L'AUTEL DES SACRIFICES
EX dehors des dévotions spéciales, il en était une, à laquelle tout bon Ilomain ne |iouvait échapper; c'était d'honorer dans une même vénération Jupiter, .lunon et IMincrve, les divinités Capitolines, (pii avaient pris possession d'un petit temple, adossé à celui d'isis, connu sous le nom de temple d' Esciilape \\ cause des nombreux ex-voto de terre-cuite, [)ieds, mains, mamelles, utérus, etc., qui y lurent trouvés. En tous les cas, dans ce sanctuaire était iuvo(piéc une divinité médicale, car un buste de Miiierva lucdica y fut trouvé à côté des statues de .lu[)iter et de Junon que l'on avait cru être celles d Esculape et d'Hygie.
Il est possil)le cependant, ipie le Jupiter honoré dans ce temple, aux derniers temps de Pompéi, fût Jiq)iter-Séra[)is ipic les llomains considéraient comme étant doué de vertus propres à la guérison des maladies.
Nous voyons à Pompéi, surtout après l'an (i'3, les ilomains profiter des désastres du premier trendjlement de terre i)our réformer selon leur goût, les divinités que les anciens Pompéiens honoraient ; tel ce temple dit
d'EscuIapc, qui était primitivement dédié, d'après une inscrii)lion osque,
Statue de Jupiter. (Terre cuite du Musée de Xaplcs.)
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à Jupiter Meilichios (qui accueille les sacrifices). Quant au temple par lui-niènie, il est le i)lus petit de Pompéi ; on y pénétrait par un portique dont le toit était soutenu par doux colonnes disparues aujourd'hui, une petite salle continue devait renfermer les objets du culte, ou bien servait à loger les malades qui venaient implorer la guérison. Puis, dans \ nrca
se dresse l'autel de style archaïque orné de triglyphes ; neuf degrés conduisent à la ccUa précédée d'un proiiaos avec quatre colonnes de face.
A côté des ex-voto en terre cuite trouvés en ce lieu, il dut y exister d'autres preuves de la reconnaissance des Pompéiens à une divinité médicale. Des tableaux votifs étaient aussi offerts, reproduisant les accidents et les dangers auxquels on avait échappé. De nos jours, si l'on veut se rendre compte de l'effet produit par ces images, il n'est besoin que d'entrer dans l'église San Agostino, à Rome, où il y a une exposition permanente des plus pittoresques.
Trois édifices religieux proprement dits restent encore à connaître : le temple de Vespasien dit de Mercure, celui de Jupiter, et le saccllum d'Auguste ou Auiïustcuni.
Le temple de Vespasien, ainsi nommé parle professeur allemand August Mau , fut construit aux frais de la prêtresse iMamia dont nous connaissons le tombeau ; cet édifice était très petit et son vestibule, couvert d'un toit soutenu par quatre colonnes, laissait à découvert toute la cc//a a laquelle on avait accès par deux perrons placés de cha([uc côté, et dont les premières marches étaient contre le mur du fond, de soi'te que sur la façade, les degrés n'étaient pas visibles. Devant ce petit sanctuaire qui porta aussi les noms de Qiiiriitiis et du Génie (/'Ai/gitslc, s'élève un autel de beau marbre Jjlanc, décoré de sculptures qui n'ont pas grande valeur artistique, mais dont les détails offrent quelque intérêt. Sur la face antérieure de l'autel,
Slaluc lit- JuiKiii. (Toi-rc ciiil du Musûc do ÎVapIos.)
LES TOMBEAUX. — LKS TEMPLES ET LES CULTES
le Popa, assisté de deux aides, conduit le taureau destiné au sacrifice, un vic-tiuuiire, nu justju'à la ceinture, a le bas du corps revèln du Ihniis
Temple de Jupiter Mcilioliios.
et tient un nuirtcau. Le sacrificateur est un inat^istrat, probablement un Auguslcdc^ comme on le reconnaît à son cortège armé ; il ré})and une liba-
Temple de Vcspasien.
tion sur le trépied ; derrière, se trouve le rc//?//7///.v ^lortant \(i simpnluin et la /vr//r/"(7, ayant sur les épaules la ivV/c/; plus loin, un jeune homme, \eJutoi\ ^réseniewno patelin remplie de gâteaux; dans le fond un fibicen ]ouc des tibiae-porcs.
lOC
PO.MPEI
Sur la face postérieure est sculptée une couronne, et sur les parties latérales nous voyons différents ol)jets utiles aux sacrifices : dune part, un
Bas-relief de l'aulel du tcuiplc de Vospasien.
simpulum avec \\\\ prcu-fcrhulmn et un petit vase pour l'eau lustrale; de
tm^Mi^tn-.
Bas-relicf3 de l'autel du temple de Vespasieu.
l'autre, un liluus^ insig-nc recourljé des augures ; une accrra, la boîte à encens et le iiui/iti/c, serviette spéciale à longs poils, servant à étancher le sang des victimes.
LES TOMBEAUX. — LES TEMPLES ET LES CUF,TES
Une espèce do crochet à viande, le pcnihclon (i), était en usage pour maintenir les chairs sur le feu de rautel, et des bassins munis d'anses
Re>,lli (^)
Patora. (Musôc do Naples.) . Le « jjembelon ». (Musôe do Xaplcs.)
mobiles servaient à recueillir les entrailles des victimes où les aug-ures venaient lire tout ce que leur imagination pouvait bien suggérer, car l'art
Sacrifice d'un porc.
(Bas-relief en marbre du Musée de Naples.)
Bassin de bronze pour rocuoillir les entrailles des victimes. (Musôe de Xaples.)
de la divination, dérivé du culte d'Apollon, était très cultivé par les Romains, gens superstitieux.
Les augures, les aruspices, les devins, les magiciens, les sorcières
(i) Le pembeloii était aussi un ustensile de cuisine. Voir Ilelhig. L'Epopée homèrUjiie expliquée par les monuments. Trad. Travinski. Introduction de Max CoUignon.
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cl k's prophétcsscs de tout acabit, curent une grande induencc sur
les évcncnients les plus divers, et les oiseaux ont toujours flg-uré
parmi les messagers révélateurs des présages : l'aigle, le héron, la
chouette, l'orfraie, etc., étaient doués d'un pouvoir prophétique. Selon
qu'un oiseau prenait son vol dans telle direction, selon qu'il agitait
la patte droite ou la patte gauche ; s'il battait de l'aile ou jetait un
cri ; tout était observé par l'ai-uspicc et interprété aussitôt. L'appétit
des poulets sacrés était l'objet d'une surveillance constante de la part
des auffures. mais les entrailles des victimes offraient ijarticulièrenient
un champ d'études et de recherches approfondies dans les chairs
encore palpitantes, quand le sang bouillait encore. Le foie surtout,
était le recueil où se lisaient bien des choses qui ne se déchiffraient
pas toujours dans les autres viscères. Combien de graves décisions
furent prises ai)rès ces ineptes pratiques, selon la réponse de l'augure!
Le feu était considéré comme un élément à consulter, ainsi que les
œufs quand ils cuisaient; quand l'œuf se crevassait et coulait, l'effet,
produit était néfaste. Les présages furent aussi recherchés dans le tirage
au sort de nombres différents que l'on obtenait au moyen de cailloux
et de dés, Mercure protégeait cette sorte de divination.