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CASA DELLA CACCIA

W v'ii'i S/£

.MAISON '. I)I:L l'Oiri'A TRx\.GI(;() »

LES TOMBEAUX. — LES TEMPLES ET LES CULTES

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Supprimées par César, ces fêtes furent rétablies par Auguste (i) qui, à l'ombre de la vieille popularité des Lares des carrefours, facilita l'union des Lares de l'empereur et de ceux de la ville ; cette fusion se fit grâce au concours des j)iai;/.stri vicoi-iiin, ces magistrats civils (|ui étaient cbargés de répartir les munificences inn)ériales ; ils commandaient les esclaves

Kfi> , II,

|Q\-.-u^i'''.''">'°'«i'-^Wi'L"Jg!!i>»'s:tiic^^ ~\

Biscllium.

(Brouzc du Musée de JN'aples.

chargés d'éteindre les incendies et étaient aussi pourvus d'un caractère religieux dont ils surent profiter.

Il est probable que c'est de ce collège de fonctionnaires investis d'un double caractère, que se forma la corporation des yJiigustalcs, prêtres des Césars, dont plusieurs méritèrent rhonneur du bisc/Iit/ni, décerné par les décurions, comme l'indiquent quelques inscriptions tumulaires.

Les femmes également exerçaient les fonctions sacerdotales, et un autre édifice de Pompéi que l'on ne peut classer parmi les temples, mais que l'on peut assimiler aux monuments religieux, est \*.' portique d'Einnachie^ élevé par la prêtresse de ce nom et dont la statue a été retrouvée

(i) Boissier. La religion romaine.

IcS

sur le piédestal où se lisait cette inscription :

EUMACHIAE L. F.

SACERD. PVBL.

FVLLONES

« A E\imachie, fille

Statue d'uiio pi-ùtrcssc do Poinpci.

(Marbre du Musée de Naples.)

de Lucius, prêtresse pu- L'entrée donnait sur d'une inscription, que au-dessus d'une porte rue de l'Abondance et dessins. « Euinavliic^ tresse j>iil>rtqtie, en son fils Mareits Nii mister et dédié à l<i Concorde eli(tleidi(iue, une crypte édifice consiste en une lerie couverte (portique)

:,UMiacliio.

(Marbre du Musi'c de Naples.

Statue d'uue prêtresse de Puuipéi.

(Marbre du Musée de Xaples.)

blique, les Foulons. »

le Forum et était ornée nous retrouvons encore latérale, donnant sur la que rc})roduit un de nos /i//c de Lucius^ prénom et an nom de son Frnnto a é/'/gé à ses /'/■(lis et à 1(1 Piété /Auguste, un et nn portique. » Cet ai-cd entourée d'une i>aet d'une autre O'ale-

rie fermée (crypte). Le Chalcidicum (i) était cet avant-portique supporté

(i) Quant au niol vludcidicnm il vumU de la ville tU- Chalcis en F.ubée où ce genre de construction paraît avoir été inventé.

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par seize colonnes dont le fond est occupé par deux cxcdvuc. C'était en ce lieu, à la .schola, (pie se réunissaient les membres de la cor})oration des foulons que patronnait Eumacliie, femme au visage pur em[)r('int de mélancolie. D'autres priMresses ont laissé leurs noms à Pompéi, nous connaissons ceux de Ilolconia, de Lassia et de Mamia, la donatrice du temple de Yespasien, puis celui d'istacidia N. F. Ilufilla, dont le cip[)e funéraire est situé à côté du tombeau de jMamia. Comme nous le voyons, le sacerdoce à Pompéi n'était pas seulement l'apanage des hommes, et à Naples se recrutaient les prêtresses de Cérès, nous dit Cicéron. Ces matrones étaient très vénérées et leur g'rande fortune permettait des largesses, soit pour orner un théâtre ou donner des jeux, en échange elles recevaient les honneurs publics ; les grandes associations se mettaient sous leur puissant ])atronage et on vit les sénateurs d'une ville d'Italie décerner à une certaine >.ummia \ aleria, prêtresse de Vénus, le titre de ])rotectrice de la ville (i).

(i) D après Mau, les lonclions sactM'clt)tales. à Pompéi, peuvent se classer ainsi : i" Prêtresses de Cérès et de ^"énus; a° Prêtre [jldmcn, saccrdos) d'Auguste; 3° Augustalcs ; 4" Minisires d'Auguste, de Mercure, de ]Maia ; .V' ^Ministres de la Fortune-Auguste ; 6° Maîtres [Magislri) et Ministres du p(ii;iis (Ijourg Aiii;iistiis-Fcli.r. placé sous le vocable de l'Empereur.

LES LARES DOMESTIQUES : LEUR ORIGINE. — LE GENIUS LOCI LES SERPENTS AGATHODÉMONS : LEUR INFLUENCE

A côté (le toiUcs CCS manifestations religieuses d'ordres divers, dont les temples furent le théâtre, en célébrant les mystères et en immolant les victimes; les dieux furent a\issi l'objet d'un culte particulier dont la pratique intime avait lieu dans l'intérieur des habitations, quoique Numa, dans les premiers temps de Home, défendit d'adorer, de prier les dieux chez soi ou ailleurs que dans les monuments consacrés. Aussi, la maison gréco-romaine possédait-elle un endroit spécial pourvu d'un caractère religieux. C'était le lararinm où les Lares, les Pénates et les Génies étaient invoqués.

Les anciens, qui croyaient à l'immortalité de l'àme, avaient admis l'existence de divinités secondaires qui servaient d'intermédiaires entre le ciel, les enfers et la terre. Les Mânes des défunts, pensaient-ils, habitaient toujours les maisons poiir les protéger ; on honorait chez soi les parents décédés parce que primitivement on enterrait les morts dans son domicile. Mais pour différentes causes immanentes au caractère de chacun, tous les défunts ne pouvaient être des génies tutélaires ; les nuiuvais esprits, 1(!S larves, ne pouvaient se fixer nulle part, ainsi que l'àme des morts qui n'avaient pas été ensevelis selon les rites ; ils étaient condamnés à être ce (pic l'on a[)[)elle une à/ne en peine. Les bonnes âmes c'élaicnit les leninres ou l(tf{\).

(i) M. ("iiiiiTiiinull , (l;ins s:i li;iiliul ion île (Ircu/.r'i, ilil (jur l;i iikusoii piilcrnellc et les tendres souvenirs, ce toit tulclaire <[ui nous :i vus naître, ;i l'abri duquel nous sommes élevés, cette

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Cependant, comme on ne connaissait jamais au jnste la natnre dn défunt, on coniprciiait tont ce que l'esprit a do plus pur sous le nom de Màncs qui, honorés coniiiic demi-dieux, devenaient Lurcs o\\j)i()t(ctciirs du foyer (i).

Cicéron nous dit, du reste, qu'il faut regarder comme dieux les parents que l'on a perdus. Jl y avait plusieurs catégories de Lares et des variétés infinies. iVous avons déjà mentionné les Lares publics ou y-luL;;ustes qui étaient les(iénies des empereurs déifiés et les Lares urbains ou coiupitales ; il y avait aussi les Lares r//r(fu.r, marins^ familiers ou (ioutestiijues.

\^es petits Lares étaient les dieux des campagnes, Priape, \ ertumne, etc. Les grands L^ares étaient les Génies des douze grands dieux qui prenaient aussi le nom de Pénates (:i).

Les Lares domestiques furent l'objet d'une dévotion spéciale particulière dans chaque famille où l'on avait le culte des ancêtres. Leurs autels pullulent à Pompéi, ornés de la figure des dieux, et leur décoration varie selon la fortune et la dévotion de chaque citoyen. Aussi, parcourant cette ville ruinée, on pourrait dire avec autant de certitude que la Quartilla de Pétrone « qu'il est plus facile d'y trouver un dieu qu'un homme ».

Les dieux sont fils de la crainte, dit également l^étrone, et Maxime de Tyr évalue leur nombre à joooo. Il ne faut pas être trop surpris de ce cliifîre si l'on considère que les anciens avaient accepté toutes les divinités qui se présentaient pour venir grossir la liste des petits dieux [dii popu-

douce habitude, cette familiarité confiante que nous avons des lieux connus dès notre enfance, toutes ces idées et leurs moindres nuances se trouvent renfermées dans le mot étrusque Lnr.

(i) NousdevonSjjecrois, trouvcrreml)rvonduLarc dans les Trru'aii.r et les Jours, oii Hésiode, après avoir fait le récit de l'origine commune des dieux et des hommes et la description de l'Eden où Saturne régnait encore, se met à dire : « A cette époque les hommes mouraient comme ils s'endorment, mais quand la terre eut renfermé cette première race, Jupiter en fit des i;c>/iics JiirnfhisaïUs (jni Imliilcnl pm-nii nous, veillent ii la i;ûr(/e des mortels, observent les actions justes et criiiiinelles ; environnés de nuages qui les dérobent à nos yeux, errant sur la surface de la terre et distribuant la ricliesse, telle est la royale ionction qu'ils reçoivent en partage. »

(2) Les Pénates propronuiit dits n'étaient autres que les dieux de l'Etat considéré comme une famille de citoyens ;i bupiellc sacrifiait, ;i de ceitains jours, le peuple romain tout entier.

POMPKI

lares) dont la plupart ne devaient lenr nom qu'aux attributions spéciales que l'iniag-ination leur prêtait; il y avait même les dieux inconnus, venus ou à venir {dii ignoti). Dans cet olympe encombré, lorsqu'ils ne savaient à quel saint se vouer, dans l'espoir d'une protection nouvelle, les anciens fabriquaient pour leur propre usage des divinités dont les Lares héritaient. Ainsi avons-nous vu Auguste dont le génie était invoqué de son vivant, devenir Lare et être adoré après sa mort. Plus tard, on alla même

plus loin ; les Lares de JMarc-Aurèle furent lesgrands bommesquil'avaient élevé, et Alexandre Sévère adorait Orphée, Abraham et Jésus-Christ ; ce prince se composait ainsi un panthéon des plus variés et témoignait d'un éclectisme que les hommes n'ont pas souvent montré (i).

Donc, liberté la plus complète était laissée à chacun pour le choix de ses protecteurs, ce qui donna naissance à une quantité de peintures et de statuettes dont nous examinerons les spécimens les plus caractéristiques. Le laraire proprement dit est quelquefois fort simple et une peinture seule vouait un local à quelque divinité. Des serpents peints ou en bas-reliefs de stuc ornaient les murs de [)lusieurs pièces de la maison ; ils étaient l'emblème du gciiius loci. Une de nos gravures représente Harpocate, le doigt sur les lèvres, à côté d'un autel autour duquel s'enroule un serpent prêt à manger des dattes et des figues déposées comme offrande. Une inscription placée sur le fond du sujet est ainsi libellée : Gc/iias liujus loci 7>i<>//lis « le Génie de ce lieu, de cette montagne ».

Si nous nous reportons à ÏJi/x'idr, nous voyons qu'Enée, après avoir rendu les derniers devoirs à son père, voit un serpent s'échapper du tom-

ff--^

Le Goiiie tlu lien. (Peintui-e cl llereuhimiiii. Musée de Xtiples.)

(i) Jésus-Christ, du reste, étiiit accepté parmi les païens comme uu dieu il l'égal des leurs; ce que les chrétiens ne pouvaient admettre, d"où l'un des prétextes de la persécution.

LES TOMBEAUX. — I>ES TEMPLES ET LES CULTES

beau ; mais le fils d'Aiichise et de Vernis ne sait s'il doit voir dans ce serpent le Génie familier de son père ou le Gritic du lieu.

Le serpent était en telle vénération que ces animaux furent l'objet d'un culte populaire et qu'à Rome (i) l'usage se répandit d'en apprivoiser et d'en nourrir dans les mai-

d/w/^ ^A^ LVr f

sons; pendant les repas, ils venaient se glisser dans le sein des convives [-i).

Il est probable que des animaux si familiers, en se multipliant, devinrent encombrants et que la peinture de leur image dut renqjlacer l'usage d'animaux vivants (3). Ces Génies purent placés un peu partout pour garantir de toute injure les cuisines, les fournils et les murs des rues, principalement aux carrefours. Perse, désirant que tout soit blanc comme neige, se met à dire (4) :

Figuration iirolcctricc. (Pciiilurc du Musée de ^'ajiles.)

Pingc duos angucs :j)uc/i\ sacer est lucus ; citi

Mcj'ite. . .

Des inscriptions quelquefois venaient accentuer les significations symboliques :

Oliosus locus hic non es/, deccde morator ; ou bien :

Duodccini Deos et Diaiuun et Joi'e/n optimum mti.iimum ludjecit iidtos quisr/uis /lie inin.verit aut eaeaverit.

(i)Plîne. XXIX, chap. iv.

(2) Sénèque. De lia, II, xxxi.

(3) Il existe à Pompéi, dans les murailles rorlifiées qui cloniiciit sur la campagric, îles serpents inoffensils qui ressemblent beaucoup aux fameux gcnii loti.

(4) Perse. Sai. I,

V^PcT

Dans le haut triuie i)cintiire représentant nn homme accroupi et assailli par deux ser[)ents se lisent ces mots : Cticator cave iikiIuiii. Ces objurgations, certes, ne devaient pas être inutiles avant Vespasien, et sur les murs des corridors (jui conduisaient aux thermes de Trajan à Rome était inscrite nne menace analogue ; ce qui prouve (jue de tout temps les habitudes ont été les mêmes, et (pie certaines inscriptions servaient comme maintenant à })réserver les monuments de toute souillure. Il est curieux de voir l'ingérence religieuse dans les plus petits détails de l'existence des anciens, (pli, en gens pratiques, faisaient intervenir les dieux jusque dans la police de la voirie.

Si, dans la religion romaine, les serpents étaient considérés comme des génies protecteurs, l'origine de leur culte remonte à la plus haute antitpiité, et ils furent, selon les circonstances, considérés comme malfaisants ou bienfaiteurs.

Chez les Egyptiens, le grand serpent de l'hémisphère inférieur, Apophis ou Set est le i)rincipe du mal vaincu par Horus. Les Hébreux l'avaient emprunté à l'Egypte et à l'Assyrie (i) et le serpent d'airain que Moïse livra à la vénération du peuple devint facilement un objet d'idolâtrie qu'Ezéchias dut détruire. En Chaldée, furent trouvées des tablettes où étaient représentées les origines du mal selon le récit de la Bible. Le génie à l'influence pernicieuse dont le venin m3^stérieux foudroyait ceux qui étaient atteints de ses blessures fut adoré non pour obtenir de lui des bienfaits, mais pour calmer sa colère et adoucir son pouvoir ; de nu^nne aussi lui demandait-on d'user de sa puissance pour nuire à un ennemi. Ce fut probablement cette dernière considération (jui détermina les hommes à le croire moins malfaisant puisqu'il pouvait rendre des services ; il eut donc ainsi, grâce à l'imagination timorée et crédule des païens, un r(jle protecteur sans perdre poi^r cela son terrible caractère (a).

(i) Voy. Pottiei-S;igllo. Dictionnaire des Antiquités. Draco.

(2) Nous savons que le serpent dEpldauie, d'Esculapc et d'IIy^ic symbolisait la divination et la médecine. Hérodote parle aussi de petits serpents qui avaient deux cornes sur la tète, ils ne faisaient aucun mal et quand ils mouraient on les enterrait dans le temple de Jupiter auquel ils étaient consacrés. Les serpents turent les protecteurs des temples comme ils

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L'œuf dtait roffraiide luibituello que le peuple faisait aux serpents des laraires, qui furent aussi le symbole iW-Igathoddcnion, divinité mâle de l'ordre des Génies dont la Boitiic-Fortitiic est la représentation femelle (i).

avaient étù les gardiens dus jardins sacrés ; son image se voyait partout et les femmes l'adoptèicnt comme parure préservatrice.

(i) Le chrislianisme continuant la tradition de la Genèse, le serpent, syndjole du mal, eut la tète écrasée par la lemme, la Vierge, et si Tarehange saint Michel dans la lutte des Anges a vaincu le Démon, nous voyons au moyen âge saint Georges lui donner le .lernier coup ; rappelant Horus, monté sur un cheval que lui donna son père Osiris, pour combattre Typhon, le monstre de la terre d'Egypte.

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