‹ PompeiChapitre 22 sur 110 · PO M PHI · texte numérisé non relu

PO M PHI

paveineut du temple?). Dans la cclUi se trouvait aussi riiisci'i[)liou latine suivante : « .:/ la dresse Telliis, Mardis Fah'uis seeond, fait son v(cu avec la periuissiu/i des édiles Au lus Ordianius et Tiberius Julius Ru fus. »

lUci. ^'^,

Sacrifice à Apollon. (PoinUu'C de la maison des Vctlii.)

\Jou\phalos , le trépied et la déesse Tellus (la même que Gaea, la Terre) nous rappellent le sanctuaire de Delphes, célèbre par le culte que l'on rendait à Apollon. 11 avait été fondé par Gaea qui y avait été honorée avant le dieu; aussi l'oracle de Delphes était-il essentiellement un oracle de la Terre dont Gaea était la personnification (i).

Le serpent qui entoure Voiuplialos, et représenté dans plusieurs peintures, ne serait autre que Python dont la peau recouvrait le trépied de la pythonisse ; aussi est-il figuré inerte autour de Voniplialos, c'est le trophée d'Apollon vainqueur.

Uoniplialos {■)}j sert aussi quelquefois de base au trépied d'Apollon et sa forme se rapprocherait de l'œuf, endjlème du monde chez les Egyptiens ou plutôt de la mamelle productive

Trépied avec 1' o ompha los ». (Peinture de 1; maison des Vcltii.)

(i) Dclphos était considéré par les anciens comme étant le centre, le nontbrii de la terre.

(2) Rappelons aussi, que dans les temps les plus reculés, les dieux étaient adorés sous la simple forme de pierres (litholàtrie) ; à Paphos, dans le sanctiiaiie le plus vénéré d'Aphrodite, la Vénus asiatique était représentée sous la forme d'une pierre conique blanche, entourée de flambeaux, et Tacite rapporte que Titus, en visitant Cvpre, vit la déesse représentée sous cette forme dans son temple. Hercule en Béotie, Eros ii Thespies, ainsi que Diane ii Perga et Apollon ;> Ambracie, étaient symbolisés par une pyramide de pierre plus ou moins haute;

LKS TOMBEAUX.

LES TEMPLES ET LES CULTES

(le Gaea, la ^Irre luiivcrsello, la plus ancienne des divinités « qui noui'i'it sur son sol tout ce qui existe (i). »

Armé de Tare, l'Apollon Pjthien était l'Apollon mediciis des Ilomains dont les traits eng-endraient puis détruisaient les maux dont l'homme souffrait (a). Le serpent Python était l'image des émanations putrides qui se dégagent de la terre sous l'action trop ardente des rayons du Soleil ; Apollon Phœbus, cause des maux, se trouve compensé par Apollon I^ythien qui se sert des mêmes traits pour pourrir le monstre, chassant ainsi la Fièvre (3) et ramenant la \\c. Aussi suppliait-on le dieu,

d'abord pour le

prier d'adoucir

ses rayons, et

1 ' i m 1) 1 O r a i t - O n Apollon ci r « ompl.alos » . (Peinture.)

dans les calamités publiques dues aux épidémies, en lui offrant des sacrifices expiatoires.

A Pompéi, on voit aussi Apol-

scul Vo/iiphidos spécial de l'ApoUdu delphinicii est revêtu d'une résille, mais les pierres divines étaient souvent habillées pendant les eéi'énionies. Ainsi sur les monnaies de Séleuclc, la pierre de Zeus Casios est recouverte d'un réseau semblable :i ïoDip/inlos de Delphes (Saglio, Dictionnaire des antiquités),

(1) rivmni' hoin('i'i([ne ;i Gaea.

(2) En 43-j avant J.-C, les Romains élevèrent un temple à Apollon Medicus selon un vœu formulé pendant la peste (Tite-Live, X[^, 5i). Suivant le même auteur (I, 56), les Romains se seraient mis, dès l'origine, en rapport avec l'oracle de Delphes.

(3) A Rome, il y eut un temple élevé il la Fièvre. .

Apollon. (l'eintiire de la l'axa ilrl Cilai-ista.)

l'OMPEI

Ion cit/iarrdc diiiis les sculptures et les peintures; il })orte alors des rayons ou une aui'éole. C'estPhœl)us bieni'aitenr, envoyant la douce lumière qui donne V luuinoiiie à la Nature, syndjolisée g-racieusenient par le Cithare. C'est ce même sentiment musical, effet de l'inspiration, qui lit qu'Apollon fut considéré comme la source divine où les poètes puisaient leurs chants les plus purs et les plus enthousiastes. Cette inspiration est en même temps le sens prophéticjue dont Apollon est l'incarnation. Puis rAi)oilon, prophète par son oracle, est aussi le dieu fondateur des colonies, qui avaient souvent pour orij^une les [)rescriptions d'un oracle (i).

Pompéi, colonie grecque, a donc pu élever un tenqile à Apollon dvlphiuivu dieu de la navig-ation, dont létvmologie se confond avec le mot daupJiiii (Asa-^Iv) car A])ollon navig'ateur est le daupli'ni dont il avait [)ris la forme ('il.

Enfin, sur d autres peinluies , le corl)ean , — loiseau fatidique, — figure à côté d A})olIon acconq)ag'né du trépied, accusant encore la vertu divinatrice du dieu.

(i) Dccliarmc, Mijlholoiiic de la Grèce antique. (2) Ilym. lioni. ApoU. I'\lh.

L'ISIS DE POMPKI. — I/ISIU?»[. — LR CULTE DISIS. LES FEMMES ET LE CULTE D'ISIS

Ux 1(MnpIo dut Otrc encore plus fré([uenté que celui d'Apollon, surtout dans la dernière é[)oque, ce fut celui d'isis. 11 était sans contredit le monument religieux le ])lus riche, i;;-ràce à la j^Tande faveur dont jouissait le culte ég-yptien, qui, accepté depuis longtem[)S àPonipéi, ne l'était pas de même à Home.

Nous lisons en effet dans Valèrc Maxime ([n'en l'an 5'} j de Homo (plus de deux siècles av. J.-C.) le Sénat ordonna la démolition du temple d'isis et de Sérapis ; mais aucun ouvrier ne voulut y porter la main; alors le consul S. Aemilius Paulus, quittant sa robe pi'étexte et saisissant une hache, fra})pa lui-même les portes du temple; le [)euple craintif n'osait profaner ce qu'il croyait sacré. Ce fut seulement sous la dictature de Sylla que lo culte isia([ue s'introduisit ofliciellement à Home. En Canq)anie, l)ien avant l'occupation romaine, Jsis avait des autels, car les ijdluences gréco-égyptiennes <[ui se firent sentir à répo([ue des Ptolémées ont laissé des traces nombreuses à l^onq)éi où l'art alexandrin domine en maître ; il n'est donc pas étonnant de voir le culte des divinités d'Alexandiie prendre un regain de popularité au moment où les soldats de César revinrent épris des charmes de l'Egypte.

Les Pompéiens voués, à \ énus, trouvèrent certainement qu'Fsis se rapportait sur un [)oint essentiel à leur divinité protectrice. Dans \ énus, ils adoraient le pi'incipe féminin de la fécondité en toute chose ; nous retrouvons la même idée avec Isis ([ui représente dans la Nature la substance

l'OMPKI

femelle, c l'Épouse qui reçoit le o-crme productif (i) ». Aussi voyons-nous à risinni (1(> P()ni[)éi parmi les attributs isiarpies et alexandrins d'un pilastre du niri;(/n//>i, un germe fii^uror dans l'organe femelle qu'entourent des é})is de blé — symljole de la fécondité — dont Isis avait enseigné aux hommes la culture pour les détourner de l'anthropophagie.

Temple d'isis.

r IMais le culte d'Isis est extérieurement moins matériel que celui de Vénus, il est même l'expression mystique et poétique de l'amour. Isis donne l'affection dans la communion de deux êtres initiés aux mêmes symboles, ennemis des excès et des faiblesses, mais n'est pas accessible à tous par l'élévation de son principe. Cette religion demande du mystère et enveloppe d'un voile les secrets de la Nature honorée dans un véritable sacerdoce. Le bonheur qu'elle verse aux initiés par le baume délicat d'un

(i) Lafayc, llisloire des ailles d'Alexandrie.

LES TOMBEAUX

LES TEMPLES ET LES CULTES

feii

amour subtil, et le tact particulier de ce culte où la vulgarité des sens est cachée aux yeux des [)rofanes, lil de la relit;ioii isia([U(' le refuge des âmes païennes éprises d'idéal, et que les grossièretés du panthéisme gréco-romain ne satisfaisaient plus.

Puis, l'esprit initial théogonique de sa doctrine attira les cœurs par sa simplification monothéiste, en synthétisant dans Isis toutes les forces et toutes les grâces de la Nature. Elle est la Femme belle et glorieuse; elle est lanière de chacun, douce et miséricordieuse, elle personnifie la tendresse (i) prodiguant le bonheur ici-bas et promettant une vie future et sereine ; elle est la Sœur spirituelle, le Génie de l'àme compatissante, aimante et secourable; elle est l'Epouse consolatrice, prodiguant ses caresses, amante sincère, offrant des jouissances célestes. Elle est la Providence ; la Bonne Mire, la Bonne Déesse. Les raffinés de la vie accueillirent son culte avec faveur, un peu eu dilcttdnti, car il leur procura, par son charme secret et par l'idéalisation de la matière, \\\\q sensation nouvelle bien faite pour séduire les âmes délicates.

On était isiacpie de père en fils, de mère en fille ; Isis devient la divinité véritable. C'est en Isis que l'on croit quand ou croit en Dieu, dit Juvénal (a). Elle est la seconde personne de la triade égyptienne Sérapis-Osiris, Isis, Horus-Harpocrate. Le i)rincipe du culte isiaque était très élevé et ses tendances

Stucs du « megaruin ». Attributs alexandrins et isiaques (3).

(i) Lafiive, Histoire des ctilles d'Ahwnndrie.

(2) .luv. IIL

(3) 1° L'Aigle des Ptolémées. — 2° Un buerane. — • 3° L'uraeus irradie. — 4° L'oie consacrée à Isis. — 5° Un pvgmée gladiateur. — 6° Osiris barbu, coilFé d'une tète de vautour, dont l'hiéroglyphe signifie y^è/T. — • 7° Organe féminin et un germe, entoures d'épis de blé; emblème de la fécondité. — ■ 8" Le vase sacré. — • g" Le sistre.

^'1, /;// xs

étaient morales et pures inalg-ré sa sensualité timide et déguisée ; il eut sur les anciens quelques efTets salutaires en les éloignant un peu de la grossière impureté, leur ordonnant même des purifications afin d'opérer une renaissance à l'àme mieux préparée à l'amour idéal qui guérit. Son désir était la connaissance de Dieu qui, dit Plutarque, est le premier de nos devoirs ; les devoirs envers les hommes n'étaient pas non plus oubliés dans ce cidte ; au //vie (/es morts (i) le défunt dit à ses juges : « J'ai pratiqué lajustice sur la terre, je n'ai pas tourmenté les malheureux, je n'ai pas attiré de nmnvais traitement sur l'esclave, je n'ai pas fait pleurer, je n'ai pas tué » ; puis il ajoute : << J'ai donné du pain à celui qui avait faim, de l'eau à celui ([ui avait soif. » C'est bien la charité, sentiment peu conforme avec le reste du paganisme. La religion isiaque provoquait donc une véritable métamorphose dans le cœur humain, faisant vibrer en lui ce que la miture a de bon et de généreux. Sérapis cependant inspire la crainte, mais elle est salutaire (■;>.), car il défend aux hommes de se nuire et il maintient la concorde. Cependant il est présumable que dans la jMatique, les belles théories n'eurent pas toujours une application austère, surtout avec

Isis.

(Marbre du .Musco de Xapics

Vu. ^'ii; 2i

Temple d'Isis. Slaliio de Vénus. (Marbi-c du Musée de Xaples.j

(i) Lafaye, ouv. citi'>, p. c)3.

(2) Aristide, 54-

LES TOMBEAUX

LES TEMPLES ET LES CULTES

la

risis (le Ponipéi à la physionomie ég-ypto-greccpie ou alexandrine

complaisante Isis « Icna », dit irrévérencieusement Juvénal (i), était bonne fille, elle fut

pleine de suavité.

Adorer Isis, la ^lèrc de la nature ou la

Nature elle-même, c'était bien honorer le génie

de Vénus aucpiel on associait Bacchus qui, en

Egypte, n'était autre qu'Osiris, car Vénus et

Bacchus avaient leurs statues dans le temple

disis, promiscuité peu de nature à rendre chaste

le culte égyptien do Pompéi. Toutefois dans la

maison de Julia Félix, habit<k' j)ar une isiaqne fervente, il existait une peinture représentant ^>| Isis, Anubis, Osiris et Horus, décorant un sa(cl/t/7)i,oii une

niche était occupée Tcmpio disis. siaïuc de Bacci.us. par un beau trépied ^^'"'■'"" ''" ^^"''-^ ''<" ^'^'p''^' ) de bronze alexandrin soutenu par trois figures adossées de faunes ityphalliques, dont le geste identique du Ju'as et de la uuiiu iiidi(]uo <pie le mystère ne peut être consommé par tous [2). La religion isiaquo ne fut pas observée partout avec le même cérémonial; la doctrine mémo et ses symboles subirent des

variations i)ar suite des identifications locales d'isis avec une autre divinité. Dans Apulée et Plutarque qui vivaient à la même époque, c'est-à-dire une

(i) Juv., M.

(2) Il est utile île l;iirc l'cmarquer que les ;iiu-ieunes peintures égyptiennes représentent un personn:ige ityphalliipie clans la célébration île plusieurs cérémonies religieuses. Du reste,

I POPt Dlv'J' -AMri-iATv;i TATfR y . s .

Trùpicd en bronze de Jnlia Félix (Musée sccrel de Xaples.)

V'n Ylu 7.è

Prôlrcs isiaqiies.

(Peinlnre du temple d'Isis. Musée lir

Xaples.)

.îv^->.

cinqiiiintaiiic (riinnces après la destruction (le l^nnipoi et irHcrculamiin, nous trouvons détaillées les diverses phases religneuses et sacei'dotales du culte égy})tieu. Beaucoup (le prêtres isiaques étaient reclus en Eg-ypte (i), ainsi que les prêtresses, et forniai(Mit des C(illèges dont le chef s'appelait le j)cre (2), mais les pastophorcs (nom que portaient ces relig'ieux séculiers) habitèrent aussi près des temples, à la pastophnria (presb3'tère) afin d'être toujours prêts à exercer leur ministère. Ils eurent souvent une existence mortifiée (3) ; ces ascètes devaient s'abstenir des plaisirs de l'amour et de la table ; ne devaient pas mang-er de viande, ni se servir

de sel; le vin leur était interdit ainsi que tout aliment qui ait eu vie ; ils ne devaient boucher aucune source ni détruire aucun arbre fruitier ; même la laine n'était point tolérée pour se vêtir comme provenant d'un être vivant. Ces religieux s'érie-eaient donc en protecteurs de la

l'retres isiaques.

(Pcinluie rlu temple d'Isis. Musée de NaturC Ct UC pOUVaicut SUpportcr quC

' "P "^^^ l'on détruisit son harmonie, veillant avec

un soin jaloux à sa conservation.

sous les Humains, les Vestales adoraient le dieu de I.ampsaque, lui vouant leur virginité dans un culte plein de désirs interdits.

(i) C'était probablement de ces pavs que devaient venir les pasiop/iores, car dans quelques peintures isiaques, le prêtre est plus coloré de peau que les autres personnages.

(2) Lafaye. Oin'r. cité.

(3) Exemples que l'on retrouve dans quelques cultes orientaux et dont celui de Cybèle pourrait se rapprocher.

Hermanubis.

(Teinture du temple d Isis.

Musée de Xaples.)

[.F.S TOMBEAUX. — LES TF^MPLES ET LES CUI,TKS yi

Il y avait plusieurs catég'oi'ies de prèlros isia(|ues : les Iliéroplioros et les Iliéroslules tlout les habits saeei'dotaux île eouleur souihre icliaussés (roniements brillants étaient l'imaj^e des doelriues mystérieuses et évidentes. Ces [H'ètres portaient des vêtements de Jin au hoi'd t'ranij;é et avaient la tète rasée, mais il y avait une eertaine eaté<^()rie de lliurii'éraires et d'acolytes auxipiels on laissait la Ijarbe et les elieviMix, comme nous le voyons dans une peinture du musée de JNa[)les(i).

Culte d'Isis. Aspersion de l'eau sacrée. (Peinture d'Herculauum. Musée do Naples.)

L;i religion égyptienne fut envahissante et les poètes romains ne la louent guère : souvent les prêtres d'Isis n'auraient été ({ue des mendiants (|ui, pour tpiehpie aumône, lisaient dans les astres, exploitant la crédulité publique. Chaque initiation nouvelle et les phases diverses qu'elle comportait devinrent le prétexte à de Iréipients appels à la Ijourse du néophyte, auquel, p;u' une habile mise en scène, on faisait voir des merveilles fantastiques ; tel le soleil en pleine nuit {•2) ; puis la divinité s'offrait en communion intime, laissant l'initié dans une mystique extase ; il voyait alors des choses qu'il ne pouvait raconter et voiuiit son existence à la déesse adorée. On fêtait Isis dans diverses solennités et ou célébrait la naissance, la passion, la nuji't et la résuii'cction d'Osiris.

(i) Voir ;iu nuiséc GuiiiK't, la Salle d'Isis. (2) Apulée.

Des peintures du musée de Naples nous montrent quelques cérémonies isiaques, dont une des plus curieuses devait être celle qui se célébrait le i5 mars, jour de la fête du Vaisseau d' Isis, très populaire sur les côtes de la Méditerranée. De l'Isium de Pompéi, on se rendait en procession au I)ord

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Fctc du Vaisseau d'Isis. (Pointure do Tlsiura. Musée de Xaples.)

de la mer où des vaisseaux échoués et ramenés au rivage pendant l'année étaient solennellement relancés dans les Ilots. \}\\ vaisseau neuf était aussi envoyé à la mer le même jour, c'était le signal de la reprise de la naviga-

Vaisseau d'Isis, modèle liburnieu. (Poinlurc de l'Isium. Musée do Naples.)

tion ; des peintures du temple d'Isis représentent les navires ainsi offerts à la déesse dont ils portaient le nom.

Le programme des exercices du culte comportait aussi des danses, et nous voyons un personnage barbu, la tête ornée de feuillage et de la fleur de lotus, emblème de la résurrection, exécuter prol)ablement un des pas de la passion (VOsiris que pourrait rappeler la danse du ventre, dans laquelle nous devons voir probablement la mimique d'un poème religieux.

LES TOMBEAUX

r,ES lE.MI'LES ET EES CUF/FES

Un autre sujet représente une nouvelle ec'réinouif où le grand prêtre, la tête rasée et vêtu de lin, livre à l'adoration des lidèles l'eau sacrée du Nil contenue dans un vase, symbolisant la force fécondante de la Nature, ligure du Nil fertilisateur de l'Egypte ; un autel où In-ùlent des parfums et des offrandes est placé au bas des degrés du temple et un prêtre active avec un éventail le feu sacré. Des musiciens jouent de la flûte et les assistants agitent le sistre.

Des scènes analogues ont dû CérL-monic isiaque. La danse sacrée,

se passer à VlsilUn de Pompéi qui ^^^^'"'"'"'^ dHercalanum. Musée de Naples.)

avait été détruit par le tremblement de terre, en l'an f)3, mais il fut reconstruit aux frais de Nonnius Popidius Celsinus, comme le dit l'inscription placée au-dessus de la porte latérale donnant sur la rue. En reconnaissance, les décurions associèrent gratis Popidius à leur ordre.

Le sanctuaire proprement dit est isolé et s'élève de huit degrés, il est précédé d'un péristyle formé de quatre colonnes de face et de deux en retour ; le fond de la cclla est occupé par un large piédestal voûté et percé de deux

Cérémonie isiaque. L'adoration de Teau sacrée. (Peinture d'IIorculannm. Musée de Kaples.)

lucarnes mises en communication avec un souterrain auquel on accédait par un escalier extérieur. Là, probablement, le prêtre caché dans ce

réduit (i) rendait dos oracles au public qui se pressait pour admirer la déesse dans sa gloire. Sa statue était acrolithe, c'est-à-dire avait la tète, les mains et les pieds en marbre ; le corps était en bois recouvert de vêtements de lin et Isis tenait dans la main droite le sistre; dans celle de i>-auclie, la nilomètre. Dans WniibulacruDi occidental se trouvait une autre statue de la déesse en marbre colorié et doré, donnée par Caecilius Phoebus, et non loin, s'élevait l'hermès d'un isiaque fervent, C. Norbanus Sorex.

De chaque côté de la porte d'entrée, percée dans le mur du péribole, il y avait deux vasques pour l'eau lustrale et un socle de marbre que Fiorelli croit avoir servi à supporter le tronc oîi l'on déposait les ofîrandes. L'aire sacrée où se tenaient les fidèles est entourée d'un portique et dans les entrecolonnements existent plusieurs autels particuliers où A énus et Bacchus avaient leurs statues. Derrière le sanctuaire

est une grande salle, hiSr/io/a, qui a pu servir de lieu de réunion aux habitués des cérémonies isiaques et de salle de conférences où l'on exhortait les fidèles ; des oreilles de stuc placées sur les murs sendjlent dire que les prières seront en-

Xorbauus Soicx.

(Bronze du Musée de Aaples.)

Temple d'isis. Vasque de marbre pour l'eau lustrale. (Musée de Napics.)

teiulues et exaucées. Un sistre à tète de chat et un monopodiinn de marbre

(i) Fiorelli. Descrizione di Ponipci.

LES TOMBEAUX. — EES TEMCLES ET EES CULTES <j5

furent trouvés diuis la Schohi «pii possédait diMix £;-p;uidc>s ])(Miitiires dont runc roprésente lo délivi'c'c (TAro-us par .Mercnrn; dans l'autre on voit lo portée par le Nil, dc'harcjner en ]\^-ypte et reçue par [sis rpii tient IV/rr/cv/.f, lo serpent sacré, laiidis (pie ses conipai^'-iies at^-itent le sistre; dans le coin de droite, llai'[)ocrate indicpie le silence; mystérieux. J'.nsuite

lo débarquant en Et;yplc. (Pointure de l'Isiurii. Musée de Napics.)

vient lo Sdcrai-iiiiii rpii était le lieu où l'on devait conserver les trésors offerts (lar la [)iété des initiés et dont les parois étaient ornées de peintures représentant Bacchns, Narcisse, Cliiron instruisant Achille, Paris et une divinité iluviale (lo Sarno?). iNfons voyons ensuite une peinture rai)i)elant celles des l<ii-<iri<i et où des serpents agathodénions entourent Isis assise sur un trône ayant à ses côtés Osiris barbu, vètn d'une longue tunique, la tète ornée du lotus et d'un nimbe, le sceptre

Vnj ^ viiij zi

<i Mcgarum » du temple d'Isis.

on main et ayant entre ses pieds une tète humaine. Typhon nu est assis,

les mains posées sur les genoux en une pose hiératirpie.

Puis entre deux énormes tètes, cinq fois grandes comme nature, ayant une l)arbe et le crâne surmonté de la lleur du lotus (Plutus-Sérapis) nous voyons une Egyptienne montée sur une barcjue en remorquer une autre où l'on voit un oiseau enfermé dans une cage. Au même endroit on trouva aussi une statue de dieu barbu que Ton siqipose être un Priape, et dans une niche figurait une "^ divinité égyptienne, en porce-

Teriijjlo d'Isis, Inlériour du « mcgarum ».

D •i.pi.s cookc. laine verdàtre, assise et coiffée

j>f/T il

LES TOMBI'ALX.

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