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LA PEINTURE GRECQUE

LES plus anciennes peintures que nous retrouvons dans l'Italie niéridionalc ou ("iraude Grèce, ne proviennent pas de Poni])éi; c'est à Pœstuni et à lluvo ({uelles furent découvertes; elles sont du v^' siècle et ont la luèuie technique que celles de l'Etrurie, mais sans posséder ce cachet asiatique. Ces fresques italotes sembleraient inspirées plus directement de la Grèce propre, d'après les vases et les peintures archaïques, œuvres , ,, . „ de Poljgnote qui ne sa- / |ipi| '^ vait pas encore modeler les formes et faire tourner les corps ([uoiqu'il rendit la transparence des tissus.

Pompéi, qui posséda, au moins, un temple g-rec contemporain de ceux de Picstum, dut aussi avoir des peintures de cette époque, mais jusqu'ici on n'en a retrouvé aucune trace; le sol d'une partie de la Campanie ayant été recouvert de l'épaisse couche de cendres provenant du Vésuve, les anciens souvenirs existants du v" siècle avant J.-C. n'ont pas été mis au jour dans les parages de Ponq:)éi. Quant à la ville elle-même, elle fut tro[) bouleversée de fois pour que l'on puisse y retrouver quelques

PcinUire italoto do Riivo. (Musée de >'aplos.)

Peinture de la maifoii dite la Farnésinc. (Rome.)

vestiges intacts d'un art Ijien utile à l'histoire de Pompéi. Nous y retrouverions aussi le même genre de peintures dont Home possède quelques spécimens de petite dimension qui proviennent d'une maison des bords du Tibre (la Farnesina). Sur fond de stuc, les figures sont de profil et coloriées sobrement dans le même style que celles des lécythes blancs, elles seraient l'œuvre d'artistes influencés par lesarchaïsants (i^sièele av. J.-C.) . IMalgré ces lacunes, nous trouvons sur les murs de Pompéi quelques peintures qui peuvent remonter à l'époque des premiers empereurs ; elles sont en petit nombre, car l'an 63 a été trop funeste à Pompéi. Mais ces œuvres se rattachent à l'art grec plus étroitement que celles des époques suivantes et plusieurs figures ont encore cette allure inspirée des vases ou des bas-reliefs du iv" siècle ; elles ont la grâce et l'élégance des figurines de Tanagra, sans en avoir toujours la souplesse ; elles ont le même style de draperies mais un certain air égyptien s'insinue dans les physionomies. Remarquons aussi que dans ces peintures les femmes sont toujours drapées et le stuc blanc fait le fond du tableau, les ciels n'étant pas indiqués; le paysage accessoire est brossé largement avec une couleur très légère. Au charme délicat des figures se joint une grande distinction, la couleur est solide dans les chairs qui pour les hommes est très brune, le dessin est serré, les plis bien accusés, précisés même avec un peu de sécheresse, mais l'aspect est noble et de style.

Les bleus, les violacés, les jaunes dominent. Ce genre peut dériver

Le jugement de Paris. (Peinture de la maison de Holconius.)

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de cette mode, que donna sous César le grec Pasitélès, connu par ses esquisses de terre cuite [propld.sinala), exécutées dans l'esprit arcliakiue. Ce fut probablement ce genre do peinture ([ue Pline signalait comme faite selon la manière des anciens : de sorte que les compositions picturales de

Le jugement de Paris. (Peinture du Musée de Xaples.)

l'époque des premiers empereurs fut ■< ([uelque chose d'absolument grec », comme le soutient M. Girard dans son intéressant ouvrage sur la peinture

antique.

Comme sujet de style, la peinture que nous reproduisons dans son cadre égyptien est très complète dans tous ses détails, et représente le Jugement de Paris. Cet hommage à Vénus a souvent inspiré les artistes de Pompéi; nous donnons aussi le dessin d'une autre peinture traitant le même suiet et exécutée durant la dernière époque de Pompéi. Mais quelle

différence dans l'esprit de composition et dans le dessin ; la technique même est différente.

Dans le sujet archaïque, Paris, le pcrluin du pasteur à la main et

Vénus et Uranie. {Peinture du Musée de Naples.)

coiffé du bonnet phryg-ien, a été conseillé par Mercure, il vient de donner la pomme à Vénus. La scène se passe dans un enclos sacré dont

Peinture du Musée de Naples.

on voit l'arbre et la colonne élevée à une divinité qui a sa statuette. J.a figure de Paris est particulièrement gracieuse et jeune, Junon et Minerve ont la tète couverte tandis que Vénus triomphante, le ceste aux hanches, tient la pomme.

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Un autre sujet est curieux : Venus et lira nie, c'est-à-dire l'Amour sensuel compagnon de Vénus, chassé par l'Amour pur symbolisé dans Uranie, la Vénus céleste. Le premier pleure des injures du second. Ce sujet, peut-être représente-t-il aussi Eros et Anteros (l'Amour placé debout a les pieds enchaînés). Puis voici une figure tirée d'une compo-

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Pélias et ses filles. (Peinture du Musée do ISaples.)

sition de même style, représentant une servante accroupie, au profil égyptien, cherchant des bijoux dans une cassette, pour en parer Vénus assise sur un trône que protège Mars. Ensuite les trois figures représentées debout et où l'on croit reconnaître Pélias et ses filles, offrent un groupe simple et de caractère : elles sont extraites d'une composition dont le premier plan est occupé par Jason et d'autres personnages qui sont plus petits que ceux du groupe principal.

De môme ce Pan entouré de Cluses dont l'une pince de la lyre; quelle grâce dans la musicienne, quelle élégante silhouette digne des Grecs !

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]\in liii-incMiie, sous les traits d'un bel éplièbc habilement modelée, donne les reflets d'une statue de bronze.

Aussi de même école quoique plus naïf, cette Ipliigéii'w sortant du tcmnlc allant au sacrifice. ]>a jeune vierge, l'air triste et rêveur, parée de bijoux et de fleurs, est drapée simplement ; le geste sobre et le maintien

Piin ol les Muscs. (Peinture du Musée de Naples.)

digne sont bien dans le caractère de la victime offerte à Diane. Ce dernier sujet, d'une grande simplicité, mais d'un dessin moins habile, a dû être exécuté par un peintre dont la scienoe n'égalait pas la pensée.

Le Savrljicc d'Iphigéiiic est aussi représenté à Pompéi et la composition en est très connue ; elle passe pour être le spécimen le plus ancien de la peinture pompéienne ; l'indice principal invoqué serait que la hauteur des personnages se trouve proportionnée à leur importance ; ce système, que pratiquaient les anciens, n'est pas absolu ; nous ne le rencontrons à Pompéi dans peu de compositions.

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