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d’exception (jue pour le.< plus petits, appelés iMrnm. Le velarium, en grec wafa7:eTa(7JL«, était <lonc. indispensable pour garantir les spectateurs de l’ardeur du soleil. Selon Pline, c’est en Campanie que prit naissance l’usage de couvrir ainsi les théâtres ; (Juintus Catulus l’introduisit à Rome, et Lentulus .Spinllier fut le premier qui y employa des toiles de lin. Lue dos plus grandes preuves de la prodigalité de. César est d’avoir, dans une fête magnilique qu’il donna au peuple romain , couvert l’amphithéâtre d’un velarium de soie, matière qui se vendait alors au poids de l’or. Suétone nous apprend que Néron fit faire un velarium de pourpie, dont les broderies d’or repré.sentaient le char du soleil entouré de la lune et des étoiles.
Cette invention utile fut dé.sjqiprouvéc, et regardée comme une mollesse camfmuienne par les anciens, qui étaient habitués à pas,ser le jour dans leurs théâtres, exposés k toutes les intempéries des saisons. .4mmicn Marcellin reproche s(’-vèrement aux Romains de l’avoir adoptée, et leur donne le titre méprisant d’imitateurs de la lâche Campanie :
PUltfi veiabris umbraculorum fh^atralium latent qua Campanam imitantur la^civiam,
« Les plébéiens ee cachent l 'ombre de ces voiles de théâtre empruntés à ta voluptueuse Campauie. »
yuaiul on pense â l’énorme grandeur des théâtres et des amphithéâtres antiques, on a peine â concevoir comment on pouvait parvenir à tendre un voile d’une si gigante.sciuc dimension, .\ucun auteur ancien ne nous a transmis de détails positifs ; nous savons seulement que le velarium pouvait être mis et retiré à volonté, pui.s<|uc Suétone dit qu’un des plaisirs de Caligula était de faire découvrir l’amphithéâtre au moment de la plus grande ard(mr du soleil, et de forcer les spectateurs à demeurer tête nue à leurs places. Le velarium devait encore s’étendre nu moyen de poulies et de cordages, puis(|ue, .s<;lon I.ampridius, une compagnie de mnteloLs, habitués à la mametivrc des navires, était attachée à son .service, l.a plupart des théâtres et des amphithéâtres présentent, ainsi que je l’ai dit, dans leur partie supérieure, des modillons en pierre pour les poulnss du velarium. U’aprés ce ([ui subsi.ste, le Colisée, dont le diamètre est de 191”, 327, dut avoir deux cent quarante morlillons, et un nombre égal de poutres. C’est d’après ces indices que M. Rorgnis, dans son Traité de Méeanique appliquée aux arls, a proposé .son procédé d’établis.sement du
1*0 Ml* Kl A.
vrliirhiin. Au centre du Golia'c serait un ovale de 312"', ASS; il serait formé de trois rangs de madriers superposés, pleins sur joints et liés par des boulons au nombre de cent vingt, portant à leur partie supérieure des amicaux, qui recevraient chacun deux cordes, répondant aux poulies fixées au sommet des deux cent (piarantc poutres placées au faîte du monument. On conçoit qu’en tirant ces câbles l’ovale devait .s’élever, et qu’il serait , facile de dis|)oser sur ces cordes les toiles du vrlarium. Chaque voile aurait la forme d’un lra|>i'7.e, et porterait en dessous un certain nombre de tringles parallèles, ayant des anneaux f|ue les grandes cordes enfileraient. De cette manière, uue autre corde s’enroulant d’un liout sur une * poulie et attachée de l’autre A la partie inférieure du trapèze, ferait remonter, lorsqu’on voudrait le fermer, le velarium, qui, pour s’ouvrir, retomberait de .son propre poids. J’ai cru qu’on me saurait gré d’avoir fait connaître ce procédé ingénieux qui, avec (|uel(|ucs légères modifications, peut s’appliquer également aux théâtres; il parait fort praticablej mais, faute de documents nécessaires, nous ne pouvons affirmer d’une manière positive que ce soit celui qui était employé pur les anciens. Lorsqu’il s’élevait un grand vent , il était souvent impossible de tenir le vrlarium tendu; aus.si Martial dit-il dans une de ses épigrammes :
In Pompfiano teclus spectabo theotro, '
.Vam populo tvn/us vtla nfr/nn soUl.
a J'as&iÿU’rai couvert au théàtn* île Pniupéc, car le veut refuse [iivsijiie toujours au peuple rabri du yetorium. »
Revenons aux théâtres dont je me suis écarté un instant Dans cette mémo partie supérieure d’où s’étendait le vrlarium, pou)* rendre la voix des acteurs plus sonore on suspendait des cspèci*s de cloches d’airain nu de terre cuite, nommées rcAen, dont l’ouverture était tournée vers le bas, du côté de la scène. l.es echees étaient de proportions dilfércntes, de manière à former des accords de musique J,a voix, en frappant leur cavité, produisait ainsi un son plus clair, plus nourri et plus barmonieux les étages de gradins étaient cu.x-mémcs divisés par des escaliers rayonnant autour du centre en portions (|ue leur forme avait fait appeler xloxtSiç, navettes, CMMci, coins. Quand un citoyen, n’ayant pas trouvé de
* ViTM’VF, I.. V, C. 5. '
THÉÂTRES. AM l’il ITHÈ ATRE.
plficc dans les emipi, l'-lait obligé de sc retirer ou de rester delwiit dans les csealicrs, on disait qu’il était excitiiralus. On reconnaît à des marijues très-visibles que, dans le grand théâtre de Pompéi, la place réservée à cl)a(]uc spectateur était large de 0"',35.
I.ns escaliers étaient ordinairement au nombre de sept dans les grands théâtres. Quand l'édifice était ado.ss<î â une montagne, les e.scalicrs en descendaient ordinairement jusfm'â l’orchestre, et c’était de cet orchestre dans lequel on pénétrait par deu.x grandes entrées latérales ou vomitoire.s, vomiloria, que l’on montait aux gradins les plus élevés. Telle était la disposition des théâtres de Cysthène, de Telmessus, etc. Les deux grands vomitoires de l’orchestre étaient parfois, comme à Pompéi, surmontés de tribunes réservées, appelées potlium. Dans d’autres théâtres, les escaliers s’arrêtaient au gradin (|ui était le plus près de l’orchestre, et en étaient sf’parés par un mur d'appui. Dans ce cas, les port(>s, ou vomitoires, étaient ouvertes dans le portique, à la partie de rédilice la plus élevée sur la monUigne , â laquelle on arrivait par des chemins tracés à cet effet. Il en était ain.si â Tyndaris, â .Syracust', à Catane, â Taormina, etc. Quelquefois ces deux modes d'entrée se trouvaient réunis, comme aux théâtres de Ségeste et d’Orange. A Lillcbonne, on parvenait au haut des gradins par un esi’alier pratiqué derrière le théâtre. Quant aux théâtres entièrement isolés, on y entrait, comme dans les ami)hithéàlres, par des c.scaliers qui, ménagés dans l'intérieur de la construction qui soutenait les gradins, venaient aboutir aux divers étages de prérinclions.
Les cinq ou six premiers gradins de l'amphithéâtre se trouvaient comme le parterre des modernes â un niveau inférieur à celui de la scène, dont ils étaient st-parés par l’orchestre qui était la partie semicirculaire comprise entre le xaîiov, ou cnrea, et la ligne du proscenium, ou avant-.si'ène. Selon Barthélemy {^Voyn/jo d'Anatharsis, chap. 70), il n’était permis à personne de re.ster dans cet orche.stre, (jui répondait â notre |)arterre , l’expérience ayant appris que, s’il n’était pas absolument vide, les voix .«e fai.saient moins entendre. Ceci est évidemment une erreur qui a échappé â l’illustre antiquaire ; l’étymologie même du mot dément son assertion. Le mot vient du verbe opysoaii, danser; il est donc
positif que, dans certains cas, des danses étaient exécutées dans l’orchestre. Nous savons d’ailleurs que souvent le chœur des chants se pinçait dans l’orchestre. Au milieu était la Ihymèle, petit autel sur lequel
POMPKIA.
011 siK-rifiiiit h l{iicclius an commenccnumt du spcctadp. C'dtait la |)oint central autour duquel ('tait tract' le demi-cercle du x.wXw. Cet autel avait des degnis sur les<iuels se plaçait ((ucUiuefois le chœur ; alors le corj |)h(5e montait sur la partie supérieure de la tliym('>le, (pii était de niveau avin; \e pulpitum, dont je parlerai bienlc'it. Millin pense que la thynuMe pouvait servir aussi de tribune aux magistrats et aux généraux (|ui haranguaient le peuple assemblé dans le théâtre pour assister h des délibérations sur les intérêts de rfoat. Nous pourrions supposer également que les poètes et les philosophes y prenaient place lors(|u'ils y convoquaient le public pour juger leurs vers ou leurs discussions.
Comme, dans les théâtres romains, il n’y avait ni thymèle, ni chœurs; l’orchestre était moins étendu que dans les théâtres grecs, et il était r('servé aux personnages les plus distingués. La place d’honneur pour le préteur ou pour le prince était au centre de la courbure du cercle; il y avait aussi dans cette enceinte des sièges dispos(is pour les vestales, les sénateurs, etc.
Nous voici arrivés à la .seconde des grandes divi.sions du théâtre, à la partie rectangulaire r('.servéc aux représentations, la sec^ne. Le mot ewr, xrain, scène, avait une signification plus étendue dans les théâtres anciens que dans les m'itres. On appelait ainsi toute la construction rectangulaire qui fai.sait face au xciîXov ou caeea, et formait le fond du théâtre. La scène comprenait donc le proscenium, Vliyposcenium, la scène proprement dih3, (ît le posiceniiim.
Le proscenium, ou Xoytîov, ne correspondait (pic fort üu|)arfaitement à ce (pie nous appelons aujourd’hui avant-scène. Au devant était une plateforme avançant sur l’orchestre, construite le plus souvent en bois, ce qui fait (pie dans beaucoup de théâtres on n’en trouve ])lus de traces. C’était le pulpitum (|ui occuiiait une place beaucoup plus large que le proscenium mémo, et (]ui n’était jamais fermé par le rideau, (’.e .serait chez nous l’espace compris entre le rideau et lu ramiM? ; c’était lâ que se tenaient les acteurs.
L' hyposcenium était le dessous du tlu'âtre.
La scène proprement dite corre.spondait à notre toile de fond, avec cette diflérence que c’était une construction solide, embellie des plus riches ornements de l’architecture. Sa largeur était double de celle de l’orchestre; elle pn'.sentait trois portes; colle du milieu, ordinairement à plein cintre, s’appelait aula reyia, la porte royale; elle condiii.sait au
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loi
pjiliiis (lu principal personnage chez le(piel le drame se passait. Les (haix autr(!s portes, plus petites et rectangulaires, portaient le nom d’ liospilales, parce qu’elles servaient aux hôtes ou (“trangcrs. Le mur de la .sc(>nc d’Orangc présente une sorte d'alcôve ou de renfoncement au milieu diupicl s’ouvre la porte royale, et qui probahlomcnt avait pour but de renvoyer vers la eavca la voix des acteurs. Cette construction de la scène faisait retour sur les côtés pour circonscrire l’(;spa ce réservé à l'action, et sur ces ailes, app('lées versiirœ, étaient ouvertes deux autres portes, dont l’une était suppos<;e conduire au port , et l’autre h la campagne.
Dans le prindiie, la scène n’avait d’autre ornement (jue ces colonnes, ces bas-reliefs, ces statues qui étaient établis à demeure. Un artiste, nommé Agatharcus, conçut l'idée des décorations au temps d’Eschyle, et dans un savant commentaire il développa les |)rincipes (|ui avaient dirigé son travail. Ces premiers essais furent ensuite perfectionnés, soit par les efforts des successeurs d’Eschyle, soit par les ouvrages (ju'Anaxagore et Démocrite publièrtmt sur les règles de la perspective. J.es anciens avaient aussi poussé assez loin l’art du machiniste, mais la description de leurs machines théâtrales m’entraînerait dans une digression que les bornes de cet ouvrage me prescrivent d’éviter.
l.e posUcenium, ou Tî»pa<jiczvîa, était le derrière et les côtés extérieurs de la .scène; c’était le lieu où les acteurs s’habillaient, et où se préparait tout ce qui était nécessaire aux repré'sentalions. Derrière le postscenium étaient ordinairenumt des portiques, des jardins, ou une place publi(|ue. Le rideau, siparitim ou nutrrum, paraît n’avoir été usité ([ue chez les Romains. Lorsque le spectacle commençait, au lieu do lever la toile, comme chez les modernes, on la descendait en la faisant entrer nu gli.sser par une coulisse dans V hijpascmium. Ces rideaux peints représentaient en généi-al di-s scènes histori(|ues. Ovid(\ dans le S' livi’e des Mélaiiiorpim.vs , dit :
SiCf ubi lolluntur fritis au((ra thfalris,
Surgert signa soient y primumgue ostendere vultus,
Cfrtêra paulatim; plaridoqxte educla tenore Tota patentf imoque p'^des in margine ponunt.
Ainsi, lorstin'an tht'^trc un Hd^au se Des Heures qu'il i>eiiit aux regards do la foule 1^ visage, los bras, et le buste, et les ]ôe(Ls S'i'di-vont par degrés, tonv à tour déployés.
I.es premières pièces de théâtre furent représentées A Rome l’an .‘ÎOI
<02 ' . PÜMPEIA.
de sa fondation. Longtemps les théâtres, comm<* je l’ai dît, furent en bois et temporaires ; les spectateurs étaient debout. Marcus Emilius Lépidus fut le premier qui fit bâtir un théûtre avec des sièges. Les plus magnifiques de ces constructions précaires furent les théAlres que Scaurus et Curion élevèrent vers la fin de la république. Scaurus, gendre de Sylla, y dépensa des sommes énormes ; Curion, désespérant de le surpasser en magnificence, voulut SC distinguer au moins par la singularité ; il érigea deux théâtres adossés l’un à l’autre, qui, lorsque les représentations de la scène furent terminées, tournèrent sur pivot avec tous les spectateurs qu’ils contenaient, et, se réunissant, formèrent un amphithéâtre où furent livrés . des combats de gladiateurs.
C’était au grand Pompée (ju’il était résm-vé de doter Borne de son premier théâtre de pierre, qui fut dédié l’an dé Rome G99. 11 imita, dit Plutarque, le théâtre do Mitylène, mais sur une bien plus grande échelle, puis((ue le sien pouvait contenir quarante mille spectateurs.
Bientôt les théâtres se multiplièrent dans la métropole ; la passion des jeux scéniques gagna les provinces, et il n’y eut plus une petite ville qui ne possédât un théâtre plus ou moins vaste selon sa population. Pompéi en eut deux (jue l’ori désigne sous les noms de l’Odéon et du Grand Théâtre, ou Théâtre tragi(juc.
Odéon (Pl. l:). Placé suivant la prescription de Vitmve dans le voisinage et à gauche du grand théâtre *, l’Odéon était un édifice couvert destiné aiLX représentations musicales, aux répétitions dramatiques, aux concours poétiques, et probablement aussi aux spectacles d’hiver 2; celui de Pompéi découvert de 1709 à 1796, pouvait contenir quinze cents spectateurs. Sur le mur (|ui le séparait du grand théâtre était l’inscription suivante remplacée par une copie :