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I.F.S TOMBEAUX. — I.KS TEMI'I.KS l",T I.KS CUI.TKS

([irapi'c'S la mort, le luèiiu' lien ne les relronvàt pas réunis, car les anciens croyaient que les ànies menaient une existence (ronlre-tonihe ; aussi les urnes renferment-elles des monnaies destinées à payer àCllial'on le passage dans la hanpie infernale, et des libations ré|)an(lues sur

La voie dos lonibeaux. Vue prise de leiilrée de la villa île IJioiiiède.

les tombeaux lors des banquets funèbres, associaient le nu)rt lui-même à ces agapes en lui faisant })arveiiir f[uel(pie aliment.

Une autre tombe curieuse, dépouillée de sou revêtement de marbre, offre un agencement de briipies carrées, placées eu assises liorizontales et en ()j)//s rcticiildtiiDi. I''lle [)ossède une porte de marbre blanc d'un seul IjIoc, tournant sur des [)ivots taillés à même ; une espèce de verrou fermait rentrée en s'engageant dans un trou carré [)rali(pié dans le luonlaiil. L'intérieur de ce monument présente l'aspect d'un col iiniJinriiini ; on y d(,'S-

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PO M PKI

coiul });ir deux liantes iiiaiclies, Je plat'oiul est voûté et la pièce est éclairée })ar un soupirail jilaeé en l'ace de la porte, au-dessus d'une g'rande niche surniontée d un IVonton de tul'. On y trouva des vases tralbàtrc oriental, une bague ornée d'une agate gravée, un vase de marbre contenant des ossements et des amphores. Ce sépulcre a une certaine importance et ne

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Ti>rnl)(.'.ut H lii pui'li' ik' lUii

possède pas d'insci'iptions ; il sei'vait probablement de lieu de dé[)ôt aux urnes remplies de cendres des dél'unts (pii venaient d'être incinérés à V iisIriiiiiDi situé îi côté, en attendant la consiruction du tond)eau définitif, l^ans ces parages se ti'onvaienl encore (piehpies tondues ornées de statues et des sépultures samniticjues découvertes en 187'i ([ui contenaient des vases [)eints et des monnaies altiibuées à une ville de Campanie (Irnum) (1). Puis des bouti(|ues de potiers et des l'ours, une villa d'oîi proviennent les belles colonnes de niosaï([ue i^[\\ musée de N,aples ainsi qu'une auberge occupaient toute une partie en retrait de la voie des ToitiJxrui.v. >yon

(i) Fiorelli. Ouvrage cité.

LES TOMBEAUX. — LES TF.MIM.RS ET LES CULTES

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loin, dans un ati'iiiin. on découvrit un sdcclliiDi d(''dié à Hercule et un an Ici orné d'un bas-relief re|)r(''senlant un sacrificateur immolant un porc et tenant une eonpe avec la massue d'ilereule, un coq est à ses côtés.

En remontant vers Pompéi, nous apercevons une excdre couverte, ornée de peintures et munie d'un banc; à côté, se trouve le tombeau dit des i^tiiildiidcs

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L' « Uslrinum ».

Iiili'riour lia loniljeau à la porlc do marbre. (D'après de Clarac.)

OÙ fut trouvée la fameuse amphore

de verre bleu et blanc représentant

V; des Amours vendangeurs (i). La

k'WÊliii '^■^'l*'"*' arlisti(pie de ce vase

M mWM grande ([ue l'on peut dire a\

se est SI peut dire avec certitude (pie les os calcinés cprelle a contenus élaient les restes dun riche Pompéien.

Derrière le columlxiritini jirovisoire nous avons aperçu V ustrlnuni dont l'existence est discutée. De cette construction il ne reste que les (puitrc murs et dans l'un est pratiquée une ouverture ; les uns veulent y voir un sace/l/on, mais, comme on incinérait les cadavres et (pie nous en retrouvons les

(i) Voir chiip. VI, IV. 3.

POMPKI

cendres, il faut l)l{'ii (|ue le lieu destiné à la crémation ait existé quelque part ; connue cette construction forme nu îlot isolé avec le rolunilxiriiim à la porte de marbre, il est à supposer que ces quatre murs firent partie de Vii.striiitini où venaient se rendre les cortèges funèbres.

(iràce à la connaissance des lieux et aidé des auteurs, nous po\ivons nous rendre compte des coutumes romaines lors des funérailles. Quand

Exi'mIit couvcrlo

un moribond allait (piitter la terre, les parents s'approchaient de lui, déposaient un dernier l)aiser sur ses lèvres comme pour recueillir ses dernières pensées dans le suprême sou|)ir. Après les adieux, souvent très bruyants, on lavait le corps avec de.l'eau cliaudc et on l'oit^-nait d'huiles parfumées. Le mort, revêtu de ses habits de cérémonie et de ses insignes, était placé sur un lit de [)arade dressé dans l'atrium, la tète découverte et tournée vers le prothynint (l'entrée); de l'encens brûlait enveloppant de sa sinueuse vapeur la mortelle dépouille.. Dans la lue, des branches de cyprès plantées à la porte de la demeure avertissaient les passants de la cérémonie prochaine.

LES TOMBEAUX

LES TEMPLES l-T LES CULTES

Alors, — soiivfiil ;iu l)()iil (le sc'[)l jours pour les raniilles riches, — ■ \v. dL'l'iiiit était coiuluil on grande poulpe ;ui hrieliei'. I>es tihiciiics ouvraient la marche, lançant les notes ctoufTées de leurs llùlesdans de plaintives iuélo[)C'es. Les [)leurcuses venaient ensuite, simulant la douleur et procdannint les vertus du défunt; puis apparaissaient les porli'aits des ancêtres, (pii se trouvaient ainsi associés à la cérémonie; les [)arvenus sans i^'énéaloi^ie illustre se fa]jri([naient des ancêtres inuiL;-iiuiires. LespareuLs. les amis, les all'ran-

Voic des Tombpanx.

cliis suivaient, et, après avoir parcouru processionnellement le Forum, hommaf^e rendu à la mémoire du mort, on se rendait enfin à V u.striiiKin où était dressé le catat'ahpie aiupiel un proche parent mettait le feu en détournant la tète. liCS assistants alors siinissaient dans des lamentations en iiivo([uaiit les mânes du défunt; les restes recueillis et aspergés de lait et de vin étaient enfermés dans riirne (pie devait ahi'iter le tomhean. Puis chacun donnait un dernier adieu à celui ([ui désormais hahilait les enfers, en lui disant : (.)ue la terre te soit légère ! Adieu, àiiie candide ! i'iiisse la tombe se couvrir de roses! etc., véritables litanies de choses aimables et gracieuses. Huit jours après la cérémonie, les amis venaient sur la tombe faire un repas funèbre composé d'eau, de lait chaud et de miel, (riiuile et du sang des aiii-

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maux sacrifiés ainsi que depetits coquillages farcis avec la moitiéd'un œuf (i).

Telles furent les cérémonies diverses célébrées à la voie des Tombeaux, l'un des })lus beaux sites de Pompéi. Son emplacement élevé lui valut la présence de jolies propriétés appartenant aux lial)itants du Ijourg-. Ainsi, près de la tombe de Maniia, existe une petite ruelle qui borde une grande villa avec bains où furent trouvées de belles peintures représentant des satyres, des funambules et des centaures, ainsi que des mosaïques.

Les avis sont partagés qiuint au nom à donner à cette propriété. Les \ins pensent qu'elle était l'habitation de Crassvis Frugi, d'autres qu'elle avait dû être hi maison de campagne de Cicéron, mort plus d'un siècle avant la destruction de l'onq)éi. Chacun [)eut avoir raison, car le dernier habitant de la villa de Cicéron a bien pu porter le nom de Crassus Frugi, fpi'indi([ue une inscription. Mais écoutons Cicéron bii-nième : « Je suis ici, dit-il, dans un endroit très agréable, mais surtout retiré; un homme qui compose est à couvert des importuns... .l'aurais pu, ajoute-t-il, voir ma maison de Baia ou de ^lisène. » 11 dit encore : <' Pour que notre vue ne nous trompe pas, jusqu'où peut-elle s'étendre? Je vois d'ici la canq)agne deCatulus près'de Cumes ; je ne vois pas celle que j'ai à Pompéi ; il n'y a pourtant pas d'obstacle qui nous en cache la vue, mais mon regard ne peut porter si loin. » Les villas situées au />aL:;its Augiixtus Feli.r prenaient vue vers la mer et étaient ainsi éloignées des bruits importuns; certainement la maison de Cicéron ne [)ouvait que se trouver dans ces parages pour qu'il ait pu la voir de Baia; du reste, l'emplacement était admirablement choisi la vue y est toujours merveilleuse et bien faite pour séduire : les montagnes dont « la croupe volu[)lueuse comme des hanches de femme (2) », couchées sur les eaux i\\\ golfe prennent du matin au soir les plus divers aspects; la lame qui déferle envoie le parfum de son haleine amère, couvrant de sueur Visoletta de RivigUano, en lutte contre les vagues; de loin, comme un bouchon sur l'eau, elle est la bouée des côtes et sa note sombre fait paraître plus pure l'enchanteresse Caprée.

(1) Juvcnal.

(2) Th. Gautier, .l/77'rt Marcella.

VENUS PIIYSICA, PATRONM-: DE POMPEI — LE CULTE DE VENUS

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