L. SEPVNIVS. L. F. SANDILIANVS
M. HERENNIVS. A. F. EIMDIASV9
DVO. VI R. I. I). SCOL. ET. HOROL.
a L. Sepuiiius S;iudiUamu, fils de Lucius, M. HiT«>iuiius Epidïauus, fils d'Aulus, déo'mvirs chargés ik rendre la justice, oui placé à leurs frais un banc it une horloge. »
Temple d’Isis. On sait que le culte d’Isis s’introduisit à Rome sous la dictature de Sylla, et fui géiit'ralcincnt adopté sous les premiers cmpcreui's. Les Pompéiens lui avaient élevé un temple (Planclic 11.) qui fut renversé par le tremblement de terre, seize ans avant la grande éruption de l’an 79, et qui fut rebâti par Nonnius Popidius Ccisinus, ainsi que nous l’apprend une inscription qui existait au-dessus de la porte latérale, cl qui, transportée au musée de Naples, a été remplacée |mr une copie : .
N. POPIDIVS N. K. CEI.SINVS ' AEDEH ISiniS TERRAE MÜTV CONLAPSAM
A FVNDAMENTO P. S. HESTITVIT, HVNC DECVRIONES OIH.IBERALITATESI
CVM ESSET AXSOR. SEXS. ORDINI SVO GRATIS ADLEGERVNT.
« Nonnius Popidius Celsinns, fils de 5omiius, a fait relever entièrement A ses frais le temple ilTsis renversé par un tremblement de terre. A cause de cette libéralité, les décurions Font associé gratis A leur ordre A TAge de soixante an.s. * •*
Celle inscription est d’autant plus intéressante, qu’elle peut éclaircir une partie des inconsé(]uenccs que l’on trouve dans rardûteeture de cet édifice, ainsi que de ceux qui l’avoisincnl, telles i[ue le déplacement de quelques colonnes, le renversement de certaines pierres qui .ivaicnt fait partie de la construction primitive, etc.
Le tein])le d’Isis (PI. C) est un des plus coinpIeLs cl des plus curieux qui soient parvenus jusqu’à noiLs; il fut découvert le prcmii'r de tous ceux de Pompéi, de 1764 à 1776. Cet édifice, situé derrière les’ gradins du grand
* Il «» dilScil.- de comprendre comment le P. Garrurei peut sup]«scr qne ce fui A l'àge de six aasqnc l^ipiiliu.^ CelRinns fit r«coii<itruire le temple d’fris et fut admis an nombre ilœ ikcurion». Sans parler de sou invraisemblance, ce double fait n‘est-il ints démenti par l’inscTiptinn même on on lit non {kis six, six, inaia bien sexs, abréviation de si-:iaACii?<Ta, soixante.
POMl'KIA.
Th(^(llre, est d’une belle arehilecture et construit en briques revêtues d’un stuc très-dur; il occupe un espace de 30” de long sur I8”,/|5 de large, et se compose d’un suncluairc |)lacé au centre d’une aire découverte au péribolc abc d qu’environne un porli([uc soutenu par huit colonnes doriques de cha(pie cêté, cl quatre colonnes et deux piliers à la façade. Ces colonnes
sont nidcntées dans toute leur hauteur; le premier tiers est rouge, le reste du fût est blanc. Li-s chapiteaux sont de tuf recouvert de .stuc. Kiitn; les colonnes sont plu.sieiirs autels, et fi leur pied règne un cheneau interrompu par de petites auges carre'es dont nous aurons occa.sinn d’expliquer la destination.
Le temple proprement dit e est isolé et exhaussé sur huit degrés; il est précédé d’un péristyle formé de quatre colonnes de face et deux en retour. Ces colonnes de tuf avaient des cha|)iteaux de stuc ; une .seule a conservé le sien.
Le .sjinctuaire est un renfoncement rectangidnire large de fj’",80, qui était fermé par des porhxs dont les traces se voient encore sur le seuil. Toute sa largeur, au fond, est occupée |)ar une espèce de grand piédestal haut de l'“,75, construit en britpies, creux et voûté, et sous lequel on entrait par deux petites portes placées aux e.xtrémité.s. Un jwlit escalier placé à gauche du temple ayant permis d’arriver au sanctuaire et de IA sous l’autel, plusieurs auteui’s ont cru que dans cette cachette pouvait .se glisser le prêtre chargé de rendre les oracles au nom de la déesse; il faut avouer que la supercherie eût été bien gnxssière, car les deux petites porfes aussi bien que l’escalier étaient cxposiies A tous les regards et nullement di.ssimulées. Croyons donc plutôt que ce réduit put .s<‘rvir do resserre pour les objets divers employés A la décoration du temple ou A raccomplis.«cnient des rites .sacrés.
Les murs du sanctuaire étaient ornés de refends en stuc, et de chaque
TEMPI.E?. AUTELS
côté, h environ 4“ du sol, de trois consoles qui durent porter des slntuettes ou des bustes. Sur l’autel est un petit piédestal que surmontait une statue d’isis, aujourd'hui au Mus<‘c, mais dont une copie en plûtre est exposée dans le temple de Alercure. Cette belle figure a environ 0”‘,60 de hauteur ; les draperies, très-fines et collant sur le coq)s, étaient légèrement colorées de pourpre avec quelques ornements dorés. La face et les cheveux conservent egalement des traces de peinture. Ceux-ci , ceints d’une guirlande de fleurs, retombent sur le dos en boucles très-longues et trèsfines. De la main droite la déesse tenait un sisti'e, et de la gauche lu croix aillée que l'on regarde comme le symbole de l’alrondancc, comme la clef servant à régler les inondations du Nil. Sur la plinthe de la statue on lit cette inscription :
!.. CAECILIVS PHOF.BVS
posvrr !.. D. n. n.
« l.ucias CifciUus Phrpltus a érigé celfe statue sur un liru dnimé lardécrK des dùcurious. »
Dans le sanctuaire on trouva deux crânes humains, et dans deux colTrets de bois bnilé divers objets d’or dont une trè.s-pctite tasse; enfin, deux grands et beaux candélabres de bronze aujourd'hui au Musée.
Aux côtés de la porte du sanctuaire sont deux niches larges de 0'",6.5, hautes de 1”,20, décorées de pilastres corinthiens et de frontons en stuc, destinées sans doute aux statues de (|uek|ues autres divinités as.sociées aux honneurs rendus h Isis, ï'jwatîw ou Otot, probablement Üsiris et
llorus. En avant de la niche de gauche est un autel o destiné à recevoir des offrandes; il est probable qu’un autel semblable existait au pied de l’autre niche.
Derrière le sanctuaire, dans une niche», était un Bacchus isiaque en marbre grec, dont mallieureusj'inent la tête était brisée. Cette statue était, comme celle d’isis, peinte et dorée dons quelques-unes de ses parties. On lit sur la base :
N. POPIDtVS AMPI.IATVS PATER P, S.
a Niiraerius Popidius AmpUatus père à ses frais. »
On sait qu’il e.st è peu près reconnu que le Bacchus des Bomains était le môme que l’Osiris des Égyptiens. La présence de la statue de ce dieu
44 , , POMI’EI A.
dans un temple d’Isis est une nuuvelle prouve à l’appui de cette opinion.
Les cotes de la niche pressentent une particularité qu’aucun auteur ne parait avoir remarquée : on y voyait sculptées deux oreilles humaines en stuc, dont une seule subsiste aujourd'hui. Ce singulier moyen de donner aux temples et aux autels des dieux des oreilles |K>ur entendre les prières n’est pas sans autre exemple; j’ai publié nioi-mémc un autel de la bonne déesse conservé au Musée d’Arles, et où se retrouvent ces mêmes oreilles symboliques
Revenant à la façade du temple, on trouvait aux côtés du grand escalier deux petits piédestaux y f auxquels étaient applirpiées les deux fameiist^s tables isiaques dont rime était brisf'p; l’autre est con.sei'vée au Mu.sée de Naples. Cétte table, haute de 1”',52, et large de 0”,/i4, porte gravées au sommet quatorze ligures dont treize sont tournées vers la première, (|ui est un peu plus grande, et parait être Ositis. En elTet, au-des.sous de ces figures, elle présente vingt lignes d'hiéroglyphes dans lesquelles Champollion jeune a reconnu une invocation ti Qsiris et h Isis.
En avant du sanctuaire s’élève un autel isolé r sur lequel étaient consumées les victimes. En face est une espèce de puits carré A de construction inodemc servant de regard au canal du .Sarno. Dans l’angle de l’arcn s’élève une édicule i renfermant un escalier qui conduit a une petite cave dans ln<|ucllc Bonnucci croit reconnaître un bain destiné à la purification des initiés, l.es murs de l’édicule .sont recouverts d’élégants bas-reliefs en stuc; ils représentent des iiiiliés yni prient. Mars et Vénus, Mercure et une nymphe, des amours , des dauphins et des génies.
Par une disposition as.scz bizarre, motivée sans doute par la forme du terrain dont rarchilecle pouvait di.spo.ser, l’entrée du temple k est placée dans un angle du porti(|ue et .sur le côté N. -O. (|ui seul, était parallèle à une voie. C’est, ain.si que nous l’avons dit, au-dc.ssus de cette porte que se trouvait l’inscription de Popidius CcI.sinus.
Près de cette entrée étaient un tronc destiné à recevoir les oITrandes, et deux élégantes vasques de forme carrée et de marbre blanc, (|ui durent contenir l’eau lustrale; elles sont aujourd’hui au Mustie, et sur le bord de runc d’elles on lit ces mots :