais on voyait même empreinte
l’effigie de quelques monnaies de Galba, de Vespasien et de Titus. Les latrines
(i) VICTORIA INVICTA HIC. -- RENE b VT... DIINARIO
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se trouvaient situées sous l’escaiier de bois qui conduisait aux chambres supérieures dont il reste peu de chose et où l’on montait par la me voisine (la rue du Balcon), carie lupanar occupe l’angle des deux rues; l’entrée principale, donnant sur le vestibule, possède au-dessus de la porte un emblème caractéristique servant d’enseigne.
Rues del Balcone et del Lupanare
Peu de chose a été trouvé dans cette maison ; une marmite de bronze (le cacabus ) pleine d’oignons et de haricots, puis un candélabre de bronze servant à éclairer le vestibule qui devait être bien obscur quand l’étage supérieur existait.
Une maison analogue a été retrouvée dans le Vico dei Sciençati, ainsi nommé en souvenir des savants qui, en 184s, assistèrent à la découverte de ce lupanar, d’où provient 1 & graffiio signé : Venus fisica ftompeiana.
Mais en dehors de ces lieux spéciaux 011 les sera line se réunissaient
dans certaines ruelles, nous voyons des cellae meretriciae que nous rencontrons isolées, et donnant immédiatement sur la rue, au rez-de-chaussée, mais ne communiquant pas avec la maison dans laquelle elles étaient enclavées; elles possèdent un lit de pierre semblable aux autres, qui occupe la moitié superficielle de la pièce. Non loin, étaient établies des tavernes interlopes où les scratiaé faisaient bonne garde aux alentours. La ruelle tortueuse, le vicu s/urlu, était surtout le rendez-vous des débauchés ; aux portes des maisons de cette rue furent trouvées des lampes de terre cuite et de bronze, décorées d’emblèmes phalliques, et les chambres possédaient quelques peintures spéciales, maintenant effacées.
En face de la maison de Siricus, nous voyons encore une chambrette de même genre, située non loin du lupanar, le seuil en est bien usé; selon l’usage ancien on devait lire de la rue le nom de la Vénus de carrefour qui l’occupait, et des serpents immenses sont peints à côté de la porte, sur le mur de la maison voisine.
Atrium toscan. (Maison de Siricus.j