‹ PompeiChapitre 4 sur 110 · LE PREMIER TREMBLEMEXT DE TERRE DE I.AX ©3 RECONSTRUCTION DE LA VILLE · texte numérisé non relu

LE PREMIER TREMBLEMEXT DE TERRE DE I.AX ©3 RECONSTRUCTION DE LA VILLE

CF.TTE ville que Tacite et Sénèque appellent célèbre, malgré le peu de lustre dont elle brilla dans Tliistoire, était heureuse alors ; on allait y chercher le calme et la tranquillité nécessaires à l'élude, loin do la politique et des compétitions sanglantes. Beaucoup y venaient pour ne rien faire ety jouir d'une vie voluptueuse. Une si douce existence ne pouvait toujours durer : le 5 février de l'an Go de notre ère, un tremblement de terre terrifia la contrée, ainsi que le rapporte Sénèque : « Pompéi, dit-il, ville considérable de la Campanie,qu'avoisinent d'un côté le cap de Sorrcntc et Stabies, et de l'autre le rivage d'Herculanuni, entre lesquels la mer s'est creusé un golfe riant, fut abîmée par un tremblement de terre dont souffrirent tous les alentours, et cela en hiver, saison peu coutumière de ces sortes de périls, au dire habit\iel de nos pères. Cette catastrophe eut lieu le jour des nones de février, sous le consulat de ilégulus et de \ irginius. La Canqxinie qui n'avait pas été sans alarmes, bien ([u'elle fût restée sans atteintes et n'eût payé au lléau d'autre tribut <[uc la peur, se vit cette fois cruellement dévastée. Outre Pompéi, llerculanum fut en partie détruite, et ce qui reste est bien détérioré. La colonie de \uceria ([)rès de Pompéi), plus respectée cependant, n'a pas été épargnée. A JNaples, beaucoup) de maisons particulières se sont écroulées, mais les édifices publics ont résisté... Des villas furent ébranlées... et l'on ajoute (piiin troupeau de (ioo moutons perdit la vie, que des statues se fendirent, et qu'on aperçut dans la campagne des malheureux auxquels la frayeur avait fait perdre la raison... »

Pompéi vit donc ses principaux monuments détruits, ses maisons ren-

lo POMPEI

versées. Presque toutes les constructions furent relevées selon le goût du jour dans le style de l'empire. Aussi les monuments grecs qui faisaient Ihonneur de la cité n'ont pas tous été réédifîés. II en reste quelques ruines que nous verrons plus tard, lîien des vases anciens des meilleures époques ont disparu dans la commotion, grâce à leur fragilité ; bien des peintures, œuvres d'artistes grecs, n'ont pas laissé de traces. iMais il en reste encore bien des spécimens échappés au désastre, assez beaux pour intéresser l'archéologue et l'artiste et leur faire goûter l'art alexandrin (jui, malgré ses défauts, est encore le rellet le plus brillant que nous ayons des peintures de l'Hellade.

Beaucoup de maisons pompéiennes furent rebâties à la hâte, et dans la construction des murailles on voit souvent employés des tessons d'amphores ; des morceaux de marbre se trouvent pêle-mêle avec le mortier ; une amphore même vint renqdacer une poutre dans le chambranle d'une porte. Les monuments avaient repris leur aspect, les temples abritaient les divinités, des sacrifices leur étaient offerts pour calmer leur courroux, et les Pompéiens insouciants menaient toujours leur existence douce sous le beau ciel bleu, non sans éprouver quelquefois de légères alertes, vite oubliées.

Qiumt au Vésuve, Plutarque et Strabon nous le représentent comme n'ayant qu'un seul sommet, la campagne des environs très fertile et tout le mont couvert d'herbes, d'arbrisseaux et de vignes, excepté le haut, presque tout plat et stérile, qui laissait voir clairement les ravages du feu. On n'y voyait que des cavernes avec de larges crevasses, des roches calcinées, d une coloration noirâtre et cendrée, signe certain que cette montagne était un volcan éteint faute d'aliments. En G j, Tacite nota un autre tremblement de terre qui fît écrouler le théâtre de Naples où chantait Néron ; mais l'empereur et les spectateurs échappèrent au désastre.

Page 1