M)M1>KI
(laiits (rorcillcs; elle Fui Irouvc'o sur le dos, les vclciiicnls roulés autour des liaiiclics. laissai:! xn'w des cuisses potelées et des allaelu'S d(''lieates. Près d'elle j'ureul seuleuieul trouvés \iu [lelit Amour eu aiui)re et un
luiroii". Il faut croire
(|ue sou plus sur
Jja-
o-ai>-e était encore sa Jjcauté.
Un chien dont nous donnons ici le inoulag'e était attaché par son collier à uiu' chaîne, il n a pu i'uir de son poste; il L;-ardait la nuiisoii (l( )iplire.
Des scpielettes de prisonniers i'ui'ent délivrés de la prison voisine du h'oruni, les os des jand)es étaient pris dans des entraves de fer.Ouant aux soldats, au dire de plusieurs, un seul auiait été trouvé près de la porte dite d'Hercnlanuni où eoninien(;ait le /J<ii;/i\ ///i,'7/.s7//.v Fc/i.i (pii n'a pas encore été fouillé.
Le crâne et le eas(pie de ce soldat sont conservés, c'est un des rares
vestiges guerriers découverts en deliors des armes des gladiateurs (pu
étaient nondjreux à Pt)mpéi.
Malgré l'inipression douloureuse que nous inspire la mémoire des
agonies et des jeunes existences englouties, l'éloigneiueut du désastre et
KioTL'lli. (Busle érigé au l'oriiiu ili; roinpéi.)
T. A nnSTHlTTIOX DE POMPKl ET LES FOni.l.KS
c<»*«. cfk' àJj
l'altrail iiTi'sislihh- (luOllVc rciiscnililc de la \'\\\r cnIiiiiih'c. foiil ([iic l'esprit caplivi', pousse I iiiluiinaiiilé jnscpià ne pas l'ci^Tc'tlcr (pic le volcan aux lianes tro[) ii;'éiiéreiix ait conservé le champ le plus vaste on ranlicpiité ^■réeo-ronuune pnisse se (IceliillVci' comme dans un livre.
Sans la montat^ne de fen, cpie seraient devenus ces rues, ces maisons, ces tein[)les, ct>s vivantes peintures, ces délicates sculptures? Nul doute cpuî
la civilisation et les
U'uerrcs n'eussent eu
l'aison de ce tiésor (pii
l'ait noli'c joie et dont
la niiMnoire m' seiail
poui' iH)Us (piiin Nai^'ue
souN'cnir.
Le \ ésuve ('puisé avant calmé sa fureur,
les survivants revinrent sur les lieux <pii
i^-ardaient leurs foyers, asile de leur enfance; ils n'avaient plus de patrie, tout était anéanti et la mer s'était rclii'ée à un kilomètre plus loin par suite de rexliaussenieiit du sol (i). Quel(pies éta^'es su[)érieui's (pii avaient résisté à la tourmente et énicri^caicnt de la couche de cendres, durent i^uider les Pompéiens dans leurs recherehcs, car il est indnhitahle (pi'ds vinrent fouiller leurs anciennes deiueui'cs pour en l'ctircr
Miiuii-. (Mu!M'C do Xaplcs.)
Lr I liiiMi lit' rullipt'i.
(Mlls('r ,1,' PuinpOi.)
Cràuc cl casqvio d un soldat.
(Musée de Xaplcs)
(r^ M. lluggiiM'o, l'un (li's din'clriirs ites rimillcs, lit creiisc'r des puits dans l;i ciimpiigiR' eu iS-(),iiii moiiieiit où l'on icclilijiit le cours du S;iruus, il leconiiul (juc r;nicii'ii ri\;igç ii'c'l;iit éloiguc de Poiupoi f[uc d'un LilomiMir •'. kilonirU-cs in;iiulen;nit ; et i[ur la mei' s'i'cliancrait dans les coU's vers l'oni[)i'i où le Saiiius (Iclimiciiait aucicniirmont. (\ iiv. J'u/i/jici c la rc^ionc suUcrrala dal Vcsin'iu... Xapoli, iSji).)
les olijcts fie valeur qui y avaient été laissés. Des jieiiitiires même furent détachées des murs et, dans les ionilK-s nuxlernes, il n'est pas rare de voir un pannean décoratif dont le sujet priiici|)al a été emporté; le mur est détérioré à la place laissée vide; seuls, quelques crampons de fer oxydé existent encore. Les lial)ilanls ])énétrèrent donc chez eux ou chez leurs voisins absents par les éta^-es supérieurs qui étaient, à cause de rexhanssement du sol, devenus accessibles de plaiii-pied. D'une pièce à l'autre, de lari>'es brèclics fui-ent faites dans les murs pour faciliter le passa^-e, les portes, les corridors, les portiques étant obstrués par les pierres i)onces. Ix-s chandjres dont rensevelissement n'avait été que partiel furent ainsi dépouillées, des statues furent enlevées, des revêtements de marbre descellés; des meubles, des dallages disparurent. On ])ense (pie plus tard Alexandre Sévère y lit déterrer une grande (puuititt'' de nuirbres, de colonnes et de statues d'un ti'avail remar- (|\iable. Au cours des travaux actuels de déblaiement on a retrouvé des squelettes presque del)()ut ; l'un avait une hache à la main et était occupé à percer la muraille. On suppose que les vapeurs méphitiques étouHerent les chercheurs, tpie les ébouicments recouvrirent (i). A l'entrée de hi maison de Popidius Priscus, visitée jiar les anciens, se trouve rinseri[)tion suivante tracée à la pointe : :
AOV.M.MOC
niTTorcA
ce qui voudrait dire : maison débouchée, déblayée (2). Peu de temps après la cataslr()i)he, il fut (pu'stion de reconstruire la ville. I);uis Suétone nous lisons (]ue » le règne de Titus fut troublé par des événements aussi tristes ipi'iuqirévus : réru|)tion du \ ésuve dans la Campanie ; à Ivomc, un incendie (pii dura trois jours et trois nuits, et une peste dont les ravages furent ell'royables. 11 monti'a dans ces mal-
(i) Même de nos jours, clos éliminations clétéltTCs se dégagent de certaines eaves et égouts que l'on a houeliés.
(2) Les caractères de cette inscription seraient du m'' siècle (Beulé), ibid.
LA DESTRUCTION DR l'OMPEI ET EES FOUILLES
heurs la vigilance d'un prince et toute la tendresse d'un père, consolant les peuples par ses édits, les secourant par ses bienfaits. Des consulaires designés par le sort furent chargés de réparer le désastre
llommo. (.MiiSL'O de PompOi.
de la Campanie. f^es biens de ceux ([ui avaient péri dans l'éruption du \'ésuve, sans laisser d'héritiers, furent eni[)loyés à la reconstruction des villes détruites. »
Plusieurs auteurs ont même avancé que Pompéi aurait été déblayée et habitée après la catastrophe ; ceci est de pure fantaisie, aucune monnaie postérieure à Titus et à l'an jt) n'y a été trouvée jusqu'ici. Mais une nouvelle cité aurait été bâtie au pied même du ^ ésuve, et M. Fiorelli la signale dans son Giorualc (Ici Sc((vi. Elle aurait été située près de l'endroit où se trouvent aujourd'hui lîosco- '^"''"" ^•^'•'^"' '^^ l'-^'-'P'^'i)
reale et Bosco treCaseoù des fouilles fructueuses furent faites vers 18G1 (i).
Pompéi devint la carrière dont les matériaux de construction servirent à l'édilication de la nouvelle cité qui subsistait encore en 471, épo([ue à laquelle une nouvelle éruption vint la détruire à tout jamais (2).
Donc Pompéi aurait été construite plusieurs fois : la cité primitive
(i) Voir Boulé, ibid.
(2) Une carte exécutée à Constuiitiiiople à lu lin du iv" siècle mentionne Pompéi.
POMPKI
fondée au vi" siècle par les Osques et complétée par les Samiiites et les Grecs (i). La seconde, reconstruite en partie sous les llomains, particulièrement après le tremblement de terre de l'an ()3. La dernière fois, la ville
aurait probablement émig-ré plus au nord. Jl ne faut pas trop s'étonner de la persistance avec laquelle les hommes reviennent habiter les mêmes lieux, mal^-ré leur peu de sécurité : l'insouciance, l'oubli du passé, un climat agréable, Wi -^1i^^^ '^'^'^^^WF^''%- l''^"^0"ï" •'" P^^ys ont toujours
^W#T*^ "v I^^ nos jours, c est encore de
même ; le Vésuve n'est-il pas toujours entouré de villes populeuses et de fraîches villas? Torre del Greco à chaque éruption nouvelle a toujours été ravagée et onze fois a été détruite, ce qui n'empêche pas les habitants d'y vivre et de s'y bien trouver ! Heureuses gens !
Pompéi, abandonnée par les anciens comme ne valant plus la peine d'être fouillée, dormit donc de longs siècles enveloppée dans son suaire ; des chanqis, des blés et des vignes, des pins parasols et des orangers revinrent donner de la fraîcheur à cette terre de feu et jetèrent leurs notes hardies dans une nature enveloppée de lumière; les aloès et les cactus envahirent les nouvelles terres et la vie s'épanouit au soleil radieux, versant l'oubli, apportant la joie ; les bergers nonchalants conduisirent leurs chèvres brouter l'herbe nouvelle : la chanson du pâtre s'élève maintenant langoureuse, et, le soir, l'on semble entendre le murmure plaintif des mânes de Pompéi.
i) Fiorelli, Descrizione di Pu/iipei. Napoli, i8j5.