CHAPITRE TROISIÈME
« Ah! Cordoue! que tu es ravissante, et que Ton goûte chez toi de délices! »
Lorsqu'un auteur arabe parlait ainsi, Cordoue comptait dans un circuit de 8 lieues : 60 palais, 202,000 maisons, 25,000 boutiques, 900 bains publics, 600 mosquées, 70 bibliothèques, 17 établissements d'instruction; c'était la plus belle ville d'Espagne et Tune des plus belles du monde.
Aujourd'hui ses palais sont détruits, sa population est dix fois moindre, son commerce a perdu son importance, et de sa splendeur évanouie il ne lui reste plus qu'un monument pour affirmer son antique grandeur, c'est sa magnifique mosquée, transformée en cathédrale, mais nommée toujours la Mezquita.
Les Arabes de Cordoue, fiers de leur puissance, ne se contentèrent plus d'avoir des émirs; ils voulurent avoir des califes indépendants des walis d'Afrique et des califes de Bagdad.
La dynastie omaiyade avait fourni quatorze souverains à l'empire d'Orient. L'histoire des musulmans offre de brillantes pages ; mais, à côté de traits chevaleresques qui excitent l'admiration, on rencontre souvent des traits de cruauté qui font frémir.
Ainsi nous lisons dans un auteur arabe, Ibn al Couthya, que le célèbre Tarik, pour répandre la terreur parmi les chrétiens, imagina d'en faire cuire quelques-uns et de les faire manger par ses soldats.
Les Omaiyades, après avoir eu des jours de gloire et de prospérité, tombèrent dans le malheur. Un jour, Abd-AUah exigea qu'on lui livrât quatre-vingts personnes de cette race royale proscrite; il les fit terrasser à coups de fouet; puis sur leurs corps épuisés de douleur, couchés à terre, déchirés et sanglants, on étendit des tapis; les bourreaux s'assirent sur ces tapis, et prirent tranquillement leur repas, comme si les gémissements des blessés et les agonies de ces princes eussent eu pour eux le charme qu'avait pour les Pompéiens le spectacle du gladiateur mourant.
Un acte cruel n'est pas seulement une mauvaise action, c'est un mauvais calcul. Il atteint rarement le but qu'on se propose. Le massacre des Innocents ne profita guère à Hérode; un dernier rejeton des Omaiyades, Abdérame, échappa à l'extermination de sa famille et vécut caché au fond d'un désert. Un grand nom historique a une valeur réelle; on vint, un jour, chercher le proscrit pour le proclamer calife de Cordoue. On avait pensé qu'un prince de la famille de Mahomet pourrait plus facilement rallier les partis et dissiper les rivalités, <r comme le soleil, surgissant au milieu des étoiles, les oblige à s'effacer ».
Abdérame fut un grand homme, et sous sa dynastie la civilisation arabe en Espagne brilla du plus vif éclat. En 786, il voulut éterniser la mémoire de ses triomphes en construisant une mosquée qui dépassât en grandeur et en magnificence les mosquées de Damas et de Bagdad. Il fit venir des colonnes antiques de Byzance, de Carthage et de diverses parties de l'Afrique. Les villes romaines de l'ancienne Ibérie lui en fournirent aussi.
Pour que ce monument devînt une des merveilles du monde, il n'épargna pas ses trésors. Il dirigeait lui-même les ouvriers, et travaillait de ses mains une heure par jour à la construction du temple du Prophète. Son fils al Hakem suivit son exemple, et consacra notamment à Tachèvement de Tédifice le butin rapporté du midi de la France. Les historiens racontent que les habitants de Narbonne n'obtinrent la paix qu'à la condition de transporter de leur ville à Cordoue des matériaux qui servirent à la construction de la mosquée.
J'ai à peu près vu les plus belles églises de l'Europe; aucune ne m'a fait la même impression que la Mezquita, monument étrange et splendide à la fois.
C'est un dimanche; je suis impatient d'aller visiter la fameuse cathédrale. Je traverse des rues presque désertes; je ne vois que des maisons blanches et sans caractère. Arrivé au piqd de murailles hautes de quarante pieds qui forment l'enceinte de l'édifice, je m'arrête, je contemple la tour carrée dont la plateforme est ornée de petits arcs découpés en feston, soutenus par d'innombrables colonnes.
Le bâtiment, qui, dit-on, compte autant de fenêtres qu'il y a de jours dans l'année, m'étonne par ses vastes proportions. J'admire les colonnes de jaspe d'une rare beauté qui décorent l'une des portes; il existait jadis au mur d'enceinte 20 portes revêtues de plaques de bronze ornées de bas-reliefs; je gravis quelques marches en pierre, je crois entrer dans l'intérieur d'une immense cathédrale, et je me trouve dans une chapelle assez mal ornée. Je fais quelques pas, et, à ma grande surprise, me voici dans un patio autour duquel 72 colonnes soutiennent un élégant portique. Au milieu m'apparaît un jardin ravissant, aux orangers parfumés, aux palmiers élancés, aux jets d'eau superbes retombant sur des bassins de marbre.
Ces fontaines servaient aux ablutions des musulmans.
Je découvre une porte assez modeste; j'entre, je suis dans la mosquée. Figurez-vous des colonnes sans piédestal, surgissant du sol comme des arbres enchantés. Ces colonnes sont lisses, torses, cannelées, de marbre jaune, vert, rouge ou blanc, de granit, de porphyre, de jaspe; il y en a que Ton dirait être faites de turquoises. Sur les chapiteaux, du plus beau style antique, s'élèvent, superposés les uns aux autres, des arcs découpés de lobes ou en fer à cheval du plus beau style arabe.
Dix-neuf grandes nefs, courant du nord au sud, sont traversées par trente-trois nefs dirigées dans un sens différent, et produisent un effet prodigieux. Qu'était-ce donc lorsque ce labyrinthe de colonnes resplendissait des plus vives couleurs, lorsque les voûtes étaient de mélèze et de cèdre sculptés, rehaussées d'or et d'arabesques, lorsque la profonde enceinte était illuminée par cent treize candélabres, dont les plus grands portaient mille lampes brûlant à la fois?
Plus la puissance des califes grandissait, plus la magnificence de la Mezquita se faisait admirer : ils l'enrichissaient comme de trophées des trésors d'art des églises chrétiennes que les victoires leur livraient. Ainsi les superbes portes en bronze de l'antique cathédrale de Saint-Jacques furent portées à Cordoue, d'où saint Ferdinand les fit reporter à Compostelle. Le nombre des colonnes s'élevait à 1,400, et fut réduit à 900 dans l'appropriation du temple musulman au culte chrétien. On ne trouve plus de traces d'une tribune qui dominait jadis ce labyrinthe d'arbres de marbre et qui servait à la prière.
Que de trésors de l'art arabe ont disparu ! l'or, les mosaïques des marbres aux vives couleurs étaient prodigués partout. Les prisonniers faits à la guerre et traités comme des esclaves ne manquaient pas pour les travaux pénibles, et les ouvriers renom-
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mes pour les œuvres splendides* Des artistes éminents mirent huit ans à faire un coffre damasquiné d'or avec des incrustations de rubis et de perles, coffre tellement lourd qu'il fallait deux hommes pour le porter, et ce chef-d'œuvre d'art et de richesse contenait un exemplaire manuscrit du Coran porté dans l'Andalousie vers l'an 356 de l'hégire et écrit de la main, disait-on , d'Othman lui-même. Ce ne fut pas un chrétien qui priva la mosquée du livre réputé sacré, mais un ferme croyant, Abdulmunen-Ibn-Ali, qui l'emportait avec lui dans ses expéditions guerrières comme un talisman qui lui assurait la victoire.
Les chrétiens, devenus maîtres de la mosquée, respectaient ce magnifique monument, mais ils eurent l'idée de faire un chœur au milieu. Ce chœur est une véritable église,, ayant de tous côtés la vue sur une forêt de marbre. Il fallait bien que le Dieu auquel cette Mezquita fut donnée y occupât une place.
Cette incrustation d'une chapelle de style moderne dans l'ancien temple arabe fait cependant regretter que ce monument précieux ne nous soit point parvenu tel qu'il était du temps du califat. Faut-il en faire un reproche à Charles-Quint, qui avait permis de bâtir un chœur dans la mosquée? C'était un grand homme, qui comprenait les belles choses. Quand il vit cette œuvre, il la déplora. « Ah ! s'écria-t-il, si j'avais su ce que vous vouliez faire, jamais vous ne l'eussiez fait. Ce que vous avez fait pouvait se faire partout ailleurs; ce qui était ici n'avait pas son égal dans le monde. »
Passons la description du trésor de la sacristie, riche d'objets précieux par l'or et les pierreries, par le travail artistique et par les souvenirs.
Voici la capilla de Zancarron. A la lueur des flambeaux promenés sous la voûte, je vois étinceler les couleurs les plus vives.
les arabesques les plus gracieuses, For, les pierreries, des cristaux : on dirait des diamants.
Pourquoi cette chapelle ravissante est-elle nue, abandonnée, privée d'emblème chrétien?
La mosquée de Cordoue, qui prenait le titre de la Mecque d'Occident, voulut avoir sa part des reliques du Prophète, et elle obtint un bras de Mahomet. Lorsque la mosquée tomba au pouvoir des chrétiens vainqueurs, les musulmans stipulèrent que la chapelle, si longtemps sanctifiée par la relique précieuse, ne serait jamais profanée par le sacrifice de la messe. Les Espagnols flétrirent cette chapelle du nom de capilla de Zancan^on (chapelle du vieil os de chien).
La magnificence de Cordoue, ville aujourd'hui si triste et si déchue, répondait autrefois à la splendeur du seul monument qui lui soit resté des anciens jours.
On y admirait les rues parfaitement pavées et les places ornées d'eaux jaillissantes. Des canaux distribuaient partout l'onde limpide du Guadalquivir. L'industrie des cuirs de Cordoue était célèbre, le commerce des soieries et des dorures très considérable.
Le fameux Ali-Xeriab y avait fondé une école de musique, mais si cette école avait des rivales dans l'Andalousie, la bibliothèque des califes était sans égale dans toute l'Europe; elle comptait 600,000 volumes, lorsque notre bibliothèque de Paris, quatre siècles plus tard, sous Charles le Sage, n'en comptait encore que 900.
Dans une discussion entre Averroès et Avenzoar, le premier dit au second : « Je ne sais ce que tu dis; mais il est un fait certain, c'est que s'il meurt un savant à Séville, et qu'on veuille vendre ses livres, on les porte à Cordoue; et s'il meurt un musicien à Cordoue, et qu'on veuille bien vendre ses instruments, on les envoie à Séville. »
A entendre le récit du faste inouï des califes d'Espagne, on croirait entendre un des contes les plus merveilleux des Mille et une Nuits.
Les revenus du califat, qui sous les premiers califes ne dé-
Chapelle de Zancarron (mosquée de Cordoue).
passaient pas 600,000 pièces d'or (de 23 fr.), s'étaient tellement accrus qu'ils, s'élevaient à treize millions.
Aussi quelle magnificence étalait l'illustre al Moiimenyiiy titre que portait Abdérame! Il avait pour sa garde 12,000 esclaves
à* pied venus de Constantinople et 12,000 cavaliers andalous et Zénètes.
Racontons la réception solennelle d'une ambassade envoyée par l'empereur de Cîonstantinople.
La cavalerie est allée au-devant des ambassadeurs; Tinfanterie les attend, formant la haie; les rues sont couvertes de riches tapis de Perse, les maisons décorées de draperies d'or.
Tout le luxe d'Orient et d'Occident, toutes les merveilles d'art se déploient dans la vaste galerie du palais qui conduit à la salle où un trône éclatant a été disposé pour le puissant calife de C!ordoue. C'est là qu'Abdérame, entouré de sa famille et de sa cour, reçoit les ambassadeurs; il les accueille avec magnificence, les comble de présents, et les fait accompagner jusqu'à Cîonstantinople.
Ce qui nous paraît prodigieux, c'est surtout la description qui nous est restée du château de Zahra, la favorite d'Abdérame. Le calife, pour plaire à sa bien-aimée, veut lui faire bâtir un palais digne d'elle, à deux ou trois milles de Cordoue, au pied du mont Alarus. Son désir est un ordre. Les travaux commencent en l'année 936 et, durant 25 ans, 10,000 ouvriers se mettent à l'œuvre; 1,500 mulets et 1,000 animaux de trait sont employés chaque jour au transport des matériaux. Rome, Constantinople, l'Afrique, l'Espagne envoient en présent au souverain de Cordoue de magnifiques colonnes. Almeria fournit le marbre blanc, Carthage le rose et Tunis le vert. Tout est terminé avec une rapidité inouïe et comme par enchantement.
Zahra, la fleur de beauté, la merveille de son temps, est représentée sur la porte d'honneur; 4,300 colonnes d'un beau style décorent l'édifice; les marbres précieux, mélangeant leurs vives couleurs, tapissent les murs et forment des pavés en mosaïque; des entrelacs gracieux, étincelant d'or et d'azur, des arabesques,
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où Tacier poli et les pierreries s'unissant aux vives peintures font resplendir les plafonds de cèdre aux clartés de cent lampes de cristal. A la voûte de la salle de Zahra brille suspendue une perle d'une rare beauté, don fameux de l'empereur de Cîonstantinople.
Partout se faisait entendre le doux murmure des ondes limpides bondissant dans les bassins. Une fontaine surtout attire les yeux, c'est une véritable merveille. Ciselée et dorée en Syrie, elle est de jaspe et' ornée d'un cygne en or, d'un fini admirable. A l'entour sont rangées douze figures d'animaux représentant un lièvre, une gazelle, un crocodile, un aigle, un éléphant, un serpent, une palombe, un faucon, un paon royal, un coq et un vautour. Ces statues sont en or et en pierreries; ce sont des chefs-d'œuvre des artistes musulmans. Chaque animal lance des jets d'eau pure et limpide.
Dans un pavillon qui s'élève sur une hauteur, au milieu des colonnes en marbre blanc aux chapiteaux dorés, une'célèbre vasque de porphyre est remplie de vif- argent qui, par un mécanisme secret, jaillit sans cesse, reflétant les rayons du soleil dans leur éclat le plus éblouissant.
Les tapis et les étoff'es tissées d'or et de soie représentent des plantes et des animaux divers avec tant de vérité qu'on croit marcher sur les fleurs d'un parterre ou sur le duvet des oiseaux.
La beauté des jardins répond à celle du palais. Les orangers parfumés, les lauriers-roses, les myrtes verts, les plantes les plus rares et les plus embaumées se mêlent aux arbres couverts des fruits les plus savoureux, et la fraîcheur des vastes pièces d'eau s'ajoute à celle de l'ombrage des berceaux touff'us. Les oiseaux au brillant plumage, comme le perroquet, et les oiseaux chanteurs, comme les rossignols, animent les bosquets enchantés.
Les auteurs arabes en font une description si féerique qu'on serait tenté de croire que ce palais merveilleux n'a existé que dans leur imagination; mais ces auteurs ont décrit aussi la mosquée. Tout ce qu'ils en disent est d'une extrême exactitude, et si nous ne pouvions juger encore de nos yeux cet admirable monument, aurions-nous cru aux mille colonnes et aux magnificences que l'art musulman avait prodiguées dans ce temple étonnant?
Le palais de Zahra fut détruit 73 ans après sa fondation par une horde de Berbères, et il n'en resta aucun vestige.
Abdérame durant 50 ans de règne avait joui d'une si constante prospérité qu'on le proclamait le plus puissant, le plus adoré, le plus heureux des mortels... Après sa mort, on trouva un écrit de sa main où il déclarait que dans sa longue et brillante carrière il n'avait compté . que 14 jours exempts de peine et lui offrant quelque bonheur.
Le souvenir des grandeurs disparues semble attrister Cordoue, qui vainement chercherait à se rajeunir; elle n'a rien que sa cathédrale qui puisse intéresser le voyageur, et on ne comprend pas comment la ville qui a possédé le plus de beaux édifices arabes est celle qui en a conservé le moins.
La tradition populaire semble même avoir fait infidélité aux anciens califes; le nom qui est resté le plus cher est celui de Gonsalve de Cordoue, qu'on ne nomme jamais que le Grand Capitaine.
On sait que Gonsalve naquit à Montilla, près de Cordoue, le 16 mars 1443. Très jeune, il se distingua dans les guerres contre les Maures de Grenade, et en 1460 le roi lui-même, Henri IV de Castille, pour récompenser sa vaillance, l'armait chevalier. Après des exploits sans nombre, il fut envoyé au secours du roi de Naples. A la tête de 3,000 fantassins et de 1,500 chevaux, il parvint, par des prodiges de courage, à traverser tout le
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royaume, en prenant vingt places et en remportant la victoire dans douze combats. Les deux armées espagnole et italienne, s'étant réunies, le proclamèrent le Grand Capitaine. Sa vie dans l'histoire est plus étonnante encore que dans le roman. Il fut envoyé une seconde fois à Naples avec le titre de vice-roi ; lorsqu'il revint en Espagne couvert de gloire, Isabelle, qui l'avait toujours protégé contre ses envieux, n'existait plus, et Ferdinand avait trop prêté l'oreille à ceux qui ne pouvaient souffrir l'éclat dont se trouvait entouré le plus brillant chevalier de son temps. Le roi, au lieu de combler d'honneurs le héros rentrant dans sa patrie, lui demanda de lui rendre compte des sommes qui lui avaient été envoyées pour l'expédition d'Italie. Gonsalve parut si indigné, que le roi s'empressa d'ajouter que les comptes n'étaient exigés que pour la forme, et qu'ils ne seraient pas discutés. Le capitaine les rédigea, en laissant voir à chaque mot la dérision amère d'un orgueil blessé. Ainsi il dit : « Pour réparation de toutes les cloches d'Espagne fêlées à force d'avoir sonné des Te Deum en l'honneur de mes victoires : tant. » Un des proverbes les plus populaires en Espagne en parlant de choses fantastiques, c'est de dire : « Ce sont les comptes du Grand Capitaine. »
Que Cordoue soit fière de voir son nom porté par un preux et loyal chevalier comme Gonsalve, cela se conçoit; mais qu'elle n'oublie pas Abdérame, qui lui a donné sa cathédrale merveilleuse.
On prétend que, au milieu de toutes les magnificences de l'Espagne, le calife ne songeait pas sans un regret à sa lointaine patrie. Il fit venir du pays natal un palmier, qu'il acclimata dans l'Andalousie, et voici les paroles que lui prête le poète :
« Toi aussi, noble palmier, tu es étranger sur cette terre ! Les doux zéphyrs des Algarves te balancent amoureusement! Tes racines plongent dans un sol fécond, ta cime s'élève jusqu'au
ciel; et pourtant tu pleurerais comme moi... si comme moi tu
pouvais te souvenir!... J'ai arrosé de mes larmes les palmiers
niiP hni(ynA TEuphrate; mais et les palmiers et -le fleuve ont
mes peines... De notre patrie bien-aimée il ne te
lucun souvenir... Pour moi, hélas! infortuné, je me
sans cesse, et je pleure! »
'Espagne fut devenue une seconde patrie pour les lu'ils furent expulsés de ce pays, où ils étaient nés, es étaient morts, ils versèrent bien d'autres larmes !
Battant de la porte du Pardon , à Cordoue.