‹ Pompeia decrite et dessineeChapitre 15 sur 61 · TOMBEAUX ET MONUMENTS KUNÉR AMIES · texte numérisé non relu

TOMBEAUX ET MONUMENTS KUNÉR AMIES

vfmi jiis<|n’à nous de ces salles ii manger où, à certuine.s époques, les Romniqs se réunis.saient pour célébrer les siliceruia ou iiovrnilialia , repas funébre.s dt*s»iués ù honorer les morts. I.u façade, (pii se prt'*sente sur la rue des Tombeaux n'ost qu’un mur peu élevé, percé d’une porte (pii n’a p»s plus de de haut .sur l",05 de large et surmontiV d’un fronton d’une

largeur démesurée. (Voy. planche III, premier monument h droite.) Au milieu de ce fronton est la copie de l’in-scription aujourd'hui nu musi'-e :

. ON. \ I HH lu

ü. E. FAI..

SATVHNISO C.AI.I.ISTVS UH.

« A linems Vitniis t>aturuiiiu;j, tiU dr Quiiitus de la tiilni -Kaleriiie, CallixU* affraucki. »

L’intérieur est une enceinte découverte de forme irrégulii'ie, de (!"’ sur 5”,iî0 environ, le mur de fond n’étant point parallî'le ù celui de face; ell(>

TrlrlwUttn fuiM-lirr.

est entourée de murailles que décoraient des peintures élégantes et gracieuses mallieureosemcnt eiUii-rement détruites, et qui repn'-sentalent (h's ' animaux et des plantes '.

> Ce mouumi'ut »i prérii'iu l’st aiRuunl hui (Luis li- plus IrisU' éi.sl ili- iliHaliri'Uiout; iiniis uvmis prt'férù tu ilouiier tri qu’il tHail lorsque nous l'avons (lcssin<i on 1830. .A uolrc premier voy.i|;e .-i Pompéi. -

POMPEIA

Trois côtés sont occupés par autant de lits inclinés vers rc.vtéricur, el qui doiuiaient le nom à la salle ' ; le quatrième était réservé pour le service. Au centre était un bloc carré long destiné à servir de table. Les lits aussi bien «pic la table sont des ma.ssifs de maçonnerie revêtus de stuc (|ue l’on recouvrait de matelas et de draperies. Kn avant de lu table est un petit autel circulaire sur lequel, sans doute, se faisaient les libations aux mânes et aux dieux infernaux; quelques auteurs croient qu’on y posait, pendant le repas, l’urne couronnée de fleurs qui contenait les cendres du défunt. Cet autel, qui était prestpie entièrement ruiné, a été restauré.

La présence d’une inscription sur ce monument, seul de sou e.spèce dans la rue des Tombeaux, détruit le système des auteurs qui ont supposé que ce triclinium n’appartenait en propre à aucun des tombeaux voisins, mais qu’il devait servir, moyennant une rétribution, aux repas funèbres de toutes les familles qui avaient leurs sépultures dans cette nécropole.

Tomiir.u; i)k Nievoe.kiv Tvciiiî (Pc. 20). Un des |)lus remarquables mausolées, fai.sant face au cippedes Libella et voisin du triclinium, est celui de -Nœvoleia Tychè et de Munatius l'austus. (Voy. le premier tombeau à droite, planche ILI. ) Ce grand tombeau de famille fouillé en IHIS, .se compo.se d’une chambre s('pulerale construite en pierre de taille, reposant sur un gradin très-élevé et portant uu cippeou sorte d’autel carré exhaus.sé .sur deux degrés. Ce monument s'élève au milieu d’une enceinte dans la(|uelle on pénètr»; par une porte placée è la gauche du mausolée; l’entrée de la chambre sé|)ulcralc est dans la cour, et percée dans la face opposite à la rue. Cette chambre e.st un columbarium ^ de 2"' en tous .sens, éclairé par un petit soupirail ; autour régnent une banquette et deux rangées de niches destinées h recevoir les urnes qui ont encore été trouvées en place.

La principale niche contenait une grande amphore d’argile renfermant sans doute les cendres de Nœvoleia, ou de Munatius, ou même de tous les deux,' si l’on en croit la conjecture sentimentale des savants napolitains. Trois belles urnes de verre, protégées par des enveloppes de plomb cl herméli<[uement fermées, contenaient des cendres el des ossements flottant

' rrtr/inrum, du gn.s: rpiî;, trois, et xXtvr., lit.

* On sait tpn* chez les Hoinains la famille sv roiijï>osail «les î*areuls, mais eui-4»r»*

dus riii'tils, des affrmehis, el in^'ine des enclaves.

* On nommait ainsi les clmmbn*s séi ulrrales garnies enmme celli*-ci de petites niches où Ton dépusait les uru«*.s cinéraires ; leur aspect était en effet celui du l'intêr iciir d’un coli’iDbier.

TOMBKAUX, ET MONUMENTS FUNÉHAIIIES.

encore dans nn liquide que des siècles n’avaient pu dessécher et {|ue l’analyse chimi(jue a fait reconnaître pour un mélange d’eau, de vin et d’huile provenant sans doute des libations faites pendant la céréinohie funèbre D’autres urnes, simplement de terre cuite grossière, contenaient également des ossements, des cendres, et souvent |a pièce de monnaie destinée à payer le passage sur la barque de Caron; elles étaient accompagnées de lampes aussi de terre commune, dont plusieurs ont été trouvées dans une encoignure ; ces derniers vases ont été laissés en place.

La partie la plus intéressante du monument est le cippc de marbre que nous avons dit être placé à sa partie supérieure, et dont rornementation est aussi riche qu’élégante. La face antérieure porte au centre d’un bel encadrement l’inscription suivante :

NAEVOLEIA I. UB. TYCHE SIBI ET C. MVNATIO FAVSTO AVG. ET PAGANO CVI DECVRIONES CONSENSV POPVLl ÜISELLIVM OU MERITA EIVS DECREVERVNT OC MONVMENTVM NAEVOLEIA TYCHE LIBERTIS SVIS LIBERTABVSQVE ET C, MVNATI FAVSTI VIVA FECIT

« Nævolei<a Tychè, affranchitî de Jnlic pour soi et pour Gaina Miuiatius Fanstus, augustal et inaitre du bourg * auquel les d»Vurions, du oouamtemeiil du peuple, dêcornèreut un bisellu'm * à titre de récompense. Nævoleia vivante a érigé ce mouument pour S4^s affranchis et affranchies, et pour ceux de Gains Munalius Faustus. »

Rien ne nous fait connaître la nature des liens qui unissaient Nævoleia et Mun’atius. Nous avons tout lieu de penser que cette Tychè était affranchie de Julie, fille d’Auguste, aussi bien que la seconde Tychè, dont è son tour nous décrirons le tombeau.

Au-dessus est placé de face et en demi-relief le buste de Nævoleia, et au-dessous est un bas-rclicf représentant la consécration du monument. On y voit d’un côté les magistrats municipaux, collègues de Munatius; de l’autre, Na'voleia c\ la tète de sa famille; au centre est un autel sur lequel un enfant dépose une offrande; enfin, auprès de l’autel on distingue une

> Ces urnes et leurs cnvelo{>p<'s de plomb sont an musée.

* Acci'.stai., prêtre d’Auguste. P.^OASirs ou m.acistf.r paci, sorte do magistrat municipal dont les fonctions avaient quelque analogie avec celles de maire chez les modernes. Nous avons déjà vu ■" Arrius Diomiiles pnnidrc le titre de magister pngi.

’ I.e biseUium était \in siège honorifique assez large pour deux personnes, ainsi que son nom rindi(jue, mais qui n’était occmn* que par une seule, laquelle se trouvait ainsi A l’aise dans les jeux et autres nhinions publiques où elle avait obtenu le droit de le faire porter par scs esclave.s. |,(‘s citoyens honorés d<; cette prérogative étaient nommés. b».<ref fart/.

l’OMl’ElA.

boriHî rcpn'spiitant peut-être d'une manière symbolique le tombeau, objet de la cérémonie. Miizois croit pouvoir reconnaître dans un jeune homme (pii se tient debcnit près do cette borne le fils de Munatiiis.

I,a face opposée du monument est entièrement lisse et- sans ornements. Ix côté qui regarde le triclinium présente un bas-relief (pii a beaucoup exercé la sagacité des anliquaires. On y voit un navire voguant sur une mer agitée; sur l'ordre du patron assis au gouvernail, de.s eitfaiits rpii

dll IVtmbrSu de T»rb*,

servent de matelots s' einpres.scnt de carguer les voiles. Parmi les nombreuses suppositions auxquelles ce bas-relief a donné lieu, il en est deux (|ui, seules, paraissent présenter quelque vrai.semblance. Suivant la première, ce vaisseau aurait élé destiné à rap|)oler .soit la profe.ssion, .soit l'origine de la fortune de Munatiiis; mais comme aucun autre indice' ne vient confirmer cette conjecture, nous croyons devoir préférer l’opinion qui, plus conforme au génie poétique de rantiqiiib', voit dans ce vaisseau ballotté par les flot» et repliant .ses voiles au moment de surgir nu port, le symbole de la vie arrivant au port de l’éternel repos. Je trouve un nou-

AJR Mfêf. VICTORft'XM'VlXI’tA/JMi

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vel argument à l’appui de cette opinion dans deux pierres sépulcrales remontant aux premiers temps du cliri.stiaiiisme, encastrées <l Rome daiw les murs du porikpie de Santa Maria in l^axtercrr; sur la preniière, qui

TOMBKAIIX ET MONUMENTS ELNfiRAIKES.

apparüoiil ù mic' fcmmn, on voit gravô un vaisseau sur une mer agitée, approchant d’un phare qui indique le port; sur raulro est uu bas-relk'f représentant lîn homme expirant au milieu de s<;s amis et de ses parents, tous tournant les yeux vers un phare dont l’allégorie ne peut être douteuse’.

(Juoi qu’il en .soit de sa signification réelle ou symbolique, le navire de Pompéi n’en est pas moins intéressant pour l’étude de la navigation antique; on y reconnaît parfaitement les arriistolin ou ornements de l'extrémité du vaisseau; la proue, décorée d’une tète de Minerve; la poupe, relevée en col de cygne ou d’oie, qui de là av;vit pris le notn de cheniscKs (|)etile oie) ; enfin les apluslres ou pavillons tlottant au sommet des nuits. La quatrième face du tombeau de Næyolcia est également curieuse au |K)int de vue arcliéologique ; on y voit représenté le bisetliiim, ce siège pri-

vilégié dont avait été honoré Munatius, et dont, jusqu’à la découverte de Pompéi, la forme était inconnue-. Au pied du liisetlium est un petit tabouret nommé subscltium ou siippcdawum.

Dans l’enceinte du tombeau de i\a‘Voleia se trouvait une inode.ste s<ipuitnre qui dut appartenir à un membre pou important de la famille ; c’c.sl une simple borne portant cotte inscription

c. M V s .X T \ s ATtMETV.S VIX.

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