PO MP K IA
cfitaincs insiTiptioiis placi'cs iiiix (xirles (l«‘s maisons «lonnonl il croire que, selon lin antique nsape consi-rvé ilans oetle ville, on y eoinplait les années par les iliminvirs, eoininc à Koiiie par les eonsnls.
Néron anpineiita le nombre des liabitanls de l’ompéi, et en peu de teni|is
elle devint une des villes les pins florissantes de la rjuiipanie; son port était
l'entrepôt de tout le eommeree de Nola, d'Aeerra, de N'neeria (A'o. e/n dei l‘iigani)Kl d’Atella {Aiersa), villes alors inqioi'tantes. Tite-Live et Tloriis parlent de cv port eonmie étant magnitkpie , et propre à recevoir une anin'e navale ; l’nblins Ooriieliiis y amena sa flotte. Le commerce de Pompi’â •'•tait encore favoris»'! par le Sarniis, petit fleuve aloi-s navipible, mais qui anjonnrhni n’est plus qu’un niissean qui, coulant loin tie son ancien lit, va se jeter dans la mer il |K'ii de ilistanee de Staliia.
l’Insieurs Honiains illustres avaient à l’ompéi des maisotis de plaisance , entre antres Cicéron, qui en [larle dans niH' de s»'s lettres il Atticns : ’l'uiicHlnmim et l‘omijeiuniim viilili: me i.'e/eelunl. Ce fut là rpi’il l'omposa |Mnir son lils son fameux tiviité De iifjlciii, et ini discours sur l’état des affaires publiques,
lairsipie Snlpieins, cbercbiint il le consoler de la moH de sa lille Tiillia par
rexeiii|ili’ des vicissitudes bnmaines, lui parle de ces cialavres de citiéi qu’il apenciait à son ictour d’Asie, il ne s’atteiMlait pas que cette expression di'it s’appliquer un jour aussi fidi'IeiiK'iit à la ville qui faisait les délires de son ami '. Phèdre, le fabuliste, se n’fiipia à PonqHM |>our éviter la iMTSi'-cntion de Tilièrc et de Séjanj l’enqK'reur Claude y avait une maison de eamisifîne où il |ienlit mi fila, nommé Umsus, étoiifl'é par une ixiii-u qu’il avait jetée en Pair, et qu’il voulut recevoir dans la liouche; enfin Sénèque rappelait à Luciliiis , eüinmo un de scs plus cliei'S souvenirs, d’avoir |>assé sa jeiines.se à Pompéi.
Malheureusement cette ère de pros[M''rilé devait étie de courte diux'>e. Kn l’an 59 de Père ebrétienne un certain Livineius Ilej-iiliis, qui avait été depuis plusieurs années exclu du sibial romain, donnait au |M'iiple un combat de gladiateurs dans Panipbitliéàtre de PunqHM. Les habitants des villes voisines, et principalement ceux de Niiceria , y étaient accoiirns en foule. OneUpies plaisanteries amenèrent une querelle entre eux et les Pompéiens; des injures, ils en vinrent bientôt à se lancer des pierres, et entin à courir aux amies. U'S Poniiaiicns, plus nombreux, mieux armés, euiciit Pavantago, et beaucoup de ceux de Niiceria fim-nt rapiairti'S dans leur ville mutilés; beaucoup laissèrent sur le rlianqi de bataille leur |>ère, leur frère, leur parent ou leur ami. Plainte fut |iortée par les vainais; l’affaire renvoyée par le prince au sénat et par le sénat aux consuls, étant revenue de nouveau au sénat, les Pompéiens furent condamnés à la privation de sfa-clacles ptodant dix années; Livineius et les autres auteurs du la sixiilion furent punis par l’exil. G-t événement est
• ad Cirerunem. Cua.ses. KitUioli Ninanl, UMtiv 571.
Digilized by Googl
INTHODIICTION IIISTOHIOUE-
rappcl« i>oti-seuli‘iiH'nl |wr li- piissiiytr lie Tiwite', «loni nous n\oiis oxlrait ce qui pn«'ùrio , mais i-iH'oro p;ir une esjii'ce de cariralure |H>lili<|iie que I'oti a lrou\éi’ sur les uiiirs extérieurs de la rue de Memin', et qui est atx'ompagiiée de <'etU^ inscription : Onnpani , Victoria unà cui» i\iiccrinis periistis. « Cunipauiens, (wr votix- victoire, vous ave/. |>t'’ri en inèiue lÉ-inps cpie les Nueériens. o
Cette privation, qui dut être en effet bien wnsible à un pi'uple passionné pour les spectacles, eoninie tous ceux de l'antiquité, n’était i«nir les PoniiM'ieiis que le prelude de deux cataslroplies bien plus graves, et dont la st'conde devait faire dis|Kiraltre il jamais leur ville du nombre des cités.
Le t> février do l’an Cil, un violent trembleinent do tene se Ht sentir dans toute la Campanie. Sénèque nous a conservé le souvenir de eet événement nu sixième livre de ses questions natuiolles : • l’ompiii, dit-il, ville eonsidérabli^ de la Campanie, qn’nvoisinont , d’un ciMé le cap de Sorrento et .'stabie, et de l'autre le rivage «rHeivulanuni , entre lesquels la mer s’est creusé un golfe riant, fut abîmée par un tremblement de terre dont souffrirent tous les alentours, et ci'la eu hiver, saison privilégiée contre ces sortes de ]W:rils, au
dire habituel de nos pi'res. Celle calaslropbe eut lieu le jour des noues de
février, sous le consulat de Iti'golus et de Virginius. Ui Campanie , qui n'avnil jamais été sans alni'nie, bien qu'elle fût restée sans atteintes, et n’eitt payé au fléau d'autre trilml <|ue celui de la peur, se vil eette fois cniellement dévastée.
Outre Pompéi, Heivulanum fut en partie détniile, et ce qui en reste n’est |ws
bien assuré. La colonie de Nuceria , plus respectée, n’est pas sans avoir à se plaindre. A Naples , la'aucrmp de maisons particulières ont péri, mais les ('Hlillcr-s publics ont ixisisté : ri'‘pouvnnltd>le désaslix' n’a fait (]ui' l’efllenrer. Des villas
* .timatrs, XIV, 17,
furent ébranlées sans éprouver d’autres donuiiagcs. Un ajoute qu'un troupeau de six eents moutons perdit la vie, que des statues si> fendirwit, et qu’on vil em>r dans bt campagne des malheureux auxquels la frayeur avait fait perdre la raison. «
L’année suivante, un autre tremblement de terre survint pendant que Néron ebantait au théAtrc de Naples; oet édifiée s’érroiila au moment même oii l’empeTOnr et le ptuiplc venaient d’en sortir, et il n’y eut pi'rsonne de blessé. Tacite, qui nous a transmis le récit de cet événement ', dit que .Néron le regarda . comme une faveur du ciel ; il en remercia les dieux par des hymnes dont il composa la musique.
Pompéi n’avait pas encoie entièrement réparé les désastres causés par ces Iremhlements de terre, quand arriva la catastrophe de ”9, si fatale à la ville, mais si heuivuse pour la science et l'art.
Ainsi que jt? l’ai dit, Pom|)éi était bâtie sur une élévation formée par la lave, cl quelques auteui-s ont même regardé cette élévation comme une ancienne bouche de volcan, semhlable à plusieurs autres que l’on voit au pietl du
Vé'suve. Ce pays en effet avait déjà été lx)ulcversé par les feux souterrains,
mais anhirieurenient à toutes les époques connues, car aucun monument historique ne nous en a consc^rvé une notion positive. Homère n’en a point parlé, quoi- (pi’il .semble avoir l'onnu la nature volcanicpic de cette contrée; il jette .sur toute la côU; une sorte d'hom’ur religien.si‘ , et il la ixqirésenti; eominc la dernière limite du stérile Ucéjm et du inonde habitable. Selon Uioilore de Sicile, celte partie de la Campanie avait reçu le nom de Champs Phlégréens, des feux que Me Vésiuve lançait autri'fois comme l'Etna, et dont il reste encore, dit-il, des traces par tout le pays. Cet auteur est d’acconi avec Vitrnve pour dire que les feux souteiTains de cette partie de la Campanie s’étaient autrefois amas.s«''s
sous le Vésuve jusqu’à ce ipie leur surabondance fut lancée sur le pays
environnant. « C’rst à l’effet de ces feux souterrains qui minent encorf' la contrée, ajoute Vitruve, qu'on doit attribuer les propriétés de la |Hmzzolane. »
On lit encore dans Stralxm : • Au-dessus de ces lieux est situé le mont Vésuve, entouré de toutes parts de amqiagncs fertiles, mais dont le somna-l presque plat e.st entièrement stérile. Sa superficie a l’apparence de la cendre, et on y trouve l’ouverture de cavernes pixifondes qui s’onvixmt dans tous les sens; les pierres paraissent à leur couleur noire avoir été hrftU'es par le feu , tellement qu’on |H‘Ut conjecturer que, dans l’antiquité, celte montagne fut un volcan qui s’est éteint faute d’aliments. » Le, même auteur allribue la fertilité des caini>agnes voisines aux cendres volcanicpies dont le sol est presque tout composé.
O Le voilà, s’écrie Martial, le voilà ce Vésuve couronné jadis de pampres verts dont le fruit généreux inondait de son jus nos pressoirs l Les voilà cos coteaux
• Annales. L. XV,
INTItODUCTION lllSTORigUE.
que Uai'clius prtMërait aux collines de Nyæ! Nagiièi-u cneoi'u les salyres dansaient sur ce iiunit; il fut le séjour île Vénus, (dns cher à la déesse (|iie Lacéilémnne ; Herrule aussi l’illuslra de son nom. Les flanunes ont tout détniit, Unit enseveli sons des monceaux de cendres ! Les dieux mêmes voudraient que leur pouvoir ne fut pas allé jus<|ue-là »
Les circonstances qui aeroinpagnùrent le commencement de la guerre des esclaves servent encore à démontrer que le cratère du Vésme était à peu pn\s à cette é|Kique ( 7U ans avant Jésus-I^hrist) ce qu'est de nos jours le volcan éteint d’dv/rani, qui s’élève à l'occident de Naples, non loin du Inc d’Agnano. Sportacus chcrclia un asile sur le Vésuve avec soixante-dix de ses compagnons. Le sommet de lu montagne, entouré d'un mur naturel taille à pic, et d’un accès diflicilc, contenait un espace ville, et fermé de tous cétw; un seul passage étroit et esoariKi y conduisait. Investi par le préteur Cloilins, et refoulé dans celte enceinte, Spartaens se fit des échelles eu toivlant ensemlile des branches du vignes sauvages qui croissaient sur la montagne; il franchit par ce moyen les préi'ipiccs qui pmti'-geaient le sommet d’un cAté qu'on avait cm inaccessible, et tomba à l’improviste sur Clodius avec tant de vigueur qu'il délit ses troupes, et détruisit son camp
Tel était l’état du Vésuve quand an'iva lu fatale émplion du aotU 79, la première année du règne de Titus, u quand Jupiter, arrachant les entrailles do la montagne, les souleva jusqu'au ciel pour les lancer au loin sur les malheureuses villes’, a Nous laisserons Pline le jeune raconter les détails de celte terrible catastrophe, dont il fut léinoin, et dans laquelle son oncle perdit la vie. Les deux lettres qu’il adressa a Tacite ont un cachet de naivelo qui les rend plus saisissantes que les plus |>oinpeuses descriptions.
« Vous me priez, dit -il dans la première*, de vous apprendre an vrai comment mon oncle est mort, afin que vous en puissiez instmbx! la poshirité. Je vous en remercie; car je enneois que sa mort sera suivie d’une gloire immortelle, si vous lui donnez place dans vos écrits. Quoiqu’il ait péri par une fatalité qui a désolé de tivs-lieaux pays, et que sa perte, causr'e par un accident mémorable, et i|ui lui a été commun avec des villes et des jieuples entiers, doive éterniser sa ménuiire; quoiqu'il ait fait bien des ouvrages qui dureront toujours, je compte |iourtanl que rimniorlalilé des vôtres contribuera licaucoup il celle qu’il doit attendre. Pour moi, j’estbne heureux ceux à qui les dieux ont accortlé le don, nu de faire des choses dignes d’étre écrites, ou d’en écrire de dignes d’être lues; et plus heureux encore ceux qu'ils ont favorisés de ce double avantage. Mon oncle tiendra son rang entre les derniers, et par vos
* Mabtiau Ep. L. IV,
* Heszi. fiiimc Je S;»artifiLS, p. 18. tn-8«, t88S.
* Stac*, t.. V. Si/tV 3.
* L. VI. lA>ttre 16. Tciitnctinu («irSacy. •
l'OMPEIA.
('■iTits, c-l par les siens; et c’est ce qui m’engage il exwnter plus vnlontiers «li's (iiilres f|ue je vous aurais (leniandés. •
n II élait à Misènc, où il commandait la Holte. Le d'aoi'it, environ une heure après midi , ma mère l'avertit qu'il paraissait un nuage d'une grandeur et d'une figure extraordinaire. Apri‘s avoir été quelque temps eouclié au soleil, selon sa coutume, et avoir pris un bain d'eau froide, il s'était jeté sur un lit, oii il étudiait. Il se lève, et monte en un lieu d'oii il pouvait aisément observer ce prodige. Il était ditlieile de disi;erner de loin de quel'c mont.agne sortait ce nuage ; révénement a dé-eonvert depuis que c'était du mont Vétsuve. Sa figure appixicbait de celle d'un arbre, et d'nn pin ' plus que d'aucun autre; car, apivs s'élre élevé fort haut en forme de tronc, il étendait une espèce de feuillage. Je m'imagine (|u'un vent soiiteirain violent le |>ous.sait d'almrd avec imp>'>tuosité et le soutenait ; mais, soit que l'impulsion dimimiAt peu îi peu , soit (jiie CO nuage fut affaissé par sou piopre poids , on le voyait se dilater et se se répandre; il (varaissuil tantôt blanc, tantôt noimtre, et tantôt de diverses
couleurs, sehtn qu’il ébiit plus cbargi'; ou de cendre ou <le terre. Ce prodige
surprit mou oncle , rpii élait très-savant , et il le crut digue d’élre examiné de plus pix's. Il commande que l'on ni>pai-eille sa frégate légère, et me laisse la lilrerté de le suivre. Je lui répondis qui- j’aimais mieux étudier; et par hasard il m'avait lui-même donné quehpie chose à i'«rire. Il sortail de eJa-z lui , ses tablettes .H la main, lorsrpn; les troupes de la Hotte qui étaient à Itélina, effrayées par la grandeur du danger ( car ca; lanirg est précisément en face .Misi'mc, cl on ne s'en pouvait sauver <pie par 1a mer), vinrent te conjurer de vouloir bien les garantir d’un si affreux péril. Il ne cbangea pas de dessein, et |>onisuivit avec un courage héroïque ce ipi’il n’avait d’alaii-d entiepris (pie par simple curiosité. Il fuit venir des galèn», monte lui-même dessus, et part dans le de.ssein de voir quel secours on pouvait ilonner, non-seulement à Hétin:i, mais è tous les autres bourgs de cette côte, ipii sont en grand nombre à
cause de sa beauté. Il se presse d’arriver au licui d'où tout le monde fuit, et
où le péril paraissait plus grand; mais avec une telle lilverté d’e-sprit, qu’à mesure qu'il apercevait quebpie mouveiueut ou ipielque ligure extraoixlinaire dans ciprodige , il faisait ses (diservations, et les dkdail. Dijà s«ir ses vaisseaux volait la rendre plus épaiss»; et plus chaude à mesure qu'ils a,aprochaient ; di jà tombaient autour d'eux des pierres calcinées, et des cailloux tout noii-s, tout brûlés, tout pidvérisés par la violence du feu; déjà la mer semblait rclliicr, et le rivage devenir inaccessible par des morceaux entiers de montagnes dont il était couvert, lorsrpie après s’être arrêté quelques moments, incertain s'il rclonrnerail. il dit à son pilote , qui lui conseillail de gagner la phùne mer : f.a forlunt-
' Lp jiin il'itilie, ou jû» parafsol. Ijf»nkjUf‘ l.i fiimeV <ln W-snvc oftU* forme, r’psf purorr aujourd'hui ranuonci* d'uno violi uUî t^ruplion.
INTIIODUCTIUN HlSTOItlQli li.
favorise le eourai/e. l'uuriirz du côlé de l’ompunianus. l’oiliponimius était H Slal)ic, en un endroit .«éparé par vin petit golfe que forme insensiblement la mer sur ces rivages qui se eonrlvenl. Lit , à la vue du pv'ril, qui était encore éloigné, mais qin semblait s'approcher toujours, il avait retiré tons ses meubles dans ses vaisseaux, et n'attendait pour s'éloigner qu'un vent moins contraire. Mon oncle, à qui ce même vei.t avait été tn'‘s-favorable , l'aborde, le tnmve tout trenddant, l'embrasse, le rassure, l'encourage; et pour dissijver, par sa sécurité, la crainte de son arni, il se fait porter an bain. Afirès s'vllre baigné, il se met à table, et soupe avec tonte sa gaieté, ou (ce qui n’est pas moins grand) avec toutes les apparei ces de sa gaieté orilinaire. (>|ien lant on voyait luire, de plusieurs endroits du mont Vésuve , de grandes llammes et des embrasements dont les ténèbres augmentaient l't'clat. Mon oncle, |yiiir ra.ssurer ceux qui l'accompagnaient, leur dit ipie ce vpi’ils voyaient bri'iler, c'étaient des villages ipie les |mysans alarmés avaient abanilonnés , et (|iii étaient restés sans secours. Knsiiite il se laaicba, et dorniit d'un profouil sommeil; car, (^onunc il était puissant, on reutenilait ronfler de ranlicbanibre. Mais enlin la cour, par où on entrait ilans soi) appartement, cominenvait il se renqdir si fort de cendres, que, |H>ur |MMi ipi'il fi'it resté plus longtemps, il ne lui aurait plus été libre dt- sortir, lin l'éveille; il soit, et va rejoimire Poinpoiiiiiims et les niilres qui avaient veillé. Ils tiennent conseil , et délilWuent s'ils se renfermeront dans la maison , ou s'ils tiendront la caiiqiagne ; car les inaisons étaient tellenient libranlées par les fréquents tremblements de terre, que l'on aurait dit ipi'elles étaient arrachées de leiii's foiuleinenls et l'émisés il leurs places. Hors de la ville, la cliiile des pierres, quoiipie Ivigères et desséchées par le feu, était à craindre. Kiitre ces [M'rils, on choisit la rase campagne, fihe'ü cinix de sa suite, une crainte surmonta l'anlre ; clicü llii , la raison la pins forte ri'in|>oi1a sur la plus faible. Ils sortent doiii' , et .SI- coiivivnt la télé vl'oreillers attachés avec des iiionclioirs ; ce fut toute la pri'caiilion qu'ils prirent contre ce ipii tombait d'< n haut. la; jour rceeiimii'iii;Hit ailleurs ; mais dans le lieu où ils étaient continuait une nuit, lu plus sonibi'c et la plus aH'reiisc de toutes les iiints, et vpii n'était un |h'II <lissi|N'i‘ qui* |>ar la lueur d'un grami nombre de flamlN'aux et d'autres lumières. On trouva laai de s'approcher du rivage, et d'exannner vie pri's ce rpie la mer |HTmettail de tenler; mais on la trouva encore fort grosse, et fort agitée il un veut contrain'. Ui, mon oncle, ayant demamh' de l’eau et hn deux fiés, se coucha sur un drap vpi'il lit étendro. Hnsiiite dv‘S llammes qui parurent plus grandes, et une odeur de soufre qui annonçait leur apprvK'he, ndrent tout le monde en fuite. Il se lève, appuyé sur deux valets, et dans le moment tombe mort. Je m’imagine vpi'nne fumée trop épaisse le suffiapia d'autant plus aisément vpi'il avait la poitrine faible , et souvent la respiralion embarrassée. Lorsque l'on commença il revoir la lumière ( ce ipii n’arriva que trois joiii'S après ), on ri-troiiva au même eiulroit son corps entier, couvert de la même rolio qu'il avait quand il mvainit.
POMPE IA
el dans la |Mistun- pliiU'il d’im lionunc <|iii rejaisc, (|iif d'iiii lioiiimi' tjiii r.st iiiorl. l’cndanl ce Iciiips , ma mère et nmi mais iHiims à Misfaio. .Mais cela ne n-pardc plus votii* liisloin- ; vous no voidcz iHn; iiirorniii que de la inoil de mou
f M -ll •!* 1-l.uv
oiiele. .le finis donc, et je n’ajoutc plus qu’un mol : c’est que je ne vous ai rien dit, que je n’aic ou vu ou appris, dans ces moments où la vérité de l’action ipii vient de se passer, n'a pu être altérée. C’est à vous de choisir ce <pii vous paraîtra plus important. Il y a bien de la différence entre écrire une lettre, ou une histoire; entre écrire |H)ur un ami ou pour la postérité. .Adieu. »
lai seconde lettre est moins importante, n’ayant trait qu'à ce qui s»' passait a Miséne, où se trouvait l’auteur; aussi nous couteuterons nous d’en extraire quelques passages.
a Après que mon oncle fut parti, dit Pline le jeune', je continuai l’élude qui m’avail empêché de le suivre, .le pris le bain, je soupai , je me couchai et dormis peu, et d’un sommeil fort inli‘rrompu. Pendant plusieurs jours, un tremblement de terre s’était fait sentir, et nous avait d’autant moins étonnés, que les lanirgades et même les villes de la Campanie y sont fort sujettes. Il redoubla |Hmdant celte nuit avec tant de violence , qu'on eàt dit que tout était
non pas agité, mais renversi- ! Il était déjà si‘pt heiin-s du malin, et il ne
paraissait encore qu’une lumièiv faible, coinuie nue es(H’H e de civpnscnie. Alors
• !.. VI. Li-tln* 28. Tr.'uliirtinii jor Snry.
ISTROnUCTION IlISTOlUQUE.
les bâtiments furent ébranlés par de si fortes seroiisses qu'il n’y eut plus de sûreté à dcuneitrer dans un lieu à la vérité déermvert, mais fort étroit. Nous prt'iions le parti de quitter la ville; le |)euplc é|X)uvanlé nous suit en foule, nous pi-esse, nous pousse; et, ce cpii dans sa frayeur tient lieu de pnidenee, chacun ne croit rien de plus sûr que ce qu'il voit faire aux autix's. Après que nous fûmes sortis de la ville, nous nous arrêtâmes; et lâ, nouveaux prodi^çes , nouvelles frayeurs. Les voitiiri's que nous avions emmenées avtH^ nous étaient à tout moment si agitées, quoi<pie en pleine campagne, cpi’on ne pouvait, même en les appuyant avec de grosses pierres, les arrêter en place. La mer semblait SC renverser sur elle-même , et êtro comme chasst'e du rivage par rébranlement de la tem!. Le rivage en effet était devenu plus spacieux et se trouvait nanpli de différents poissons demeuri's à sec sur le sable. l'oppositc, une nue noire et horrible, crcvta; par des feux qui s’élançaient en serpentant, s’ouvrait et laissait é‘cliapper de longues futéef semblables à des éclairs , mais qui étaient
beaucoup plus grandes La cendre commençait à tombiT sur nous quoique
en petite quantité. Je tourne la tête , et j’aperçois derrière nous une épaisse fumée qui nous suivait, en se rt'-pandant sur la terre comme un lon-ent. Pendant que nous y voyons encore , quittons le grand cbemin , dis-je â ma mère , de peur qu’en le suivant la foule de ceux qui marchent sur nos pas ne nous étouffe dans les ténèbres. A peine étions-nous écartés qu’elles augmentèrent de telle sorte qu’on eût cru être, non pas dans une de ces nuits noires et sans
lune , niais dans une chambre où toutes les lumières auraient été éteintes 11
panit une lueur qui nous annonçait non le retour du jour, mais l’appiwhe du feu qui nous menaçait; il s’arrêta pourtant loin de nous. L’obscurité revient, et la pluie de cendres recommence et plus forte et plus épaisse. Nous étions réduits à nous lever de temps en temps pour secouer nos habits , et sans cela
elle nous eût accablés et engloutis Knfin , cette épaisse et noire vapeur se
dissipa peu â i»eu et se perdit tout â fait comme une fumée ou comme un nuage. Uientôt après parut le jour, et le soleil même, jaunâtre pourtant, et tel qu’il a coutume de luire daus une éidipse. Tout se montrait changé â nos yeux cncure troublés; et nous ne trouvions rien qui ne fût caché sous des monceaux de cendre, comme sous la neige. »
B la’s vents s’assoupissaient, dit Hulwer, l’écume expirait sur l’azur de cetb! mer délicieuse. Dans l’orient, de légères vapeurs réfléchissaient par degrés les teintes de rose qui annonçaient le matin; la lumière allait rej>i-endre son empircî. Cependant, immobiles et sombres se montraient encore dans le lointain les fragments coni|iactes de la nuée destnictivc, au sein de laquelle des bandes rouges, mais d’un éclat de plus en plus faible, trabissaient les feux encore brûlants de la montagne des Champs-Bnilcs. Les murs blancs et les brillantes colonnes qui ornaient cet admirable rivage n’éUiient plus. Morne et triste était la contrée naguère couronnée par les villes d’Hercidanum et de Pompéi. Ces
POMPKIA.
IA
villes, les filles bien-BiiiR'CS de la mer, étaient arrachées à ses cnibrassonioils ! Pendant une longue suite de siècles, elle étemlra vainenient aes bras azurés, ne les retrouvera plus, et gémira sur les tonila'S de s<?s enfants perdus! ■ '
A ces détails, que nous fournissent l'histoire et la [Xiésie, nous en ajouterons quelipies autres extraits des auteurs conteiii|>nrains, ou que l’elat des Heux a permis de (xnistater. I.es feux souterrains du volcan , dans leur effort pour s’ouvrir un ]>assage, firent sauterie sommet de la montagne, qui roula en lave bnilante jusqu’à la mer, ou fut dis|>ers(; en éclats, ou en cendre si subtile que les vents la portèrent justpi'en Pgypte et même en Syrie. A Home, dans la matinée du ât, le soleil fut obsnuri par la masse énorme de cendres et de fumée que le volcan avait lancée dans les plus hautes régions de l’atmosphère. Herculanum, Hetina ( (lésina) et Oplonte * furent ensevelies sous la lave dans quelques parties, mais principalement par un déluge d’eau et de cendres que vomit la montagne, et qui remplit ces villes comme le métal en fusion remplit les concavités du moule, flelle espèce de mortier devint bienl('>t par le refroidissement aussi <lur «pie la pierre, et les malheureuses cités se trouvèrent englouties sous une couche solide de plus de 20 mètres d’épaisseur.
Pompéi au contraire , soit parce que sa position élevée la préserva de ces torrents, soit parce que les courants d’eau et de lave prirent une autre direction, fut aussi bien que Stabia recouverte seulement d’une couche de (i à 7 mètres de cendres et de petites pierres ponces qu’on nomme à Naples LnfitH. Cette pluie volcanique tomba sans doute par ondées successives, et non on masse, car aucun des liabitants ii'eùt échappé ; tandis que jusqu’à présent on n’a encore tiouvé qu'environ THK) squelettes, nombre bien faible |) 0 ur les deux tiers d’une ville dont les calculs les plus modérés évaluent la population à prt-s de 40,000 Ames.
Dion dit, et une foule d’auteurs ont répété apiés lui, qu’au moment de la catastrophe, le peuple pre.sipie entier était au théâtre, et y fut enseveli. Le-s auteurs ijui ont adopté la vei-siou de l’historien de Nicée n’ont pas réfiéi-hi qu’elle est absoluuient contraire à la nature et à l’actiou des volcans, et particulièrciiienl du Vésuve dont les éruptions sont toujours précédées d’indices sur lesquels il n’est (MIS permis de se méprendre. D’ailleurs, ce qui est bien plus décisif, un seul squelette a été découvert dans le théâtre. Il est donc certain que la plupart des haliitants eurent le temps de s’échapper, et nous verrons que beaucoup do ceux qui Ikirirent furent retenus par des causes indépendantes des effets du volcan, ou furent les victimes de leur cupidité et de leur amour pour leurs richesses. Les matières volcaniques ne s’élevèrent nulle part aiMiessus dti premier étage des maisons; et si les étages supérieurs, assez rares du reste, furent détroits et avaient entièrement disparu, ce dut être d’abord par l’effet de l’éboulemenl
1 Tha last ânyt of Pompei. R. V., c. 10.
^ (XTiipait ik pru pW'# Ip Rjto h TorrP dfirAnmmnaln. ' ' '