‹ PompeiChapitre 60 sur 110 · C- IVLIVM POLYBIVM AED- ovi- PANEM BONVM FERT · texte numérisé non relu

C- IVLIVM POLYBIVM AED- ovi- PANEM BONVM FERT

« Nommez C. Julius Polybius édile; il ap})orte du bon pain. » Les portefaix [saccarii] voteront pour Cerrinius ^ atia et pour Aulus

Vettius.

Tous les muletiers [mulioncs) étaient pour Cuspius Pansa et Julius

Polybius.

LA HUE. — LKS I.NSCUIPTIOXS. — LES INDUSTRIES

3Ième les Isiaqucs {/siari) et les adorateurs de Vénus [f^cneri) ne dédaig-iiaieiit pas de prendre part au mouvement électoral :

CVSPIVxM PANSAM AED- POPIDIVS NATALIS CLIEXS CVM ISIACIS ROG-

l'Ai^IVM o.v.i.D.

VENERI ROGANT-

tu^l

Charpcnliors. (Pointure du uiusL-e de Xiiples.)

Quelquefois même, tout le monde porte le même candidat :

POPIDIVM SECVNDVM AEDILEM POPVLVS ROGAT-

Il n'y avait pas jusqu'aux joueurs de balle [pilicrepi) qui n'avaient leur candidat préféré : Mttius Firmus.

Comme nous le voyons, à Pompéi, chaque corporation savait défendre ses intérêts, chaque groupe était uni pour la lutte, et tout électeur faisant partie d'une association professionnelle votait en connaissance de cause. Ainsi les charpentiers réunis en association sont représentés sur une peinture de Pompéi où nous les voyons, le bar// /us h la main, portant sur leurs épaules le fc/^c/duin, surmonté d'une édicule entourée de petits vases ; Dédale, patron des charpentiers, est là debout, devant le corps de son neveu Icare qu'il vient de tuer en lui perforant le cràue

24o POMPEI

avec un clou. Des statuettes de scieurs de long' et de raboteurs complètent le sujet, rappelant <[uc Dédale passait pour être l'inventeur de la scie et du rabot. Cette peinture ne nous représente-t-elle pas le fameux cltcf-d'œin'ic que les charpentiers modernes, la grosse canne en main, portaient processionnellement à la Saint-.Tose})h, leur nouvelle fête })atronale (i)?

Les associations populaires ou collèges étaient très })rospères et leurs membres trouvaient à la .sc/io/a un lieu de réunion cpi'un puissant })rotecteur mettait à la disposition des affdiés ; ainsi la iirètresse Eumachie le faisait-elle })Our les foulons ; la .svliola avait la chapelle de ses dieux protecteurs particuliers, et Valhuni de la communauté portait les noms de tous les membres, de sorte que, où un homme isolé n'aurait pu faire valoir ses droits, l'association soutenait les revendications et demandait même des privilèges, aussi la solidarité arrivait souvent à triompher de l'injustice (2).

Puis à côté des sociétés professionnelles, nous voyons à Pompéi quelques associations fantaisistes où l'on ne demandait aux adeptes que d'avoir les mêmes goûts, c'étaient des cercles dont les membres portaient leurs voix sur un même nom. Les dormeurs {(tori)iivittc.s\ votaient pour \ atia ainsi que les larronneaux, les petits filous (faruiiculi).

VATIAM AED- UOGAXT VATIAM

MACKUIO DOIl.MIEXTES EYRVXCVLI ROG-

VMVERSI CVM

Un candidat des dormeurs dut être élu, car nous voyons un grajjito ainsi conçu : « Macerion prie l'édile d'empêcher le peuple de faire dans la rue un tapage qui réveille les honnêtes gens qui dorment. » Les Pompéiens turbulents ne pouvaient être que les tard-buveurs {.scrihibï)

(i) Dans une peinture des catacombes nous voyons un maître menuisier, en costume de parade, tenir à la main une grande canne munie d'une petite pomme, comme celles des suisses d'église. (Voy. Baciilus. Saglio.)

(2) Les corporations de l'ancien régime n'étaient qu'inspirées des cellcges antiques que les syndicats modernes essayent de rétablir.

LA RUE

\A\S IXSCllIPTIONS. — [JÎS IXDUSTllIES

qui, eux aussi, formaient uno sociétû dont los ade[)fcs no devaient pas toujours retrouver leui' loL;is ; ils volaient [)()ur C(>rrinius ^'alia :

M- CERRINIVM VATIAM AED- ovi- SEUIBIBI

VNIVERSI ROGAM SR- ELORVS CVM FRYGTO...

Quelquefois même, c'est une combinaison proposée au sujet d'un vote.

Alliiiin lie ri'dilico (1 l{][iiii:icliic. (Mur Je la rue de lAliouihiuce.)

un échange de Ijons procédés : Sahinuin acdilcin Pronilc fac et illc te f'acicl^ « C) Proculus, nomme Sabinus édile et il te nommera! »

Toutes les inscriptions de Ponqiéi sont peintes sur le mur à hauteur (riiomme, il est très rare d'en trouver plus bas [)lacées, car les murs extérieurs des maisons sont enduits d'une couche de chaux ou de stuc dans leur ])artie inférieure, fornuint ainsi une haute cinuiise qui, généralement, est vierge d'affiches et d'annonces.

Des endroits s[)éeiaux, les (ilhuia.s, étaient réservés sur les murs de

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plusieurs monuments et formaient des panneaux comme ceux que nous voyons sur l'édifice d'Eumachie ou dans une peinture du musée de Naples représentant des lecteurs d'annonces. Mais les édits municipaux et les ordonnances impériales n'étaient pas livrés à la connaissance du public par cette seule voie officielle ; des joitrnait.v spéciaux étaient manuscrits à un i)etit nondjre d'exemplaires qui, grâce aux scribes, se répandaient dans tout l'Empire (i).

Jusqu'ici on n'a pu i-etrouver aucun papyrus ni aucun volume lisible, et aucune bibliothèque n'a été découverte comme à Herculanum. Cependant Pompéi, sans avoir été un centre intellectuel, dut avoir quelques habitants possesseurs de bibliothèques particulières.

Les poètes étaient aimés à Pompéi et des fragments de leurs œuvres furent tracés sur les murs par les gens du peuple ; si aucune œuvre littéraire n'est parvenue juscpi'à nous, il faut surtout en accuser le Vésuve qui n'a pas détruit Ponq)éi de la même façon qu'Herculanum ; enfin, l'enseigne de la boutique d'un libraire a été trouvée près de la porte de Stables !

(i) Pline raconte que les actes du peuple romain mentionnaient les faits divers qu'il cite lui-mèinc. Tacite nous dit aussi que les actes diiirnaii.r (journaux) étaient lus à Rome avec avidité, surtout pendant les repas. Dion. Cassius rapporte que Livie faisait publier dans les annales les noms de ceux qui étaient admis ii Ihonneur de venir la saluer le matin, flatterie très goûtée des intéressés. L'exemple des princes fut suivi par les particuliers qui prenaient acte de tout ce qui leur arrivait, ainsi que nous pouvons le voir dans Pétrone avec Trimalchion.

YI

LES QUITTANCES DU BAXQUlEll .lUCUXDUS. — LES TABLETTES CIRÉES. — LES CHIEFRES EX USAGE

EX dehors des i^rafjlti, les principaux spécimens d'écriture cursive, sont sur les tablettes du banquier Jucundus dont nous donnons le portrait d'après le bronze placé sur un stèle de nuu])re où se trouve cette inscription : GENIOL* NOSTllI FELIXL* « Au g-éniede notre Lucius, Félix l'a érigé. » Le banquier, homme d'une cinquantaine d'années, 1 œil malicieux et méfiant, la bouche perverse, présente une physionomie satisfaite de bon vivant égoïste, il a une petite verrue placée au bas de la joue gauche qui ressemble à la glande pendante des satyres dont il devait avoir les facultés rappelées sur le stèle de marbre.

Notre homme s'occupait d'achats et de ventes comme le dénotent les tablettes cirées trouvées dans sa maison, en 1873, contenues dans un coffret placé dans une espèce de niche pratiquée au-dessus d'une porte.

Ces tablettes à demi carbonisées ont été consumées comme à l'étouffée, à la façon du charl)on de bois; faites de plusieurs i)lanchettes de sapin réunies par un encadrement, elles forment ainsi des panneaux reliés entre eux par des cordons, passés dans des trous placés sur un des côtés, qui servaient à sceller le tout. Ces tablettes furent transportées à Xaples avec multiples précautions, l'air les fendillait et ce ne fut qu'avec une grande patience et une véritable science que réminent })rofesseur de Petra, directeur du musée de Naples, })arvint à déchiifrer l'énigme (i). Ce sont des quittances inscrites eu latin ; ilcux seulement en grec ; sur i'i:i que Jucundus avait fait

(i) Le tcn'oletle cp.vdte tU Pompei, par lo prol. du Petra.

signer, i

u; ont été tr:uliiitos, dont 1 1() ont rapport à la A-entc à l'encan on le

banquier tenait lieu du commissaire priseur actuel. M. de Petra dit que la vente à Tencan n'était pas considérée comme une vente forcée réclamée par les créanciers, mais d'un usage courant pour les ventes ordinaires et que les mots (inctionnvl ou (iiictioncm facerc étaient devenus synonymes de vrndcrc.

Le baiiquier Jucundus ([ui dirigeait les ventes avait un avantage (i), il mettait à la disposition des acquéreurs les fonds qui pouvait leur nuinquer, au taux de '2 p. loo par mois, l'échéance à la fin du mois ; puis il poussait les enchères

Le banquier L. Cacciliiis Jucundus. (Bronze du Musée de >'aples.)

sur lesquelles il avait sa part de bénéfice ainsi C[ue sur le total des opérations cju'il organisait ; enfin Jucundus était en outre gérant des biens communaux en preiuint à ferme des pâturages, un clianq) et une boutique de foulons, propriétés du municipe.

Voici la transcription d une des

pièces d'un contrat de CaeciliuS lablclte chéc. Quittance du ljani[ui,i- L.-C. Jucundus. T 1 (Musée de A'aplcs.)

Jucundus :

« HS. N. 133 X X X DIAII. Quaepecunia in stipvdalum Ij, Caecili venit ad auctionem Pulliac Lampuridis mercede minus.

(i) Boissier. Prome?iadcs archéologiques.

« Porsoliita habere se dixit Piillia Lanipuris al) T.. Caecilio .Tiicundo.

« Act. Poinp. X. K. Jaiuiai- Ncroue Caosare H. L. Caesio Martia Cos.

« L. Vedi cereti, A. Caccili PIui,,l,.o-., Cii. Ilclvi., Apollon., N. Fabi Crusero, T). Vole. Thalli, Scx. l'oinp. A.xsioch., P. Scxli Piiini, C. \ il)i Alcimi.

« Neroiic Caosaro H. L. T.. Caesio Martiale Cos. — X. K. .Tamiarius Sox. Pompcius Axiochus scripsi rogatu Pulliao Lampuridis cam accepissc ab T.. Caecdio.hictmdosestcr munmmii octo inillia quiiigouti scxag-es diiinpundius ob auclioncin ojus ex iiitciTogatioiic facta tabcllarum signatarum. »

Tirelires en lerre-cuile. (Musée de Pompéi.)

Traduction : « Sesterces 8'iCr2 (1.900 francs). Cette somme est place'e au crédit de Pullia I.anipuris, produit de la vente à l'encan (ad auctionem) faite par I,. Caecilius, moins les frais.

« Pullui I.ampuris reconnaît avoir reçu intégralement cette somme des mains de L. Caecilius Jucundus.

« Fait à Pompéi, le dixième jour avant les calendes de janvier (a3 décembre an by ap. .T.-C). JNéron César étant consul pour la deuxième fois et sous le consulat de L. Caesius Martialis. »

(Viennent ensuite les noms des huit témoins.)

« Sous le consulat de Néron César pour la deuxième fois consul et de Caesius Martialis, le dixième jour avant les calendes de janvier à la requête dePulha r>ampuris. Nous, Sex, Pompeieus Axiochus, témoignons par écrit, que Pullia Fanipuris a reçu de !.. Caecilius .Tucundusla somme de huit mille cinq cent soixante sesterces et un diiinn/Hindinn {\), résultant d'une vente à l'encan d'après un contrat écrit et signé. »

(i) Les monnaies en usage ii Pompéi étaient Vas, unité de valeur clans les monnaies romaines; le double as [,lini,„uiindiim) ; le qiuidnin, quart d'as; le sextan, sixième partie de

Plusieurs des contrats de Jucundus se composaient de cinq tablettes, dont la première et la dernière, n'ayant aucune écriture, servaient de couverture, la seconde donnait le contrat; la troisième, les noms des témoins, et la quatrième l'abrég-é du contrat.

D'autres quittances ti^aitent des crédits accordés à Pollia Messis, k Gn. Alexius Cryseus,

Bourse, monnaies, éc-ritoire. (Poinluros.) ^ -vt i->i • i-i .■ ^ tt

' a jN. lilaesms Jn-uctio, a Um-

bricia Antiochis, etc., et à l'achat d'un esclave au prix de a.5oo sesterces (5oo francs).

Les tablettes étaient cirées et écrites au style de fer, d'os ou de bronze appelé s t y lus ou i^rapliiuin, dont le bout le plus large servait à

^1 '1 1 , > Bourse, monnaies et papyi-iis rouli'S, dans la rffosr/.

accr les erreurs ou étendant a ' (pèiuiure.)

nouveau la cire, et l'expression consacrée vci-tc/v .styliiin (retourner le

style) voulait dire corriger un

ouvrage. Ces tablettes servaient

de brouillon pour les œuvres que

l'on recopiait ensuite à l'aide de

Vdiitiido ou du (■(ilaniu.'i (plume

de roseau) ou de la pvuua (plume

de volatile) sur le })ap3'rus et

Ecritoire, papyrus el hiblelle. fPcinliire \ I 1 " / / \

'' '•' ^ lu.n,.; gj^jj. j^ parclicniiu [i)ivnihrainen).

Cependant une plume de bronze taillée comme nos plumes modernes a

Tas; le sesterce d'ai-gent et de cuivre valunt deux as et demi (o IV. 20); le dcnariiis (denierl, qui valail ([uatre sesterces. Le quinaiius ou deuii-denier (o IV. 4i) était une monnaie d'argent, le higalns, une des monnaies les plus anciennes des Romains et le (juadrigaliis, ainsi appelées selon ([iie la pièce avait pour type une l)ii;ri, char il deux ou il quatre chevaux; cette monnaie était le denier d'argent ; le denier d'or était Vaiireiis et valait de 22 fr. 10 il aG fr. i5.

LA RUK. - LES INSCRIPTIONS. — LLS INDUSTRIES 247

été trouvée à Poiupéi le -aG juin iSj"), ainsi que des plaques destinées ù être enduites de cire (i).

Nous avons remarqué qnc les cliifl'res inscrits en tète du contrat de Jucundus sontplacés de curieuse façon. Suivant la méthode adoptée, jusqu'à mille, les Romains marquaient en lettres capitales, que nous avons adoptées. Le nombre 5oo était primitivement représenté par 10, dont ensuite on a fait un D et la lettre M, mille, qui était un chiffre grec, n'a pas été en usage de tout temps. A Pompéi, ce nombre était écrit : CIO ou par un signe peu différent de notre huit ainsi couché co. Le nombre inscrit sur la tablette se décompose comme suit : YJD équivaut à cinq mille, car le nondjre 10.000 se marquait CCI30' Puis viennent les trois signes œ ce ce représentant trois mille ; les deux nombres ainsi réunis donnent S.ooo ; quant au reste, il est marqué selon le mode encore en usage.

Parmi les particularités peu connues, nous voyons encore le nombre :^oo s'écrire ainsi : CC on avec une S couchée v^; 2.000 s'écrivait ii 00, mais le dernier signe n'était qu'une indication et ne comptait pas par lui-même; 5o.ooo se marquait IDDD ', 90.000 =LXXXX 00 et 100.000 =: CCCI303. On se servait aussi de certains signes en dehors des notes numérales et le 0 grec équivalait à i.ooo. Au delà de cent mille des indications spéciales étaient })robablemeiit usitées.

(1) Les déclarations .raiiiour riiic l'on envoyait ii sa maitressc étaient souvent éeiîtes sur les tablettes cirées, on les appelait alors vilcUiani.

YIl

LES TAVERNES. — LA POPIXA. — LES TIIERMOPOLIA LES AUBERGES. — LES CUISINES PUBLIQUES

AU cours de notre étude, nous avons mentionné bien des métiers divers, relatés par les inscriptions, nous avons vu s'agiter, dans la lutte pour l'existencC;, les corporations protégées ; nous avons aperçu ces Pompéiens débauchés, buveurs etamouroux, candidats et électeurs; l'image, d'après les peintures, nous les fait voir maintenant, avec leurs costumes et leurs attitudes; leur histoire se complète, le tableau dcvientvivant, les Pompéiens sont présents. Commençons d'abord par constater ([u'à presque tous les carrefours (et môme autre part) il y avait des marchands de vin, mais pour être juste, il faut ajouter cpi'cn face, il y avait aussi des fontaines. Ces établissements avaient différents noms : ocnopoliitni, tahcnia viiiciria^ caapona, où ne se débitaient que des liquides ; à la popiiia se vendaient des aliments qui généralement provenaient des sacrifices et que les popac cédaient aux commerçants, d'où le nom depopi/ui. On exposait aux vitrines des mets recherchés qui servaient d'enseignes pour allécher le client, on mettait même des comestibles dans des bocaux de verre remplis d'eau, pour les grossir aux yeux et attirer ainsi les passants. On y mangeait « les tartes chaudes ([ui fument dans le four » : Esclaves, allez à lapopi/iit ! courez ! dit Plante dans le prologue du Por-^/z/u^. C'est dire que les cabarets étaient particulièrement fréquentés par la basse classe à la(|ucllc la copa, fille de taverne, versait de la^ojca, boisson faite avec de l'eau, du vinaigre et des œufs battus.

11 y avait un autre genre de taverne appelée thciinopoliian , oii l'on servait des boissons chaudes, du vin à la myrrhe, du vin cuit et de l'hydromel. Là, les deux sexes se livraient souvent à la débauche, et Plaute

LA RUK,

raille ces pliilosoplies sans cesser au eal)aret : k Ont-ils gagné quelque argent, ils se cachent le visage et vont boire chaud (i). » A cet effet, les Pompéiens s'affublaient du vucuUiis^ nianleau à capuchon qui les enveloppait, afin de n'être pas reconnus, lin des établissements les plus

Kontainc siluOo rue des Autcustalcs.

connus, celui où allaient les bourgeois, était l'auberge tenue [)ar Albinus, dont le nom seul était une enseigne : ALBINA S, et était située dans la ville près de la porte (rjlerculanum. Dans l'écurie, furent trouvés des ossements de chevaux et de mulets, des cercles de roues et des fragments de chars; le seuil du trottoir était abaissé pour laisser passer les

(i) (Curculio, Alt. II, 3).

voitures et des anneaux de fer étaient fixés aux murs de la cour. 11 y avait des chambres pour les vo^'ageurs et deux thermopoles dont l'une, intérieure, ne devait servir qu'à

des usages privés.

Plus avant dans la ville, derrière une fontaine représentant un aigle enlevant un lièvre, il y avait l'auberge de Fortunata,dontle nom est inscrit sur un })ilier extérieur; puis, à l'entrée d'une autre taverne, nous voyons un nain conduisant un éléphant entouré du serpent, le gcnius loci ; on lit même qu'un

certain Sittius avait restauré la peinture : « Sittiiis /-cstita/t clcjxuitnm.

(sic). » Mais les clients étaient surtout attirés par la réclame ci-après :

lînlr

d'uni

e fcuric.

FouUiiuc do TAigle et du Lièvre, derrière laquelle était Tauberge de Fortunata.

HOSPITIVM HIC LOCATVR TIIICLINIVM CVM TRIBYS LECTIS ET COMM(ODIS). c( Ici on loue un tricliniuDi avec trois lits et toutes les commodités désirables. » Plus loin une autre annonce, mais tracée en osque, indiquait aux voyageurs la direction à prendre pour trouver une

aoi

MÛLO

taverne : « Voyageur, eu allant d'ici jusqu'à la deuxième tour, tu trouveras Sariinis, fils de Pidjlius qui tient une auberge, porte-toi bien. »

Un autre aubergiste faisait une réclame, très alléchante dans son exagération comique, pour vanter la qualité de ses jambons :

Ubiperna coda est, si coiivivac adponitiir^ Non gustat pcrnam , liiigit olhiin ont cacabiiin.

« Une fois que mes jambons sont cuits, quand on en

sert à un convive Pi^intLii'e do cabaret. (.Musco

de Naples.)

avant de le goûter,

il lèche la marmite où il a été cuit. » Nombreuses étaient ces auberges ; voici encore celles tenues par Phœbus et par Perennius Nympheroïs, aménagées dans le genre de la thermopole d'où proviennent quelques peintures représentant des scènes de taverne, retracées sur un panneau divisé en quatre compartiments, et où l'inscription vient expliquer le sujet. Dans le premier, deux jeunes gens s'embrassent et l'un dit : Noio cum murlali ; dans le second, une femme ne veut pas accéder aux

Peinture de cabaret. (Musée de .\aples.)

désir d'un jeune homme tandis que la copa apportant à boire, demande qui elle doit servir. Dans le troisième sujet, deux personnages jouent aux dés : six, dit l'un ; non trois, mais deux, répond l'autre, on indiquant le nombre avec ses doigts, comme font les Italiens dans le jeu de la mora (i).

(i) Bien des jeux anciens nous sont parvenus : ainsi le principe du jeu de tonneau se trouve dans Ynrca, celte jarre que les enfants plantaient en terre pour y lancer des noix et nous

fXM

TRIA DV'Ai

Peiului'c de cabarel. (Musée de Xaples.)

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