‹ PompeiChapitre 61 sur 110 · H(,0 TV I · texte numérisé non relu

H(,0 TV I

Dans le quatrième compartiment, les deux joueurs se querellent pour

une raison peu avouable et devant le scandale, l'hôtelier les met à la porte en leur disant d'aller se battre ailleurs. Comme on peut en juger, l'orthographe des inscriptions n'est pas d'un individu instruit, ce bas latin bourré de grécismes était bien la langue du peuple de Pompéi, dont les mœurs rappelées par les peintures de cabaret, sont bien celles vécues du Satyrirun.

Comme les murs des rues, ceux des cabarets étaient griffonnés d'inscriptions à la pointe à l'adresse du patron de la boutique ou de quelque client. L'une est inspirée par un gourmand fort buveur :

Pcininrc de cabaret. (Musée <ie Aaples.)

Qune gala, quac...

Quaecumque in vino Nascitur

« Quelle gloutonnerie que celle qui naît dans le vin ! »

La déclaration suivante provient du cabaret d'Edon où se réunissaient les tard-buveurs :

Edone dicit:

Assibus hic Bibitur. Dipundiuni Si dedeiis meliora Bibes. Quantum Si dedcris vin a f.

F ah' ma bib.

nous rappelons le jeu qui coûta la vie à un fils de Claude, qui se trouvant à Pompéi, mourut étoufle en recevant une pomme dans la bouche.

On jouait :i pile ou face [capita anl nai'ia), à colin-maillard [calke-niaia). Il y avait aussi le jeu de la marmite, le jeu du clou, etc. Quant au jeu d'osselets, si usitéj nous le voyons

« Edon (lit : fci pour un as ou peut Ijoiro, pour deux as on aui-a meilleure boisson ; qiuî faul-il payer pour l)oire du vin de Falerne? »

Un autre individu avait aussi écrit à l'adresse d'une marchande de vin :

Siiûvis viiHirid sitit. rogo vos valdc si/if. « Je vous })rie que la cantinière ait bien soif, pour boire tout son vin. »

Qui ne conninlXe (la friddiii pusillidn. (donne-moi un peu d'eau fraîche) lancé i)ar un soldat chaussé de larges bottes blanches et armé d'une lance? Nous en donnons la reproduction en couleurs (i); l'orig-inal, comme tous ceux de ce genre, est exécuté grossièrement ; il existe dans la thermopole de la rue de Mercure qui contient trois autres sujets qui représentent des scènes que l'on ne retrouve pas dans d'autres j)eintures.

Dans l'un des sujets, quatre personnes, dont deux coiffées du riicullus, sont assises autour d'une table à trois pieds, elles sont en train de manger et de boire ; des boudins noirs et des saucisses bloiules [bovilcs, botiilus) sont suspendus au car/iari/ifii, qui était le châssis muni de crochets où se plaçaient les victuailles.

Plus loin, des joueurs de dés, à la mine patibulaire, qui sentent bien la corde. Vn autre sujet représente la cojja réclamant son paiement à un individu vêtu de la chlamyde et de Vans^iistickn'c ; nous voyons aussi des buveurs emmitouflés dans leur manteau [larcriia) et chaussés de galoches noires, puis un adolescent semble faire la cour à une jeune femme qui lève son verre.

Dans une dernière peinture encore plus détériorée que les autres, nous

exécuté gracieusement dans le beau monochrome dTIerculanum ; a ce divertissement le coup de Vénus consistait à retourner les quatre osselets, chacun sur une face dillérente. jNIais au.\ dés, le coup de Vénus était six partout ; le coup du chien, as partout, était désastreux. Ce qui l'ait diie ;i Properce : « Je demandais aux dieux l'heureux coup de Vénus, il m'arrivail toujours le maudit coup du chien. » (L'expression employée : il m'arrive un coup de chien, pour dire que l'on apprend une chose désagréable, n'aurait guère d'autre origine.) Un autre jeu de calcul ressemblait aux jeu d'échecs dont les pièces rangées étaient de verre ou de pierre transparente, et appelées calcidi\ latroiies et latrunctdi. [i] Planche en couleurs, n" III.

nous rendons compte du mode de transport do certains liquides, on y voit un chariot sur lequel est placée une peau entière de bœuf recousue ; par

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Peintures de la llicrmopolc de la rue de Mercure

l'échancruro du col on remplissait cette grande outre qui prenait l'aspect d'un tonneau cerclé dont l'ouverture supérieure était ficelée. Pour l'usage, un orifice inférieur était ménagé près de la queue et formait un tuyau souple qui servait à débiter le liquide dans les amphores.

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De 1 intérieur de la salle du cabaret on apei'(;()it la boutique et la rue, juste en face est située la fontaine de Mercure; un coni[)toir s'élève bor-

luU rioiu- de la ihermopole de la rue de Mercure.

dantle trottoir suivant la file des maisons, et à sa surface sont pratiquées

Cuisine publique.

des ouvertures rondes où sont placés des vases de terre qui reposent le sol ; puis, sur un des côtés, nous voyons des petits gradins de niarbr

sur

POMPKI

oii se plaçaient les divers ustensiles en nsage, œnochoés, cantliares, etc.

Au mur venaient s'accrocher le siinpiiluni et la trud^ sortes de grandes cuillers à long manche avec lesquelles on tirait le vin des vases i)rofonds, puis des passoires pour le vin. Certains comptoirs, surtout ceux des tliciinojwlia, possédaient, à leur extrémité intérieure, un coin spécial où se plaçait le réchaud de terre ou de métal ainsi cpie ces bouilloires à feu doux du même système ({ue les samovars russes. Quelquefois, un fourneau est placé dans la seconde pièce, adossé au mur {{\\ fond d'une bouticpie dans lefpiel est pratiquée une ouverture, par où les tartes chaudes étaient déposées pour les amateurs qui les aimaient toutes fumantes.

Lin cabaret est surtout remarquable par son grand conq)toir aux marbres de dillerentes couleurs et par la [)einture du fond de la idhcrtia^ représentant Bacchus hermaphrodite et Silène, Ce cabaret important, le seul situé sur la rue de Nola, l'une des plus inq)ortantes voies de la ville [Dcca- Diaiiiis major) devait recevoir un public amateur de bonnes liqueurs, la dimension des pièces de l'arrière-bouticjue indique (pu> les parties fines y étaient données : la taverne du boulevard !

Mais le i)lus grand établissement de Ponqjéi, l'auberge principale où l'on logaivit à jjlcd et à c/irvci/,

Ustensiles à puiser le vin dans les cratères : simpuluni, iniae . (Bronzes du Musée de Naples.)

Ustensiles à décanter et à puiser les liquides : triietUie. (Petits bronzes du Musée de JVaplcs.)

LA RUE. LES INSCRIPTIONS. - LES IND LSTli I K S

Comptoir de marbre du cabaret de Bacchus hermaphrodilc. (Rue de Nola.)

est située hors la ville, dans le pa^u.s Au^nstus Fcli.v, s„r un des côtés

Hôtellerie de la voie des Tombeaux.

de la co/e des Tornbeaiuv ; elle comprenait un long- bâtiment avec arcad

es

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et des boutiques couvertes eu terrasse, les voyageurs logeaieut daus les pièces supérieures d'où la vue s'offre toujours admirable sur la mer et les villes de la côte. Des cours iutérieures munies de fontaines, on arrivait aux écuries, où des harnachements de mulets et des rayons de roues furent retrouvés. Mais rien ne semble dénoter que l'on prenait ses repas

Plat, ix'oliaiiiis et passoires à vin. (Musée do Naplos.)

à cette auberge, les voyageurs avaient assez de tavernes à leur choix ou firent venir leur repas du dehors. Les tenanciers des popinac vendaient des aliments à la population, on jxirtait en ville certainement, ou bien on venait cherclier sa portion ; car les cuisines publiques de Pompéi n'ont pas toujours de salles assez vastes pour recevoir des consommateurs, et d'autre part, les petites habitations de Pompéi n'ont pas de cuisines.

LES LUPANARS ET LES CKLLAE MERETlllCIAE

L existe à Pompéi plusieurs de ces établissements particuliers. L'un d'eux est composé d'un vestibule entouré de cellules munies d'un

lit de pierre que l'on recouvrait de matelas et de coussins. Ces chambrettes sont très étroites et ne mesurent guère que deux mètres carrés , quelques-unes ont une petite lucarne sur la rue, tandis que d'autres recevaient l'air et la lumière par l'imposte située au-dessus de la porte donnant sur le vestibule où la Icna présidait, i)lacée dans un petit réduit abrité par une cloison. Des peintures, indiquant les modes usités, décorent la salle d'attente et les murs des cellules étaient couverts de gr({(fiti (i), sur le stuc frais on voyait même enq)rcinte rcffigic de quelques monnaies de (ialba,

(l) VICTOllIA IXVICTA HIC. li E N E FVT... D I 1 X A lll O

panar.

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(le A'cspasien et do Titus. TvCS latrines se trouvaient situées sous l'escalier de bois qui conduisait aux cliambres supérieures dont il leste peu de chose et où l'on montait i)ar la rue voisine (la rue du Balcon), car le luiiaïuir occupe l'angle de (\cux rues; l'entrée principale donnant sur

Rues r/(7 fliilcniw cl dcl f.iipiiiifu-e.

le vestibule, possède au-tlessus de la })orte un emblème caractéristique servant d'enseigne.

Peu de chose a été trouvé dans cette maison ; une marmite de bronze (le cacabus) pleine d'oignons et de haricots, puis un candélabre de bronze servant à éclairer le vestibule (pii devait être bien obscur quand l'étage supérieur existait.

Une maison analogue a été retrouvée dans le f^ico (Ici Sricnzati, ainsi nommé, en souvenir des savants qui, en iS/jS, assistèrent à la

découverte de ce lupanar d'où provient le i^raffito sif^ué : Venus ftsica pompe ianu.

JMais eu dehors de ces lieux S})éciaux où les .seratiae vivaient en comnuui, dans certaines ruelles, nous voyons des eelhic nicrelriciae que nous rencontrons isolées, et donnant immédiatement sur la rue, aurez-dechaussée, mais ne communiquant pas avec la maison dans laquelle elles étaient enclavées; elles possèdent un lit de pierre sendil;d)le aux autres, qui occupe la moitié supei^-

ficielle de la pièce. Non loin, étaient établies des tavernes interlopes où les seratiae faisaient bonne garde aux alentours. I^a ruelle tortueuse, le ^-ico storio était surtout le rendez-vous des débauchés ; aux portes des maisons de cette rue furent trouvées des lampes de terre cuite et de bronze, décorées d'emblèmes phalliques, et les chambres possédaient quelques peintures spéciales, maintenant effacées.

En face de la maison de Siricus, nous voyons encore une ehambrette de même genre, située non loin du ln|)anar, le seuil en est bien usé ; selon l'usage ancien on devait lire de la rue le nom de la Vénus de carrefour qui l'occupait, et des serpents immenses sont peints à côté de la porte, sur le mur de la maison voisine.

Cclla mcietiicia.

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