‹ Pompeia decrite et dessineeChapitre 4 sur 61 · TEMPLES · texte numérisé non relu

TEMPLES

B culte des innombrables divinités du paganisme ne pouvait manquer de laisser .sur le sol de Pompéi de nombreu.ses traces de son pas-sage ; aussi , dans la seule partie découverte jusrprii ce jour, ne comptet-on pas moins de huit temples satiB parler des larnircs, autels, etc., qui sont pour ainsi dire innombrables. Fkléle

TKMPLKS. ACTELS.

mais aussi moins majestueux, et ne présentant pas, comme le dorique, une noble simplicité unie à la pensée d’une durée presque éternelle.

Les ordres italiens occupent les doux extrémités de l’échelle archrtecturalo ; le premier, le toscan, le plus massif de tous, paraît être une rémi-

niscence du dorique importé en Italie par les colonies grecques. I^c composite, nu contraire, formé, ainsi que son nom l’indique, d’un mélange du corintliien et de l’ioinque, fut une invention des architectes romains qui, ne pouvant trouver rien de plus pur, de plus noble que les ordres grecs, et cependant éprouvant le besoin d’innover, imaginèrent un ordre qui au moins pouvait paraître l’emporter sur les autres par la profusion, je dirai même l’excès d’ornementation;

Disons maintenant comment ces divers systèmes furent appliqués aux édifices de l’antiquité, et en particulier aux monuments religieux auxquels Ce chapike doit être consacré.

Les édifices dédiés aux dieux recevaient, suivant leur usage et leur importance, les noms de lempluui , fanum , delubrum, trdrs ou rvdiculu. D’autres noms indiquent leur forme et la disposition de leur plan.

ruMI’ElA.

On appelait temple moiiopl'ere celui qui ullrait simplement une coupole portée sur des colonnes disposées en rond cl dont le sanctuaire n’était pas fermé. Le temple à antes, in autis, fut le premier à ordonnance régulière,

T«n>pk Tfmpl» i«

selon la classification de Vitruve. Ce temple, le plus simple de tous les temples à colonnes, présentait à la farade deux colonnes seulement, et aux extrémités des murs latéraux prolongés au niveau de ces colonnes, et appelées anin, deux pilastres. Le temple proslyte diffère de celui-ci en co

Tcibple pn»tjlf, T«inpk «iBpbiprwtfk.

que l’on sulislitue deux nouvelles colonnes aux pilastres des antes. Le temple ampliiproslyle ou double prostyle présentait quatre colonnes à la façade et quatre h la face postérieure.

Au reste, celle désignation de proslyle, bien (pi'employée par Vitruve dans le .sens (jue nous indiquons ici, peut s’applicpier à tous les temples qui ont des colonnes à la façade, puisque proslyle veut dire simplement qui a des colonnes en auani ; il vaut donc mieux employer la dénomination de télrastyle (à quatre colonnes), dont je vais parler tout à l’heure.

Dans les temples périptères, les colonnes entouraient entièrement l’édifice; les porti(]ues latéraux étaient désignés par le mot alœ, ailes; c’e.st à cette catégorie (pi’appartiennent les pins beaux bnnpies de l’antiquité. Cette colonnade, ce [lortique régnant tout autmir du temple lui donnaient une api)arence grandiose quoique, tendant A rc.s.serrcr la cp//n*, qui .se trouvait réduite à des pro|)ortions assez étroites. Ce fut pour remédier à cet inconvénient, tout en conservant à l’édifico .son a.spect noble et élégant,

< On apppllp ceUa Ki partie tin U’niple rnfenn»^ par ses iniirs, ^n un raot l’iiU^rif*nr «în temple pntprviiient «iU. ».

TEMPLES. AUTELS

((u’on invcnUi le temple pseuilopériplhv^ ou faiiæ prriplh-e clnns lequel le.s colonnes dc.s ailes et de la façade postérieure sont engagées dans les murs

Tvmplf |wn|itérv.

T«a>^« ps«uJu(i<hnirt^re,

de la cella, qui s’agrandit ainsi de tout l'espace qui, dans les temples ptiriptéres, séparait sa nmraille d(;s colonnes du portique. Un double rang de colonnes entoure les temples diptères.

Templ* pMudoiUpUTe.

Enfin dans les temples pseudodiptères, le second rang do colonnes n’existe ([u’à la façade.

Les colonnes étaient toujours en nombre pair dans les façades des temples, car autrement il s’en fût trouvé une au milieu, devant la porte, et suivant qu’on en comptait quatre, six, huit, dix ou douze, les temples prenaient la dénomination de léiraslyle, hexaslyle, octaslyle, décastyle ou dodécaslyle. Certains temples, que les Grecs appelaient hypèlrrs et les Romains subdiales, n’avaient point de toiture ou au moins étaient en partie découverts.

Les temples étaient généralement a.ssez petits; la cella n’avait que l’étendue nécessaire pour la statue et l’autel, ce qui était sufiisant, puisqu’on général chacun sacrifiait en particulier. On ne donna une plus grande étendue qu’au temple de la divinité protectrice d’une ville ou d’un peuple, et on ajouta parfois à cette étendue en entourant le temple entier d’une enceinte appelée pcri6oh<i, comme nous le verrons à plusieurs de ceu.\ de l’ompéi.

A l’opposé du temple grec, qui reposait sur des degrés, le templo romain était élevé au milieu du péribolcj sur un soubassement ou podium auquel

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POMPEIA

nn montait par un perron qui devait toujours être composé d’un nombre impair de marches, afin que le pied droit (|ui devait monter le premier degré fût aussi posé le premier dans le temple.

Le porche, qui précédait le temple, et sous lequel était la porte, s’appelait iiidilTéremment frons, pronaos , prodromos et aniieum. Frons désignait cependant d’une manière plus spéciale la façade tout entière. I.’extrémité opposée du temple portait le nom de poslicum ; quelquefois on y ménageait une pièce appelée opislodoinos par les Grecs, qui y renfermaient des ex-voto, le trésor du temple ou même le trésor public , pcnetrale par les Romains, qui y accomplissaient les rites les plus mystérieux de la religion.

Enfin la cella ou sanctuaire portait les noms dedoinot, secos ou naos, et le lieu où était placée la statue de la divinité, celui de lhalamos, lit.

Ces préliminaires posés, arrivons è la description des temples de Pompéi.

Tf.mi'LE grec. Au sud-ouest des théâtres, et au milieu du grand portique ou forum triangulaire dont nous parlerons en son lieu, s’élevait le plus ancien, le plus respectable et aussi le plus pur des édifices de Pompéi (PI. A); il n’en reste malheureusement aujourd'hui que quelques débris épars sur les cinq degrés qui l’entouraient, et tout fait présumer que ce

Ivtnple preec.

monument était déjà en ruines avant la destruction de Pompéi. Son état de dégradation tient peut-être aussi à la position de l’édifice qui , situé dans l’endroit le plus élevé de la ville, n’a pu être entièrement recouvert

TEMPLKS. AUTELS.

par les cendres, et a dû ainsi, dès une époque reculée, être dépouillé de ses pii^rre.s et de ses colonnes. Sa découverte eut lieu de 17(î7 à 176'.).

.Son plan était enlièrement conforme à celui des temples grecs, et le style de queUiues fragments de son architecture ne permet pas de douter que ce monument n’ait été un des premiers construits par la colonie grecque qui fonda l’ompéi. Ce temple était octastyle et périptère; on voit par les deux tronçons de fûU qui, seuls, subsistent encore, que les colonnes avaient 1”265 de diamètre à la base. Les quatre chapiteaux doriques que l'on a retrouvés sont pres(|ue entièrement semblables à ceux des temples de .Sclinuntc et de Pæstum; ils sont sculptés dans le calcaire formé par le dépôt des eaux du .Sarno.

Le temple entier occupe un espace rectangulaire de 31"' de long h la ba.se, sur 20“ 50 de large; il est élevé sur un soubassement formé de cinq degrés de 0"' 35 de hauteur. Comme ces degrés eussent été fort incommodes, on avait construit postérieurement au milieu de la façade un perron de neuf marches. Au centre du stylobate s’élevait le .sanctuaire, qui, avec son proiiaos, couvrait une surface de 13“ 50, sur 5“ 50. Par une porte large do 2“ 20, on entrait dans le prouao.s, large de 3“ fiO et profond de 4”. Un renfoncement dans le mur de droite do la cella, à la hauteur de la .séparation du pronaos et du sanctuaire, semble avoir servi d’entrée détournée pour pénétrer dans le dernier sans ouvrir la porte principale '.

Au centre du sanctuaire, profond de 6“ 30, est un piédestal rond do l"'dc diamètre, et ()"' 55 de hauteur, qui dut porter la .statue du Dieu. Cette relia est presque entièrement détruite, et une s(!ule a.ssise permet d’en reconnailre le plan.

Rien n’a indiqué d’une manière positive h (|uclle divinité cet édifice était consacré; le savant continuateur de Mazois, Gau, suppose qu’il put être dédié à Neptune; sa situation élevée et dominant la mer, le commerce maritime auquel .s’adonnaient les habitants de Pompéi rendent cette conjecture très-probable.

Exckixte sacbée. En avant de la façade du temple sont les restes d’une enceinte (PI. ,\) que W. Gell croit avoir servi à renfenner les victimes

* Nons retronvprons cetto disposition à h maisrin dite du Taurrau de bronie^ et nous la ferons mieii-x comprendre A l'aide ir«n plan.

iO

POMl’El A.

avant le sacrifice, et que Gau regarde comme destiné au dépôt des cendres sacrées. La première de ces hypollièses est détruite, et la seconde parait confirmée par un petit mur à hauteur d'appui qui, régnant sur trois côtés de l’enceinte, dut servir à retenir les cendres amoncelées. A gauche de cette enceinte sont trois autels, dont le plus grand dut servir à l'immolation Jes grosses victimes, et le second, plus élégant, à celle des petites; le troisième, placé au milieu, n’élait sans doute qu’un autel pour les libations.

Bideatal (PI. B). Derrière l’enceinte est un petit édifice bien autrement curieux, et le seul sans doute de ce genre qui soit parvenu jusrju’à nous. Il a été découvert en 1790.

PUleol&l.

Les Bomains appelaient primitivement piilral la mardelle d’un puits; mais ce nom fut appliqué bientôt à de petites enceintes circulaires qu’on élevait autour des places consacrées, et, le plus souvent, sur les lieux qui avaient été frappés de la foudre, afin qu’ils ne pussemt être souillés par un pied profane '. Il faut se garder do confondre avec le puteal ce que les Romains nommaient bidental, et qui était un édifice consacré par l’immolation d’une brebis de deux ans, bidens. Cette dénomination fut appliquée plus tard au petit temple circulaire qu’on élevait autour d’un puteal. Tel est le monument de Pompéi, qui se compose d’un puteal entouré d’un bidental on forme de temple monoptère. Son diamètre total est de .S”70; il était entouré de huit colonnes doriques sans bases, supportant soit une coupole, tholus, soit un simple entablement circulaire appelé epistylium. Sur un fragment de cet entablement on a trouvé une inscription osque que l’on traduit ainsi : ^itrebius ter meddixiueticus septo conclusit.

« Nitrebius, trois Cois mtddixlucticus a renfrnné ce lieu dans une enceinte. »

Banc GiRCULAiBE. A l'angle occidental du temple a été déblayé, en 17G5,

* Le pins iincien puleal dont Vbisloirc fasse mention est celui qui fut construit dans le Foruni romain par Sempronins Likm, l'nn de Rome 559; ce préteur, ayant établi son tribunal aupK^s de ce inimnmrnt, crlni-ci devint le point de réunion des plaideurs, et se.s successeurs ayant iniitt; son exemple, le mot puteal fut bientôt \ Home synonyme de tribunal.

* Titre du priiKdiml ni.iKii'tr.it des villes de la Campanie

TEÎtfPLES. AUTELS.

un beau banc semi-circulaire, schoia (1*1. 105), du genre de ceux que nous Irouvermis en parcourant la rue des Tombeaux; il porte un cadran solaire sur le dossier. Cette inscription y était gravée : ^

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