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LES LARAIRES. — LES USAGES DU CULTE DOMESTIQUE DES LARES

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PÉNÉTRONS dans une maison pompéienne par \q protlijrum (i) en enjambant les mots Salve ou Hm'c et plaignons de leur sinécure les quatre divinités de la porte. Les battants n'existent plus, c'était Foculus qui en avait la garde, Limentinus veillait au seuil et au linteau, la déesse Cardea i)rotégcait les gonds, Janus présidait à l'enscudjle (d'où j'aniKt, porte). Nous arrivons à Vatriiiin où, dans un coin, nous voyons une niche creusée dans le mur où se trouvait encastrée une édicule ornée d'un piilviiuir (a) ; c'est là que se conservaient les images des ancêtres [iinaginc.s majoriini), les Lares et les divinités tutélaires. Les absents mêmes avaient leur image placée dans les cases placées autour de l'atrium et Ovide ('3) nous

montre la femme de Protésilas regardant avec tendresse le portrait de son époux parti pour la guerre et l'embrassant comme si c'eût été Protésilas lui-même.

Pétrone nous dit (4) : « Dans l'angle du portique, je vis encore une

(i) Voy. cliap. M.

(2) Lit d'apparat des divinités.

(3) Hévoïdes.

(4) Pet., 5a?., XXIX.

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LES TOMBEAUX. — LES TEMPLES ET LES CULTES

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vaste armoire qui renfermait Il II reliquaire où étaient placés des Lares d'argent, une statue de Vénus en marbre, et une boîte d'or d'assez grande dimension qui, disait-on, renfermait la première barbe de Trimalchion. »

Mais l'atrium n'était pas le seul lieu de la maison où se plaçait le laraire, le jx'ristylitini (i) en était quelquefois pourvu et des pièces spéciales appelées sacellum étaient de véritables sanctuaires. Mais ces oratoires privés, terminés par une abside, existaient surtout dans les habitations riches où les dieux étaient adorés avec luxe. Cicéron cite une chapelle de ce genre (2) où se trouvaient une statue de Cupidon en marbre de Praxitèle, un Hercule en bronze de Myron, des Canéphores de môme métal de Polyclète et une statue en bois

de la Bonne-Fortune. Les papiers importants et les objets précieux étaient cachés dans ce lieu vénéré que les serpents agathodémons proté- :- geaient toujours.

Dans une peinture dédiée

(i) Voy. chap. v.

(2) La maison de Popidius Priscus Sacellum. possédait un sacellum.

Ati-iuin et larairo d'une maison de la rue de Nola.

Omphalos. » (Peinture d'un laraire dédié à Apollon.)

garni de fruits. Au-dessus, Cérès assise, tenant 1;\ corne d'abondance et la paiera, s'apprête à faire une libation sur un petit autel chargé d'épis de blé, elle est accompagnée des Lares poeillatorcs, couronnés de feuillages, vêtus d'une courte tunique {suecinetis larilms) et tenant lerython d'où jaillit le vin cpii retombe par une courbe gracieuse. C'était sous cette figure que les Lares fami-

an (lénie d'Apollon dont nous voyons remljlème, Voin])lial(>s recouvert d'un réseau; le serpent Python, ici, devient agatliodcmon et les deux Lares sont coiffés du bonnet phrygien. Puis cet autre sujet, placé près d'un four où se cuisait le pain, représente les génies du lieu entourant un autel

Sacrifice à l'Abondance. (Peinture.)

Autel à Cérès.

liers étaient ordinairement représentés ; il est à remarquer qu'ils exécutent souvent le temps tournant de la pirouette (i). Dans le bas du mur se trouve un bloc de maçonnerie où devait être le pétrin, véritable autel où l'on sacrifiait à Cérès.

(i) Voy. Emiiiaïuu'l. La danse i^recfjiie an/ifjiie, 266. Ihichetto. Paris, i8c)6.

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